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Notes économiques

Vendredi 5 février 2010 5 05 /02 /Fév /2010 07:45

Qui est Thierry Breton ?

Un ingénieur Supélec branché informatique, à ses débuts.

Un écrivain, qui n'a pas écrit personnellement tous ses livres, recruté par un garagiste autodidacte au réseau bien maçonné, qui s'initiera à la politique.

Un soi-disant « grand Manager » qui n'a jamais redressé durablement et globalement une entreprise (voir Thomson, France Télécom).

Un ministre de l'économie et des finances et de l'industrie sans envergure.

Au jour d'aujourd'hui, président-directeur général de la société Atos Origin : une position sociale trop étriquée pour ce vieux jeune loup.


Et c'est ainsi que réapparut Thierry Breton, l'ingénieur électricien qui se pique d'économie, dans les colonnes du quotidien vespéral. Il y apporte sa modeste contribution dans la propagande de l' econo-globish, pour faire inscrire dans la Constitution des limites supérieures à l'endettement de l'Etat.

Comme nous sommes sérieux, nous ne perdons pas notre temps (et le vôtre, chers internautes) à répondre aux arguments absurdes, déjà ressassés dans tous les médias, d'un hussard de l'oligarchie qui a besoin de formation en économie, puisqu'il écrit : « Ma conviction est faite : le véritable investissement d'avenir, c'est le désendettement. »

En économie, les mots ont un sens : en ne sachant pas, Thierry Breton voudrait embarquer la France vers d'autres maux.


Mais alors, quel est l'intérêt de l'article paru dans le Monde du 2 février ? Thierry Breton tenait absolument à nous faire part de sa découverte : la corrélation évidente entre la croissance et le déficit publique, sur la période de 1981 à 2010.

A notre avis, avec une démonstration aussi savante que la sienne, quelqu'un devrait pouvoir mettre en évidence, sur la même période, la corrélation entre l'accroissement du déficit et l'augmentation du nombre d'obèses.



C'est grave et triste à dire, mais de nos jours, l'oligarchie française apprécie les professeurs Tournesol de l' econo-globish.



Alexandre Anizy


Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
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Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /Fév /2010 00:59

Moritz Kraemer est le responsable Europe de la notation des pays chez Standard & Poor's, et c'est sans doute pour cela que les colonnes du Figaro lui sont ouvertes, comme ce fut le cas le lundi 1 février 2010. Puisque nous avons déjà eu le loisir de mettre en évidence l'incohérence du raisonnement de cet agent examinateur, nous vous invitons à (re)lire cette note :

http://www.alexandreanizy.com/article-27525105.html


Dans son nouveau papier sans consistance, titré « pourquoi la zone euro n'éclatera pas » (il est bon de rappeler ici que les agences de notation n'ont rien vu venir en 2007 … et même pire que ça) , il affirme que l'éclatement de la zone euro est plus qu'improbable : la démonstration n'est pas convaincante. Elle l'est d'autant moins qu'il persévère dans ses contradictions.


L'agent examinateur Kraemer soumet au lecteur l'hypothèse de la sortie de l'euro d'un pays très endetté. Qu'en dit-il ?

« Adopter une nouvelle monnaie et la laisser se déprécier semble attrayant pour doper les exportations et la croissance, réduire les déséquilibres extérieurs, relancer l'emploi et les rentrées fiscales. Cette stratégie, en réalité, ébranlerait la confiance des créanciers. La reprise ne serait sans doute pas durable (…). »

Ce qui est mauvais pour ce pays aujourd'hui, était bon pour un autre en février 2009, en tout cas suffisamment bon pour que Standard & Poor's maintienne sa note : la stratégie de change flexible était même considérée comme un avantage compétitif.

« (…) nous maintenons le AAA, notamment parce que la Grande-Bretagne a un taux de change flexible : depuis l’été 2007, la livre a perdu 30 % de sa valeur. Ceci donne au pays un avantage compétitif par rapport à ceux de la zone euro (…) ». (Toujours Moritz KRAEMER)

L'agent examinateur Moritz Kraemer n'ayant toujours pas résolu son problème de cohérence théorique, nous devons le sanctionner par une mauvaise note.



