De la stratégie allemande

Publié le par Alexandre Anizy

Concernant l'Union Européenne, depuis 20 ans l'Allemagne a opté pour une stratégie non coopérative, comme le dit Patrick Artus. Voir aussi nos notes :

http://www.alexandreanizy.com/article-24166795.html

« la question de l'Allemagne » du 28 octobre 2008,

et

« l'Europe est vraiment mal partie » du 6 novembre 2008,

ainsi que nos dernières notes économiques.


Depuis longtemps, l'Allemagne regarde à l'Est. Comme les faits sont têtus, en voici quelques uns.

Dans les problèmes industriels d'Airbus, les responsables allemands n'ont jamais reconnu leur responsabilité (la fameuse usine d'Hambourggggg) ; car dans EADS, malgré les apparences, l'Allemagne tient déjà l'organigramme (voir nos notes sur ce sujet), ce qui explique son maintien dans cette structure aberrante finalisée côté français sous l'ère de l'austère fossoyeur socialiste Jospin et Strauss-Kahn l'ami du CAC 40 (des gens qui ne savent pas compter : lire http://www.alexandreanizy.com/article-7183428.html .

L'allemand Siemens, qui ne contrôlait ni le capital ni l'organigramme d'Areva, a lâché cette société sans respecter stricto sensu le pacte d'actionnaires (mais ça se plaide …) pour se jeter immédiatement dans une alliance avec le concurrent russe Rosatom (bonjour l'éthique !) : en jeu, les futures 400 centrales nucléaires, un marché de 1.000 milliards d'euros.

En optant pour un gazoduc direct Russie – Allemagne, le chancelier Schroeder ignorait au prix fort les pays baltes, l'Ukraine.

Comme on le constate, peu importe la couleur politique du chancelier allemand, puisque la stratégie est cohérente : au diable l'autonomie énergétique de l'Union Européenne !


Pour la sortie de crise, il nous paraît évident que l'Allemagne a déjà choisi :

  • maintien de sa stratégie non coopérative en euro land, ce qui signifie à terme l'appauvrissement des autres partenaires, notamment la France et l'Italie ;

  • alliance énergétique et industrielle avec la Russie (le rêve d'une modernisation économique russe sous l'égide de l'Allemagne …).


Lorsque le président ubiquiste Sarkozy de Nagy Bocsa, lui l'atlantiste convaincu, se tourne vers la Russie et n'hésite pas à vendre les fameux navires Mistral, nous ne pouvons que le féliciter de cette évolution stratégique, car au XXIème siècle rien ne se fera en Europe sans la Russie. Mais nous constatons aussi qu'il ne fait qu'accrocher unilatéralement le wagon français à la locomotive allemande.


Alexandre Anizy

Publié dans Notes politiques

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