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L'erreur tactique de Jean-Luc Mélenchon

Publié le par Alexandre Anizy

 

Un homme politique doit maîtriser le champ de bataille sur lequel il évolue, à défaut de le dominer. Sinon, il court à sa perte. En acceptant l'invitation de France 2 pour l'émission politique consacrée à Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon a commis une erreur tactique due à un péché d'orgueil qui lui coûtera cher dans deux mois.

 

En effet, alors qu'il menait avec brio une campagne dynamique, il s'est laissé enfermer dans un rôle mineur, celui du contradicteur "agressif, impoli voire insultant" d'une extrême-droite rafraîchie. Pourtant, son adversaire l'avait prévenu : il n'y aura rien … et c'est ce qui advint. Mélenchon soliloquant, Le Pen surjouant le silence.

N'était-ce pas pathétique de voir Mélenchon demander au meneur de jeu la permission de parler ? Sur le plateau, prisonnier de son rôle, le Frontiste ne dirigeait rien, et ses attaques pertinentes n'étaient que des coups d'épée dans l'eau trouble du spectacle.

 

Pire. Son adversaire, qui avait contenu l'offensive médiatique en refusant ce simulacre de débat, a failli gagner la bataille. En effet, si Marine Le Pen avait osé prendre la main sur le plateau en annonçant par exemple qu'elle s'absentait 10 minutes pour laisser le champ à un malotru et un présentateur perfide, nous pensons qu'elle aurait raflé la mise en ridiculisant ces coqs prétentieux. Heureusement, la dame manque d'audace.

 

Le David Pujadas du Siècle pouvait conclure son émission avec le sourire : la valetaille médiatique de l'oligarchie a rempli sa mission ce soir-là en marginalisant ces 2 acteurs politiques, valorisant ainsi la bipolarisation centrale des frères siamois du sérail.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

Sarkozy de Nagy Bocsa : un candidat sans valeurs

Publié le par Alexandre Anizy

 

Puisque vous entendrez souvent le couplet des valeurs et celui de la morale, le refrain de la force et celui du respect, il n'est pas inutile de se souvenir de deux ou trois choses.

 

Le pouvoir d'achat des Français a baissé durant le quinquennat sarkozyste : travailler plus pour gagner plus n'était qu'un slogan mensonger.

Donner la parole au peuple ? Un autre mensonge.

Quand le peuple français dit NON au projet de Constitution européenne en 2005, le président ubiquiste Sarkozy de Nagy Bocsa fait voter en février 2008 à Versailles puis à Paris le même projet par les représentants de l'oligarchie.

 

Ajoutons ici le fruit de l'expérience. Tout le monde a connu dans sa vie professionnelle l'arrivée d'un nouveau Big Manager qui entonne la défense des valeurs et le sens de la morale … Ce genre de personnages se révèle vite comme le pire des enfoirés.

 

En politique, c'est le même scénario.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

 

 

 

 

Téa Obreht et la femme du tigre

Publié le par Alexandre Anizy

 

Téa Obreht, originaire de Yougoslavie, vit aux USA. A 25 ans elle achève un roman, où elle montre qu'elle a bien acquis le savoir-faire américain dans la construction romanesque, en positionnant son récit dans les décombres d'un pays qu'elle n'a pas really connu et dont finalement elle ne parle pas, évitant ainsi d'empiler les idées communes et d'émettre des conneries définitives.

 

Dans « la femme du tigre » (Calmann-Lévy, août 2011, 332 pp., 20,50 €), on reste à la surface des choses, bien qu'on plonge dans l'onirisme à la manière d'un Gabriel Marquez.

 

Téa Obreht a du talent, c'est évident, mais elle nous intéressera le jour où elle mettra sa technique au service d'une vision personnelle de l'humanité.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

Changer d'économie est possible

Publié le par Alexandre Anizy

 

Partout, on vous serine le même couplet sur l'inéluctabilité des politiques d'austérité ; chaque jour, on injecte le venin de la doxa dans les esprits indignés.

Heureusement, 2.000 économistes atterrés ont décidé de se rassembler pour expliquer les fautes des dirigeants et les bonnes raisons du choix d'une autre politique économique : la plupart d'entre eux en connaissent plus sur le sujet que ceux qui tiennent les manettes et les flagorneurs des médias.

 

Pathétiques les nigauds de la Cour des Comptes quand ils en appellent à encore plus de rigueur … Qu'on se le dise : s'ils obtiennent leurs bâtons de Maréchal, les Cahuzac, Vallini et consorts poursuivront eux aussi le chemin unique de la pensée oligarchique.

 

Mieux que cela : en lisant attentivement leur dernier ouvrage titré « changer d'économie ! » (Les Liens qui Libèrent éditeur, janvier 2012, 246 pages, 18,50 €), vous pourrez comprendre que l'autre politique comporte en fait quelques variantes significatives, comme par exemple à propos de la titrisation – soulignons immédiatement que ce livre est écrit pour tous les citoyens !

 

Soyez-en certains : changer d'économie est possible. Les politiciens ont même le choix pour concevoir une offre crédible. Il serait temps qu'ils en profitent.

 

 

Alexandre Anizy

 

"la liseuse" de Paul Fournel

Publié le par Alexandre Anizy

Ayant été abondamment cité dans « la liseuse » de Paul Fournel (POL éditeur, janvier 2012, livrel ePub à 10,99 €), ce qui était fait en cohérence avec le sujet du roman, il était difficile à Bernard Pivot d'échapper à la recension : mission accomplie puisqu'il nous a donné envie de le lire … sur notre liseuse.

Par contre, nous ne sommes pas sûrs que François Busnel ait réellement lu l'ouvrage (cet homme des médias a tellement d'activités annexes à celle du magazine …), notamment quand il écrit « D'autres, plus malins, plus élégants, opposent à la nouveauté [le livrel, ndAA] une arme redoutable, venue des temps anciens : la poésie. Paul Fournel appartient à cette dernière catégorie d'écrivains. » (Express du 4 janvier 2012)

En effet, Paul Fournel a travaillé son sujet : il nous raconte comment un vieil éditeur contribue à l'évolution de son métier en mettant le pied à l'étrier à une bande de jeunes qui ouvrent de nouvelles voies pour "la transmission des textes". Mieux que cela : il nous semble que Paul Fournel, dont nous avons lu un autre roman (« un homme regarde une femme ») que nous n'arrivons pas à retrouver dans notre bibliothèque (ce qui n'arriverait pas avec un livrel !), a écrit son texte en pensant aux nouveaux supports (chapitres courts, mise en page et style épurés, dialogues brefs). C'est aussi une réflexion sur l'usage de ces nouveaux outils dans l'édition, et par conséquent sur la littérature.

Ceux qui l'aiment iront flâner du côté de chez Fournel.


Alexandre Anizy