Recherche

W3C

  • Flux RSS des articles

Notes économiques

Mardi 9 novembre 2010 2 09 /11 /Nov /2010 00:13

 

(Suite des 2 notes précédentes portant le même titre)

Dans les années 80, l'entreprise Chine tourne à plein régime. Mais les intellectuels comme l'immense majorité du peuple en ont gros sur le cœur, en constatant que le développement économique profite aux gens du Parti et aux paysans incultes qui vendent leurs productions sur le marché libre (inflation de 18,5 % en 1988).

Vient la révolte de la place Tian Anmen, que le petit timonier Deng Xiaoping condamne dès le 26 avril 1989 : « si nous nous montrons tolérants ou complaisants vis-à-vis de ces perturbations [une « conspiration organisée », écrit-il aussi] et que nous ne les contrôlons pas, il s'en suivra un grave chaos » (cité p.71) Le massacre aura lieu dans la nuit du 4 juin (entre 1500 et 2500 morts).

Le président Georges Bush répond qu'il n'aura pas de réaction émotionnelle, et il prend quelques mesures indolores : suspension des ventes d'armes et interruption des voyages officiels. Le 9 juin, Deng Xiaoping confirme le bien-fondé du massacre : « Même si les pertes sont regrettables, cela nous a permis de faire triompher le peuple (...) » (p.73). Bref, la ligne politique est excellente.

Contrairement à Bush (Cf. sa lettre mielleuse du 23 juin au petit timonier), le Congrès prend des sanctions économiques : l'establishment américain ne respecte plus les dirigeants chinois.

 

Passé un délai de 30 mois au cours duquel les têtes changent dans l'appareil politique, Deng Xiaoping livre ses oracles dans le discours de Nanxun au début de l'année 1992, qu'on peut résumer par "plus de hardiesse dans les réformes et l'ouverture". Il s'agit d' « emprunter avec audace tout élément de civilisation créé par les sociétés humaines, tous les modes d'organisation et de gestion performants propres à chaque nation du monde d'aujourd'hui, y compris aux pays développés capitalistes » (p.78)

Pour continuer son développement économique indispensable au maintien de la caste rouge, les dirigeants chinois ont compris qu'ils devaient aussi changer de comportement, i.e. renoncer à celui du temps de la guerre froide. « Cette conscience de soi nouvelle de la Chine bouleverse ses rapports internationaux. L'arrogance chinoise est de retour. » (p.78) Les incidents sur mer avec le Vietnam, les Philippines ; la Corée du Sud signe des accords bilatéraux, malgré l'aide de Pékin à la Corée du Nord ; même le Royaume-Uni ne veut pas fâcher l'Empire du Milieu pour ne pas perdre les dividendes du marché chinois …

Économiquement, en 1994, les choses ne vont pas assez vite pour les dirigeants chinois : ils décident de dévaluer de 50 % le yuan pour stimuler leurs exportations.

 

En 1997, un typhon financier s'abat en Asie : le 2 juillet, le bath thaïlandais décroche de sa parité avec le dollar (problème d'endettement et de spéculation) ; « le 11 juillet, c'est le peso philippin qui flanche. Le 14, le ringgit malaisien, puis la roupie indonésienne, et le dollar de Hong-Kong lui-même qui est mis sous pression. » (p.85) Bref, c'est un mini 1929. Les experts craignent une dévaluation chinoise.

Mais la Chine maintiendra la parité de sa monnaie, achetant « à bon compte un brevet d'honorabilité », puisque la crise asiatique de 1997 a en partie son origine dans la dévaluation de 50 % du yuan en 1994, qui provoqua instantanément un renchérissement des exportations des petits dragons …

 

Munie de son brevet de bonne conduite financière, la Chine est en position de force pour négocier son entrée dans l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Son intégration va lui permettre d'échapper au chantage annuel de l'administration américaine, relatif au renouvellement de la "clause de la nation la plus favorisée" : une chose vitale pour les exportations chinoises.

« Ainsi vont les négociations avec la Chine : chaque geste a une motivation, chaque geste a un prix. » (p.86)

 

(à suivre)

 

Alexandre Anizy

 

 

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 6 novembre 2010 6 06 /11 /Nov /2010 07:40

 

(Suite de la note portant le même titre)

Les 5 premiers chapitres du livre de François Lenglet, « la guerre des empires. Chine contre États-Unis » (Fayard, septembre 2010, 243 pages, 17 €), expliquent un moment de l'histoire sino-américaine contemporaine.

 

L'invasion soviétique pour réprimer le "printemps de Prague" a bouleversé le monde et notamment 2 capitales : Washington ne croit plus possible le glissement progressif des pays-satellites vers l'Ouest, Pékin prend acte de l'expansionnisme russe. En 1969, Pékin traduit dans les actes son changement d'analyse : alors que l'URSS augmente ses livraisons d'armes au Vietnam en guerre, les États-Unis constatent un beau jour que les trains qui transitent en Chine sont inexplicablement ralentis. La Chine leur envoie un signal.

François Lenglet raconte bien la valse diplomatique que dansent alors les 3 pays. A la fin du morceau, confortée dans son analyse par les erreurs soviétiques, la Chine entreprend un nouveau pas grâce au ping-pong, ce qui aboutira au voyage secret de Kissinger (mission Marco Polo) entre le 9 et 11 juillet 1971 à Pékin, qui prépare la rencontre entre Mao et Nixon en février 1972, qui marque le commencement d'une ère nouvelle.

En diplomatie, selon la formule de Lord Palmerston, il n'y a "pas d'ennemis éternels, pas d'amis perpétuels, seulement des intérêts éternels et perpétuels" (p.42).

Après quelques années de vicissitudes, le petit timonier Deng Xiaoping annonce les premières réformes économiques le 13 décembre 1978, soit presqu'en même temps que l'échange d'ambassades entre les 2 pays : « (…) dès l'origine, la relation officielle avec l'Amérique et l'ouverture économique sont quasi jumelles. » (p.49)

 

 

Dès 1979, les réformes débutent : décollectivisation des campagnes, création des zones économiques spéciales (avec régimes fiscaux et réglementaires particuliers), création des sociétés d'import-export qui officieront avec les diables étrangers.

Par ailleurs, les services mutuels se poursuivent : la Chine accepte sur son territoire une station commune pour écouter les liaisons russes (projet Chesnut), tandis que les Etats-Unis accepte tacitement l'attaque chinoise au Vietnam qui commence le 17 février 1979. Au prix de lourdes pertes humaines, la Chine administre sa leçon en atteignant son objectif (la ville de Lang Son), en étant bien informée par les Américains des mouvements de troupes russes derrière la frontière, puisque l'URSS envisage une invasion.

Ce raid guerrier a montré le retard de la Chine dans son équipement militaire, validant a posteriori le discours des 4 modernisations de Deng Xiaoping en décembre 1978.

Le coup d'État du général Jaruzelski en Pologne en décembre 1981 pousse le président Reagan à renoncer au soutien de Taïwan : l'administration américaine redoute une attaque soviétique de l'Europe via la Pologne.

L'hypothèque taïwanaise commençant à être levée, l'interdépendance sino-américaine peut se développer.

 

(à suivre)

 

Alexandre Anizy

 

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 3 novembre 2010 3 03 /11 /Nov /2010 22:53

 

La sagacité de François Lenglet est une nouvelle fois démontrée dans son nouveau livre consacré à « la guerre des empires. Chine contre États-Unis » (Fayard, septembre 2010, 243 pages, 17 €). En deux parties équilibrées, il expose les faits et présente les thèses en marquant ses préférences.

 

Dès la 2ème page de l'introduction, nous sommes avertis : « La réalité est à la fois plus simple et plus inquiétante : la Chine va entrer en collision avec les États-Unis. » En argumentant, l'auteur balaie la thèse de l'interdépendance pour finir par une comparaison : « L'interdépendance n'est stable que si elle est construite sur une relation inégalitaire (…). Pour la Chine et les États-Unis, cette époque est révolue. Nous sommes en 1899. » (p.20).

 

« Le passé, l'avenir

Comme des chiens jumeaux flairent autour de nous. »

Jules Supervielle

(2 vers de "Prairie" du recueil « Gravitations »)

 

Puisque la période pacifique s'est achevée, est-il possible de contraindre l'essor chinois ? La réponse d'un expert est citée (p.23) : « La contention de la Chine, cela ne marchera pas. » (Henry Kissinger, le 16 juin 2005)

 

François Lenglet explique l'évolution de l'opposition dans les 5 chapitres qui composent la 1ère partie, parce qu'un choc est inéluctable. Pourquoi pas en 2011, puisque, selon le conseiller Li Daokui de la Banque Centrale Chinoise (BCC), la crise des "subprimes" serait une plaisanterie au regard de celle du bourbier immobilier chinois ?

 

(à suivre)

 

Alexandre Anizy

 

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 2 novembre 2010 2 02 /11 /Nov /2010 17:21

 

La guerre des changes est en train de s'étendre et le patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn l'ami du CAC 40, redoute une guerre des monnaies (un terme imprécis mais néanmoins employé par cet expert : « Je prends très au sérieux la menace d'une guerre des monnaies, même larvée (...) » (le monde du 8 octobre 2010). Toujours en retard le "meilleur économiste" de France … (Dans notre note du 20 décembre 2008, nous l'envisagions déjà).

 

Aujourd'hui, qui est clairement offensif dans la mêlée ? La banque centrale américaine, qui s'apprête à racheter massivement, à partir de novembre (selon les minutes des délibérations de la FED), des bons du Trésor au moyen de la planche à billets, ce qui est en adéquation avec la politique de relance que le président Obama sera obligé de mettre en œuvre s'il veut espérer gagner son 2ème mandat, leur objectif avoué étant de baisser les taux d'intérêt à long terme pour accroître l'activité économique.

Faisons une remarque sur ce point : si la FED et les autres grandes banques centrales ont permis d'éviter la catastrophe après la chute de la banque Lehman Brothers, « personne ne peut prétendre que l'abaissement des taux d'intérêt à court terme ait réellement relancé l'investissement » (Joseph E. Stiglitz, prix Nobel d'économie). De la même façon, les chances de succès du plan d'action (quantitative easing) visant à faire baisser les taux à long terme pour stimuler l'économie sont quasi nulles.

Par contre, ce plan d'action aura un premier effet immédiat : la dépréciation du dollar, conforme aux intérêts politiques du gouvernement américain. Le second effet profitera à Wall Street : la hausse du prix des actifs.

 

La Chine n'est pas en reste. Début octobre, en achetant des obligations japonaises, elle a incité les acteurs financiers à faire monter le yen. Pour riposter, la Banque du Japon s'est manifestée sur les marchés après des années de non-intervention. Le 13 octobre, le premier ministre Naoto Kan a demandé à la Chine et à la Corée du Sud (leurs concurrents commerciaux) de ne pas maintenir sous-évaluées leurs monnaies, tandis que le ministre des finances Yoshihiko Noda pointait les interventions régulières de la Corée du Sud sur le marché des changes. Tokyo brisait ainsi un tabou : pour la 1ère fois, la Corée du Sud est mise en accusation.

 

Mais la grande bataille est en Europe. Début octobre, l'euro s'est apprécié de 10 %. Les États-Unis et la Chine ont intérêt à affaiblir l'Europe en dopant l'euro : une opération d'autant plus facile qu'il n'y a pas de défense monétaire européenne.

Le président ubiquiste Sarkozy de Nagy Bocsa, en parlant du problème du yuan, est en retard d'une bataille (comme DSK l'ami du CAC 40). Le vrai sujet, c'est le dollar, dont la chute est une arme de destruction massive.

Les Anglais, quant à eux, ont tiré les premiers en 2008 : c'est une habitude.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 19 août 2010 4 19 /08 /Août /2010 11:48

Le quotidien vespéral divulgue chaque jour son lot d'informations sciemment biaisées (voir les notes consacrées à cette "institution").

En économie, il accorde 2 colonnes à des zozos regroupés dans une agence d'informations centrale nommée "Breakingviews" : l'honnêteté intellectuelle n'est pas leur avantage compétitif.

 

Prenons le cas de Pierre Briancon, mardi 17 août 2010.

Sa prose raisonnée :

« La croissance du pays [l'Allemagne] a atteint 2,2 % au deuxième trimestre – son rythme le plus rapide depuis la réunification il y a vingt ans -, au-delà des prévisions les plus optimistes. »

Et comme pendant le même trimestre,

« la croissance française, elle aussi, a été plus forte que prévu, même si, à 0,6 %, elle reste dans le registre poussif. »,

Il faut convenir que,

« ce qui est bon pour l'Allemagne est bon pour le reste de l'Europe. »

 

Si Pierre Briançon était un gars sérieux, il aurait souligné, comme d'aucuns l'ont déjà fait, qu'un examen attentif des données tend à démontrer que cette croissance française de 0,6 % est essentiellement due à un phénomène de stockage. Autrement dit, pour la fameuse reprise, il faudra patienter !

 

Mais Pierre Briançon avait un message à placer ; son omission en est un autre.

 

Pierre Briançon se croit journaliste économique, alors qu'il n'est que propagandiste. Brillant ? Certainement pas. Pour le reste, on ne sait pas.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Bio et Roman

 

Ardennais d’origine, nous vivons à Paris.

Notre ambition littéraire est le décryptement de la réalité sociale.
   

 

POUR COMMANDER NOTRE LIVRE

 

"Instruction ordinaire"


Livre à 19 €

Livrel à 4,99 €

sur le site WEB des

éditions NOIRVAL 

 

CLIQUEZ ICI  link

 


Recommander

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés