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Notes politiques

Mardi 12 janvier 2010 2 12 /01 /Jan /2010 00:13
 

Pour le philosophe Etienne Balibar, l'évolution néolibérale de l'Europe a deux conséquences notables.

« La première, c'est que la classe ouvrière (au sens large, oscillant entre le salariat et le précariat) … (…) … tend à identifier la défense de son statut (…) avec l'exclusion des migrants. (…) Comme si (…) la fétichisation de la forme nationale et la conversion de l'étranger en ennemi pouvaient conjurer la disparition du contenu social. » (dans Libération du 21 décembre 2009)

« Le deuxième phénomène est tout autre: c'est la confiscation de la politique en Europe par les gouvernements (…). (…) Cette confiscation s'explique par le fait que la classe politique et administrative qui se distribue entre les lieux du pouvoir postule toujours « l'ignorance du peuple » et n'a d'autre horizon que sa propre reproduction. » (idem)

La ratification du Traité de Lisbonne en Allemagne, en Hollande, en France, sans parler de l'Irlande, confirme cette analyse.


Etienne Balibar en arrive à cette proposition :

« L'effet combiné du désespoir des classes populaires (…) et de la stratégie auto-immunitaire des gouvernants, c'est qu'il n'y a plus de pouvoir « constituant », pas même vraiment de pouvoir « législatif » en Europe. Etatisme sans Etat (…). Mais c'est aussi que le discours nationaliste envahit tout (…). Mais ne nous y trompons pas, la xénophobie vise l'étranger en général. Elle vise la différence. » (ibidem)

Disons d'abord que la désignation des pantins Van Rompuy et baronne Ashton est un commencement de preuve quant à la pertinence de l'analyse.

(lire notre note http://www.alexandreanizy.com/article-la-tete-de-l-union-europeenne-40351675.html )

Disons enfin qu'en ce qui concerne la France, l'historien Emmanuel Todd analyse correctement le mécanisme de la régression identitaire :

« L'habileté du sarkozysme est de fonctionner sur deux pôles : d'un côté la haine, le ressentiment ; de l'autre la mise en scène d'actes en faveur du culte musulman ou les nominations de Rachida Dati ou Rama Yade (…). (…) dans tous les cas la thématique ethnique est utilisée pour faire oublier les thématiques de classe. » (dans le Monde du 27 décembre 2009)

Il nous semble intéressant de souligner ce point de convergence entre ces deux intellectuels.


Etienne Balibar en conclue logiquement que nous vivons « la fin de son utopie [le dépassement des nationalismes] ». Hormis « l'hypothèse communiste » qui résout tout d'un coup, comme il le souligne malicieusement, il n' y a point d'autres formulations d'ensemble. C'est « l'affaire d'une génération ».

« Surtout, il y faudrait des mots nouveaux, mieux articulés aux résistances et aux révoltes, comme aux aspirations générales de la société (…). »

En somme, la bataille idéologique ne fait que débuter.



Alexandre Anizy

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes politiques
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Lundi 7 décembre 2009 1 07 /12 /Déc /2009 00:14

La démocratie est en danger dans la vieille Europe : « Nous voyons s’avancer tout doucement la justification d’un nouveau régime : une oligarchie. », écrit Chantal Delsol dans un article (Figaro du 3 décembre 2009), dont nous avons tiré la substance essentielle dans notre note précédente :

http://www.alexandreanizy.com/article-daniel-cohn-bendit-l-antidemocrate-recidiviste-vise-par-chantal-delsol--40593781.html

 

Mais elle balance aussi des noms : « Ceux qui remettent en cause la démocratie, rien qu’en langue française, forment déjà une pléiade qui mériterait des travaux approfondis. Je ne citerais ici que Rancière, Badiou, Milner. »

 

Seulement voilà, concernant Jacques Rancière, nous nous interrogeons sur la pertinence du propos : ceux qui ont lu le livre titré « la haine de la démocratie », dont nous avons fait une présentation fournie dans notre note du 29 mai 2007,

http://www.alexandreanizy.com/article-6704177.html ,

ne peuvent qu’être interloqués par cette saillie imbécile. En effet, dans cet ouvrage, Jacques Rancière défend « l’idée démocrate » face à ceux qu’il nomme « les républicains », et il dénonce la sournoise prise de contrôle des institutions par l’oligarchie … comme l’écrit Chantal Delsol dans son article cité en référence.

