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Jeudi 5 mai 2011 4 05 /05 /Mai /2011 06:56

 

Contrairement ce que pense Jean-Christophe Buisson du Figaro Magazine, « l'heure du Roi » de Boris Khazanov (Viviane Hamy, décembre 2010, 127 pages, 7 €) n'est pas "un très grand livre", mais un bon livre, ce qui n'est déjà pas si mal.

S'il présente de manière elliptique - c'est là le tour de force - les drames de la Deuxième Guerre Mondiale, il ne donne aucune réponse concernant le prix d'un acte de liberté, en l'occurrence celui du Roi.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes culturelles
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Vendredi 29 avril 2011 5 29 /04 /Avr /2011 06:51

 

Nicolas Dupont-Aignan considère que l'affaire France Trésor (lire la note II précédente) vaudra celle du Mediator : « Même silence coupable, mêmes conflits d'intérêts, mêmes conséquences dramatiques. » (p.69). Il n'a pas tort. Mais au jour d'aujourd'hui, les victimes n'ont pas encore compris le drame.

Anticipant une prise de conscience des citoyens, à laquelle il contribue avec son livre « l'euro, les banquiers et la mondialisation L'arnaque du siècle » (éditions du Rocher, avril 2011, 154 pages, 13 €), le courageux député Nicolas Dupont-Aignan avance des propositions chocs pour donner une perspective à la révolte qui gronde.

 

D'abord, il faut sortir l'euro (la nuance est importante), et retrouver le pouvoir de création monétaire :

« [les banques] perdront leur toute puissance spéculative – qui repose actuellement sur une inflation monétaire dont elles détiennent le pouvoir et le bénéfice exclusif ». (p.126) ;

« En finançant de nouveau l’État par la Banque de France, nous serons en mesure d'investir pour l'avenir (...) » sans payer des intérêts importants comme aujourd'hui ;

Ensuite, il faut réformer le système bancaire en séparant nettement les banques de détail et les banques d'investissement ; pour faire bonne mesure, et casser l'entente objective actuelle, il faut nationaliser une Grande Banque ;

Enfin, pour l'Europe monétaire à construire après avoir sorti l'euro(mark) actuel du pays, la France proposerait à ses partenaires :

  • de transformer l'euro en ECU, i.e. la monnaie commune de réserve ;

  • de recréer un Système Monétaire Européen (SME) avec des parités fixes mais ajustables ;

  • de rétablir un contrôle des changes avec frontières pour les pays qui le souhaitent. (Cf. p.141-142)

Une Europe, de l'Atlantique à l'Oural, serait à nouveau possible.

 

 

Nicolas Dupont-Aignan ambitionne de « dompter une économie mondialisée de prédation qui épuise les peuples » (sic) : son programme minimum est un bon commencement.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes politiques
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Mardi 26 avril 2011 2 26 /04 /Avr /2011 06:45

 

Pour les oligarques, l'euro c'est notre problème et leur poule aux oeufs d'or.

« Aujourd'hui il ne faut pas se mentir. C'est eux ou nous. Eux qui restent ou nous qui en sortons. »

Nicolas Dupont-Aignan (« l'euro, les banquiers et la mondialisation L'arnaque du siècle », éditions du Rocher, avril 2011, 154 pages, 13 € ; p.97)

Mais que veulent-ils exactement et quelle est leur méthode d'action ?

Alain Peyrefitte au début des années 60 a décrit la méthode :

« C'est le système Monnet. Il consiste précisément à créer des institutions dont on ne peut sortir qu'en accroissant la dose de supranationalité. Chaque difficulté nouvelle nous entraîne dans un engrenage qui pousse un peu plus à l’État fédéral et dessaisit un peu plus les gouvernements nationaux. » (cité p.101)

Le commissaire européen Thibaud de Silguy ne disait pas autre chose quand il comparait l'euro à « une autoroute sans sortie ».

