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Notes politiques

Mardi 23 février 2010 2 23 /02 /Fév /2010 00:27

Avant même l'élection de Barack Obama comme Président, nous sommes restés à l'écart de « l'Obamania », c'est le moins qu'on puisse dire. Voir notre note du 28 février 2008

http://www.alexandreanizy.com/article-17138637.html .


Après un an de présidence Obama au cours de laquelle les promesses n'ont pas été tenues, il n'est pas étonnant de voir le renversement de l'opinion. L'élection d'un Républicain dans le fief démocrate du défunt Ted Kennedy en est la meilleure illustration.

Il est troublant de constater que « depuis un an, Obama et les démocrates insistent sur la nécessité de travailler main dans la main avec les républicains, pour mettre en oeuvre leurs politiques centristes. Pourquoi cette démarche de la part des démocrates, alors qu'ils contrôlaient jusqu'à janvier dernier les deux chambres du Congrès (…) ? » (Danielle Follett, enseignante-chercheuse à l'université Paris VIII)

En matière économique, Obama pouvait difficilement entreprendre le changement, puisqu'il avait choisi un expert comme Larry Summers (celui qui sous Clinton fit exploser la dernière loi limitant la rapine bancaire), ou un banquier comme Timothy Geithner, qui participa au sauvetage des banques avec le Secrétaire d'Etat républicain Henry Paulson, dans les conditions troubles que les Américains découvrent maintenant … Du côté de Wall Street, beaucoup d'indulgence malgré les beaux sermons (l'insolente santé des 4 grandes banques en atteste aujourd'hui) ; du côté du vulgum pecus, 7,1 millions (sur 7,9 millions) des ménages actuellement en retard pour le remboursement de leur prêt hypothécaire vont perdre leur logement, si l'Etat n'intervient pas ...

Comme l'écrit Danielle Follett, « les gens ont compris pour qui travaille Obama ».

Dans quelques mois, les effets du plan de relance de 2009 agiront pleinement puis déclineront aussitôt malgré les 90 milliards de dollars injectés en plus (notamment indemnités de chômage et nouvelles dépenses programmées), qui ne compenseront pas une forte baisse de la consommation, comme Robert Reich (professeur à Berkeley, ancien ministre du Travail de Clinton) le prévoit aujourd'hui. En conséquence, le taux de chômage devrait encore augmenter sensiblement.


Dans ces conditions, nous voyons deux fins de mandat possibles pour le président Obama : le calvaire de Jimmy Carter ou le rebond de Bill Clinton. Comme il n'a pas la volonté politique pour offrir une stratégie de relance sérieuse mais seulement une remarquable habileté politicienne pour durer, son rêve aux contours indéfinis risque fort de finir en cauchemar. Cependant, son ambition personnelle couplée à un exceptionnel talent de tribun peut le conduire sur le chemin du cynisme, à la manière d'un Bill Clinton prêt à tout pour obtenir un deuxième mandat. Dans ce cas, nous pourrions tous être impactés par ses initiatives : le pire n'est pas certain.



Alexandre Anizy

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes politiques
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Mercredi 17 février 2010 3 17 /02 /Fév /2010 00:20

Certains peuples ont beau avoir réussi à exprimer leurs rejets de cette Europe passoire, alors que d'autres ne le pouvaient même pas, les scribes dociles et serviles du fédéralisme attisent les feux pour accélérer la fuite en avant suicidaire. Démonstration dans le dernier éditorial de Christophe Barbier, qui feint de s'indigner pour mieux vendre le « jusqu'au boutisme ».



Première cible : il profite de la crise grecque pour vilipender les banquiers qui, « après que la manne publique a renfloué leurs boutiques, se retournent contre les Etats et spéculent avec les hedge funds contre ceux-là mêmes qui les ont sauvés ».