 

Alors, que faut-il penser du contresens de Chantal Delsol ?

Peut-être que sa lecture de Rancière s’est arrêtée au titre du livre.

Ce qui ne serait pas sérieux de la part d’une philosophe patentée du Figaro, vous en conviendrez, n’est-ce pas ? 

 

 

Alexandre Anizy

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes politiques
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Samedi 5 décembre 2009 6 05 /12 /Déc /2009 01:16

Après la votation suisse contre les minarets, la crapule écolo-libérale Daniel Cohn-Bendit a récidivé dans sa hargne « anti-démocratie » lors d’un entretien au Temps le 2 décembre :

« Je suis pour une démocratie directe « encadrée » par une Constitution qui ne permette pas de voter sur n’importe quoi. »

Après la « démocratie représentative », Cohn-Bendit nous offre donc un nouveau concept : la « démocratie directe encadrée ». S’il dit par quoi (mais une démocratie n’est-elle pas toujours régie par une Constitution ?), nous ignorons tout du « par qui ? ».

Mais on peut deviner en lisant la suite du propos :

« La priorité de l’élite politique suisse hostile à ce vote doit être de remobiliser la population en vue d’un nouveau référendum. (…) Capituler devant cette angoisse populaire serait une défaite pour tous les démocrates. (…) La Suisse ne doit pas se laisser ligoter par cette décision populaire jusqu’à la fin des temps. »

Pour Cohn-Bendit, le schéma est simple : l’élite politique doit faire revoter le peuple quand celui-ci n’a pas répondu dans le bon sens, enfin, celui de l’élite, vous aviez compris … Pourquoi ?

Peut-être parce que l’élite constitue une sorte d’avant-garde de la démocratie (avant-garde, on a déjà entendu cette bonne blague ailleurs, vous souvenez-vous ?), ou bien parce que ce sont des gens inspirés (puisqu’ils savent ce qui est bien ou mal pour le peuple), alors que les populaires réagissent en fonction de leur angoisse, de leurs instincts primaires, vous voyez le genre …

 

Avec le « Non » irlandais, nous avions déjà eu une première coulée anti-démocratique de la crapule écolo-libérale Daniel Cohn-Bendit : voir notre note

http://www.alexandreanizy.com/article-20346686.html

Avec la votation suisse, il récidive en enrichissant son propos : le projet politique anti-démocratique se précise.

 

 

D’aucuns penseront que nous exagérons ou qu’un parti pris fausse notre analyse, mais il se trouve que la philosophe Chantal Delsol, qui a selon nous de mauvaises fréquentations politiques (1), le dit aussi :

« Ce n’est pas le vote suisse qui représente un nouveau missile contre la démocratie, mais les réactions au vote suisse. » ;

« Autrement dit, il y a une voix extérieure et sommitale qui juge ce qu’un peuple décide, et jauge cela à une aune … Laquelle d’ailleurs ? » ;

« Nous voyons s’avancer tout doucement la justification d’un nouveau régime : une oligarchie. Elle ne fera pas tomber les démocraties par quelque révolution démodée. Elle agira sournoisement, comme elle a déjà commencé à le faire. ».

 

A notre avis, la crapule écolo-libérale Daniel Cohn-Bendit joue bien son rôle au sein du club anti-démocratique. 

 

 

Alexandre Anizy

 

 

(1) : Chantal Delsol est l’épouse du politicien Charles Millon.

