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Jeudi 29 novembre 2007 4 29 /11 /Nov /2007 05:02

On dit que la loi sur l’autonomie des universités, qui ne serait que la première pierre d’un nouvel édifice selon Valérie PéCRESSE, doit beaucoup à Bernard BELLOC, ancien Président de l’université Toulouse I devenu conseiller du Prince. Il doit sa notoriété actuelle en partie pour son étude sur le système américain, notamment californien.

 
Quelle est sa problématique ?
Il est impossible à une université d’être bonne dans tous les compartiments. « D’un côté, la massification de l’enseignement supérieur exige de très gros efforts sur les premiers cycles (…). D’autre part, l’impératif de développer à fond la recherche, (…), oblige à recruter des enseignants chercheurs qui n’ont pas le même profil que ceux capables de faire réussir les jeunes en premier cycle. »  (dans le Nouvel Obs. du 22 novembre 2007, p.52)

Pour répondre à ce défi, les Californiens ont institué un système à 3 niveaux : de bonnes facultés de 1er cycle, d’autres spécialisées dans les mastères, des universités pour la Recherche.

« Il est capital pour un pays d’être doté d’universités de recherche. C’est ce que les Allemands viennent de décider en votant des super crédits à une dizaine de leurs universités. »
« En fait, c’est l’Allemagne qui est en train de devenir pour nous un exemple européen très intéressant à tous égards. »

 
C’est bien, mais le financement de ce vaste chantier n’est pas assuré. Dans ces conditions, est-ce normal d’une part que les Grandes Ecoles continuent de siphonner une bonne partie du budget de l’enseignement supérieur ?  D’autre part, Bernard BELLOC ne dit pas grand-chose sur l’articulation Universités / Grandes Ecoles.

A notre avis, le système bicéphale actuel ne peut pas perdurer : il faut choisir entre l’Université de l’excellence (un édifice à 3 étages) et le paradis des Grandes Ecoles (où l’essentiel est d’y entrer) qui n’ont jamais été des centres de recherche « percutants » bien qu’elles ramassent une grosse part des crédits.

 
En ce qui nous concerne, nous souhaitons couper la manne publique à toutes les Grandes Ecoles : celles qui ont une véritable utilité dans le futur système d’enseignement supérieur trouveront leurs financements privés, les autres péricliteront vite.
C’est ainsi que nous pourrons répondre au besoin d’une massification de l’enseignement supérieur indispensable pour lutter dans l’économie  mondiale.

 
Alexandre Anizy

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes politiques
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Mercredi 28 novembre 2007 3 28 /11 /Nov /2007 06:13

Pour Robert CASTEL (historien et sociologue), les jeunes des banlieues issus de l’immigration sont toujours « assignés à résidence » comme des « étrangers de l’intérieur ». Selon lui, deux ans après les émeutes, le calme actuel est trompeur. Villiers-le-bel vient de lui donner raison. 

 
Les jeunes des banlieues accumulent les contre-performances sociales, parce que la discrimination négative les frappe fort. « Etre discriminé négativement, c’est être assigné à un destin sur la base d’une caractéristique que l’on n’a pas choisie, mais que les autres vous renvoient sous la forme d’un stigmate. » (R. CASTEL, nouvel observateur 11 octobre 2007, p.46)

« On refuse une citoyenneté effective à ces jeunes (…) pourtant pour la majorité d’entre eux de nationalité française. »

« Le rêve de promotion sociale n’est pas formellement interdit aux jeunes issus de l’immigration. La France n’est pas une société de castes ou d’apartheid » Au sens strict, c’est exact.

 
Mais comment faut-il interpréter, en dernière analyse, la cabale contre le ministre Rachida DATI ?
Pour nous, la France est déjà un ensemble de communautés d’intérêts.

