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Portraits

Vendredi 14 mai 2010 5 14 /05 /Mai /2010 15:44

Comme nous parlions de l'élite moisie dans une note récente, Alain Minc vient de retenir notre attention par un de ces coups qu'il affectionne. Même si nous avons déjà consacré quelques lignes à ce sinistre personnage, comme

http://www.alexandreanizy.com/article-6418871.html

il nous semble nécessaire de clouer le bec à cet intellectuel malhonnête.


Rappelons tout d'abord que cet écrivassier dispose d'une équipe pour l'assister dans sa tâche. Comme Alexandre Dumas agissait aussi de la sorte, où est le mal ? Quand il franchit ouvertement la ligne jaune : Alain Minc a été condamné pour plagiat par le Tribunal de Grande Instance de Paris le 28 novembre 2001.


Racontons maintenant la dernière performance. Invité de France Info la semaine dernière (les portes des médias n'ont quasiment pas de serrures pour lui), Minc déclare :

« Moi, j'ai un père qui a 102 ans, il a été hospitalisé 15 jours en service de pointe. (…) La collectivité française a dépensé 100.000 euros pour soigner un homme de 102 ans. »

Fort de cet exemple personnel (ah ! ce détail d'ordre privé qui vise à toucher l'auditeur lambda …), il peut balancer son message :

« Et donc, je pense qu'il va falloir s'interroger sur le fait de savoir comment on récupère les dépenses médicales sur les très vieux en ne mettant pas à contribution leur patrimoine quand ils en ont un ou le compte patrimoine de leurs ayants droit. »


Alors, où est la performance ? Dans le prix et la méthode.

Quelque soit la pathologie traitée, une facture d'un tel montant ne pouvait pas être réglée par la Sécurité sociale, puisque la tarification à l'activité (T2A) ne permet pas d'atteindre ce prix.

Interrogé par Libération sur ce sujet, Minc répond :

« Ecoutez, c'était illustratif. Ce montant est sans doute plus élevé que la réalité. (…) Seize jours de service de pointe, ça doit être 20.000 ou 25.000 euros (…). J'ai délibérément pris un chiffre qui frappe ; le montant que j'imaginais qu'on puisse me réclamer. »

Résumons la méthode Minc : dans un débat politique, inventer un chiffre mis en situation pour étayer un argument fallacieux.


Quel est le but politique d'Alain Minc dans cette manipulation ? Attaquer le système d'assurance maladie. Car, après celui des retraites, l'oligarchie voudra démonter celui-là. Leur objectif : protection sociale minimale pour les pauvres et différenciation de l'accès aux soins selon les revenus. Pourquoi ? C'est un marché juteux pour les sociétés d'assurance et autres …

Attendez-vous à subir prochainement un tir d'artillerie médiatique sur ce sujet, car il faut battre le fer quand il est chaud.

Argument fallacieux, disions-nous. Dans son rapport du 22 avril 2010, le Haut Conseil pour l'avenir de l'assurance maladie affirme que le vieillissement de la population française n'est pas la menace majeure pour l'évolution globale des dépenses de l'assurance maladie, puisqu'il ne représente que 10 % de la hausse moyenne annuelle de la consommation de soins et de biens médicaux. En fait, les malades jeunes (moins de 10 ans) coûtent aussi cher que les vieux (85 ans et plus), et le reste à charge est toujours plus élevé pour les vieux.


Nous doutons que l'énarque Minc ignorât les chiffres réels en abordant ce futur champ de bataille. Car sinon, parler doctement en ne sachant pas, n'est-ce pas la première condition pour mériter la fausse qualité d'expert ?