La seule information intéressante de l'article, qui n'est bien sûr pas développée, est la suivante :

« Quitter la zone euro serait infiniment complexe et coûteux. Sans compter que, selon nos critères de notation, cette modification unilatérale d'un engagement contractuel constituerait un défaut de paiement. »

Le défaut de paiement sanctionné par une baisse de la note des agences.

Si l'adhésion librement consentie d'un pays à l'euro est un contrat, en quoi sa sortie de l'euro constitue-t-elle une « modification unilatérale » dudit contrat ? Chez les agences de notation, de quel principe découle la qualification de défaut de paiement pour cette sortie de l'euro ?

Si Moritz Kraemer ne fournit aucune réponse à ces questions, il suggère par contre la menace d'une baisse de la note, ce qui est peut-être l'unique objectif de cet article inconsistant.


Alexandre Anizy 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
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Samedi 16 janvier 2010 6 16 /01 /Jan /2010 07:10
 

Maurice Allais est l'unique Français ayant reçu le Prix Nobel d'économie. Pourtant, les médias ne le consultent plus depuis belle lurette, comme d'ailleurs les dirigeants et institutions françaises. Il est vrai qu'il a l'outrecuidance de se définir comme « libéral et socialiste » et de briser des tabous indiscutés.

D'aucuns s'étonneront de nous voir associés à ce théoricien, mais en ce qui concerne l'analyse de la crise nous émettons le même diagnostic, et quant à la prescription, nous approuvons le premier remède.


« (…) le fondement réel de l'actuelle crise : l'organisation du commerce mondial, qu'il faut réformer profondément, et prioritairement à l'autre grande réforme également indispensable que sera celle du système bancaire. » (dans Marianne du 5 décembre 2009)

Pour Maurice Allais, le protectionnisme entre pays à salaires comparables n'est pas, en général, une bonne mesure.

« Par contre, le protectionnisme entre pays de niveaux de vie différents est non seulement justifié, mais absolument nécessaire. C'est en particulier le cas à propos de la Chine, avec laquelle il est fou d'avoir supprimé les protections douanières aux frontières. Mais c'est aussi vrai pour des pays plus proches, y compris au sein même de l'Europe. »


Que peut faire l'industriel français, par exemple du textile, pour maintenir sa part de marché et sa production locale, quand ses coûts de fabrication sont 5 ou 10 plus élevés ? Rien. Parce qu'il en a fait l'amère expérience (dépôt de bilan de la société Tissage de Picardie), nous doutons que Guillaume Sarkozy de Nagy Bocsa nous contredise sur ce point.

Face à la « méprise monumentale », « monstrueuse », du directeur général de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), le social traître Pascal Lamy, qui souhaiterait que les discussions en cours (appelées le cycle de Doha) s'achèvent par un accord en 2010, parce qu'il considère que l'accroissement des échanges est un objectif en soi alors qu'ils ne sont qu'un moyen, Maurice Allais exprime avec humour sa profonde indignation en lâchant ce mot d'ordre : « il faut de toute urgence délocaliser Pascal Lamy », parce qu'il est un facteur majeur de chômage.


Le chômage actuel n'est que la conséquence d'une libéralisation irraisonnée du commerce : l'entrée libre de produits fabriqués dans des pays organisés avec un autre modèle économique, où les salaires sont 5 ou 10 fois moindres, incite les producteurs français à délocaliser leur production, ce qui occasionne la 1ère vague de chômage, pour tenter de conserver leur part de marché … qui s'effritera ou s'effondrera, ce qui en général aboutit à la disparition locale des producteurs, soit la 2ème vague de chômage.

« (…) ce terme de bulle me semble inapproprié pour décrire le chômage qui résulte des délocalisations. En effet, sa progression revêt un caractère permanent et régulier, depuis maintenant plus de trente ans. (…) un phénomène de fond. »


Maurice Allais propose depuis plus de 10 ans la création d'ensembles régionaux homogènes, qui auraient des niveaux de revenus et des conditions sociales relativement proches.