Concernant l'objectif, nous rappelons ici le livre de Jean-Pierre Chevènement titré « la faute à Monnet ».

Nicolas Dupont-Aignan cite l'ancien député européen Jean-Louis Bourlanges qui résume bien leur ambition :

« L' Europe est un héritage, mais l'Union Européenne est un projet politique. »

C'est pourquoi l'entrée de la Turquie dans l'UE va de soi dans cette vision de l'Europe qui « consiste à faire du continent un sous-ensemble géographique de la mondialisation et du libre-échange total » (p.103)

Pure affabulation ? Pas du tout. C'est déjà écrit dans le discret "Agenda Transatlantique", « avatar du traité de l'Atlantique Nord ayant créé l'OTAN en 1949, qui prévoit la constitution, à l'horizon 2015, d'une zone unifiée de libre-échange des 2 côtés de l'Atlantique et la multiplication des ponts de toutes natures (y compris politique et institutionnelle) ». (p.104-105)

Si l'oligarchie française est une et indivisible , sa représentation politique est segmentée pour ratisser large, assurant ainsi une domination sans partage dans tous les lieux de pouvoir. Edouard Balladur et Dominique Strauss-Kahn sont les plus fervents partisans de cet atlantisme qui a son parti, l'UMPS.

 

Vous pensez peut-être que Dupont-Aignan vire paranoïaque ? Vous auriez tort. Il existe un officiel "Conseil européen des relations étrangères" , où l'on trouve Pierre Moscovici (dans ces officines, toujours prêt pour servir celui-là, sorte de double PS d'un Pierre Lellouche), Dominique Strauss-Kahn, Pascal Lamy (le social-traître patron de l'OMC), Lionel Jospin, Daniel Cohn-Bandit, Alain Minc, un Conseil « qui publie d'étranges conclusions sur un "new deal pour l'eurozone", "pourquoi l'Europe est la nouvelle Allemagne" ou "à travers l'Europe post-américaine" » (p.107).

Maintenant vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas. (à suivre)

 

Alexandre Anizy


Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes politiques
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Dimanche 24 avril 2011 7 24 /04 /Avr /2011 11:47

 

Il y a un an à peine le premier ministre grec lançait son appel à l'aide financière internationale, ce qui aboutit à une tutelle du pays par l'Union Européenne et le FMI, dont le grand objectif était de ne pas pénaliser les détenteurs privés de la dette (comprendre les banques) par une restructuration drastique. Des gens qui se prétendent sérieux (mais étaient-ils sincères ?) comptaient sur le remboursement des 340 Milliards d'euros de dette d'ici à 2013, après le renflouement de 110 Milliards, mais également sur le retour de la Grèce sur les marchés obligataires, alors que ce pays paie au jour d'aujourd'hui des taux d'intérêt de 18 % pour les prêts à 2 ans !

En vérité, l'échec de ce plan de sauvetage nous l'avions annoncé dès le 2 mai 2010 (tout en esquissant le schéma d'une autre politique de redressement). Lisez attentivement cette note :

http://www.alexandreanizy.com/article-une-autre-solution-pour-la-grece-suspendre-le-paiement-de-la-dette-publique-sortir-de-l-euro-relocaliser-le-financement-de-l-etat-49647294.html

 

La Grèce est donc déjà à nouveau incapable d'honorer sa dette, malgré la saignée infligée au corps social. Et pour y remédier, le sinistre Georges Papandréou prévoit un autre plan d'austérité accompagné d'une braderie des actifs de l'Etat. Cette fois-ci, la restructuration, bien que non sollicitée officiellement, est aussi à l'ordre du jour : elle est maintenant possible sans léser les créanciers privés, i.e. les banques (on y revient toujours …).