Alexandre Anizy

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Portraits
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Samedi 30 janvier 2010 6 30 /01 /Jan /2010 01:11

D'aucuns pourraient nous faire remarquer fort justement que ce monsieur n'est plus membre du Parti Socialiste. Mais dans ce cas, ils oublieraient que l'énarque socialiste Jean-Pierre Jouyet a fait une brillante carrière dans la haute administration sous l'ère socialiste, et puis qu'il prit médiatiquement ses distances en entrant au Gracque 40 puisque l'offre du Parti n'était plus porteuse (nous synthétisons par là-même la conclusion de la pensée essentiellement consensuelle de ce groupuscule du VIIème arrondissement parisien), pour enfin finir dans les filets d'un pêcheur nommé Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa.

Pour l'oligarchie et ses représentants, peu importe le flacon pourvu qu'ils aient l'ivresse (du pouvoir).

Malgré tout cela, comme le repêché avait encore des vapeurs (des états d'âme), on lui confia un poste magnifique (patron de l'Autorité des Marchés Financiers) : de quoi continuer à s'assoir à la table des saigneurs.


Patatras ! A peine débarquait-il dans les murs de l'AMF que cette institution blanchissait définitivement Arnaud Lagardère et les dirigeants d'EADS, au terme de 3 ans d'enquête pour un soupçon de délits d'initiés !

Il faut croire que c'en était trop pour la conscience professionnelle, voire l'honneur, du patron Jean-Pierre Jouyet qui se démarqua immédiatement des conclusions du rapport final de cette enquête « exemplaire », puisqu'elle était antérieure à sa nomination. A notre avis, Ponce Pilate n'aurait pas fait mieux.


(lire aussi le portrait de juillet 2008, ci-dessous)

http://www.alexandreanizy.com/article-21101706.html

Nous avons bien ri à la lecture du Figaro d'hier (29 janvier2010), notamment quand Jouyet déclare solennellement : « Si certains s'interrogeaient après cette décision sur le degré d'exigence de l'AMF en matière d'information financière, qu'il soit bien clair que celui-ci est inchangé. » Les affaires continueront comme avant, et nous l'avions déjà compris, monsieur.



Alexandre Anizy 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Portraits
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Dimanche 10 janvier 2010 7 10 /01 /Jan /2010 02:51
 

Puisque Lionel Jospin est en pleine promotion, se rappelant ainsi à nos mauvais cauchemars, rappelons ici les méfaits de ce tartufe.


Enarque trotskiste, il débutait mal dans la carrière diplomatique et dans sa peau. En 1983, quand le francisquain Mitterrand enlève le masque et achève la comédie, c'est son serviteur Jospin qui trouve « la parenthèse » : un lâche soulagement devant les forces de l'argent.

En 1997, dès qu'il prend les commandes de l'Etat, il commence par renier une promesse de campagne en ratifiant le traité d'Amsterdam ; ensuite, ce n'est qu'un chapelet de renoncements.

En créant EADS, il montre soit qu'il ne sait pas compter, soit une propension certaine à enrichir les riches : lire notre note http://www.alexandreanizy.com/article-7183428.html

Sous la férule de Jospin, l'Etat n'a jamais autant privatisé. S'il n'a rien fait contre la classe démunie, comme il aime le chanter dans son bilan, il oublie de dire qu'il n'a rien fait pour non plus.

En 2002, il atteint le sommet pendant sa campagne présidentielle lorsqu'il prononça ses deux vérités :

« L'Etat ne peut pas tout » (face à des entreprises rentables qui délocalisent) ;

ce n'est pas "un programme socialiste".

Lionel Jospin est un fossoyeur du socialisme : avec lui, le mot a définitivement perdu toute signfication.


Nous concluons en paraphrasant un autre tartufe :

Jospin n'a qu'une seule qualité, sa femme.



Alexandre Anizy

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Portraits
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Mercredi 18 novembre 2009 3 18 /11 /Nov /2009 08:02

Le 17 mai 2009, Dalia Grybauskaite est devenue Présidente de la Lituanie.

Née en 1956 au temps de l’empire soviétique, elle a pu étudier l’économie politique à l’université de Leningrad (diplôme en 1983) puis à l’Académie des sciences de Moscou (docteur ès sciences économiques en 1988). A Vilnius, elle enseigna sa discipline dans une école du Parti communiste … Puis les temps changent : le mur de Berlin tombe en 1989, les Lituaniens votent pour l’indépendance le 9 février 1991 … l’année où Dalia Grybauskaite part aux Etats-Unis pour compléter sa formation à l’université de Georgetown, et peut-être pour oublier un peu son « passé soviétique ».

En 1993, elle est négociatrice pour l’accord de libre-échange avec l’Union Européenne et dès 1994, ministre plénipotentiaire ; elle devient vice-ministre des Finances en 1999, et ministre de 2001 à 2004. En 2004, elle entre dans la Commission Barroso : comment pourrait-elle ne pas s’entendre avec cet ancien maoïste portugais (MRPP) devenu libéral ? 

Elle s’occupe de la réforme du budget de l’Union, avec succès.

 

La Lituanie étant gravement touchée par la crise actuelle, Dalia Grybauskaite en profite pour se présenter en « indépendante » à l’élection présidentielle : avec son bâton de commissaire européenne et son programme paradoxal (transparence dans la vie publique et lutte contre les oligarques : quel culot !), elle gagne au 1er tour avec 69 % des voix. Evidemment, elle sait être démagogue : par exemple en disant n’accepter que 50 % du salaire de président.

 

Si l’avenir de la Lituanie n’est pas forcément radieux, nous sommes sûrs que celui de Dalia Grybauskaite ne connaîtra pas de trou noir : aux moments opportuns, elle peut changer facilement de conviction. C’est pourquoi la Dame de fer lituanienne saurait parfaitement s’incruster dans l’économie communiste de marché qui nous attend peut-être.

 

Alexandre Anizy

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Portraits
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Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /Nov /2009 00:35

Le monde du travail, Jean Glavany ne doit pas connaître : né en 1949 et après de brillantes études en « sociologie et économie urbaines », en sciences économiques et politiques (disons au moins bac + 6), il est déjà embauché comme assistant parlementaire par le Parti Socialiste en 1976. Donc peu de temps pour l’entreprise …

Depuis cette année-là, il est dans la bulle politique.

Mais cela ne l’empêche pas d’être au comité stratégique du Groupe de Vincent Bolloré (un yachtman ami de Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa) : son expérience professionnelle des affaires en fait une recrue de choix, c’est évident.

 

Il faut savoir aussi qu’il fut le secrétaire particulier du francisquain Mitterrand à partir de 1979, puis son Chef de cabinet à l’Elysée de 1981 à 1988. Il est forcément devenu membre du conseil d'administration de l'association des amis de l'Institut François-Mitterrand. On lui pardonnera naturellement sa « mitterrandolâtrie » : nul n’est parfait. 

Mais beaucoup moins ce genre de propos :

« Ce n’est pas à des parlementaires de demander la levée du secret-défense, mais à des juges. » (1)

Pour lui, rappelons ici Victor Hugo :

« On ne va point au vrai par une route oblique.

Sois juste ; c’est ainsi qu’on sert la république ;

Le devoir envers elle est l’équité pour tous ; »

Poème Pas de représailles dans « L’année terrible » (Pléiade, Œuvres poétiques tome 3, page 383) ;

Puis ceux-ci :

« Quoi ! rien de vrai ! le scribe a pour appui le reître ;

Toutes les robes, juge et vierge, femme et prêtre,

Mentent ou mentiront ; »

A Guernesey, poème VII, dans « l’Art d’être grand-père » (Pléiade, Œuvres poétiques tome 3, page 584) 

Se réfugier derrière les juges pour mieux taire la vérité, est-ce le dessein de cet élu du peuple ?

Que ce « socialiste » soit pour le République des juges, n’est-ce point étrange ?

 

Alexandre Anizy

 

(1) cité dans le Figaro du 29 octobre 2009, suite à la demande de levée du secret-défense de Charles Pasqua

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Portraits
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Bio et Roman

 

Ardennais d’origine, nous vivons à Paris.

Notre ambition littéraire est le décryptement de la réalité sociale.
   

 

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