Après Nice, complétons le philosophe Jean-Luc Nancy

Publié le par Alexandre Anizy

Puisqu'il est relancé, complétons le philosophe Jean-Luc Nancy qui parle stérilement.

De temps en temps, les néoconservateurs de Libération ouvrent leurs colonnes à une pensée dissonante, comme celle de Jean-Luc Nancy (le 19 juillet 2016) :

« Le monde est à un tournant. Il a un nouvel avenir à inventer. Tuer les enfants (et les autres), c'est tuer l'avenir sans même faire exister un présent. Il ne suffit pas de hausser le ton : il faut aussi penser ce qu'exister peut vouloir dire d'autre que faire rouler des camions, des machines et des entreprises. Un homme politique, une femme politique aujourd'hui ne peut plus éviter de parler du sens de notre monde. Et pas seulement en récitant la devise de la République française. Car chacun de ces mots est écrasé par les camions, les machines et les entreprises. Et par l'insuffisance ou la négligence de nos pensées. »

Nous prenons acte de son mea culpa :

« En 1981, avec Philippe Lacoue-Labarthe à l'invitation de Derrida, nous avions fondé un Centre de recherches politiques à l'Ecole Normale de la rue d'Ulm. Le thème directeur était le "retrait du politique" (...). Tout le monde était intéressé : Lefort, Badiou, Ferry, Balibar, Rancière, Lyotard, etc. (...) [3 ou 4 ans plus tard, ils arrivent à ce découpage du politique : l'Etat dont on ne s'occupe pas, la société civile tant choyée... Résumé de AA] Cette coupure, c'était déjà un repli et, même entre nous, qui n'étions pas un parti ni un club, mais seulement un centre de recherches, personne n'avait de véritables propositions à faire. Nous avons fini par dissoudre ce centre. » (Libération du 4 juin 2009, déjà)

Il nous faut donc compléter le propos opportuniste d'aujourd'hui, digne d'un prêche dominical, car avec ça le monde possible est sérieusement conditionné.

Le discrédit et l'opprobre enveloppent maintenant la caste républicaine qui dirige depuis 46 ans la France au profit de son oligarchie endogamique : il n'y a plus rien à attendre ni de ces gens-là, ni de leurs clercs. C'est pourquoi penser la transformation est une tâche dont les hommes libres doivent s'acquitter au plus vite.

Alexandre Anizy

Publié dans Notes politiques

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :