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Notes économiques

Jeudi 27 octobre 2011 4 27 /10 /Oct /2011 08:29

 

A l'issue d'un nouveau cirque nocturne, les dirigeants de la zone euro ont signé un accord … qu'il faudra mettre en œuvre dans les semaines à venir.

Alors souvenez-vous.

Au début de la crise grecque, les gouvernements de la zone euro avaient affirmé qu'il n'y aurait pas d'abandon de créances …

Ensuite, ils soutinrent que l'effacement de 20 % de la dette grecque était pour solde de tout compte …

Maintenant, c'est 50 % …

Sont-ils crédibles ?

 

L'accord de ce 27 octobre 2011 n'est malheureusement qu'une nouvelle rustine sur un corps poreux.

 

 

Alexandre Anizy

 

P-.S : nous vous invitons à (re)lire nos notes sur le sujet.

 

 

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
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Dimanche 16 octobre 2011 7 16 /10 /Oct /2011 11:56

 

A quelques jours de la fin de son mandat, Jean-Claude Trichet entreprend sa tournée des médias pour se tresser une couronne de louanges¹, comme le clown fait son dernier tour de piste pour solliciter les bravos.

Pour nous, il reste ce haut fonctionnaire impliqué dans le scandale du Crédit Lyonnais, qui échappa aux poursuites judiciaires grâce à un oubli fâcheux du Parquet aboutissant à une bizarrerie : la relaxe définitive.

Après avoir été un des architectes de l'euro, il finit par obtenir son bâton de maréchal en devenant le Président de la BCE … qui croit aujourd'hui utile de rappeler qu'il a respecté scrupuleusement les règles : « Lors de mes conférences de presse, j'ai toujours souligné notre fidélité à notre mandat premier donné par nos démocraties politiques : assurer à 332 millions d'Européens la stabilité des prix. ».

 

Alors que le monde bouge,

« Pour tenter de relancer leurs économies, les États-Unis, le Brésil ou la Chine essaient de dévaluer leurs monnaies. C'est exactement ce que fait Barack Obama, qui non seulement joue sur la valeur du dollar, mais qui par ailleurs n'est pas hostile à du protectionnisme. Tout le monde tente de réagir, sauf l'Europe qui reste ultralibérale, en retard d'une guerre. Elle se bat encore pour une monnaie forte, malgré l'endommagement grave de son tissu productif et ses déséquilibres intrazone euro. » (Kostas Vergopoulos),

l'euro imperator Trichet, bouffi d'orgueil et de vanité, demeure droit dans ses bottes de certitudes idéologiques, puisque l'honnêteté intellectuelle n'est pas sa qualité en 1992 comme en 2011, lorsqu'il déclare que pour éviter la crise les gouvernements européens auraient dû

« Respecter strictement les règles de la zone euro. Sans fédération politique ni budget fédéral, il était indispensable d'avoir une surveillance très attentive, rigoureuse, permanente, tout particulièrement des politiques budgétaires. ».

 

L'euro imperator Trichet croit toujours que l'euro, tel qu'il a été conçu et tel qu'il est, défend les économies européennes : c'est un Gamelin de l'Union Européenne.

 


 

 

Alexandre Anizy

 

(): Express du 12 octobre 2011

() : lire notre note http://www.alexandreanizy.com/article-7024151.html

() : professeur d'économie à l'université de Paris 8, dans Libération du 12 octobre 2011

() : le généralissime des Forces armées françaises en 1939-1940 qui conduisit le pays à la déroute militaire.

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
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Samedi 17 septembre 2011 6 17 /09 /Sep /2011 07:29

En mai 2009, nous avions raillé les travaux de Philippe Aghion, une sorte de caricature de l’économiste français.

http://www.alexandreanizy.com/article-31995702.html

Comme cet enseignant-chercheur qui se dit de gauche est en pleine promotion d’un essai ("tonique" selon le Nouvel Observateur…), il convient de repositionner le bonhomme à sa juste place.

