Le nombril de KOUCHNER aux Affaires Etrangères

Publié le par Alexandre Anizy

Bernard KOUCHNER est un « chéri des sondés français » : c’est pourquoi il n’a pas manqué d’intéresser le Président SARKOZY de NAGY BOCSA, qui a ratissé large pour son 1er gouvernement afin de rafler la mise aux législatives de juin.

 
Heureusement pour le bon docteur KOUCHNER, la versatilité n’est pas une maladie mortelle, car sinon, celui qui n’aimait pas LE PEN et qui accusait le candidat UMP de « pêcher dans les eaux de l’extrême droite », celui qui rejetait « la dérive historiquement scandaleuse » de sa proposition d’un ministère de l’identité nationale, celui qui dénonçait les propos sur la pédophilie, celui-là même qui va coucher au Quai d’Orsay grâce à ce nouveau Président qui semble ignorer la rancune, aurait une espérance de vie très limitée.

Mais « seuls les imbéciles ne changent pas », entonneront certains. Puisqu’il est empreint de cette « philosophie », semble-t-il, Bernard KOUCHNER devait déjà chanter « l’opportuniste » de DUTRONC en 1969 (une année exceptionnelle selon nous).

 
En effet, ce qui compte pour KOUCHNER, c’est le mouvement, l’action : la cause n’est qu’un prétexte à mettre en branle son génie de l’agit-prop humanitaire, son art de la communication personnalisée. Il faut l’excuser, puisqu’il est tombé dans le chaudron du PCF quand ce parti savait encore représenter quelque chose et mettre en valeur ses chefs : ça vous marque un homme, la dialectique bourrative et le culte d’un grand timonier.

Ayant découvert que le militantisme est une forme d’acceptation de l’ingratitude, KOUCHNER, qui sait renoncer quand son mérite est négligé, s’en va soigner le monde de toutes ses horreurs, à commencer par l’oubli de Bernard KOUCHNER.

Nous vous épargnerons la liste des bienfaits du bon docteur : il en a déjà si bien parlé que nous ne pouvons pas rivaliser.

 
Nul ne peut ignorer, du moins en France, les états de services humanitaires du docteur KOUCHNER, puisqu’il a déjà à cette époque de bons amis dans les médias et comme un bonheur n’arrive jamais seul, il épousa la reine Christine (Ockrent).

En 1988, un certain Michel ROCARD a le bon goût de le nommer Secrétaire d’Etat : l’oiseau de paix et d’humanité peut ainsi prendre son envol. Au gré des malheurs planétaires, on le verra changer de « look » pour être en situation : c’est ainsi qu’il deviendra docker somalien (pour quelques minutes et quelques photos, nous vous rassurons).

Bernard KOUCHNER aime tellement les gens, comme dirait Marie-Ségolène ROYAL, que ceux-ci le lui rendent bien : ses candidatures aux législatives de 1988, 1994, 1996, furent infructueuses. Heureusement, son ami Bernard TAPIE lui a évité le carton vide en le prenant sur sa liste aux Européennes en 1994.

De 1999 à 2001, Bernard KOUCHNER put mettre en application ses théories en devenant l’Administrateur du KOSOVO en tant que Haut Représentant de l’ONU. Force est de constater que durant et après cette période l’exode de la population serbe n’a pas cessé : l’épuration ethnique du KOSOVO a continué malgré le docker somalien.

Est-ce pour cela qu’il échoua, malgré les efforts des services du Président Jacques CHIRAC, pour les postes onusiens de Haut Commissaire aux Réfugiés (2005) et de Directeur Général de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS ; 2006) ? 

 
Politiquement, Bernard KOUCHNER fait partie de ces personnes qui suscitent toujours la sympathie, parce qu’elles agissent sur le levier de la compassion et parce qu’elles se prétendent rebelles à tout embrigadement politicien, forcément politicien : les Français individualistes se méfient des meutes et préfèrent les loups solitaires.

Bernard KOUCHNER a lui aussi changé : la colombe d’autrefois s’est muée en faucon, puisqu’il approuva en 2003 l’intervention en Irak ; le militant socialiste germanopratin soutint le contrat « nouvelle embauche » de la droite, ou bien l’ouverture du capital d’EDF. Dès décembre 2006, il se voyait bien dans un gouvernement d’union nationale en 2007, ce qui ne l’empêcha pas de servir loyalement (selon lui) Marie-Ségolène ROYAL à partir de février tout en préconisant publiquement une alliance avec le centre à quelques jours du scrutin.  

Ah ! Les contorsions idéologiques de Monsieur KOUCHNER ! Voilà bien de la dialectique, camarades, puisque le bonhomme se prétend socialiste en bossant pour la madone du PS tout en appelant à une alliance au centre qui n’interdit pas une collaboration nationale avec l’adversaire de droite qui pêche dans l’extrême droite… Stop ! Il est de notre devoir civique d’arrêter là la bouillabaisse peu ragoûtante.   

 
Avec Bernard KOUCHNER, les idéologies sont dépassées ou ont trépassées : il se place dans un grand cercle d’humains dont le centre est son nombril. C’est le Droit de Bernard KOUCHNER.

 
Alexandre Anizy