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Lundi 4 janvier 2010 1 04 /01 /2010 00:29

Suite des notes

http://www.alexandreanizy.com/article-la-preference-pour-la-liquidite-des-banques-selon-edwin-le-heron-i--40533959.html 

http://www.alexandreanizy.com/article-edwin-le-heron-la-ppl-des-banques-ii--40827957.html

http://www.alexandreanizy.com/article-preference-pour-la-liquidite-des-banques-selon-edwin-le-heron-iii--40958203.html 

http://www.alexandreanizy.com/article-ppl-des-banques-selon-edwin-le-heron-iv--41123203.html  

http://www.alexandreanizy.com/article-edwin-le-heron-la-ppl-des-banques-v--41365908.html 

http://www.alexandreanizy.com/article-preference-pour-la-liquidite-des-banques-edwin-le-heron-vi--41572312.html  

http://www.alexandreanizy.com/article-edwin-le-heron-ppl-des-banques-vii--41685048.html  

 

 

Taux d’intérêt et rendements des financements

« Le taux d’intérêt (…) [est] le prix de production de la monnaie, déterminé par les banques en concurrence. Il est le fruit de la préférence pour la liquidité des banques. Il représente le coût de production de la monnaie plus une marge. » (Edwin Le Héron, p.118)

Le coût de production englobe le coût de fonctionnement d’une banque (i.e. salaires, autres charges, etc.), le coût de rémunération du passif monétaire correspondant, le coût de refinancement déterminé par la banque centrale (taux exogène). « Le taux de marge correspond au profit des banques lié à leur activité de crédit. » (ELH, p.119)

 

Le taux d’intérêt sera appliqué à tous les crédits en ne tenant pas compte du risque croissant : les banques augmenteront plutôt les garanties annexes, et refuseront le dossier à partir d’un certain niveau de risque. Les « bons emprunteurs » sont ainsi choisis. « La contrainte financière s’exerce donc par les prix (le taux de base bancaire) puis par les quantités (financement maximal). La courbe est donc horizontale, puis verticale lorsque le risque marginal du prêteur devient trop élevé. » (ELH, p.119)

 

Le rendement d’un actif de marché i se mesure ainsi :

        ri = (qi – ci + li) / Vi en valeur actualisée

(avec q les revenus plus l’éventuelle plus ou moins value attendus, c les coûts d’acquisition et de conservation, l la prime de liquidité, V le prix de l’actif).  

Pour une action, les dividendes et prix de cession sont incertains : le rendement ne peut donc qu’être anticipé (rD*). C’est pourquoi les banques exigent une prime de risque élevée [rD*-rBB].

 

 

Structure optimale du bilan

La contrainte globale est évidemment :

r Actif > r Passif

« Les banques cherchent à maximiser leur masse de profit et non leur taux. Pour obtenir des profits, elles doivent financer l’économie et accepter de devenir plus illiquide. (…) elles ne peuvent espérer des profits importants qu’en baissant leur PpL. » (ELH, p.121)

Pour ceux qui veulent aller plus loin : Edwin Le Héron propose dans son article une structure simplifiée du bilan des banques ; précisons qu’il ne tient compte ni du « hors bilan » (mais si les professionnels experts en tenaient vraiment compte, aurait-on vu la faillite de la Barings, le désastre déclenché par les « subprimes » ?), ni des profits issus des activités de service (gestion d’actifs pour le compte de tiers) ou des activités d’assurance, lesquelles représentent environ 50 % du produit net bancaire. A partir de cette structure optimale, Edwin Le Héron détermine le profit des banques obtenu par le financement monétaire de l’économie (voir la formule en page 122).

 

« L’activité économique dépend également des esprits animaux des banques et la rareté du financement ne peut être que la conséquence d’un choix délibéré de celle-ci, une rareté désirée signe de leur préférence pour la liquidité. » (ELH, p.122)

 

(A suivre)

 

 

Alexandre Anizy

 

Rappel : « La préférence pour la liquidité des banques : une analyse postkeynésienne du comportement bancaire » est la contribution d’Edwin Le Héron au numéro des Cahiers lillois d’économie et de sociologie titré « Monnaie et taux d’intérêt en analyse keynésienne »  (L’Harmattan, septembre 2002, 182 pages, 16 €).  

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
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Samedi 2 janvier 2010 6 02 /01 /2010 12:55

Suite aux notes

http://www.alexandreanizy.com/article-la-lassitude-du-lecteur-de-fond-i--41980257.html

http://www.alexandreanizy.com/article-la-lassitude-du-lecteur-de-fond-ii--42086080.html

 

 

Parce que lire ne doit pas être une course à la nouveauté, qui est un concept bien fragile si on y regarde de près, il ne faut pas hésiter une seconde à reprendre les ouvrages qui vous ont déjà plu, et pas nécessairement les classiques. Être comme une âme en peine n’est pas une excuse pour sombrer dans l’élitisme bourgeois d’Edith Wharton !

 

C’est le troisième remède à la lassitude du lecteur de fond : il s’inscrit dans l’esprit de « la lenteur » de Milan Kundera (Gallimard, 1995, 154 p., 87 FRF).

(Lire http://www.alexandreanizy.com/article-21222716.html ).

 

 

Alexandre Anizy

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes culturelles
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Jeudi 31 décembre 2009 4 31 /12 /2009 11:07

Suite de notre note http://www.alexandreanizy.com/article-la-lassitude-du-lecteur-de-fond-i--41980257.html

 

 

Le deuxième remède à cette lassitude du lecteur de fond a l’avantage de maintenir une sorte de cordon ombilical avec le monde de la représentation, un fil ténu qui aurait pour objectif de ré-enchanter le sujet assommé par tant de produits frelatés. Comment ?