 
Logiquement, Robert CASTEL en arrive à ceci : « Force est de constater qu’une dynamique de séparation est en train de s’installer (…). » Pour appuyer ses dires, il affirme : « Quand on parle de jeunes de la 3ème génération, on en vient ainsi, comme le dit Etienne BALIBAR, à fabriquer une catégorie sociale juridiquement et humainement monstrueuse, qui est la condition héréditaire d’immigrant. Immigré une fois, immigré toujours, de génération en génération, quelle que soit la nationalité acquise. » [C’est nous qui surlignons]

Et d’ajouter : « Cette coagulation de discrimination raciale et de dislocation sociale fait peser sur l’ensemble de la société une menace de sécession. »

 

Il nous semble d’une part que c’est le mythe de la communauté nationale qui s’est définitivement envolé, ce qui n’est pas rien tout de même. D’autre part, les communautés d’intérêts acceptent encore de se battre économiquement et politiquement dans le cadre juridique national.
On peut s’interroger sur la durée de ce sursis, quand on mesure le discrédit de l’administration judiciaire par exemple.

 
Alexandre Anizy

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes générales
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Mardi 27 novembre 2007 2 27 /11 /Nov /2007 06:45

Louis GALLOIS est un patron qui a des soucis : plus le dollar américain baisse, plus ses indicateurs de gestion clignotent en rouge avec un carnet de commandes bien rempli.

Quand l’euro gagne 10 centimes par rapport au dollar, les profits d’Airbus chuteraient de 1 milliard d’euros.

Autrefois, les entreprises sainement gérées utilisaient les mesures de couverture de taux de change : Jean-François KNEPPER affirme qu’Airbus est ainsi couvert jusqu’en 2010. Et après cette date ?

Maintenant, et toutes choses égales par ailleurs, la solution classique de ce cas de gestion (se prémunir des variations de change) consiste à délocaliser la production sur les marchés abordés : on fabrique ainsi en dollar dans une zone dollar, comme la Chine par exemple, en euro dans une zone euro. La Chine présenterait aussi l’avantage de réduire les coûts salariaux, augmentant d’autant les profits.

Louis GALLOIS a donc émis dans un journal allemand cette hypothèse de travail, qui favoriserait aussi les ventes, compte tenu de la politique d’achat et d’économie générale de la Chine : les ventes viennent d’être engrangées (160 appareils) en présence du Président ubiquiste SARKOZY DE NAGY BOCSA.  

 

Il n’est pas inutile de rappeler à Messieurs Louis GALLOIS, Thomas ENDERS et consorts la mésaventure récente de Schneider Electric avec son disjoncteur C60.

Ce grand Groupe a un concurrent local, la société Chint, qui n’a pas obtenu de brevet pour son modèle de disjoncteur NB1-63 mais qui a déposé « un modèle d’utilité en 1997 », i.e. une simple formalité sans expertise.

En septembre 2007, un tribunal de Wenzhou a condamné Schneider Electric à stopper la production du C60 pour cause de contrefaçon sur un minuscule crochet logé à l’intérieur du C60, et à payer 30 millions d’euros de dommages et intérêts à la société Chint.

« C’est absurde. Le copieur nous attaque et il finit par ramasser le pactole », assène Guy DUFRAISSE (directeur de Schneider Electric pour la Chine).

Le patron fondateur de Chint, cador de la province du Zhejiang,  s’appelle Nan Cunhui : il est bien entendu membre de l’Assemblée Populaire nationale et il fréquente le forum de Davos.

Pour comprendre le système chinois, nous vous renvoyons aux nos notes économiques concernant le bluff chinois.

 
Notre pronostic : en Chine, Airbus se fera dépouiller … comme les autres !

 
Alexandre Anizy

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
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Lundi 26 novembre 2007 1 26 /11 /Nov /2007 06:36

Avez-vous résisté au matraquage des médias, pour qui la France est le paradis des grévistes ? Difficile, n’est-ce pas, tant le chœur est à l’unisson, même dans les services publics.

Voici quelques chiffres que vous ne lirez pas souvent dans la presse, que vous n’entendrez pas beaucoup dans les entreprises audiovisuelles. Nous les devons à François DOUTRIAUX qui les a sortis dans Libération du 14 novembre 2007.

 

Le nombre de journées individuelles non travaillées pour fait de grève

4 millions en 1976 ;

3,5 millions en 1984 ;

2,1 millions en 1988 ;

900.000 en 2000 ;

1,2 millions en 2005.