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes politiques
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Mardi 1 décembre 2009 2 01 /12 /Déc /2009 00:10

Grâce aux manigances de l’oligarchie, le Traité de Lisbonne s’applique maintenant contre la volonté de certains peuples, exprimée démocratiquement : le Président a été désigné par un conclave.

 

L’heureux nommé s’appelle Herman Van Rompuy. C’est un homme fort du parti chrétien-démocrate flamand dont on peut résumer ainsi le projet politique : les droits de la minorité francophone doivent disparaître ; la dite minorité doit s’intégrer ou partir ; pour une Flandre unie territorialement et linguistiquement. Ils ne disent pas encore ethniquement, mais ça viendra.

Si Herman Van Rompuy vivait par exemple en Serbie, les eurocrates le désigneraient comme un nationaliste populiste.

Un Président nommé qui s’oppose dans son fief aux « valeurs européennes » : d’après vous, où est l’erreur ?

 

Pour le poste de « Haut Représentant pour les Affaires étrangères et la Sécurité », les 27 Chefs d’Etat ont désigné la baronne Catherine Ashton of Upholland qui a incontestablement les compétences pour le job :

  • jamais élue par le peuple ;
  • aucune expérience professionnelle de diplomate.

Elle est donc surtout baronne et travailliste (i.e. very light european socialist : un gage donné au côté obscur et charitable de la force …  oligarchique) et femme : tels étaient ses atouts.

Bien entendu, ce fut une socialiste française, Sylvie Guillaume, qui vola au secours de la baronne en invoquant pour elle une présomption de compétence : la bêtise ne connaît ni frontière ni classe sociale !

 

Pour le poste de Président de la Commission, vous connaissez déjà l’oiseau de mauvais augure : Jose Manuel Barroso. Pour mémoire, reportez-vous à notre note du 2 février 2008 (http://www.alexandreanizy.com/article-16193103.html ).

 

 

Si vous pensez que ce triumvirat ne peut pas être malfaisant, vous vous trompez. A leurs postes respectifs, ils contribueront à l’affaiblissement économique et politique de l’Europe.

 

 

Alexandre Anizy

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes politiques
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Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /Nov /2009 14:27

Nous n’avons jamais douté du talent politique de Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa. Nous pensons même qu’il n’a pas encore montré tout son potentiel, toute sa mesure … et sa démesure.

 

Philippe Manière ne se trompait pas lorsqu’il écrivait (1) : « Sarko, aboutissement ultime du storytelling, c’est l’homme qui raconte une histoire par jour. »

En effet, sur sa page Facebook, le Président ubiquiste a raconté ce week-end comment il avait vécu à Berlin la chute du mur le 9 novembre 1989 : une histoire reprise telle quelle par les médias de ses amis.

Seulement voilà, à Libération, il y a encore des journalistes qui font leur métier honorablement, comme Alain Auffray par exemple. Pour faire simple, disons qu’il doute de la véracité du récit proposé.

(L’hypothèse la plus probable : le 9 novembre 1989, il était à Colombey pour l’anniversaire de la mort du Général de Gaulle)  

 

Philippe Manière ajoutait :

« Le scandale de l’Epad a jeté un doute profond sur la dimension désintéressée de la geste sarkozyenne : on ne peut pas à la fois « faire don de sa personne » et placer ses proches. L’affaire des discours « copiés-collés » entache, elle, la réputation de spontanéité et d’infatigabilité du chef. Elle dévoile l’artifice de la posture. »

Que révèle la suite ?

On apprend maintenant que l’Elysée est intervenu pour que Pierre Sarkozy de Nagy Bocsa, l’autre fils (producteur de rap), obtienne finalement une subvention qu’on venait de lui refuser …

 

Jusqu’où irons-nous avec la geste sarkozyenne ?

 

 

Alexandre Anizy

 

(1) Marianne du 7 novembre 2009

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes politiques
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