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Mercredi 20 avril 2011 3 20 /04 /Avr /2011 12:25

 

Dans son livre récent, titré « l'euro, les banquiers et la mondialisation L'arnaque du siècle » (éditions du Rocher – aller à Monaco pour publier ce document au vitriol, n'est-ce point drôle ? -, avril 2011, 154 pages, 13 €), Nicolas Dupont-Aignan montre à nouveau son talent politique, qui s'appuie notamment sur une connaissance sérieuse des faits, qui sont têtus comme disait Lénine.

 

Ne résistons pas au plaisir de partager avec vous quelques petites cruautés à l'encontre des tenants de l'euro, en reprenant leurs arguments et propos de 1992.

Valéry Giscard d'Estaing (sur RTL, le 30 juillet) : « Si le traité était en application, finalement la Communauté européenne connaîtrait une croissance économique plus forte, donc un emploi amélioré. » (cité p.16)

On peut examiner les chiffres : moins de croissance que les décennies précédentes … donc moins d'emploi.

Martine Aubry (à Béthune, le 12 septembre) : « L’Europe, ce sera plus d'emplois, plus de protection sociale et moins d'exclusion. » (citée p.16)

Carton rouge plein pour la fille du social-traître Jacques Delors.

Ne soyons pas injuste avec Marie-Ségolène Royal : déjà la madone perçait sous la passionaria mitterrandienne.

 

Passons aux chiffres.

La volonté politique d'un euro fort se traduit par un euro cher, i.e. une surévaluation de 20 à 30 % par rapport au dollar. Conséquences ? En 10 ans, la France voit son excédent commercial de 5 Milliards devenir un déficit, et l'excédent de l'Allemagne est divisé par deux. Pire : la surévaluation encourage les délocalisations. Par exemple, les constructeurs automobiles français produisaient en France 3 millions de véhicules en 2004, pour seulement 1,5 million en 2009 … Divisé par 2 en 5 ans ! Et que fait le fleuron de la technologie européenne ? Selon son président Louis Gallois, EADS doit s'installer en zone dollar, payer ses fournisseurs en dollars, inciter ses fournisseurs à délocaliser leurs productions en zone dollar.

Selon l'économiste Jacques Sapir, 10 % de surévaluation ferait perdre 1 % de croissance ; comme des économistes de la théorie dominante ou comme Nicolas Bouzou* le libéral reconnaissent un manque beaucoup plus faible, nous penchons plutôt pour une fourchette de [0,5 – 0,7] %.

Tordons le cou à une autre contre-vérité : l'euro serait un bouclier. En 2009, l'Europe a une récession de 4 % quand les USA – le chaudron d'où a jailli le poison financier - n'ont que 2,5 % ; pour 2011, la prévision de croissance est de 1,5 % pour l'Europe, mais 3,1 % pour les USA.

« Chaque jour de l'euro est un jour de plus vers l'enfoncement de l'Europe dans une crise structurelle durable. (…) En économie, on finit toujours par payer. » (p.62)

Quant au soi-disant plan de sauvetage de l'euro, qui ne sauve en vérité que les banques, c'est une réponse bricolée laborieusement qui mène à une impasse financière : toutes choses égales par ailleurs, ajouter une dette pour remédier à un problème d'endettement, n'est-ce pas un moyen sûr qui tuera inéluctablement le malade ? C'est aussi une impasse économique : comment la Grèce peut-elle rétablir sa compétitivité sans sortir de l'euro et dévaluer ? En ajoutant plan d'austérité sur plan d'austérité, comme elle s'apprête à le faire aujourd'hui, qui aboutiront à une faillite nationale. Même un Polytechnicien mathématicien qui fait dans l'économie, Jean Tirole, le reconnaît :

« Les aides de l'UE et du FMI sont des solutions indispensables à court terme. (…) D'autant qu'il restera toujours un problème de compétitivité et d'exportation dans certains pays comme la Grèce ou le Portugal, auquel il faudra s'attaquer. »*

 

Tel qu'il est construit, l'euro n'est pas la solution mais le problème de l'Europe.

 

 

Alexandre Anizy

 

* le Monde du 19 avril 2011

 

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes politiques
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Samedi 16 avril 2011 6 16 /04 /Avr /2011 12:31

 

Le printemps revient avec son explosion de couleurs. Cependant, l'actualité lyrique* nous ramène à l'hiver russe, à l'enfer léniniste, à la douleur de la poétesse Anna Akhmatova.

 

 

J'ai cessé de sourire.

Le vent glacé me gèle les lèvres,

Un espoir de perdu,

Une chanson de gagnée.

La voilà, cette chanson,

Jetée aux rires, aux blâmes.

Elle est intolérable

La douleur du silence amoureux.

 

Anna Akhmatova

17 mars 1915. Tsarkoïe Selo

L'églantier fleurit et autres poèmes

traduits par Marion Graf et José-Flore Tappy

(éditions La Dogana, Genève 2010, 230 pages, 22 €)

 

Comparé au souffle d'Akhmatova, le style révolutionnaire de Maïakovski fait l'effet d'un bruit métallique, comme les coups d'un marteau sur une tête en forme d'enclume.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

* : ces jours-ci, création à Paris-Bastille d' Akhmatova, deuxième opéra moderne de Bruno Mantovani

 

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes culturelles
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Mercredi 13 avril 2011 3 13 /04 /Avr /2011 07:53

 

La construction alambiquée de ce polar de Christian Roux, « Kadogos » (Rivages Noir, septembre 2009, 316 pages, 8,50 €), nous a incité à en poursuivre sans cesse la lecture jusqu'au point final malgré la fadeur du style.