« Chacune de ces organisations régionales serait autorisée à se protéger de manière raisonnable contre les écarts de coûts de production assurant des avantages indus à certains pays concurrents, tout en maintenant simultanément en interne, au sein de sa zone, les conditions d'une saine et réelle concurrence entre ses membres associés. »

Seulement voilà, hier comme aujourd'hui, les grands dirigeants mondiaux ne veulent rien entendre, et « (…) préfèrent, quant à eux, tout ramener à la monnaie, or elle ne représente qu'une partie des causes du problème. » Mais ils ne sont pas les seuls évidemment.


Maurice Allais, qui est un expert internationalement reconnu sur les crises économiques de 1929 ou de 1987 (par exemple), n'a plus accès aux médias (Marianne ayant intelligemment commis une exception) : il est devenu un Prix Nobel téléspectateur alors que « les commentateurs économiques que je vois s'exprimer régulièrement à la télévision pour analyser les causes de l'actuelle crise sont fréquemment les mêmes qui y venaient auparavant pour analyser la bonne conjoncture avec une parfaite sérénité. Ils n'avaient pas annoncé l'arrivée de la crise, et ils ne proposent pour la plupart d'entre eux rien de sérieux pour en sortir. Mais on les invite encore. »

Et il analyse ainsi son ostracisation : « Cette ignorance et surtout la volonté de la cacher grâce à certains médias dénotent un pourrissement du débat et de l'intelligence, par le fait d'intérêts particuliers souvent liés à l'argent. (…) Ceux qui détiennent ce pouvoir de décision [donner le droit de parler en tant qu'expert, ndAA] nous laissent le choix entre écouter des ignorants ou des trompeurs. »



Contrairement à Maurice Allais, l'économiste absurde Daniel Cohen n'a jamais condamné la démarche et l'objectif de l'OMC ; il n'a pas prédit la crise de 2007, et bien qu'il l'ait beaucoup commentée dans les médias, il ne propose que des mesurettes d'ajustement ou bien il évoque une révolution anthropologique … En admettant qu'il soit sérieux, on peut douter de l'efficacité ou de l'adaptabilité des réponses.

Pauvres économistes enfermés dans leur Cercle ou leur Conseil !

Si seulement ils avaient la vigueur intellectuelle et le courage d'un jeune Maurice Allais !



Alexandre Anizy

 

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
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Jeudi 14 janvier 2010 4 14 /01 /Jan /2010 00:29
 

A notre avis, Daniel Cohen est un bon exemple français de ce qu'est un économiste de la théorie dominante. Nous ne devons pas être les seuls à le croire, puisque les médias le consultent régulièrement dès qu'ils veulent dépasser « le kit de propagande » de la pensée unique. Et pourtant, son message s'insère dans le moule.


« J'analyse cette crise multiple comme une maladie infantile de la mondialisation, (…). Je ne crois pas qu'une rupture de modèle soit à venir. » (le Monde du 8 décembre 2009)

Avec Daniel Cohen, la mondialisation n'est pas heureuse parce qu'elle connaît sa première crise infantile qui « manifeste notre incapacité collective à comprendre et à penser les multiples interdépendances dans lesquelles nous vivons aujourd'hui ».

Mais alors, que faire ?

« Ce dont nous avons besoin aujourd'hui est d'élaborer les régulations qui permettront de maîtriser ces interdépendances. » Dit autrement : « Nous devons trouver les règles de la mondialisation. »

Absolument rien d'original : on croirait lire un texte du noble Olivier Pastré, l'économiste en cercle.

(lire notre note http://www.alexandreanizy.com/article-l-hypocrisie-du-noble-olivier-pastre-economiste-en-cercle-39931815.html )


Si chacun a ses propres contradictions, en voici une chez Daniel Cohen :

« Première utopie, l'idée qu'on réussira à fixer des règles mondiales, garantes de l'équilibre de la planète. (…) Le rêve kantien de fixer des normes universelles n'est qu'un rêve. Il faut pourtant continuer d'agir comme si c'était possible (...) » (Nouvel Observateur du 7 janvier 2010)

On pense alors au Sisyphe d'Albert Camus : Daniel Cohen serait-il un « économiste absurde » ?


Mais encore, monsieur Cohen ?

« Le problème des régulateurs, des banques centrales, n'est plus, comme autrefois, de combattre l'inflation, pathologie typique du modèle économique précédent, mais de prévenir l'envolée du prix des actifs. »

Intéressant, mais Patrick Artus l'écrivait déjà en août 2007.

(lire les 8 notes titrées « les archaïques des banques centrales », commençant par http://www.alexandreanizy.com/article-7264243.html )



Parlons alors du « nouveau modèle économique » qui aurait émergé selon Daniel Cohen.

« Comme toute rupture par rapport à un mode de production antérieure, la mondialisation allie une innovation technologique majeure à une nouvelle organisation du travail. (…) La mondialisation est le fruit de l'informatique et de la nouvelle division du travail qu'elle permet, en désintégrant la chaîne de création de valeur à l'échelle de la planète. »

Outre que cette analyse nous fait vaguement penser à des travaux de Robert Boyer dans les années 80 (en ce temps-là au Cepremap, que dirige maintenant Daniel Cohen), elle renvoie aussi et surtout à la théorie du capitalisme cognitif : lire Yann Moulier Boutang, « le capitalisme cognitif. La nouvelle grande transformation » (éditions Amsterdam, juin 2007, 246 pages, 10 €) Obnubilés par la technique, les tenants de cette théorie ont finement ciselé le cadre d'analyse marxiste, sans nous convaincre de la pertinence d'un nouveau modèle économique.


Pour faire simple, nous disons que Daniel Cohen se trompe totalement en parlant d'un nouveau modèle économique dans le phénomène de la mondialisation : c'est ce que nous allons voir avec Maurice Allais. Nous constatons aussi que Daniel Cohen ne préconise rien d'original par rapport aux tenants de la pensée économique unique. Cependant, il présente un profil d'intellectuel curieux (ah ! la « révolution anthropologique » !), voire « d'économiste absurde », qui le singularise et le rend sympathique.



Alexandre Anizy

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
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Vendredi 8 janvier 2010 5 08 /01 /Jan /2010 00:20

En 2008, le système bancaire était bloqué : les banques ne voulaient plus se prêter de l’argent entre elles. Les BC ont donc alimenté massivement le marché monétaire, puis commencé à racheter les actifs pourris pour purger les bilans des banques. Où en est-on ?

 

Le désinvolte politicien ami des patrons du CAC 40 Dominique Strauss-Kahn, boss du FMI par la grâce du Chef, a déclaré tout récemment que 50 % des déchets sont encore cachés dans le bilan des banques. C’est dire l’ampleur du futur nettoyage ; c’est aussi avouer l’opacité d’un système dominateur, comme le dit à sa manière le keynésien Jean-Paul Fitoussi : « Le système financier n’est pas plus transparent qu’il ne l’était avant la crise. »

 

Les banques centrales (BC) ont injecté des flots de cash dans le système financier : « A présent, la liquidité croît plus vite qu’avant la crise. Elle augmente de 30 % par an, contre 15 % entre 1990 et 2007. » (Patrick Artus).  Où vont ces liquidités ? Les banques, les « hedge funds », les fonds de pension, retournent avec cet argent sur les marchés pour spéculer, notamment avec la technique du « carry-trade » (emprunter dans une monnaie à faible taux d’intérêt – le dollar par exemple - pour investir dans des actifs libellés dans une monnaie à taux d’intérêt plus élevé) : l’économiste américain Nouriel Roubini (le seul qui avait décrit la crise des « subprimes » avant son explosion) a calculé que les spéculateurs peuvent même gagner de l’argent avec des actifs non rentables. C’est dire la folie qui ronge les cerveaux dans les centres financiers.