Par la poésie, évidemment.

 

Techniquement, la poésie permet les doses homéopathiques, c'est-à-dire de courtes phases de lecture. Elle maintient ainsi le rite en s’affranchissant de la pénibilité, i.e. la durée.

Reste à choisir entre la relecture des anciens et la découverte de nouveaux talents. Pour notre part, nous varions le menu : l’envie du moment guide notre main dans les rayons de la bibliothèque ou du libraire.

 

Par exemple, savourons aujourd’hui ces deux tercets :

 

« Vers la gaze de feu que trament les rayons,

Vole le frêle essaim des riches papillons

Qu’enivrent la lumière et le parfum des sèves ;

 

Alors mes doigts tremblants saisissent chaque fil,

Et dans les mailles d’or de ce filet subtil,

Chasseur harmonieux, j’emprisonne mes rêves. »

 

Sonnet la sieste (« les Trophées »)

De José-Maria de Heredia 

 

 

Alexandre Anizy

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes culturelles
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Mardi 29 décembre 2009 2 29 /12 /2009 11:47

Récemment, une amie nous faisait part de ce que nous appellerons la lassitude du lecteur de fond. A force de lire avidement les bouquins consacrés à ses passions diverses, à ses occupations professionnelles, aux problèmes socio-économiques qui nous interpellent, il arrive de ressentir les effets cumulés du ballonnement et de l’écœurement.

Ô horreur ! À notre insu, nous sommes peut-être devenus des lecteurs mécaniques, au sens défini par Edith Wharton.

(Lire http://www.alexandreanizy.com/article-34213167.html )

 

Décrivons les symptômes selon notre amie :

« (…) j'emprunte un livre, par exemple, ou j'en attaque un, et souvent, même si au départ le thème semblait intéressant, voire original, je me désintéresse car j'ai le sentiment que tous ces gros pavés de bouquins sont pour être vendus à la quantité ! Et l'idée sympa de départ se dilue... »

En effet, de prime abord, le secteur de l’édition est aussi marchand que celui des produits frais ; par conséquent, il applique aussi les règles de la mercatique. Dans ces conditions, il est normal de renâcler à la lecture d’une « recette » sur-employée.    

 

Quelle sera notre prescription face à ce désintérêt soudain des livres, voire à ce désenchantement du monde ?

Contre ce mal, nous proposons 3 remèdes.

Le premier est le plus radical : sevrage total !

 

 

Alexandre Anizy

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes culturelles
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Dimanche 27 décembre 2009 7 27 /12 /2009 12:19
 

Personne ne lira Gwenaëlle Aubry, et c'est tant mieux, puisque « Personne » (Mercure de France, juin 2009, 159 pages, 15 €) ne vaut pas le détour.


Après avoir refermé ce livre, nous nous interrogions toujours sur son utilité : si Gwenaëlle Aubry n'était pas une spécialiste d'Aristote et de Plotin, de la philosophie antique en général, nous aurions rejeté cet ouvrage raté avant même la cinquantième page ; seulement voilà, nous respectons beaucoup le milieu universitaire (trop, apparemment), parce qu'il est sans doute l'objet de toutes les attaques cyniques de l'oligarchie, et c'est pourquoi l'auteur a bénéficié d'une ligne d'indulgence excessive de notre part, comme de celle du jury Femina qui vient de lui décerner son Prix.


Que voulez-vous, le nombril de Gwenaëlle nous indiffère !


Intrigués par des critiques littéraires impressionnés par le bagage culturel de l'auteur, qui nous annonçaient un savant entrelacement des textes d'un père fou et d'une fille intellectuelle, nous avons ouvert ce roman avec empathie. Las ! Quelle ne fut pas notre déception ! Ce qui est donné pour des textes du père ne servent qu'à justifier la prose de la fille dont le babillement est avéré. On cherche en vain un sens dans ce fatras d'anecdotes, d'émotions, de réflexions …


Ne pensez pas trouver dans le style un moyen de sauver l'ouvrage du naufrage ! Il est aussi insipide que l'argument romanesque était prétentieux.

« En sa qualité de juriste, mon père était spécialiste de la décentralisation – ce qui, à supposer que l'Etat, ce soit (le) moi, manifestait une certaine cohérence. Il avait, très jeune, soutenu une thèse brillante sur le sujet, fondé un enseignement universitaire, publié livres et articles. » (p.145)

L'abus de virgules trahit le Docteur tout en plombant la musicalité.

« Il est parti pieds nus, m'a dit mon grand-père ce jour-là au téléphone. C'était le jour de mes trente ans, je m'étonnais qu'il ne m'ait pas appelée. Le soir, je donnais une fête à la campagne, dans la grande maison au bord de la rivière. J'étais là, dans la cuisine, à préparer des quiches et des gâteaux, le bébé dormait dans son couffin d'osier posé sur la table, à l'amie qui fêtait son anniversaire avec moi, j'ai dit cela aussi, mon père a disparu il est parti pieds nus, et quelques jours plus tard, encore, de retour à Paris, pour expliquer mon retard à une lecture, mon père a disparu, ces mots que je prononçais dans le silence, c'est peut-être (...) » Bien que la phrase ne soit pas finie, on arrête là, n'est-ce pas ? (p.129)


Cet ouvrage est un non livre qui ne demande qu'une réponse : des non lecteurs.


Alexandre Anizy

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes culturelles
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