La guerre d'Iran aura-t-elle lieu ?

Publié le par Alexandre Anizy

« Nous en sommes avertis de toute part : les Etats-Unis sont sur le pied de guerre, prêt à bombarder l’Iran. (…) Début octobre, des dizaines de personnalités américaines, politiques, religieuses, militaires, intellectuelles ou artistiques ont appelé les chefs d’état-major, officiers et soldats des Etats-Unis à refuser tout ordre d’attaquer l’Iran. » Ainsi débute l’appel lancé par Michel ROCARD, Yehuda ATAI et Jean-Marie MATAGNE dans Libération du 16 novembre : ils souhaitent l’élargir à l’Europe.

« Une agression contre l’Iran serait tout aussi illégale et encore plus catastrophique [qu’en Irak, ndAA]. », en vertu de la Charte des Nations Unies, article 2, paragraphe 4.

« Une attaque contre l’Iran, quelles que soient ses cibles, ses méthodes et son ampleur initiale, aggraverait considérablement la situation en aboutissant à des résultats similaires, sans parler de ses effets désastreux sur l’économie mondiale. »

Le peuple iranien a fait une guerre de 8 ans contre l’agresseur irakien Saddam HUSSEIN, qui agissait pour le compte de l’empire.

« Et ce n’est pas en continuant à bafouer l’article 5 du traité de non prolifération que les Etats dotés d’armes nucléaires peuvent exiger quoi que ce soit des autres Etats signataires du TNP, Iran compris. »
« Refuser la guerre aujourd’hui, ce n’est donc pas accepter le statu quo ni repousser la guerre à demain. C’est au contraire donner à la diplomatie le temps (…). Sans guerres, sans armes ni menaces nucléaires. »

 
La sagesse dicte les lignes précédentes.

 
Malheureusement, il semble que la messe soit dite depuis longtemps (lire les notes économiques titrées « question du pétrole », ou bien la note du 17 novembre « ADM, acte 2, Iran »). Il ne manquait que le timing précis et le thème de la propagande justificatrice, bien que le refrain soit toujours le même : restaurer la démocratie dans le pays attaqué, défendre la sécurité du monde en détruisant des armes dangereuses (ADM ou nucléaire militaire), combattre le terrorisme.

Qui croit encore ce charabia ? Hillary CLINTON peut-être ? Enfin, avec elle, ça dépendra des sondages d’opinions le moment venu …

 
Pourtant, une petite lueur d’espoir s’est rallumée lorsque le Renseignement américain a rendu public son dernier rapport, où il considère « avec un haut degré de confiance » que « l’Iran a arrêté son programme d’armement nucléaire à la fin de 2003. » « [avec] un degré de confiance modéré », « (…) à la mi-2007, il n’avait pas été relancé. »

Rappelons qu’en octobre, le Président BUSH parlait d’un « holocauste nucléaire », du risque d’une « 3ème guerre mondiale ». Pire : au moment au BUSH distillait la peur chez les Américains, il disposait déjà d’une note secrète résumant ce rapport du Renseignement qui vient d’être déclassifié !

Une honte et un camouflet pour ce Président BUSH ? Pas du tout.

Il apparaît immédiatement dans les médias pour dire que le rapport lui donne raison : l’Iran avait un programme nucléaire militaire, qu’ils ont stoppé en 2005, certes, mais qu’ils peuvent reprendre du jour au lendemain. La menace est donc toujours là.

Aussitôt, il trouve un appui du côté d’Israël en la personne du ministre de la Défense Ehoud BARAK qui affirme (où sont les preuves ?) que l’Iran avait probablement relancé son programme d’armes nucléaires.

L’incertitude règne.

S’il fallait prévoir une date pour l’attaque, rappelons les deux qui peuvent donner une idée de la « fenêtre de tir » :
17 janvier 1991, à 2 h 40 : premiers bombardements américains et envois de missiles Tomahawk sur des cibles irakiennes ;
20 mars 2003 : début des bombardements américains en Irak.
On approcherait donc du créneau.

 
Alexandre Anizy

Publié dans Notes politiques

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