Claire CASTILLON n'est pas une pomme

Publié le par Alexandre Anizy

En 2002, Claire CASTILLON a publié un roman intitulé « la reine Claude » (Stock, 161 pages, 13,80 €) : elle aurait dû s’abstenir, puisqu’il ne parle que d’une sphère privée sans prétendre à autre chose, sans nous dire autre chose.

 
D’abord, ça commence par une citation de Jacques CHARDONNE, ce qui est de mauvaise augure : « (…) Je n’ai plus rien à dire à personne. »
Ce qui est parfaitement juste. Mais écrire 161 pages pour arriver à cette conclusion dénote un aveuglement sans doute provoqué par un égocentrisme d’adolescente et une capacité d’analyse modeste. Claire CASTILLON aime sa petite personne, comme Christine ANGOT.

 
Parlons du style.
La première phrase du roman est un bon aperçu de ce que le lecteur va déguster !
« C’est l’histoire de ma vie qui a croisé la tienne, c’est l’histoire de nos nerfs en crise, de deux malades qui n’ont que l’amour pour moteur, la rage de rester haut. »

Un grand amour de demoiselle digne de la collection Harlequin, si l’auteur avait fait l’effort d’en respecter le cahier des charges. Mais comme vous le voyez, ce sera plus chic, plus cosmo, plus germanopratin.

Deuxième et dernier paragraphe de la première page :
« Pompon, balle, boule ou nombril. Pelote, œuf, cerise, melon, abricot, pomme, pomme de terre, patate, carrément, nectarine, orange, clémentine, noix, noisette. Potiron. Reine Claude. »

Une avalanche de noms communs dans ce qui sera un empilement de phrases plus ou moins bien tournées.

 
Claire CASTILLON est une romantique qui met des gros mots dans sa soupe. Pour elle, on devine que ce doit être le summum de l’indépendance d’esprit et de la modernité.

 
Alexandre Anizy

Publié dans Notes culturelles

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :