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Notes politiques

Mardi 17 mai 2011 2 17 /05 /Mai /2011 00:17

 

Tentons d'expliquer le suicide politique du héraut de la "gauche UMPS" sans tirer sur l'ambulance.

Depuis 6 ans, l'écart entre la valeur intrinsèque de Dominique Strauss-Kahn et sa valeur marchande (exprimée par le prix en économie, par le niveau de satisfaction dans les sondages en politique), ce qu'on appelle une bulle, avait atteint un niveau élevé : « Cette enflure, nourrie jusqu'à la nausée par des chroniqueurs qu'on croirait avoir été engagés comme fonctionnaires chez DSK, a quelque chose d'obscène. » Jean-Pierre Dupuy (le Monde 24 octobre 2010)

La base solide de cette enflure serait l'expertise de DSK en matière d'économie. Qu'en est-il exactement ?

 

En tant qu'économiste théoricien, Dominique Strauss-Kahn brille surtout par la modestie de ses publications dans les revues spécialisées : si l'on retient ce critère, l'expertise économique de DSK fait pschitt, comparée à celles de Ben Bernanke (patron de la Fed) ou bien de Larry Summers (ex conseiller à la Maison Blanche).

En tant qu'économiste praticien (comme ministre en charge de l'économie, ou bien comme Directeur du FMI), on peut là aussi douter de l'expertise si on se réfère à quelques faits :

laisser faire le hold-up de la famille Lagardère lors de la création de la société EADS (lire http://www.alexandreanizy.com/article-7183428.html ) ;

ne pas avoir réduit les déficits et la dette publique quand il en avait les moyens économiques sous l'ère Jospin ;

avoir déclaré en octobre 2007 que « la crise ne devrait pas avoir d'effet dramatique sur la croissance mondiale. La situation est maintenant sous contrôle. », alors que tout ne faisait que commencer … ;

étrangler la Grèce pour mieux protéger le milieu bancaire, comme les 35 heures ont été organisées pour le plus grand profit des grands groupes industriels.

Si le passif est garni, nous ne mettons rien à son actif.

 

« La bulle DSK s'est formée comme se forment toutes les bulles. L'ignorance et la manipulation ont joué leur rôle, mais aussi la mécanique spéculaire du désir et de la fascination. (…) Son mutisme même est le signe qu'il détient un secret sur notre destin. » (Jean-Pierre Dupuy, idem)

Or il n'y a pas de secret.

« Si notre homme est expert en quelque chose, c'est dans l'art de manipuler les machines désirantes. (...) Le désir est panurgique, il le sait. » (Jean-Pierre Dupuy, ibidem)

 

DSK l'oracle muet devait prendre la parole pour descendre dans l'arène politique. Que fait-il ? Un acte qui empêche sa déclaration.

Il nous semble que Luis de Miranda a donné une excellente interprétation de l'affaire DSK au Sofitel de New York : « Mais un tel passage à l'acte, à un tel moment de sa biographie, ne peut être que volontaire. J'ajoute qu'il est héroïque. Cette chute, il l'a voulue, il l'a désirée. L'esprit en lui s'est allié à l'animal pour effondrer d'un geste vif la machine qui s'édifiait autour de lui, telle une prison prévisible et dangereuse. » (dans Libération du 16 mai 2011)

« DSK est un personnage philosophique, un symptôme de notre temps (un « saint homme » dirait Lacan), en ce qu'en lui bestialité et rationalité luttent à l'extrême. (…) Comme président, il aurait été dangereux et, au fond, il le savait : une sorte d'hyper-Sarkozy, celui-ci étant déjà passablement pulsionnel. » (idem)

Il faut souligner qu'après la Porsche (1er acte manqué), l'assaut d'une ouvrière de l'hôtellerie est un geste de libération totale puisqu'il révèle dans le même mouvement la non appartenance à la gauche.

 

En fait, « (…) la raison a triomphé de l'animal. L'étincelle spirituelle qui germe au fond de DSK a voulu nous éviter un président calligulien. » (ibidem) Luis de Miranda remercie donc l'héroïque DSK pour son geste de renoncement à une superpuissance annoncée.

Nous n'irons pas jusque là.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

 

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes politiques
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Vendredi 29 avril 2011 5 29 /04 /Avr /2011 06:51

 

Nicolas Dupont-Aignan considère que l'affaire France Trésor (lire la note II précédente) vaudra celle du Mediator : « Même silence coupable, mêmes conflits d'intérêts, mêmes conséquences dramatiques. » (p.69). Il n'a pas tort. Mais au jour d'aujourd'hui, les victimes n'ont pas encore compris le drame.

Anticipant une prise de conscience des citoyens, à laquelle il contribue avec son livre « l'euro, les banquiers et la mondialisation L'arnaque du siècle » (éditions du Rocher, avril 2011, 154 pages, 13 €), le courageux député Nicolas Dupont-Aignan avance des propositions chocs pour donner une perspective à la révolte qui gronde.

 

D'abord, il faut sortir l'euro (la nuance est importante), et retrouver le pouvoir de création monétaire :

« [les banques] perdront leur toute puissance spéculative – qui repose actuellement sur une inflation monétaire dont elles détiennent le pouvoir et le bénéfice exclusif ». (p.126) ;

« En finançant de nouveau l’État par la Banque de France, nous serons en mesure d'investir pour l'avenir (...) » sans payer des intérêts importants comme aujourd'hui ;

Ensuite, il faut réformer le système bancaire en séparant nettement les banques de détail et les banques d'investissement ; pour faire bonne mesure, et casser l'entente objective actuelle, il faut nationaliser une Grande Banque ;

Enfin, pour l'Europe monétaire à construire après avoir sorti l'euro(mark) actuel du pays, la France proposerait à ses partenaires :

  • de transformer l'euro en ECU, i.e. la monnaie commune de réserve ;

  • de recréer un Système Monétaire Européen (SME) avec des parités fixes mais ajustables ;

  • de rétablir un contrôle des changes avec frontières pour les pays qui le souhaitent. (Cf. p.141-142)

Une Europe, de l'Atlantique à l'Oural, serait à nouveau possible.

 

 

Nicolas Dupont-Aignan ambitionne de « dompter une économie mondialisée de prédation qui épuise les peuples » (sic) : son programme minimum est un bon commencement.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes politiques
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Mardi 26 avril 2011 2 26 /04 /Avr /2011 06:45

 

Pour les oligarques, l'euro c'est notre problème et leur poule aux oeufs d'or.

« Aujourd'hui il ne faut pas se mentir. C'est eux ou nous. Eux qui restent ou nous qui en sortons. »

Nicolas Dupont-Aignan (« l'euro, les banquiers et la mondialisation L'arnaque du siècle », éditions du Rocher, avril 2011, 154 pages, 13 € ; p.97)

Mais que veulent-ils exactement et quelle est leur méthode d'action ?

Alain Peyrefitte au début des années 60 a décrit la méthode :

« C'est le système Monnet. Il consiste précisément à créer des institutions dont on ne peut sortir qu'en accroissant la dose de supranationalité. Chaque difficulté nouvelle nous entraîne dans un engrenage qui pousse un peu plus à l’État fédéral et dessaisit un peu plus les gouvernements nationaux. » (cité p.101)

Le commissaire européen Thibaud de Silguy ne disait pas autre chose quand il comparait l'euro à « une autoroute sans sortie ».

Concernant l'objectif, nous rappelons ici le livre de Jean-Pierre Chevènement titré « la faute à Monnet ».

Nicolas Dupont-Aignan cite l'ancien député européen Jean-Louis Bourlanges qui résume bien leur ambition :

« L' Europe est un héritage, mais l'Union Européenne est un projet politique. »

C'est pourquoi l'entrée de la Turquie dans l'UE va de soi dans cette vision de l'Europe qui « consiste à faire du continent un sous-ensemble géographique de la mondialisation et du libre-échange total » (p.103)

Pure affabulation ? Pas du tout. C'est déjà écrit dans le discret "Agenda Transatlantique", « avatar du traité de l'Atlantique Nord ayant créé l'OTAN en 1949, qui prévoit la constitution, à l'horizon 2015, d'une zone unifiée de libre-échange des 2 côtés de l'Atlantique et la multiplication des ponts de toutes natures (y compris politique et institutionnelle) ». (p.104-105)

Si l'oligarchie française est une et indivisible , sa représentation politique est segmentée pour ratisser large, assurant ainsi une domination sans partage dans tous les lieux de pouvoir. Edouard Balladur et Dominique Strauss-Kahn sont les plus fervents partisans de cet atlantisme qui a son parti, l'UMPS.

 

Vous pensez peut-être que Dupont-Aignan vire paranoïaque ? Vous auriez tort. Il existe un officiel "Conseil européen des relations étrangères" , où l'on trouve Pierre Moscovici (dans ces officines, toujours prêt pour servir celui-là, sorte de double PS d'un Pierre Lellouche), Dominique Strauss-Kahn, Pascal Lamy (le social-traître patron de l'OMC), Lionel Jospin, Daniel Cohn-Bandit, Alain Minc, un Conseil « qui publie d'étranges conclusions sur un "new deal pour l'eurozone", "pourquoi l'Europe est la nouvelle Allemagne" ou "à travers l'Europe post-américaine" » (p.107).

Maintenant vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas. (à suivre)

 

Alexandre Anizy


Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes politiques
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Vendredi 22 avril 2011 5 22 /04 /Avr /2011 11:05

 

Le 22 décembre 1972, le "sinistre ministre" (sic) Valéry Giscard d'Estaing signe une loi qui interdit à l’État de créer de la monnaie pour financer sa dette ou ses investissements (Cf. article 25 de la "Loi de 1973"). Au cœur de l'euro et des traités européens, l'article 123 du traité de Lisbonne (anciennement 104 de celui de Maastricht) « qui interdit à la Banque Centrale Européenne comme à ses succursales nationales de prêter directement aux États et à leurs émanations ».

Nicolas Dupont-Aignan rappelle fort opportunément au début du chapitre 5 de son livre récent (« l'euro, les banquiers et la mondialisation L'arnaque du siècle », éditions du Rocher, avril 2011, 154 pages, 13 €), qui était à l’œuvre dans la mise sous tutelle de l’État au profit des Marchés, c'est-à-dire le milieu financier. Avec « le scandale France Trésor », il révèle comment les Maîtres de la finance ont verrouillé le processus.

 

« Dans un modèle de conflit d'intérêt, (…) il existe une agence de l’État, sous l'autorité de Bercy, qui s'occupe de placer la dette de la France sur les marchés internationaux des capitaux. » (p.80)

Cette agence se nomme France Trésor : elle doit « gérer la dette et la trésorerie de l’État au mieux des intérêts du contribuable ».

 

N'est-il pas troublant de constater que « cette instance abrite une brochette du nec plus ultra de la finance française et mondiale (...) » ? Encore faut-il savoir le détail des Curriculum Vitae des membres de France Trésor, car leurs présentations succinctes sur le site www.francetresor.gouv.fr vous laisseront dans l'ignorance.

Mais Dupont-Aignan rapporte les fruits de son enquête.

 

Commençons par le président de France Trésor (à tout saigneur, tout honneur), Jacques de Larosière : ancien gouverneur de la Banque de France et conseiller du président de la BNP Paribas. Or qui est le champion des Spécialistes en valeurs du Trésor (une vingtaine de SVT) agréés par Bercy ? BNP Paribas.

Si le brillant Jacques de Larosière n'ignore pas le concept de conflit d'intérêt, il faut croire que son éthique personnelle le place au-dessus de l'entendement commun.

Prenons par exemple le cas intrigant de Jean-Pierre Halbron : ancien directeur général d'Alcatel. Que viendrait faire un industriel dans ce groupuscule sélect  ? Il fut aussi l'ancien dirigeant de la filiale française de l'établissement bancaire Wasserstein Perella & Co qui, racheté en 2000 par la Dresdner Bank, devint la Dresdner Kleinwort Wasserstein qui fait partie du cercle fermé des fameux SVT …

Prenons le cas compréhensible de Francesco Giavazzi : professeur d'économie à l'université Bocconi (Milan). Mais Dupont-Aignan a gratté un peu et découvert que le professeur a été accessoirement banquier chez Banco di Napoli …

 

Nous vous laissons découvrir les autres sommités de ce petit monde financier renfermé dans le livre édifiant du vaillant reporter Nicolas Dupont-Aignan.

