Location de ventres (II) : Sylviane AGACINSKI est contre

Publié le par Alexandre Anizy

Rappel : des sénateurs viennent de proposer la légalisation de la gestation pour autrui, autrement dit la location de ventres. « Le meilleur des mondes » (Aldous HUXLEY) approche à grand pas.

La philosophe Sylviane AGACINSKI, chercheur à l’EHESS, s’intéresse particulièrement aux rapports entre les sexes.
Sylviane AGACINSKI, épouse de Lionel JOSPIN, est fille d’un immigré polonais. Issue d’une famille moyenne (père ingénieur, mère employée de commerce), elle connaît réellement la condition du salariat, même si, fort probablement, elle ne se lève plus depuis longtemps à 4 heures du matin pour aller travailler.

Sur la question de la gestation pour autrui, l’opposition de Sylviane AGACINSKI nous paraît philosophiquement et économiquement plus solide que l’approbation de la riche héritière Elisabeth BADINTER.
Résumons ses arguments par quelques citations.

« Philosophiquement, on peut dire que chacun est son corps, et non pas que ce corps est une propriété : c’est en ce sens que vendre du temps de travail, un service ou un produit, ce n’est pas vendre son corps lui-même. » (Libération 26 juin 2008)

« La légalisation éventuelle de la gestation pour autrui est un cas très grave de l’extension du marché à toute chose, quelle qu’elle soit. C’est une dérive que MARX dénonçait déjà (…) »

« (…) la gestation autorisée sera forcément rémunérée, faisant du ventre des femmes un instrument de production et de l’enfant lui-même une marchandise. (…) ce qui représente en réalité une exploitation des femmes pauvres par des femmes riches (…). »

Ainsi, l’enfantement redevient une fonction (« pourquoi pas un métier, pendant qu’on y est » dit S. Agacinski), le corps féminin se transforme en outil (de production).

« Le plus drôle, c’est de voir une gauche « progressiste » applaudir à cette forme inédite et barbare d’exploitation. Quel aveuglement ! »

A moins que la « gauche progressiste » ne soit qu’une droite travestie.

Nous savions que, d’après Jean-Pierre CHEVèNEMENT, la philosophe Sylviane AGACINSKI était une bonne épouse.
Nous savons désormais qu’elle n’est pas dupe des sirènes qui vantent le progrès technique et la liberté, ou bien usent de la compassion (ah ! ces malheureuses femmes sans utérus dont le couple est en situation intenable … - cf. la riche héritière Elisabeth BADINTER).

Sylviane AGACINSKI pense, et son humanisme l’honore.

 
Alexandre Anizy

Publié dans Notes politiques

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