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Samedi 20 décembre 2008 6 20 /12 /Déc /2008 00:15

Parce que la Réserve Fédérale américaine (FED) a baissé ses taux directeurs à 0 – 0,25 %, ce qui signifie que la détention du billet vert est désormais assortie d’une rémunération quasi nulle,

Parce que le taux de la Banque Centrale Européenne (BCE) se situe à 2,5 %,

Parce que des hauts dirigeants monétaires allemands comme Jürgen STARK et Axel WEBER ont expliqué que la BCE doit stopper sa baisse des taux,

Les marchés ont inéluctablement réagi : ventes massives de dollars. Ainsi l’euro a connu le mercredi 17 décembre la plus forte hausse quotidienne de son histoire.

 

La baisse rapide des taux d’intérêt de la Banque d’Angleterre, remède à une aggravation de la situation économique au Royaume-Uni (en novembre, plus forte hausse du nombre des nouveaux inscrits au chômage depuis 1991), explique la dégringolade de la livre sterling ce mercredi 17 décembre.

 

Compte tenu des nécessités internes de la Chine (lire nos notes sur le « bluff chinois »), nous ne doutons pas que leur devise accompagnera la chute du dollar.

 

En effet, pour relancer l’économie américaine, il est probable que le nouveau Président Barack OBAMA optera pour une réindustrialisation, parce que c’est un véritable gisement pour l’emploi et la croissance. En 1995, 10 % du PIB était produit hors Etats-Unis ; au jour d’aujourd’hui, c’est 25 % du PIB. Depuis 1998, la production industrielle hors nouvelles technologies est au même niveau. L’emploi manufacturier a reculé de 20 %, soit maintenant 9 % de l’emploi total. La part de marché des Etats-Unis dans les pays industrialisés est passée de 13 % en 1998 à 8 % en 2008. A ceci s’ajoute un état déliquescent des infrastructures industrielles : les besoins s’élèveraient à 1.600 Milliards de dollars, soit 10 % du PIB.

Compte tenu des déficits publics actuels, le Président OBAMA n’aura guère le choix : la dévaluation du dollar sera sa meilleure arme, pour ne pas dire la seule.

 

Or, en 1931, l’Angleterre a initié la cascade des dévaluations.

Alfred SAUVY, dans sa remarquable « Histoire économique de la France entre les deux guerres » (en 2 tomes, éditions André Sauret 1973), la présente ainsi : « La dévaluation de la livre modifie profondément le problème et cela de façon inédite (…) Les matières premières mondiales, qui se stabilisaient, accusent, en or [rappel : nous sommes alors dans le système de l’étalon-or (ndAA)], une nouvelle chute : en quatre mois, d’août à décembre, elles baissent de 15 %, alors que, dans les quatre mois précédents, elles n’avaient baissé que de 2 %. Pourquoi cette chute ? C’est que leurs prix sont le plus souvent cotés en livre sterling et que l’inertie joue en faveur de leur stabilisation, dans cette monnaie. » (p. 123 et 125)

En début de chapitre 8 (tome 1), titré « la crise rebondit », SAUVY affirme que « les conséquences de la dévaluation de la livre sont immenses (…). Tout se passe, en somme,  comme si la livre était restée la même et que les autres monnaies aient entrepris la folle gageure de se revaloriser d’un quart ou d’un tiers. » (p. 128)

Ce qui n’était pas tenable, et ne résista pas.

 

En décembre 2008, la FED, en phase avec le programme de relance du Président OBAMA, ne vient-elle pas d’initier une cascade ?

 

Alexandre ANIZY

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
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