 

« L’afflux de capitaux ne crée plus des hausses de prix à la consommation comme autrefois, mais plutôt des bulles d’actifs et de crédit. Il faudrait donc que les grands argentiers se penchent sérieusement sur ces dérives. » (Patrick Artus). Mais comme rien  n’a changé à la Fed, la BCE etc., i.e. ni la doctrine ni les hommes, on peut considérer que les choses décrites par cet auteur dans le livre titré « les incendiaires. Les banques centrales dépassées par la globalisation » (édition Perrin août 2007, 175 pages, 14,80 €) se reproduiront.

(lire http://www.alexandreanizy.com/article-7264243.html la 1ère des 8 notes publiées en novembre et décembre 2007)

 

Pendant que les Etats et les BC écopent les soutes de la barque mondiale, les amiraux de la finance ont déjà rouvert le casino sur le pont : « En revanche, les banques, elles, profitent à plein régime du sauvetage organisé par les Etats. », dixit Jean-Paul Fitoussi.

 

 

Force est de constater que nous sommes aujourd’hui plus que jamais dans le cas de figure d’un marché spéculatif (Edwin Le Héron le définit comme celui où la plus-value anticipée est la part dominante du rendement anticipé des actions, par opposition au marché d’entreprise  où le dividende est la part dominante du rendement anticipé des actions). La fonction du secteur bancaire est de financer l’activité économique.

Rappel : (Edwin Le Héron) « Le pôle Banque est constitué de 2 entités : des banques de second rang qui créent la monnaie pour le financement de l’économie (crédit ou achat de titres sur les marchés financiers) et une banque centrale, qui cherche à maintenir la qualité du signe monétaire. » ;

En tant que producteur de la monnaie (un bien social), le secteur bancaire devrait être au service de la société. Est-ce le cas aujourd’hui ? Non.

C’est pourquoi nous avions placé en préambule à notre présentation de l’article d’Edwin Le Héron « la Préférence pour la Liquidité des banques : une analyse postkeynésienne du comportement bancaire », la note « Que font réellement les banques ? » ( http://www.alexandreanizy.com/article-que-font-reellement-les-banques--40418510.html ), où nous rapportions les exhortations aux banques du boss de la FED Bern Bernanke, de l’euro imperator Jean-Claude Trichet de la BCE, de la chancelière allemande Mutti Merkel, et même de l’incompétent ministre de l’économie Christine Lagarde, pour soutenir les signes ténus d’une reprise évanescente.

 

Ce sont des appels en vain. Edwin Le Héron donne les outils théoriques pour le comprendre.

« D’abord, les faits : la croissance, dans nos pays, ne repart pas et le chômage, considérable, réduit la capacité des gens à consommer et à rembourser leurs crédits. En France, 4,7 millions de personne sont en situation de ne pas avoir autant d’heures de travail qu’elles le souhaitent (…) Aux Etats-Unis, 17,5 % de la population sont dans ce cas, et ceux qui travaillent ne sont occupés en moyenne que 33 heures par semaine. Le commerce international se contracte. » (dixit Jacques Attali).

« Aux Etats-Unis, avec un poids économique de 10 %, le secteur financier s’arroge près de 40 % des bénéfices. Il y a quelque chose qui ne va pas dans cet état du monde. » (dixit Jean-Paul Fitoussi).

En effet.

 

Aujourd’hui, la bêtise et l’immoralité sévit sur les marchés. L’incompétence des agences de notation, les mêmes qui en 2007 décernaient des notes excellentes à des produits financiers pourris, s’est emparée des marchés de titres publics, en négatif cette fois-ci : en surévaluant leurs risques (de la Grèce, de l’Espagne, etc.), elles pourraient provoquer un approfondissement de la crise (leurs « mauvaises notes » contraignant les Etats à conduire des politiques d’austérité : une proposition confirmée en quelque sorte par Alain Minc, le libéral mondialiste heureux, lorsqu’il exhorte la France à défendre sa note AAA).


 

Alexandre Anizy

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
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Ardennais d’origine, nous vivons à Paris.

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