Si on élimine les pics de 1982, 1995 et 2001, l’ampleur et la fréquence des mouvements sociaux diminuent, quand la population active augmente.

 
Substitution public / privé

En 1982, 2,3 millions de journées dans le privé / 200.000 dans le public ;

En 2005, 224.000 dans le privé / 1 million dans le public.

La part du public dans les mouvements sociaux est de 3 % dans les années 70, 30 % dans les années 80, 60 % à partir de 95.

Dans le secteur privé, en 2005, le nombre de journées (224.000) rapporté aux 16 millions de salariés représente 0,001 journée par salarié et par an, soit moins d’une ½ journée pour une carrière professionnelle de 40 ans !

 

Plus de grèves en France ?

« Sur la période 70-90, la France est 11ème sur les 18 pays les plus industrialisés en terme de journées non travaillées pour fait de grève. Avec 0,15 journée par salarié et par an, elle est 7,6 fois moins conflictuelle que l’Italie (1ère), 3,2 fois moins que le Royaume-Uni (7ème), 1,6 fois moins que les Etats-Unis (8ème).

Sur la période récente 90-05, la France demeure 11ème sur 18 avec une conflictualité qui s’est effondrée (0,03 journée de grève par salarié et par an) (…). »

 
Sur la période 90-05, le modèle nordique, tant encensé par la classe politique, présente une facette qu’on se garde bien de révéler : le Danemark est en tête du palmarès, la Norvège est 4ème, la Finlande 7ème.

La « flexsécurité nordique », c’est une conflictualité nettement plus importante qu’en France.

Est-ce vraiment un choix rationnel ? Est-ce vraiment un choix politique judicieux ? Nous en doutons.

Plutôt le signe d’une pensée économique et politique sclérosée.

 

Les grèves françaises sont d’envergure nationale ?

Pour la période 70-90, les conflits sociaux locaux représentaient 51,2 % des journées non travaillées pour fait de grève, contre 34,9 % pour les conflits généralisés (une profession) et contre 13,9 % pour les journées nationales.

Pour la période 90-05, les conflits locaux représentaient 85 % des grèves, contre 14 % de conflits généralisés et contre 1 % pour les journées nationales !

Où est le blocage économique (la France otage !, disent-ils) dont nous parlent le Président ubiquiste SARKOZY DE NAGY BOCSA, ses sbires et les médias qui appartiennent à ses amis ?

 

Concluons avec François DOUTRIAUX :
« Pays le plus faiblement syndicalisé de l’Union Européenne, marqué par un taux de chômage élevé et une hostilité croissante des médias à l’égard des mouvements sociaux, la France n’est pas un pays de grévistes. »

 

Alexandre Anizy

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes politiques
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Dimanche 25 novembre 2007 7 25 /11 /Nov /2007 09:09

Né en Islande en 1961, Arnaldur INDRIDASON a publié son 1er polar en 2000, « la cité des jarres », et il rencontra immédiatement le succès (20 traductions), ce qui est entièrement mérité car il joue dans la cour des grands comme MANKELL, NESBO, DAVIDSEN, pour ne citer que les Nordiques.

 
Son 2ème roman, "la femme en vert" (points poche n° 1598 janvier 2007, 348 pages), se déroule sur les hauteurs de Reykjavik, où on retrouve des ossements enterrés depuis 50 ans environ. Peu d'indices pour le commissaire Erlendur, dont la fille droguée et enceinte est dans le coma.
Il va remonter dans le temps, pour l'affaire dont le thème en toile de fond est les violences conjugales, et dans son histoire personnelle.

 
La construction est absolument remarquable : les 2 histoires du passé s’entrecroisent, le présent qui renvoie au passé du commissaire.
Pas une ligne de trop : ni misérabilisme, ni psychologie "appuyée".
Un style sobre et poignant.

 
Arnaldur INDRIDASON est à découvrir dans les meilleurs délais !

 
Alexandre Anizy

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes culturelles
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Bio et Roman

 

Ardennais d’origine, nous vivons à Paris.

Notre ambition littéraire est le décryptement de la réalité sociale.
   

 

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