Le parquet général de Paris a décidé le 16 octobre de ne pas rouvrir l’enquête sur la mort de Robert BOULIN (voir notre note du 31 mai 2007).
Alexandre ANIZY
Le blog
Le parquet général de Paris a décidé le 16 octobre de ne pas rouvrir l’enquête sur la mort de Robert BOULIN (voir notre note du 31 mai 2007).
Aujourd’hui, comme le prix Goncourt approche, nous nous souvenons agréablement des livres de Jean ROUAUD, ce kiosquier parisien qui écrivit un beau premier roman, « les champs d’honneur » (éditions de minuit, 1990) : le succès commercial et la reconnaissance littéraire étaient mérités.
Il récidiva avec « des hommes illustres ». D’autres suivirent.
Il ne serait pas injuste de le redécouvrir.
Alexandre Anizy
Les agro carburants, communément appelés biocarburants, ont le vent en poupe chez G.W. BUSH, ce qui devrait en faire réfléchir quelques uns, et chez LULA, ce qui forme un drôle d’équipage dans les sommets internationaux.
Si les tenants américano-brésiliens des agro carburants l’emportent, c’est 26 millions d’hectares de terres vivrières qui seront réaffectées à la production de bioéthanol et de biodiesel.
Pour faire
En 2006, 38 des 53 pays africains comblent leur déficit structurel par des importations alimentaires. Malgré cela, le Président brésilien LULA conseille aux Africains de se lancer dans la production d’agro carburants : est-ce vraiment raisonnable ?
La fabrication de bioéthanol, etc., est au jour d’aujourd’hui réservée à de grands groupes industriels : l’agrobusiness brasse des milliards de dollars.
Certains spécialistes, comme l’économiste Jean ZIEGLER, réclament un moratoire de 5 ans : le temps nécessaire pour que la science progresse à grand pas et nous évite cette catastrophe alimentaire. Exemple : Mercedes travaille sur la plantation de jatropha (sur des terres arides) qui ne concurrence pas les plantes alimentaires.
Sur ce sujet, le mieux ne serait-il pas l’ennemi du bien ?
Alexandre Anizy
(Lire les notes (I) du 10 octobre et (II) du 18 octobre 2007)
Sans l’Arabie Saoudite, l’OPEP n’existe plus et la prospérité occidentale s’évanouit. Alors, dans les années 1970, quelle est la réalité pétrolière de ce pays ?
Entre 1973 et 1976, les 4 compagnies américaines (Exxon, Texaco, Mobil, Chevron) ont peur d’être nationalisées (ce qui arrivera à hauteur de 60 % en 1976) et elles veulent profiter au maximum de la hausse du prix du pétrole : elles augmentent fortement la production, au mépris des normes techniques de pompage et de préservation. Les procédures indispensables de pressurisation des puits ne sont pas appliquées, ce qui provoquent des difficultés techniques. Ceci est révélé par Jack ANDERSON. (cité par E. LAURENT)
Pire : un rapport secret de Chevron affirme que cette surproduction effrénée au mépris des règles endommagent le champ de Ghawar et celui de d’Abqaiq !
En 1979, Seymour HERSH publie un article fondé sur des documents internes à Exxon et Chevron (2 membres de l’Aramco). C’est un tableau inquiétant de la situation pétrolière saoudienne : l’état des réserves permettrait de produire 14 à 16 millions de barils par jour pendant moins 10 ans, niveau estimé nécessaire pour éviter les ruptures d’approvisionnement dans les pays consommateurs. Ces documents sont transmis à la Commission des Affaires étrangères du Sénat américain, avec une étude détaillée réalisée à la demande du gouvernement saoudien.
Cette étude prévoit « (…) au début des années 1970, que si le rythme quotidien ne dépasse pas 8,5 millions de barils/jour, la production totale déclinera en l’an 2000. (…) La dernière projection est la plus inquiétante : avec un rythme d’extraction de 14 ou 16 millions de barils/jour, le pétrole saoudien atteindra son « pic » (niveau maximum) dans un délai de 6 ou 10 ans, avant de décliner rapidement. » (E. LAURENT, déjà cité, p.187)
En 1972, ce royaume produit 5,4 millions de barils/jour pour atteindre 8,4 millions à la veille du choc d’octobre 1973.
Parce qu’elle est informée de l’état réel de ses réserves, la famille royale saoudienne pense à sa survie.
Alexandre Anizy
A suivre … la question du pétrole (IV)
Professeur d’économie à Paris – Orsay, Serge LATOUCHE se définit comme un « objecteur de croissance » et ainsi son rôle : « Le rôle de l’intellectuel n’est pas de définir des politiques, mais de lancer des idées. » Ce qu’il fait.
« La décolonisation de l’imaginaire consiste à changer les fondamentaux sur lesquels repose notre société de croissance. (…) Le consensus ne va pas tomber du ciel, nous sommes toxico-dépendants de la croissance et de la société de consommation. »
« On ne peut pas atterrir en douceur. Il faut un choc salutaire. » Bien, mais lequel ?
Et si on doit penser des transitions, il est illusoire de croire qu’on peut rendre compatibles le développement et la survie de la biosphère : Serge LATOUCHE ne croit pas à la politique des petits pas.
Alexandre Anizy
P.s. : Serge LATOUCHE va publier mi-octobre « Pour une décroissance sereine » aux éditions Mille et une nuits.
Ardennais d’origine, nous vivons à Paris.
Notre ambition littéraire est le décryptement de la réalité sociale.
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