Hillary Calamity CLINTON

Publié le par Alexandre Anizy

Nous vous épargnerons un laïus sur « comment les CLINTON sont arrivés au pouvoir », ou bien « la posture féministe » de Madame, etc. Vous trouverez certainement une biographie pour le schéma d’ensemble.

Nous braquerons simplement le projecteur (aux USA, la politique est un show, n’est-ce pas ?) sur des moments, parce qu’ils peuvent être les nœuds d’une histoire individuelle, comme pourrait dire SOLJENITSYNE.

 

D’abord, ce moment où Bill CLINTON utilise une armée d’avocats pour sortir du pétrin dans lequel il s’est placé en ayant des rapports intimes (mais pas sexuels, vous vous souvenez de la nuance !) avec la stagiaire Monika LEWINSKY : il se montrait pathétique, usant de toutes les ficelles possibles pour échapper à « l’impeachment ». En homme obnubilé par le pouvoir, il n’a rien lâché (il faut aussi en rire) et il a pu terminer son 2ème mandat avec la déconsidération morale que l’on sait.

Pour nous, Hillary CLINTON joua dans cette histoire un rôle encore plus pathétique : d’abord en se plaçant dans la posture de la femme trahie, elle a captée toute la sympathie naturelle dans ce genre de situation ; puis elle emprunta le registre de la femme blessée qui se redresse en campant sur des valeurs morales ; enfin, ce fut le final, avec la scène du grand pardon (dans une Amérique religieuse, on gagne sur ce tableau). Bref, durant tout ce scandale LEWINSKY, Hillary CLINTON ne chercha qu’à engranger un capital sympathie qui lui sera utile pour ses futures batailles électorales, sans nuire à son mari dont le maintien au pouvoir était la condition sine qua none de l’avenir politique de Madame.

Si Bill CLINTON n’est pas une belle âme, Hillary ne vaut pas mieux.

 

Ensuite, en votant pour la guerre en Irak, elle se coulait dans le moule écrasant de l’opinion publique, sans état d’âme. Mais lorsque le désastre fut patent, lorsque l’opinion publique tourna casaque, le sénateur expérimenté Hillary CLINTON affirma qu’on l’avait trompée avec de fausses informations, et qu’aujourd’hui elle ne voterait plus pour la guerre. Hillary CLINTON, en bonne politicienne de Washington, sait qu’il ne faut jamais se renier en politique.

Dans sa campagne actuelle, il est plutôt comique de l’entendre vanter son expérience face au jeune Barack OBAMA qui a osé prendre position tout de suite contre la guerre en Irak.

 

Vous pensez que la Dame blanche a vraiment changé d’avis ? Que nenni ! Fin septembre, elle a voté une résolution au Sénat préconisant l’inscription des pasdarans sur la liste des organisations terroristes, dans laquelle il est écrit que les troupes américaines en Irak ont un rôle crucial contre la menace iranienne au Moyen Orient.

Peut-être contre la guerre maintenant, mais pour l’occupation de l’Irak en tout cas. Est-ce vraiment logique ?

Que pense vraiment Hillary CLINTON ? Ecoutons son directeur à la sécurité nationale Lee FEINSTEIN : « (…) ni les rodomontades musclées ni les rendez-vous sans préalable avec Ahmadinejad ne mettront fin aux ambitions nucléaires iraniennes. » On croirait entendre BUSH nous seriner que la menace existe toujours (la preuve ? Ils avaient un programme !)

Cette déclaration suivait la publication du rapport du Renseignement américain qui affirme que l’Iran a arrêté son programme nucléaire militaire depuis 2003, et qui préconise par conséquent une autre orientation que l’option guerrière.

Quant à Bill CLINTON, il vient de montrer une nouvelle fois son aptitude à réécrire l’histoire, en affirmant (fin novembre) qu’il s’est « opposé à la guerre en Irak depuis le début ». Les médias ont immédiatement ressorti les entretiens d’avril 2003 où il donne quitus à Georges BUSH sur ce sujet. Est-il vraiment honnête ce Bill ?

Pour 43 % des Américains, l’honnêteté est aussi le point faible du sénateur Hillary CLINTON.

 

Acte significatif : « Le 3 janvier 2001 peu avant minuit, à la veille de quitter la Maison Blanche au terme de 8 ans de mandat, Bill CLINTON accorde le pardon présidentiel à Marc RICH. (…) En prenant cette décision, Bill CLINTON bafoue ouvertement la justice américaine et le patient travail accompli par les enquêteurs pour réunir des preuves. » (Eric LAURENT, « la face cachée du pétrole », pocket)

Qui est Marc RICH ? LE spéculateur n° 1 sur le marché pétrolier, sur la liste à ce moment-là des 10 personnes les plus recherchées (aux côtés de BEN LADEN) par le Ministère de la Justice américaine, poursuivi pour plus de 50 charges, notamment évasion fiscale, racket et commerce illégal avec l’Iran durant la prise d’otages à l’ambassade américaine de Téhéran en 1979… Peine possible : 300 ans de prison !

Mais Marc RICH a beaucoup d’amis dans le monde, et une qualité indéniable : c’est un généreux donateur pour les œuvres de Bill dans l’Arkansas et pour la campagne sénatoriale d’Hillary.

 

Fin novembre 2007, pour la 1ère fois Hillary CLINTON est reléguée derrière Barack OBAMA dans un sondage réalisé dans l’Iowa, dont les caucus ouvriront les primaires  le 3 janvier 2008. Pire ! Une autre enquête d’opinion montre qu’elle serait battue par n’importe quel candidat républicain !

Du coup, elle lance la contre-offensive en pilonnant le jeune Barack OBAMA, et en utilisant les méthodes douteuses. Exemples :

  • Dans des réunions publiques, son personnel de campagne fait poser des questions opportunes ;
  • Les « stratèges de la campagne d’Hillary » ont sorti un communiqué le 2 décembre : c’est le témoignage d’une enseignante du jardin d’enfant fréquenté par Barack OBAMA lorsqu’il avait 5 ans, qui aurait écrit un texte intitulé « je veux devenir président ». Conclusion du communiqué : OBAMA nous dit qu’il n’avait pas prévu d’être candidat à la Maison Blanche … Vraiment ?

Les coups tordus ne font que commencer.

 
Si Barack OBAMA est jeune, il est en tout cas expérimenté. En voici peut-être une preuve : il viendrait d’embaucher Karl ROWE, le fameux et sulfureux conseiller en communication de Georges W. BUSH.
La marche programmée et patiemment suivie d’Hillary Calamity CLINTON vers la Maison Blanche va connaître de sérieux incidents de chantier.

 

Pour notre part, nous souhaitons l’arrêt total des travaux pour cause de vice caché.

 
Alexandre Anizy