Déraison d'Etat

Publié le par Alexandre Anizy

2 informations mettent ces jours-ci en lumière la déraison d’Etat.

D’abord, après 10 ans d’enquête, la journaliste Roumiana OUGARTCHINSKA a publié un livre intitulé « la vérité sur l’attentat contre Jean-Paul II » (Presse de la Renaissance, 22 €) et signé un documentaire avec Patrice des MAZERIS pour Canal +.
On y apprend que la CIA avait construit une toile appelée « Stay behind » dans tous les pays d’Europe de l’Ouest, pour s’opposer au communisme. En Italie, la succursale s’appelait Gladio et son ombre apparaît derrière les auteurs néonazis de l’attentat de la gare de Bologne ; en Turquie, son nom est Contre-guérilla et elle recrutait ses sbires dans l’organisation d’extrême droite nationaliste Les Loups Gris dont Ali AGçA faisait partie. Grâce à ces connexions, ce Turc put disposer de vrais-faux papiers pour s’installer en Italie où il finit par tirer sur le Pape le 13 mai 1981.

Pour éloigner les projecteurs de « Stay behind », la fameuse « piste bulgare » fut inventée par la CIA.

En France, dans l’affaire BORREL, des documents saisis lors de perquisitions aux ministères de la Justice et des Affaires étrangères montrent, s’il le fallait, que le Droit ne fait pas forcément bon ménage avec la raison d’Etat.

Par exemple, l’actuel Procureur général de Paris Laurent LE MESLE est dans la tourmente du palais puisqu’il aurait écrit dans un rapport des choses contredites par un courrier saisi au Quai d’Orsay : les citoyens français méritent mieux que çà, monsieur le haut magistrat.

Autre exemple : parce que la juge CLéMENT refuse de donner son dossier aux autorités étrangères, c’est l’Etat français qui aurait lui-même suggéré l’attaque de Djibouti devant la Cour Internationale de Justice ! Les citoyens français comme feu monsieur BORREL sont bien défendus par leur Etat, n’est-ce pas ?

Ce que nous retenons de ces 2 informations : la déraison d’Etat proliférera dans ce nouveau siècle.

Alexandre Anizy