Le casse-tête de la mobilité géographique

Publié le par Alexandre Anizy

Un des grands thèmes du débat actuel est la mobilité géographique des salariés. Un spécialiste de la question, Eric LE BRETON (maître de conférences en sociologie à Rennes II ; auteur de « Domicile – Travail, les salariés à bout de souffle », édition les Carnets de l’info, 16 €), a tiré quelques enseignements de ses recherches.

« Jusqu’en 1975, pour se rendre au travail, les salariés parcouraient quelques dizaines de kilomètres, du centre-ville à la 1ère couronne … Ils vont à présent jusqu’à 120 km du centre de Paris, 50 km autour des villes de province. »

Sous le règne de Valéry GISCARD D’ESTAING, on baignait dans la routine du métro – boulot – dodo, dont tout le monde se plaignait, mais qui avait en soi des vertus rassurantes et structurantes pour tous.

On ne peut plus en dire autant aujourd’hui, quand on observe qu’une caissière de grande surface démarre à 8 H le lundi, à 10 H le mardi, etc. : comment voulez-vous organiser une vie familiale et sociale stable avec des horaires de travail pareils ?

 
Tout le monde est convaincu que posséder une voiture est une nécessité pour augmenter sérieusement son employabilité. Or 20 % des ménages français n’en ont pas, et d’autres n’ont plus les moyens financiers de l’utiliser.

Notons ici l’inégalité entre les catégories professionnelles : « (…) en une heure de voiture, un cadre dispose de 65 % de son marché d’emploi, un ouvrier de 51 %. »(Eric Le Breton)

 
Certains secteurs économiques (logistique, BTP, grande distribution, restauration, etc.) peinent à recruter : « (…) le facteur mobilité est à mon avis déterminant dans ces problèmes de pénurie. » (Eric Le Breton)

L’ANPE a étudié ces annonces qui ne trouvent pas de candidats : des entreprises excentrées, des visites clients ou fournisseurs à réaliser, des horaires atypiques. Il faut bien constater que certains n’ont tout simplement pas les moyens pour accéder aux emplois mobiles.

 
Que fait-on pour changer cela ?

Les maires comme Bertrand DELANOË préfèrent construire une ligne de tramway en centre-ville pour contenter leurs électeurs : réélection quasi garantie selon les statistiques. 

 
Alexandre Anizy