 

Un tueur à gages spécialiste des victimes en phase terminale, des enfants soldats d'Afrique, un trafic d'organes en Ile-de-France, etc … cela fait beaucoup d'originalité pour un seul livre.

 

En polissant un thème plutôt qu'en en dégrossissant à peine une foultitude, l'auteur gagnerait peut-être en profondeur.

 

Alexandre Anizy

 

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes culturelles
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Samedi 9 avril 2011 6 09 /04 /Avr /2011 07:11

 

Avec « ces deux hommes » de Slobodan Selenić (Robert Laffont, janvier 1991, 301 pages, 130 FRF), nous sommes à nouveau face à une œuvre de qualité, mais un cran en-dessous de celles que nous avons évoquées ici.

http://www.alexandreanizy.com/article-sous-le-soleil-de-slobodan-seleni-46906180.html

http://www.alexandreanizy.com/article-autre-chef-d-oeuvre-de-slobodan-seleni-meurtre-avec-premeditation-62977618.html

 

L'histoire se passe à Belgrade, dans l'agitation de l'immédiat après-guerre (1945) : le vieux monde représenté par le bourgeois Vladan prend sous son aile protectrice une jeune pousse symbolisée par le kosovar Istref, issu d'un monde pastoral également en voie de disparition.

L'architectonique est brillante, comme le style. L'incipit offre par son rythme et par ses circonvolutions un aperçu saisissant de l'ouvrage :

« Il remarqua la grosse enveloppe jaune sur son bureau dès qu'il passa la tête par la porte entrouverte pour vérifier si l'un des enfants n'était pas pelotonné dans le grand fauteuil où il aimait tant à se prélasser en son absence, et malgré son interdiction, ou peut-être justement en raison de celle-ci, Tanja, Alija et même, ces derniers temps, le petit Čakar. [prononcer « tchakar », ndAA] »

 

Pourquoi n'est-ce pas un autre chef d’œuvre de Slobodan Selenić ?

Si dans la lente montée vers la confrontation l'opposition des caractères est soigneusement disséquée, la dimension sociale (le conflit entre le monde vieux et le neuf) n'est pas traitée à sa juste mesure : un manque qui cantonne trop le roman dans la sphère psychologique.

 

Mais un Selenić en demi-teinte vaut largement dix Angot réussis (oxymoron) !

 

 

Alexandre Anizy

 

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes culturelles
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Mercredi 6 avril 2011 3 06 /04 /Avr /2011 17:17

 

Au printemps 2008, la Cour des Comptes dressait un tableau accablant du chemin de fer français dans un rapport de 170 pages, dont nous avons parlé dans notre note du 25 avril 2008 :

http://www.alexandreanizy.com/article-19035910.html (titre : l'échec du rail (RFF) : l'aveuglement des eurocrates)

 

Dans un entretien (le Monde du 26 mars 2011), le président de la SNCF Guillaume Pépy fait le constat suivant (ne soyons pas naïfs, c'est en partie pour se dédouaner de toute impéritie)  :

« Le réseau ferroviaire s'est dégradé et n'est plus aujourd'hui en situation de supporter correctement le développement du trafic. »

Il ne manque pas d'ajouter, voyant venir la critique que d'aucuns lui adresseront un jour (la qualité d'un grand patron, qui lui fait défaut, n'est-elle pas d'être un visionnaire?) :

« Je suis frappé qu'il y a encore 15 ans les mots d'ordre étaient "fermez les petites lignes" ou "enlevez les rails des centres-villes". (…) Personne, y compris à la SNCF, n'avait anticipé un tel retour en grâce du train. »

Il tire enfin le bilan de la casse de l'outil ferroviaire en 1997 (conséquence logique du fameux livre blanc de 1986 du social-traitre Jacques Delors, assisté du malfaisant Pascal Lamy) :

« Nous allons vers une impasse financière. Notre système RFF – SNCF n'a pas d'avenir. »

Force est de constater que le président Pépy se range à notre avis … de 1997 (ceux qui nous connaissent bien savent que nous le pensions déjà en 1986) : nous sommes donc « en avance de 2 ou 3 longueurs », comme l'écrivait en son temps le chanteur des opticiens (Antoine).

Si Guillaume Pépy est peut-être un grand commis de l’État, il n'est certainement pas un visionnaire.

 

La suite de l'entretien le confirme en quelque sorte.

Pépy apprécie le compromis réalisé par les Allemands pour ne pas couler dans le grand marché européen en ruine instauré par Delors et ses sbires. Pourquoi ?

« Nos voisins ont surtout réglé de nombreux problèmes : désendettement total, prise en charge du surcoût lié au statut des cheminots par le biais d'une caisse spécifique, large financement public par les Länder. »

Que de la finance … avec le contribuable en payeur de dernier recours.

 

Tirons une conclusion de la découverte du président Pépy : à la SNCF, comme au ministère de l’Économie qui prône le rapprochement fiscal, comme la majorité de notre pseudo élite, on pense allemand.

L’Histoire nous a pourtant montré récemment le résultat d'un tel alignement : la débâcle.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes générales
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Ardennais d’origine, nous vivons à Paris.

Notre ambition littéraire est le décryptement de la réalité sociale.
   

 

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