Carla DEL PONTE ou la faillite du TPIY

Publié le par Alexandre Anizy

Le journal Libération du 26 avril 2007 a publié un portrait de Mme Carla DEL PONTE, où l’icône de cette dame est à peine écornée : « Depuis des années, Carla fait la une des médias, et un documentaire long métrage sur son action au TPIY sort début mai ».

Nous sommes circonspects quand nous apprenons que, en tant que juriste, Mme DEL PONTE a le goût du terrain et l’intérêt pour les victimes : « Ces entretiens me donnent la mesure de la souffrance subie et une émotion qui nourrit l’enquête ». Nous sommes loin de la neutralité objective, la rationalité, qui sont sensées animer les magistrats.

Mme DEL PONTE dit qu’une de ses grandes qualités est la ténacité : « Je veux toujours pouvoir me dire que j’ai tout tenté ».
On peut la croire non pas sur parole, mais parce que le juge Geoffrey NICE (chargé de conduire le procès MILOSEVIC) a écrit au quotidien « jutarnji list » de Zagreb que le procureur Carla DEL PONTE a passé un arrangement avec Belgrade « (…) pour cacher à l’opinion et faire disparaître de l’histoire les preuves du rôle de la Serbie dans les crimes commis en Bosnie-Herzégovine et en Croatie » (résumé par « oslobodenje 17 avril, traduit par le Courrier des Balkans 24 avril 2007).

Si le juge du TPIY accuse ainsi le procureur, force est de constater que les choses ne tournent vraiment pas rond dans cet organisme onusien.

 
Il est utile de rappeler ici les faits : le TPIY devait juger tous les responsables des atrocités commises en ex Yougoslavie. MILOSEVIC a été jugé mais pas condamné (décédé sous haute surveillance dans une prison…), KARADZIC et MLADIC sont toujours en liberté.

La fermeture du TPIY décidée par l’ONU est administrativement entamée. Dans les faits, la faillite est déjà consommée.

Alexandre Anizy