 

Pour quelqu’un qui prétend repenser l’Etat, la banalité de ses priorités économiques est consternante :

« Ce que nous proposons, c’est un Etat économe qui agit du côté de l’offre, cible ses investissements vers les domaines les plus porteurs de croissance [nous n’échappons pas au concept fumeux de "l’économie de la connaissance", ndAA] et conditionne ses investissements publics à la mise en place de bonnes règles de gouvernance. » (in Nouvel Observateur du 15 septembre 2011)

On croirait entendre une déclaration indigente de Christine Lagarde, l’ex incompétente ministre de l’économie retournée dans ses pénates.  

 

Et lorsque cet homme de droite déclare que 

« La gauche française à vocation à réformer l’Etat pour le mettre aux normes de justice et d’impartialité qui prévalent chez nos voisins européens les plus avancés. » (idem),

il faut traduire ainsi : la mission de la gauche PSUMP est de dégraisser l’Etat. Mais n’est-ce pas le projet politique de la bande à Sarkozy Nagy Bocsa ? En réalité, Philippe Aghion est un cynique : il sait que le dépeçage sera plus facile et plus profond lorsqu’il sera opéré sous le masque du radical-socialisme. Comme le capitalisme français (sans capitaux) a été transformé pour son plus grand bien en 1981 sous l’impulsion du francisquain Mitterrand.

 

« Il faut tourner la page de la social-démocratie de la consommation et de la redistribution pures pour ouvrir celle, proposée dans ce livre, d’une social-démocratie de l’investissement et de l’innovation. » (ibidem)

En fait, ne pas ouvrir ce livre insignifiant est le bon geste.

 

 

Alexandre Anizy

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
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Mardi 13 septembre 2011 2 13 /09 /Sep /2011 11:51

 

Professeur à Paris 8, Olivier Pastré affirme aujourd'hui dans Libération que le scénario de la sortie de l'euro pour la Grèce serait un suicide. A la lecture de cet entretien, il apparaît surtout que « pour le reste de l'Europe (…) la facture à payer serait élevée », ce qu'il vaut mieux éviter en plombant un vilain canard de l'oligarchie européenne, n'est-ce pas ? Dans ces conditions, à qui sont réservés les bienfaits d'un patriotisme économique bien compris ?

 

Sur ce sujet, le patriotisme économique étant alors un thème porteur, le professeur Olivier Pastré, noble banquier tunisien au temps du dictateur Ben Ali, avait décidé en septembre 2006 d'apporter ses lumières au public dans un livre titré « la méthode Colbert » (Perrin, 228 pages, 17,50 €). Comme d'habitude, nous n'avons pas été déçus par le bonhomme.

 

Quand, dans l'introduction, ils lisent ceci :

« Les marchés financiers dictent leur loi. La communication a envahi la sphère politique. La nation française elle-même n'est plus qu'une subsidiarité de l'Europe. » (p.13) ;

d'aucuns pourraient penser que l'auteur, diplômé d'une université américaine, a viré sa cuti, faute de connaître la méthode Pastré. Car, logé dans les méandres d'un raisonnement soporifique, le noyau dur de la pensée néolibérale est affirmé sans hésitation ni argumentation. Prenons un exemple.

 

« Les délocalisations sont inévitables. (…) Il faut donc s'y faire et, en même temps, en relativiser les conséquences. » (p.117)

Un économiste fataliste donc, qui sent bien que son rôle est d'expliquer inlassablement l'inéluctabilité d'un phénomène inoffensif, puisque

« (…) les délocalisations ne modifient en rien l'ancrage d'une entreprise à son territoire national. » (p.118),

prouvant ainsi qu'il néglige le transfert du savoir-faire industriel en ne voyant que la surface capitalistique des choses ;

mais de toute façon,

« On peut donc avancer. Il le faut. C'est impératif, car il n'y a pas d'alternative. Un échec complet du cycle de Doha (...) » (p.89) ;

faire l'apologie du libre échange, avec un accent thatchérien, dans un livre qui prétend rendre efficace la thèse du patriotisme économique, c'est le genre d'enfumage coutumier de cet économiste bien en cour.

 

 

En matière de pédagogie, le professeur Pastré n'a jamais eu la moyenne (puisqu'il apprécie les évaluations, nous lui donnons sa note – et nous savons de quoi nous parlons). Un exemple.

Il raconte qu'en 2005 une rumeur d'OPA sur Danone par Pepsi-Cola parcourait les marchés financiers (quelques spéculateurs en profitèrent forcément), les salles de rédaction, et même le milieu politique : « (…) il ne s'agissait que d'une intox. » (p.16) C'est tout.

Mais l'issue de cette troublante affaire (une enquête n'a-t-elle pas été menée?) est relatée sans faire de lien et en termes si vagues que le lecteur non averti sera bien en mal de décoder le propos : « Faut-il défendre nos entreprises opérant dans des secteurs sensibles contre d'éventuels raiders étrangers ? Là aussi, le saupoudrage est la règle (les casinos ont ainsi été considérés, pendant un temps, comme des entreprises stratégiques ; Danone – encore lui – a dû se réjouir, qui possède le casino d'Évian...). » (p.30) En réalité, cette rumeur d'OPA a donné naissance à un amendement de loi (que d'aucuns ont nommé "Danone") qui stipulait que le rachat d'un casino était soumis à une autorisation de l’État.

Pour un bon pédagogue, il y avait de quoi expliquer, par exemple, les concepts de manipulation de cours, de lobbying, de "pilule empoisonnée". Mais pas chez Pastré, où on évoque, on cite sans dire, on raille en langage sibyllin.

 

 

En matière de rigueur intellectuelle, le professeur Pastré aura toujours des lacunes, surtout sur les sujets qui clivent. Exemple.

« La révolution libérale du début des années 1980, impulsée par Ronald Reagan et Margaret Thatcher, n'a pas eu d'autre objectif que d'enrayer ce cercle vicieux. » (p.26)

C'est-à-dire "ce mode de régulation" "reposant sur l'intervention de l’État jusque dans la direction des entreprises, avait tendance à déresponsabiliser" les créateurs de richesse (comprendre les actionnaires, les entrepreneurs, les managers), "reposant sur une inflation auto-entretenue" ; pour résumer : « Le pari avait été fait, au cours de cette période, du salarié contre le rentier. » (p.25) Et non pas seulement la « stagflation, enfant adultérin de la stagnation et de l'inflation », comme la présente avec légèreté le professeur Pastré, qui n'ignore pas que le néolibéralisme est un projet de politique globale, un choix de société, et non pas un simple "policy mix".

 

 

Malgré ou à cause de ses défauts, la méthode Pastré séduit les médias : ça ne les remonte pas dans notre estime.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

: lire les notes passées consacrées à quelques articles d'Olivier Pastré.

 

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
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Dimanche 21 août 2011 7 21 /08 /Août /2011 11:04

 

 

« Pourtant, les processus économiques sont des phénomènes de croyance, socialement construits et entretenus, et la politique économique n'y échappe pas : elle fabrique et modifie les anticipations des agents (...) » (p.18)

Dans un petit livre bien fichu, « ordre monétaire ou chaos social » (éditions du Croquant, septembre 2006, bouquinel de 65 pages), Frédéric Lebaron analyse la croyance économique des banquiers centraux.

« Le caractère intrinsèquement instable et incertain de la vie économique est nié au profit d'une utopie articulée sur la stabilité de l'ordre économico-monétaire. » (p.24)

Fi d'une politique macroéconomique européenne ! Seules importent les réformes structurelles et institutionnelles pour atteindre le paradis du marché unique, sans entrave, dont l'euro n'est que la base. C'est pourquoi

« Une véritable mystique de la monnaie anime ainsi les acteurs de l'unification monétaire. » (p.48)

 

 

Dans un livre récent plus dense, « la crise de la croyance économique » (éditions de Croquant, octobre 2010, bouquinel de 284 pages), Frédéric Lebaron étudie l'évolution de la doxa entre 2007 et 2010, parce que la crise a provoqué un ébranlement cognitif au sein de la communauté épistémique, le monde n'étant plus conforme à l'idéologie de la fin de l'Histoire ou de la mondialisation heureuse.

 Pour autant, cette crise de la croyance économique remet-elle en cause le processus régressif en cours ? A notre avis non, et cette comparaison de l'auteur explicite notre réponse :

« Ce fondamentalisme de marché, de nature religieuse, est le symétrique de la forme absolutiste de la croyance communiste, lorsqu'elle annonce l'éradication absolue de tout mécanisme de marché au profit d'une économie strictement collective et centralement planifiée. » (p.160)

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
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