La tribune insensée de Martine AUBRY pour La Rochelle

Publié le par Alexandre Anizy

Que le niveau baisse au PS, qui le contestera après avoir lu la tribune signée par Martine Aubry dans le Monde du 28 août en guise d’introduction à « l’université » d’été de La Rochelle ?

 

Nous ne savons pas qui a réellement écrit cet article (il paraît que les hommes politiques d’envergure – ce qu’est la fille du social-traître Jacques Delors - ne rédigent pas leurs discours et autres interventions), mais il aurait pu nous épargner cette faute grammaticale :

« Généraliser les possibilités de formation, de reconversion ou d’actions d’intérêt collectif : ce chantier est demain, pour le monde du travail, à l’échelle de ce que furent l’école sous la IIIème République et la Sécurité sociale à la Libération. »

Il nous semble que le futur (« ce chantier sera demain ») eût été préférable, n’est-ce pas ? Commençons donc par suggérer pour l’auteur une formation générale de « Français » dans l’école de la Vème République. Puis essayons d’interpréter cette faute inattendue chez « l’élite républicaine ».

Il est possible que l’auteur ait réellement voulu dire cette expression oxymorique : [aujourd’hui] est demain. Dans ce cas, nous rappelons que la transposition d’un argument de science-fiction dans le domaine de la politique n’aboutira qu’à une manifestation réelle du vide intersidéral, à savoir la déroute électorale.

Il est possible aussi que l’auteur ait lâché inconsciemment sa perception immédiate des choses, à savoir que « son chantier de demain » existe déjà aujourd’hui … Dans ce cas, où est la différence avec la droite ?

 

Concernant les éléments de langage (comme on dit à l’Elysée), nous suggérons au Secrétaire Général du PS de ne pas abuser de concepts aussi fumeux que « postproductivisme », « avenir postmatérialiste », d’autant plus qu’en matière de « poste », le PS a opté pour la privatisation depuis belle lurette ! (une conséquence inéluctable du « marché intérieur européen » recommandé par le social-traître Jacques Delors dès 1986)

De plus, si Martine Aubry invoque à 2 reprises « la France qu’on aime », nous lui recommandons de dire plutôt « je » ou « nous » : en politique, le « on » est-il convenable ?

 

Venons-en aux valeurs défendues par le PS, car « 2012 sera [le combat] des valeurs » :

« Je revendique, comme horizon de ce nouveau modèle de développement, une civilisation de dignité. » :

Sarkozy en dira autant sans s’étrangler (ni ses amis milliardaires) ;

« répartir mieux pour sécuriser l’emploi et mobiliser chacun est une règle forte et juste » :

Sarkozy raillera sans peine les vieilles lunes de la répartition socialiste et surfera éventuellement sur les efforts nécessaires pour la sécurité face à un choc de civilisation ;

« A quand les conseils d’administration ouverts aux travailleurs et à la parité femmes / hommes ? » :

Sarkozy fera valoir que les conseils d’administration sont déjà ouverts aux représentants des travailleurs, et qu’en matière de parité il a fait plus en 5 ans que les socialistes en 20 ans ;

« Il s’agit d’inventer un Etat capable de prévoir et d’agir à temps » :

Sarkozy prétend déjà le faire en le « réformant » ;

« définir une croissance sélective pour produire utile, sobrement et proprement » :

n’est-ce pas le discours du Grenelle de l’environnement orchestré par Sarkozy ?

 

Arrêtons-là l’inventaire de Martine Aubry ! On croirait lire le futur catalogue de Sarkozy !

 

 

Pour conclure, revenons sur le slogan de l’article : une offensive de civilisation. En effet, dans le texte, Martine Aubry insiste sur « la panne de civilisation », « une civilisation de la dignité », les « enjeux de civilisation ». Le problème : elle a oublié (vraiment ?) que le Président ubiquiste Sarkozy de Nagy Bocsa avait déjà enfourché ce cheval de bataille. « Il faut inscrire la politique dans la longue durée et dans la profondeur d'un projet de civilisation », disait-il en janvier 2008.

 

Pour Martine Aubry qui se veut un tantinet combattante, à ce niveau la bêtise est pathétique.

 

 

Alexandre Anizy

Publié dans Notes politiques

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