La question de la Wallonie

Publié le par Alexandre Anizy

Telle que nous l’avons connue ces 40 dernières années, la Belgique n’existera plus. « Rien ne sera plus comme avant. » vient d’écrire Daniel DUCARME (Ministre d’Etat belge ; député de Bruxelles)

 
Force est de constater que la stratégie du salami mise en œuvre par les représentants de la communauté flamande a conduit cet Etat au bord de l’éclatement. Au jour d’aujourd’hui, « dans tous les dossiers, la Flandre jette aux orties la loyauté fédérale » (Daniel Ducarme)

Yves LETERME, le Premier Ministre en sursis, cristallise cette impossible résurrection d’un pays divisé, puisqu’il a dit que « les points de vue sont irréconciliables ».

 
Pour la France, la question de la Wallonie se pose donc.

Comme l’a dit Charles de Gaulle, la République française ne pourra pas rester sourde à une demande formelle de rattachement à la France, dans la mesure où elle émane d’une autorité wallonne légale et légitime. 

 
Pour Daniel DUCARME, « une page est tournée. La feuille blanche est à écrire. » Ce faisant, il commence par affirmer l’identité. « Prénom : Belgique. (…) Nom : française. » (sic) Il croit utiliser les mots justes. Il précise ailleurs : « Des réformes radicales sont incontournables pour conduire une politique réformatrice. »

Daniel DUCARME se trompe : en matière institutionnelle, il est impossible de « penser le neuf » en usant de vieux concepts, forcément connotés. Parler de « Belgique française » pour désigner une région qui envisage de s’associer à la France, c’est, au moins inconsciemment, poursuivre l’idée de la Belgique dans un autre corps : ce schéma-là ne peut mener qu’à d’autres désillusions.

Pour « penser le neuf », pour entreprendre une incontournable réforme radicale, les édiles francophones de la Belgique doivent le faire dans un bon creuset : le mot qui vient naturellement est « Wallonie », parce qu’il nomme avec justesse à la fois la communauté et l’espace délimitée qui souhaiterait un rattachement à la France. L’idée d’une Wallonie réformée peut s’intégrer dans le corps institutionnel de la France.

Comme l’écrit Daniel DUCARME, « il serait bien que la France nous reste attentive et que la Belgique française prenne la voie la plus directe en évitant les chemins sans issue [c’est nous qui soulignons]». Pour la Wallonie, le choix des mots est en effet crucial.

 

Avec l’aide de juristes français, certains politiciens wallons ont déjà travaillé sur l’ouvrage. Dans un texte visant une discussion publique, ils sont parvenus à formaliser le rattachement d’une Belgique française, avec son roi, en s’inspirant d’un modèle exotique.
Etre capable de penser un roi, même un roitelet, dans le cadre d’une République et d’un territoire homogène, prouve que l’imagination des juristes est incommensurable, sans pour autant la préserver de la sottise.   

 

Au jour d’aujourd’hui, la feuille blanche dont parle Daniel DUCARME est un palimpseste où la Belgique réapparaît. Pour les édiles wallons, il est temps de « penser juste en forgeant de nouveaux concepts ».
La Wallonie en est un.

 
Alexandre Anizy

 

Publié dans Notes politiques

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