Du pourrissement des pouvoirs

Publié le par Alexandre Anizy

            Une fois encore, l'Allemagne vient de montrer qui dirige vraiment cette union européenne qui n'en a plus que le nom. Avec l'habileté politicienne que l'on reconnaît à Mutti Merkel, ce pays à nouveau sous l'emprise d'une idéologie antidémocratique (l'ordo-libéralisme) a confié aux petits juges de Karlsruhe la tâche de dire "nein" à l'Europe des patries dont rêvaient De Gaulle et Adenauer, mais certainement pas les affidés atlantistes comme Jean Monnet. Vendredi 7 février, la Cour allemande a déclaré que la politique de rachat de dettes de la BCE est contraire au Traité : les modestes digues érigées péniblement pour sauver l'euro sont enfoncées.

            On note le cynisme de la décision des petits juges germaniques : après avoir délimité strictement la zone de pâturage, la Cour passe la corde à la chèvre luxembourgeoise. (1)

 

            En France, il paraît que la Caisse des Dépôts et Consignation est aux mains de "baronnies" : comme c'est son directeur général Jean-Pierre Jouyet qui le dit, un parfait exemple de la maladie enaïque qui ronge l'Etat social (2), en vertu d'une "régression nécessaire et impérative - there is no alternative, you know - et pour le plus grand profit des 200 familles (Cercle d'accapareurs que les Taittinger n'ont jamais quitté), on comprend qu'il a reconnu ses pairs.

            18 mois pour établir ce diagnostic fracassant : quel dirigeant performant !

 

            En France, un animateur besogneux, Yves Calvi, laisse un ministre pitoyable, Pierre Moscovici, qui semble avoir préféré, puisque l'objectif n'a pas été atteint au 31 décembre 2013, conter fleurette à une jouvencelle plutôt qu'œuvrer à "l'inversion de la courbe du chômage", insulter l'économiste Jacques Sapir (3).

            Que reste-t-il de la connivence quand on retire la "nuance" ?

            En la matière, le comble n'est-il atteint par Marianne (4) quand ce magazine, dirigé par le tricheur jouisseur Joseph Macé-Scaron (plagiaire notoire), titre sur "les nouveaux cyniques".

 

            Nous ne parlerons pas du pouvoir inexistant : le politique se soumet aux précédents.

 

Alexandre Anizy

 

(1) Lire l'article de Martine Orange

http://www.mediapart.fr/journal/economie/070214/la-cour-constitutionnelle-allemande-juge-illegale-la-politique-de-la-bce

 

(2)  http://www.alexandreanizy.com/article-21101706.html

        et

http://www.alexandreanizy.com/article-les-tartufes-socialistes-jean-pierre-jouyet-le-ponce-pilate-gracquant-43910658.html

        et

http://www.alexandreanizy.com/article-des-oeilleres-de-jean-pierre-jouyet-62812628.html

 

(3) Pierre Moscovici a dit péremptoirement dans "Mots croisés" du 3 février 2014 que Jacques Sapir est « vraiment d'extrême-droite ».

Pour Moscovici, nous vous renvoyons à notre billet de septembre 2008 :

http://www.alexandreanizy.com/article-22848282.html   

 

(4) Verra-t-on son ex-patron Maurice Szafran au chevet de Libération, puisqu'il déjeunait à la Closerie avec Bernard Guetta, gredin européiste et chroniqueur du dit journal, le mercredi 12 février à 13h15 ?   

Publié dans Notes politiques

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :