L'art de la Blitzverkauft de Patrick Kron

Publié le par Alexandre Anizy

            Le Pdg d'Alstom Patrick Kron a mené dans le plus grand secret des discussions avec General Electric, si on donne un peu de crédit au ministre Arnaud Montebourg. Puis il a attisé les feux, pour que l'offre de GE demeurât la seule complète au moment d'un vote précipité du conseil d'administration : l'art de la Blitzverkauf. N'est-ce pas la règle dans la nouvelle grammaire des affaires au temps de la mondialisation ? 

 

            Sitôt le dépeçage d'Alstom  bien accroché, Kron a lancé la phase personnelle de son programme : un plan de communication à faire pâlir d'envie le moindre des perdreaux du global business. Nous ne vous renverrons évidemment pas au magazine populiste dirigé par un fils à maman, puisque l'article affiche un surdosage de cirage : "Comme tous les grands fauves", "c'est un combattant", "il a la peau dure", "il n'a peur de rien", "la tête haute dans l'adversité", etc.  Forcément, dans les 4 pages dithyrambiques, le journaleux n'a pas oublié le petit paragraphe modérateur, histoire d'avoir sa conscience professionnelle toujours en bandoulière : "il est assez agressif et a un don pour se fâcher avec eux. Le client est roi partout, mais pas chez Alstom. C'est peut-être une des raisons pour lesquelles la société va si mal...". En effet. Mais parlons franchement : ce média peut-il éclairer les lecteurs alors qu'il est dans le FOG ?

 

            Alors, que pensons-nous de ce Kron patron ? Lorsqu'il prend la tête d'Alstom en 2003, le ministre Sarkozy de Nagy Bocsa décide d'intervenir en apportant l'argent des contribuables dans les caisses de l'entreprise. Un grand bol de cash !  Ce qui donna du temps à Patrick Kron pour restructurer le mastodonte. Ni plus, ni moins. Et aujourd'hui, Alstom a de nouveau un besoin impératif de capital. L'histoire se répète donc, mais entre temps, d'aucuns auront pris leurs bénéfices.

 

            Dans cette Blitzverkauft, nous posons la question que personne n'aborde malgré la nouvelle grammaire des affaires au temps de la mondialisation, que 2 exemples édifiants viennent étayer (vente de SFR à Numéricable en 2014 : Jean-René Fourtou aura une fonction correctement rémunérée dans la future structure ; vente de GDF à SUEZ : la rémunération totale Jean-François Cirelli a presque triplé en 2008 (1) pour cause de réalignement sur celles de Suez). Quel pourrait être le bonus - comme ils disent - pour Patrick Kron dans la vente à General Electric ?  

 

 

Alexandre Anizy

 

 

(1) CGT.fr du jeudi 9 avril 2009