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Notes économiques

Mercredi 2 mai 2007 3 02 /05 /Mai /2007 09:06

Il n’est pas inutile de rappeler qui est cette illustre dame : Anne LAUVERGEON, entrée en 1978 à l’Ecole Normale Supérieure où elle obtient une agrégation en Sciences Physiques, elle choisit le Corps des Mines puis elle prend en charge l’Inspection Générale des Carrières (IGC) de 1985 à 1988 ; elle entre à l’Elysée en 1990 et devient très jeune le sherpa de François MITTERAND, ce qui lui permet de se faire un carnet d’adresses d’envergure internationale, qu’elle essaiera de faire fructifier entre 1995 et 1996 dans un grande banque d’affaires (LAZARD), où elle n’a pas laissé un souvenir impérissable ; grâce à son talent (son Ecole, le Corps des Mines … n’est-ce pas), elle trouvera un nouveau point de chute en 1997 comme Directeur Général Adjoint d’ALCATEL, avant de manœuvrer auprès des politiques et des Administrations pour obtenir le poste de P-DG de la COGEMA (suite à la démission de Jean SYROTA après une forte pression des Verts) à partir duquel elle constituera le Groupe AREVA.

AREVA étant une entreprise publique, Madame Anne LAUVERGEON est donc sensée travaillée dans l’intérêt du Bien public et conformément aux directives de son ministère de tutelle.

 
Mme LAUVERGEON et la famille DUVAL (grand actionnaire privé d’ERAMET) ont décidé de virer le Président Jacques BACARDATS pour le remplacer par un proche collaborateur de Mme LAUVERGEON. Les ministres BRETON et MARITON ont été furieux d’avoir été mis devant le fait accompli et ont demandé des précisions sur les motivations qui ont poussé à ce changement.

Le Directoire d’Anne LAUVERGEON répond publiquement aux ministres que les décisions ont été prises « conformément aux règles de gouvernance d’ERAMET » et assure que le Directeur Général de l’Agence des Participations de l’Etat (APE) était informé depuis le 18 avril.

Ignorons les questions secondaires que cette polémique soulève et venons-en aux essentielles : quelle est la stratégie adoptée qui rendait nécessaire ce brusque et inattendu changement de Président chez ERAMET ? Qui a validé cette stratégie ? Mme LAUVERGEON ne le dit pas, en tout cas pas sur la place publique comme elle sait si bien le faire pour le reste.

 
Alors que des retards importants dans le grand chantier nordique ont signalé des manquements dans le suivi des travaux par la chaîne de commandement, alors qu’on a écrit dans les médias que Mme LAUVERGEON s’était beaucoup dépensée dans les ministères et ailleurs pour que « son entreprise » soit privatisée (n’est-ce pas aux élus du peuple d’en décider sereinement, Madame ?), force est de constater dans cette affaire ERAMET que Mme LAUVERGEON s’arrange avec des capitalistes sans en référer à son organisme de tutelle si on en croit le ministre BRETON qui, après avoir décrété dans un relent ethnocentrique que Monsieur MITTAL ignorait la grammaire des affaires, découvre à ses dépens que la syntaxe féminine vaut bien la masculine.

 
On doit donc s’interroger : pour qui travaille réellement Mme LAUVERGEON ? Pour le Bien public ? On peut en douter au vu des éléments qu’elle met ou ne met pas sur la place publique.

 
Dans une entreprise privée fonctionnant normalement, son comportement serait immédiatement sanctionné par une éviction (rien à craindre pour la dame: elle a déjà son "parachute", voir presse septembre 2002).
En France, où l’oligarchie s’affranchit de plus en plus des règles appliquées par le reste de la population, il semble donc que l’Etat ne contrôle plus et ne sanctionne plus ses « hauts fonctionnaires ».

Alexandre Anizy

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
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Samedi 21 avril 2007 6 21 /04 /Avr /2007 10:13

Jean-François ROVARETO est le P-DG de la société Eiffage depuis 1987. Jusqu’en 2006, c’était un patron raisonnable en matière de rémunération.