Encore pire ! Au moment où il écrit son éditorial, Christophe Barbier ne sait pas encore que la banque américaine Goldman Sachs a aidé la Grèce en 2001 à dissimuler l'ampleur de sa dette grâce à des produits financiers complexes. Prix de la prestation : 220 millions d'euros de commissions.


Deuxième cible : il assène qu' « il faut mettre hors d'état de nuire » les agences de notation, « arrogantes officines qui distribuent ou retirent les « triples A » aux entreprises et aux nations comme s'ils s'agissait d'andouillettes », peut-être même à la tête du client puisque leurs raisonnements sont illogiques comme nous l'avons démontré avec Moritz Kraemer de chez Standard & Poor's

( lire notre note http://www.alexandreanizy.com/article-mauvaise-note-pour-moritz-kraemer-de-standard-poor-s-44167373.html ),

alors qu'elles ont révélé leur incompétence en continuant, la veille de la crise des subprimes, à noter excellemment des produits financiers pourris.


Troisième cible : « La vérité, c'est que les Etats-Unis et la Chine, pour mieux asseoir leur condominium, accusent l'Europe de freiner le redémarrage de l'économie européenne. (…) Derrière la monnaie et les marchés, une civilisation est visée, pour laquelle la solidarité compte autant que la performance. » Diantre !


Attention car voici le clou du spectacle : tout ceci est possible parce qu'il n'y a pas d'Europe politique et économique. (Pour la démonstration, il faudra repasser...) Par conséquent, « une révolte est nécessaire. Révolte de la France et de l'Allemagne, pour reprendre le pouvoir dans une Union diluée. Révolte de tous les Etats contre une Banque centrale trop passive, accrochée aux règles plus qu'aux réalités, qui subit une baisse de l'euro qu'elle aurait dû piloter depuis longtemps (…) Révolte, enfin, contre la Commission Barroso II (…) et contre le tandem des ectoplasmes, Herman Van Rompuy et Catherine Ashton (...) »


S'il travaillait un peu plus ses papiers, on finirait peut-être par croire à la sincérité de Christophe Barbier.



Alexandre Anizy


P.S : c'est au moment où Christophe Barbier lance un cri de liberté dans son magazine conservateur, qu'il prend soin d'ôter son écharpe rouge sur son portrait, où il apparaît en veste et chemise blanche (col fermé), sans cravate (concession à la bohème ?) : à défaut de révolte, la communication permanente !

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes politiques
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Lundi 15 février 2010 1 15 /02 /Fév /2010 00:24

Comme nous l'avons déjà exprimé, la construction européenne repose sur un malentendu, spécialement du côté français : lire notamment la note

http://www.alexandreanizy.com/article-24166795.html


Jeudi dernier, lors du sommet européen consacré à la situation de la Grèce, l'Allemagne, fidèle à sa vision politique, a refusé une nouvelle fois la constitution d'un gouvernement économique de la zone euro. Selon un haut responsable européen au quotidien britannique the Guardian, « l'Allemagne appuie complétement sur la pédale de frein en ce qui concerne l'aide financière [à la Grèce, ndAA] », « pour des raisons juridiques et par principe ».


Il faut ajouter les raisons économiques, que Christian Saint-Etienne, dont nous apprécions peu les jugements de valeur (c'est rien de le dire : voir notre note du 12 mai 2008 http://www.alexandreanizy.com/article-19486954.html ), résume bien :

« Ensuite l'Allemagne, menant une politique de désinflation salariale compétitive au sein de la zone euro, affaiblit ses partenaires en croquant des pans entiers de leur demande intérieure, tout en les empêchant d'exporter chez elle par manque de demande intérieure. Que ce choix soit suicidaire pour l'Allemagne elle-même à moyen terme ne retient pas ce pays d'accentuer sa politique, fasciné qu'il est par l'incapacité de la France et de l'Italie à réagir alors que, sans forcer le trait, il dépèce ces pays à vif. » (dans le Monde du 5 février 2010)

Concernant la Grèce, 65 % environ de sa dette serait détenu par 3 grandes banques internationales, dont la Deutsche Bank.


