Lundi 21 novembre 2011
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En politique, les partis écologistes ne sont que les véhicules momentanés des
politiciens opportunistes (on peut réécouter la chanson de Jacques Dutronc) : pour la France, citons les cas de Christophe Girard et
d'Aurélie Filippetti (cf. les notes sur ces 2 zozos). Sous la houlette de la fluctuante Cécile Duflot, les Verts
viennent de signer un accord électoral avec le PS pour les législatives 2012, qui est un bon exemple de la bassesse politicienne.
En effet, on peut résumer ainsi ce pacte : nous oublions nos exigences sur l'arrêt du
nucléaire contre un certain nombre de circonscriptions réservées nous assurant la probable constitution d'un Groupe de députés Verts à l'Assemblée nationale en 2012.
Ce qui n'est pas assez dit dans les médias : le parti de Duflot coulant financièrement à
pic (au bord de la faillite, selon leur trésorière Éva Sas), il devait impérativement vendre ses convictions contre des parts de marché (i.e. un minimum de 1,5 millions de voix
aux législatives de 2012, sachant qu'une voix rapporte 1,70 € de l'État), selon Marianne, l'hebdomadaire moraliste qui emploie un directeur tricheur, le dénommé
Macé-Scaron (cf. note sur le plagiaire).
Le comportement vénal du parti des Verts mine la politique, puisqu'il confirme l'absence
d'éthique chez des prétendants aux fonctions électives.
Alexandre Anizy
Par Alexandre Anizy
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Mercredi 16 novembre 2011
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Incontestablement, comme on peut le remarquer avec son cinéroman « sous un ciel qui s'écaille » (les allusifs 2010, 192 pages, 16 €), l'écrivain serbe Goran Petrovića un ton personnel, une manière d'écrire les choses où l'humour, l'ironie, la
bouffonnerie font bon ménage.
Citons pour exemple le titre d'un chapitre :
« Même au paradis, les gens colleraient partout leurs chewing-gums »
(p.27)
Et plus longuement :
« Soit dit en passant, le camarade Avramovitch levait aussi sans raison la main
droite en d'autres situations : lors d'une promenade en ville ou dans un jardin public, au marché, pendant qu'il lisait son journal, regardait la télévision, se tenait assis sur son balcon,
flemmardait allongé sur son lit matrimonial, et il l'a même levée à l'église de la Trinité, le jour où il a fini par s'y rendre, quand sa femme, après l'avoir harcelé pendant des semaines, a
réussi à le décider d'aller assister au baptême de l'enfant d'un proche parent. Avramovitch n'a cédé que pour préserver la paix du ménage, cette cellule fondamentale de la société. Il s'est
habillé avec soin, a garni la poche de poitrine de son veston de ses neuf stylo-billes. » (p.46)
Pour autant, Goran Petrović a-t-il un style, i.e. une vision du monde ou plus
modestement de l'existence humaine ? Non. Du moins dans son cinéroman, où il enquille les personnages sans leur donner une véritable consistance.
C'est pourquoi au fil des pages de cette galerie de portraits, l'intérêt du lecteur
s'étiole comme la poiscaille qui s'écaille.
Alexandre Anizy
Par Alexandre Anizy
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Dimanche 13 novembre 2011
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Ceux qui penseraient que le peuple serbe suivait unanimement la chienlit nationaliste à
la fin du siècle dernier devraient lire sans tarder « Millénaire à Belgrade » (Phébus, septembre 2008, 274 pages, 20,90 €), le
bon roman de Vladimir Pištalo.
En racontant l'éparpillement inéluctable d'un groupe de Belgradois, l'auteur dévoile les
déchirements d'une jeunesse perdue dans ce qui fut un naufrage : tel un radeau sans gouvernail, la Yougoslavie filait de cascade en cascade …
Le projet romanesque est servi par une écriture ciselée :
« Après la guerre, lorsqu'il fit un tour dans Belgrade, Bané Yanovitch eut
l'impression d'une ville irréelle. Celui qui rentrait de la guerre s'étonnait de voir que les gens étaient capables de confondre ce mirage civil avec la vie. Après la boue de Slavonie, Belgrade
paraissait d'une beauté envoûtante. » (p.112)
Bien que Vladimir Pištalo possède un style, il n'est pas parvenu à livrer une fin de
roman satisfaisante. Mais ce n'est qu'un bémol pour ce texte de qualité.
Alexandre Anizy
Par Alexandre Anizy
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Jeudi 10 novembre 2011
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Philippe Hériat, pseudonyme de Georges Raymond Payelle
(famille de fonctionnaires et magistrats) né en 1898, débute sa carrière dans le cinéma avant de publier son premier roman en 1931 (prix Renaudot). Son roman « les enfants gâtés » (Gallimard, 289 pages), tome 2 d'une saga, est primé par le prix
Goncourt en 1939.
Dans ce livre, Hériat raconte l'émancipation d'Agnès Boussardel par rapport à sa famille
bourgeoise obnubilée par la défense et l'accroissement de son patrimoine. L'ouvrage est bien structuré, et l'écriture soignée. Cependant, le style est ampoulé à force de préciser les détails
anodins, d'expliquer les arrière-pensées des personnages au milieu des scènes … Le rythme est ralenti sans contrepartie esthétique. Dommage.
« Notre vie n'est faite que de cela. De ce chevauchement alterné ; de cette
imbrication, parmi nos sensations neuves, de nos sensations antérieures et de la notion qui nous en vient d'un coup. Nous imitons ces architectes italiens de la Renaissance qui incorporaient à
leurs constructions nouvelles les pierres des anciens Colisées. » (p.59)
Définissons le style de Philippe Hériat : une sorte de Bernard Clavel
empêtré parfois dans un essai vaguement proustien de psychologie.
Évidemment, il souffre de la comparaison des deux côtés.
Un détour chez Hériat est tout de même possible pour les amateurs.
Alexandre Anizy
Post-scriptum :
n'est-il pas curieux d'attribuer le Goncourt 1939 à un livre décrivant les mœurs de la
grande bourgeoisie, avec un titre équivoque puisqu'il atténue la force de la critique morale portée par l'héroïne ?
Par Alexandre Anizy
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Samedi 5 novembre 2011
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Dans « Qu'as-tu fait de tes
frères ? » (Grasset, juin 2011, 374 pages), Claude Arnaud romance sa vie tourbillonnante, qui va de Lutte Ouvrière puis de la Gauche
Prolétarienne aux back rooms parisiens, en passant par une Université dont nous chérissons le projet initial.
A force de voir tomber les noms, on se dit qu'il en fait trop.
La leçon ? Le héros se voit comme une succession de personnages et de masques,
qu'il ne renie pas, considérant que chacun l'a aidé à devenir ce qu'il est. Interesting, isn't it ?
Comme ce roman n'en est pas vraiment un, on se dit que le petit Claude a encore feinté
pour se dissimuler dans cette histoire narcissique.
Alexandre Anizy
Par Alexandre Anizy
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