Mais ces petits camarades du CAC 40 l’ont dernièrement incité indirectement à se rattraper : il s’est fait octroyer 195.000 actions gratuites évaluées à 20 Millions d’euros. Pourquoi ? « Je n’avais reçu aucune stock-option depuis 1989. »

M. ROVARETO a-t-il accordé aux salariés d’Eiffage une prime de rattrapage pour les bons résultats depuis 1989 ? Non.

 
Madame PARISOT se tait devant l’indécence de ce patron. D’ordinaire, elle nous sort son laïus avec les mots ad hoc « émue », « choquée » (cf affaire Forgeard).

Elle doit sans doute considérer que la France allait perdre son attractivité et sa compétitivité, comme elle dit, si on n'accordait rien à ce monsieur de 62 ans !  

Alexandre Anizy

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
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Mercredi 18 avril 2007 3 18 /04 /Avr /2007 12:39

En France, si on touche le jackpot nommé ENA, comme Monsieur Alain MINC, on obtient la martingale du pouvoir politique et économique : même les incompétents notoires jouiront d’une indulgence que les échelons inférieurs ne verront jamais. Concernant ce monsieur, nous devons lui reconnaître un indéniable talent : il sait faire parler de lui en s’appropriant et en vendant des idées qui n’émanent pas forcément de son auguste personne.

 
Le livre de Laurent MAUDUIT intitulé « petits conseils » (Stock, 403 pages, 20,99 €) apporte enfin un éclairage puissant, car bien documenté, sur la vie et l’œuvre de Monsieur Alain MINC.

Vous apprendrez que dans son 1er job le jeune directeur financier MINC a conduit l’entreprise ST GOBAIN au bord du gouffre. Puis il devient le PDG de CERUS, la holding française de Carlo DE BENEDETTI : sa gestion désastreuse du raid hostile contre la SGB à Bruxelles conduira à l’échec de l’opération et à de grandes difficultés financières pour son patron italien qui, 20 ans plus tard, assume ses graves erreurs (le brillant énarque – un énarque est toujours brillant, c’est une loi- Alain MINC n’a rien à assumer puisqu’il ne commet jamais d’erreurs…) dont celle-ci : « Faire de lui un chef d’entreprise ou un PDG, c’est comme confier à un sociologue la gestion d’une charcuterie » (page 160)

 
Après ce nouvel échec professionnel, MINC monte sa petite entreprise, grâce à des amis fidèles qui lui signent quelques missions de conseils. Le système MINC va très vite se mettre en place : les amis sont des clients qui viennent se confier, les obligés placés permettent de fidéliser les clients ; comment se retrouve-t-on des 2 parties d’un même deal, etc. Tout est raconté avec talent et minutie : le capitalisme français ne sort pas grandi de cette aventure, le clou du spectacle (à ce jour) étant peut-être l’affaire VINCI et la lente prise de pouvoir en douceur du quotidien Le Monde, dont Monsieur MAUDUIT se remet difficilement parce qu’il est toujours douloureux de réaliser qu’on a été un dindon de la farce.

Pour asseoir sa notoriété, en étant aidé par des collaborateurs, MINC a publié très tôt des livres, que ses amis des médias ont toujours loués (entre autres F-O Giesbert, B-H Lévy, des amis inconditionnels semble-t-il). Mais en 1999, avec « Spinoza un roman juif », il commet un plagiat et il sera condamné par le TGI de Paris le 28 novembre 2001.   

 
Laurent MAUDUIT affirme que le système MINC se fissure (démissions des Conseils d’Administration du CAC 40, perte de clients) mais il ajoute : « (…) la France est un pays de capitalisme hybride. A mi-chemin entre le capitalisme anglo-saxon et le vieux capitalisme de connivence (…). » (page 399)

 

Après avoir lu ce livre, nous comprenons que le capitalisme de la barbichette (expression de MAUDUIT) a encore de beaux jours à Paris.

Alexandre Anizy

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
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