Comprenne qui voudra.

(à suivre)

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes politiques
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Mercredi 20 avril 2011 3 20 /04 /Avr /2011 12:25

 

Dans son livre récent, titré « l'euro, les banquiers et la mondialisation L'arnaque du siècle » (éditions du Rocher – aller à Monaco pour publier ce document au vitriol, n'est-ce point drôle ? -, avril 2011, 154 pages, 13 €), Nicolas Dupont-Aignan montre à nouveau son talent politique, qui s'appuie notamment sur une connaissance sérieuse des faits, qui sont têtus comme disait Lénine.

 

Ne résistons pas au plaisir de partager avec vous quelques petites cruautés à l'encontre des tenants de l'euro, en reprenant leurs arguments et propos de 1992.

Valéry Giscard d'Estaing (sur RTL, le 30 juillet) : « Si le traité était en application, finalement la Communauté européenne connaîtrait une croissance économique plus forte, donc un emploi amélioré. » (cité p.16)

On peut examiner les chiffres : moins de croissance que les décennies précédentes … donc moins d'emploi.

Martine Aubry (à Béthune, le 12 septembre) : « L’Europe, ce sera plus d'emplois, plus de protection sociale et moins d'exclusion. » (citée p.16)

Carton rouge plein pour la fille du social-traître Jacques Delors.

Ne soyons pas injuste avec Marie-Ségolène Royal : déjà la madone perçait sous la passionaria mitterrandienne.

 

Passons aux chiffres.

La volonté politique d'un euro fort se traduit par un euro cher, i.e. une surévaluation de 20 à 30 % par rapport au dollar. Conséquences ? En 10 ans, la France voit son excédent commercial de 5 Milliards devenir un déficit, et l'excédent de l'Allemagne est divisé par deux. Pire : la surévaluation encourage les délocalisations. Par exemple, les constructeurs automobiles français produisaient en France 3 millions de véhicules en 2004, pour seulement 1,5 million en 2009 … Divisé par 2 en 5 ans ! Et que fait le fleuron de la technologie européenne ? Selon son président Louis Gallois, EADS doit s'installer en zone dollar, payer ses fournisseurs en dollars, inciter ses fournisseurs à délocaliser leurs productions en zone dollar.

Selon l'économiste Jacques Sapir, 10 % de surévaluation ferait perdre 1 % de croissance ; comme des économistes de la théorie dominante ou comme Nicolas Bouzou* le libéral reconnaissent un manque beaucoup plus faible, nous penchons plutôt pour une fourchette de [0,5 – 0,7] %.

Tordons le cou à une autre contre-vérité : l'euro serait un bouclier. En 2009, l'Europe a une récession de 4 % quand les USA – le chaudron d'où a jailli le poison financier - n'ont que 2,5 % ; pour 2011, la prévision de croissance est de 1,5 % pour l'Europe, mais 3,1 % pour les USA.

« Chaque jour de l'euro est un jour de plus vers l'enfoncement de l'Europe dans une crise structurelle durable. (…) En économie, on finit toujours par payer. » (p.62)

Quant au soi-disant plan de sauvetage de l'euro, qui ne sauve en vérité que les banques, c'est une réponse bricolée laborieusement qui mène à une impasse financière : toutes choses égales par ailleurs, ajouter une dette pour remédier à un problème d'endettement, n'est-ce pas un moyen sûr qui tuera inéluctablement le malade ? C'est aussi une impasse économique : comment la Grèce peut-elle rétablir sa compétitivité sans sortir de l'euro et dévaluer ? En ajoutant plan d'austérité sur plan d'austérité, comme elle s'apprête à le faire aujourd'hui, qui aboutiront à une faillite nationale. Même un Polytechnicien mathématicien qui fait dans l'économie, Jean Tirole, le reconnaît :

« Les aides de l'UE et du FMI sont des solutions indispensables à court terme. (…) D'autant qu'il restera toujours un problème de compétitivité et d'exportation dans certains pays comme la Grèce ou le Portugal, auquel il faudra s'attaquer. »*

 

Tel qu'il est construit, l'euro n'est pas la solution mais le problème de l'Europe.

 

 

Alexandre Anizy

 

* le Monde du 19 avril 2011

 

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes politiques
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