La BCE répond aux attentes allemandes

Publié le par Alexandre Anizy

La BCE vient de décider cette semaine de maintenir ses taux directeurs, ce qui n’est franchement pas une surprise. Mais elle se considère aussi « dans une position d’alerte absolue » contre toute flambée des prix.

Diantre ! Quelle sorte d’inflation cachée aurait-elle révélée ?

 
D’une part, nous avons déjà dit avec Patrick ARTUS qu’il n’y avait pas d’inflation dans la zone euro (lire la note économique du 11 décembre 2007) :« C’est un pur ajustement de l’économie réelle, lié à la rareté des matières premières ou à l’évolution de la productivité. L’inflation monétaire a été éradiquée par l’arrivée des pays émergents. »

D’autre part, nous avons aussi admis avec Patrick ARTUS que la BCE commettait une grave erreur d’analyse économique en se focalisant sur l’inflation totale, et non pas sur l’inflation sous-jacente (lire la note économique du 20 décembre 2007).

 
Alors, où est le danger inflationniste ?

Explication  de la BCE : « Nous vous [les décideurs] appelons à ne pas laisser s’enclencher la spirale de l’inflation résultant du pétrole, des matières premières … de l’alimentation et d’un certain nombre de décisions prises auparavant, y compris en matière de fiscalité indirecte. »
« Tout plan d’indexation des salaires nominaux sur les prix devrait être supprimé. (…). La BCE surveille les négociations salariales avec une attention particulière. »

En clair : nous ne voulons pas d’augmentation des salaires.

 
Quel pays a relevé de 3 points son taux de TVA en janvier 2007, ce qui ne pouvait être que néfaste pour l’inflation totale chère à la BCE ? L’Allemagne.

Dans quel pays a commencé le 10 janvier un cycle annuel de révision des salaires avec une demande de hausse de 8 % pour les fonctionnaires ? L’Allemagne.

 

Force est de constater que la BCE se soucie tout particulièrement des intérêts de l’économie allemande, prise globalement et selon ses critères, pour fixer sa politique monétaire.

A Francfort, les archaïques veillent à la santé de l’euromark.

 

Alexandre Anizy