Le retour de la race selon Elisabeth BADINTER et alii

Publié le par Alexandre Anizy

Parce que le commissaire à la diversité Yazid Sabeg a mis en place un Comité pour la mesure et l’évaluation de la diversité et des discriminations (Comedd), un bande d’intellectuels de disciplines diverses, comprenant la riche héritière philosophe Elisabeth Badinter, dit s’être réunie au sein de la Commission alternative de réflexions sur les statistiques ethniques et les discriminations (Carsed) pendant deux mois, pour rédiger un ouvrage intitulé « le retour de la race » (éditions de l’Aube).

 

Si le titre est accrocheur, le lecteur restera sans doute sur sa faim, car il s’agit d’abord pour ces belles âmes de dénoncer l’intention de produire des statistiques de l’ethnicité. Pour ces gens-là, la classification ethnique « aboutit à terme à la fragmentation et à la concurrence entre « communautés » avec chacune ses lobbies, ses victimes, ses exclusions, son entre-soi, sa solidarité limitée aux membres du groupe alors que l’Etat républicain a la mission de l’assurer pour tous ».

Ainsi, l’énumération créerait la fragmentation et ses conséquences. Pour ces gens-là, il ne faut pas compter, car cela aboutirait à la révélation des choses. Or, c’est bien connu : tout ce qui n’est pas nommé n’existe pas.

 

C’est ce que ce que nous avons déjà écrit dans notre note du 25 mars 2009 « Louis SCHWEITZER de la HALDE : l’oligarchie contre la diversité ? » :

« Nous avons vu avec Blandine KRIEGEL (lire notre note « la fausse naïveté de Blandine KRIEGEL face à la diversité » du 19 mars 2009), philosophe et présidente du Haut Conseil à l’Intégration, que ce qui n’est pas écrit dans la Loi n’existe pas.

Avec Louis SCHWEITZER, la riposte est complétée : en créant des statistiques, on « fabrique une réalité », dit-il, ce qui signifie que la chose créée n’existerait pas antérieurement. »

 

Pour notre part, nous reconnaissons à ces intellectuels le droit de se voiler la face. Mais savent-ils qu’à Paris pour un « faciès arabe », la probabilité d’être contrôlé par la police est 7,8 fois plus élevée que pour un Blanc, que pour un « faciès noir », la probabilité est 6 fois plus importante que pour un Blanc ?

 

Alexandre Anizy

 

 : d’après une recherche citée dans le Monde du 1 juillet 2009.