L'auto-censure républicaine Canal+ INSEE

Publié le par Alexandre Anizy

Le dialogue public ROYAL – BAYROU n’aura pas lieu sur Canal+ ni sur tout autre support oeuvrant sous l’égide du CSA. Pour notre part, nous comprenons la position de Canal+ : ils ont l’obligation de respecter la Loi et les règlements qui en découlent. Ils se retrouvent alors dans cette situation absurde : appliquer la Loi, c’est s’opposer à l’expression démocratique au cours de la campagne électorale capitale dans la Vème République. Au nom de la Loi, on s’auto – censure.

La question de savoir si le CSA est directement intervenu auprès de Canal+ pour rappeler les risques qu’ils encouraient en organisant un tel dialogue, ou bien si l’état-major de SARKOZY de NAGY BOCSA est directement intervenu auprès de Canal+ pour signifier, par exemple, que ce candidat ayant un agenda chargé n’accepterait pas un temps d’expression de compensation sur cette même chaîne, ces questions relèvent d’une autre problématique, et elles mériteraient une véritable enquête journalistique.


Le ministère dirigé par Jean-Louis BORLOO continue sans vergogne de publier des statistiques fausses, avec les commentaires de victoire sur le front du chômage qu’il sied : 46 économistes et chercheurs ont écrit au ministre pour lui dire que « les données, à la suite de modifications administratives, ne sont plus exploitables et conduisent à une sous-estimation forte du taux de chômage ». Pour sa part, l’Union Européenne avec EUROSTAT a redressé d’autorité de 0,4 point le taux de chômage français, retenant en février 8,8 % quand BORLOO affiche et commente un 8,4 %.

Plus grave : l’INSEE aurait pu rétablir la confiance des spécialistes et des citoyens en publiant son enquête annuelle. Hélas ! Son directeur a trouvé des raisons « techniques » permettant de douter (scientifiquement bien sûr : voir le blog d'Eric MAURIN) des chiffres sortis des machines de cet organisme d’Etat. L’enquête est repoussée à l’automne … laissant ainsi un seul chiffre français sur la place publique.

 
Dans ces 2 cas, au nom du Bien public en quelque sorte, c’est l’information qui est bloquée : nous appellerons ce geste l’auto – censure républicaine.

Alexandre Anizy