Si on comprend l'embarras du gouvernement allemand (ses contribuables engraisseraient leur banque via les caisses de l'Etat grec ...), on devine aussi que rien ne changera dans le « machin bruxellois ».



Alexandre Anizy

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes politiques
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Lundi 1 février 2010 1 01 /02 /Fév /2010 00:04

Dominique Strauss-Kahn, l'ami du CAC 40, a été placé à la tête du Fonds Monétaire International (FMI) par le Président ubiquiste Sarkozy de Nagy Bocsa : il le méritait sans conteste. Sous l'ère Jospin, il avait montré l'étendue de son talent d'illusionniste.


Etant loin de sa base électorale française, DSK n'a plus besoin de maquiller ses préférences doctrinales et ses propos conservateurs. C'est ainsi que le FMI, sous sa direction, vient de sommer le Portugal de diminuer ses dépenses budgétaires par une baisse de la masse salariale des fonctionnaires et par une réduction des aides sociales.

Gageons que s'il était en France, DSK l'ami du CAC 40 aurait noyé, comme Sarkozy de Nagy Bocsa, son remède néolibéral dans une chicorée socialiste : c'est le talent que nous lui reconnaissons.


En effet, DSK maîtrise parfaitement l'« econo-globish », cette langue économique pratiquée sur notre planète par l'ensemble des décideurs qui veillent à ce qu'hors de cette théorie dominante, point de salut ! C'est d'ailleurs pourquoi il a obtenu le job : une sorte de fondé de pouvoir des grosses fortunes.



Alexandre Anizy 

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Lundi 25 janvier 2010 1 25 /01 /Jan /2010 00:21

Comme il y a 30 ans, l'intellectuel servile Jacques Julliard s'est jeté dans la bataille idéologique, hier sous le masque de la modernité (la deuxième gauche et Rocard : quelle fumisterie !), aujourd'hui celui de la régénération ; mais dans les deux cas, il s'agite pour brouiller les termes du débat afin que rien ne change.

La cohérence politique de ce personnage n'étant pas une de ses qualités, nous dégotons d'emblée une contradiction majeure parmi les « 20 thèses pour repartir du pied gauche » (article dans Libération du 18 janvier 2010), lorsqu'il parle des syndicats.

D'abord, c'est le constat auquel arrivent bien de nos concitoyens :

« Privés de toute perspective d'avenir, de tout projet positif, les syndicats se sont repliés sur une posture purement défensive de préservation de l'emploi et des rémunérations. Les grandes entreprises (…) dans le meilleur des cas, regardent les syndicats comme des auxiliaires utiles dans le maintien de l'ordre social. »

Au printemps 2009, grâce à une gestion pédestre et stérile du mécontentement populaire, les sieurs Thibault et Chérèque ont montré toute l'étendue de leur capacité de nuisance, pour les salariés évidemment.


Puis vient la proposition absurde concernant la régénération :

« Le facteur déclenchant pourrait être la constitution d'un bloc syndical, doté d'un programme d'urgence, dont la CGT et la CFDT doivent prendre l'initiative. (…) Ce nouveau bloc devra envisager la coordination de son action à l'échelle internationale, et d'abord européenne. »

Comment des organisations syndicales vermoulues peuvent-elles se transformer en forces du changement, qui plus est dans un cadre européen ? Le savant Jacques Julliard ne se donne même pas la peine de raconter cette métamorphose abracadabrantesque.



En fait, cet intellectuel servile nous sert le même plat de résistance qu'hier, à savoir : une deuxième gauche, un étendard forcément rassembleur (hier la modernité, maintenant la régénération), un nouvel acteur social (hier la CFDT prétendument autogestionnaire, maintenant le bloc syndical aux contours aussi flous que le programme d'actions), et toujours la même société civile …

Si les temps ont changé, Jacques Julliard quant à lui s'est fossilisé.



Alexandre Anizy 

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes politiques
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