Corinne MAIER et le "no kid"

Publié le par Alexandre Anizy

Nous apprécions les écrits de Corinne MAIER : une femme qui vit en Belgique et qui se moque des pièges à cons de mai sur son blog ne peut pas être antipathique.

D’ailleurs son livre « bonjour paresse » (Folio 2005, 5,32 €) nous plut en son temps, parce qu’elle avait su évoquer la comédie des relations humaines dans le monde de l’entreprise : un petit bijou d’humour, sans méchanceté. Son employeur de l’époque ne le trouva pas à son goût : il se couvrit de ridicule en lui cherchant des noises.

Aujourd’hui, Corinne MAIER sort un livre intitulé « no kid, quarante raisons de ne pas avoir d’enfant » (édition Michalon). Dans Libération du 5 juin 2007, elle expliquait ainsi sa démarche : « On baigne dans un tel angélisme : c’est forcément merveilleux d’avoir des enfants et il faut être de bons parents ! ». Elle ajoute : « Depuis 5, 10 ans, on subit un discours dominant et pathos sur la joie de la maternité. »
Elle n’a pas vraiment tort, n’est-ce pas ?

Concernant la maternité, le sens maternel, le rapport mère / nourrisson, etc., nous recommandons la lecture du livre iconoclaste de Eliette ABECASSIS « un heureux événement » (Albin Michel 2005, 220 pages) : ce livre nous a fait l'effet d'une commande, mais c'est bien fichu (on sent quand même le procédé narratif), alerte, drôle. On arrive vite au bout sans déplaisir. Par prudence, nous le déconseillons aux femmes enceintes !

Corinne MAIER, qui est une mère de famille (2 enfants), a pris les précautions d’usage pour ne pas embrigader des jeunes filles dans une voie qu’elles pourraient regretter beaucoup plus tard. En son temps, il nous semble que Simone de BEAUVOIR n’eut pas les mêmes égards avec ses lectrices.

L’engagement des intellectuels, c’est très bien. Mais lorsqu’il porte sur des choses parfois irréversibles (avoir ou ne pas avoir d’enfants ; partir au maquis ; etc.), nous devenons plus circonspects, voire carrément hostiles quand il s’agit par exemple des « va-t-en guerre ».

« Mourir pour des idées … d’accord, mais de mort lente ! » chantait Georges BRASSENS. C’est notre credo.

Alexandre Anizy

Publié dans Notes culturelles