 

 

Alexandre Anizy

 

P-.S : il est intéressant de relire ce que l'économiste français Daniel Cohen, fort présent dans les médias en tant qu'expert, qui ne parle quasiment jamais de son deuxième job, senior adviserde la banque Lazard, disait dans les colonnes du JDD le 11 mai 2010 :

« En la sauvant, nous sauvons l'euro et l'Europe. » (sous-entendu "ça ou le chaos" : le système Monnet en action – lire les notes sur Nicolas Dupont-Aignan) ;

« La bonne analyse est celle de la faillite de Lehman ou de la faillite du Kreditanstalt en Autriche en mai 1931, un an et demi après le début de la crise de 1929. Leur abandon a conduit à une apocalypse financière. » Dont pourrait souffrir son autre employeur, la banque Lazard ?

La crise grecque, c'est aussi un brillant expert en capilotade …

 

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
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Vendredi 22 avril 2011 5 22 /04 /Avr /2011 11:05

 

Le 22 décembre 1972, le "sinistre ministre" (sic) Valéry Giscard d'Estaing signe une loi qui interdit à l’État de créer de la monnaie pour financer sa dette ou ses investissements (Cf. article 25 de la "Loi de 1973"). Au cœur de l'euro et des traités européens, l'article 123 du traité de Lisbonne (anciennement 104 de celui de Maastricht) « qui interdit à la Banque Centrale Européenne comme à ses succursales nationales de prêter directement aux États et à leurs émanations ».

Nicolas Dupont-Aignan rappelle fort opportunément au début du chapitre 5 de son livre récent (« l'euro, les banquiers et la mondialisation L'arnaque du siècle », éditions du Rocher, avril 2011, 154 pages, 13 €), qui était à l’œuvre dans la mise sous tutelle de l’État au profit des Marchés, c'est-à-dire le milieu financier. Avec « le scandale France Trésor », il révèle comment les Maîtres de la finance ont verrouillé le processus.

 

« Dans un modèle de conflit d'intérêt, (…) il existe une agence de l’État, sous l'autorité de Bercy, qui s'occupe de placer la dette de la France sur les marchés internationaux des capitaux. » (p.80)

Cette agence se nomme France Trésor : elle doit « gérer la dette et la trésorerie de l’État au mieux des intérêts du contribuable ».

 

N'est-il pas troublant de constater que « cette instance abrite une brochette du nec plus ultra de la finance française et mondiale (...) » ? Encore faut-il savoir le détail des Curriculum Vitae des membres de France Trésor, car leurs présentations succinctes sur le site www.francetresor.gouv.fr vous laisseront dans l'ignorance.

Mais Dupont-Aignan rapporte les fruits de son enquête.

 

Commençons par le président de France Trésor (à tout saigneur, tout honneur), Jacques de Larosière : ancien gouverneur de la Banque de France et conseiller du président de la BNP Paribas. Or qui est le champion des Spécialistes en valeurs du Trésor (une vingtaine de SVT) agréés par Bercy ? BNP Paribas.

Si le brillant Jacques de Larosière n'ignore pas le concept de conflit d'intérêt, il faut croire que son éthique personnelle le place au-dessus de l'entendement commun.

Prenons par exemple le cas intrigant de Jean-Pierre Halbron : ancien directeur général d'Alcatel. Que viendrait faire un industriel dans ce groupuscule sélect  ? Il fut aussi l'ancien dirigeant de la filiale française de l'établissement bancaire Wasserstein Perella & Co qui, racheté en 2000 par la Dresdner Bank, devint la Dresdner Kleinwort Wasserstein qui fait partie du cercle fermé des fameux SVT …

Prenons le cas compréhensible de Francesco Giavazzi : professeur d'économie à l'université Bocconi (Milan). Mais Dupont-Aignan a gratté un peu et découvert que le professeur a été accessoirement banquier chez Banco di Napoli …

 

Nous vous laissons découvrir les autres sommités de ce petit monde financier renfermé dans le livre édifiant du vaillant reporter Nicolas Dupont-Aignan.

Comprenne qui voudra.

(à suivre)

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes politiques
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