Le postanarchisme de Michel Onfray

Publié le par Alexandre Anizy

 

Michel Onfray se déchaîne encore cet automne en publiant 3 ouvrages. On s'inquiète pour sa santé et on réitère notre conseil :

http://www.alexandreanizy.com/article-a-michel-onfray-travailler-plus-pour-ecrire-moins-52224938.html

 

Dans « le postanarchisme expliqué à ma grand-mère. Le principe Gulliver » (éditions Galilée, octobre 2012, 98 pages, 18 €), il survole son sujet, en y mettant la touche personnelle, comme :

« Les prêtres de mon enfance, les patrons et la hiérarchie de l'usine de mon village m'ont affranchi sur la nature du pouvoir. » (p.20) ;

ce qui n'est pas une coquetterie de diva philosophe, quand on relie ses expériences à son propos :

« L'anarchie est moins une idéologie à vociférer qu'une pratique à incarner. » (p.49),

qu'il convient aussitôt de compléter par :

« Le postanarchisme n'est pas pour demain – mais pour tout de suite. » (p.54)

 

Qu'est-ce que le postanarchisme ? Onfray dit que c'est un concept utilisé aux États-Unis pour un ensemble de pensées qui regroupe les points-clés de l'anarchisme, en tentant de les dépasser dans le cadre contemporain. Séparant l'ivraie des classiques, Onfray retient ce qui lui semble le bon grain de : Goldwin, Proudhon, Stirner, Louise Michel, Fourier, Bakounine, Kropotkine, Thoreau, Élisée Reclus, Sébastien Faure, Alexandre Jacob, Zo d'Axa, Émile Pouget, Émile Armand, Makhno, Pelloutier, Voline, Malatesta, Emma Goldman, Louis Lecoin (chacun comprend l'utilité de cette énumération).

« (…) le postanarchisme propose de réfléchir à partir des acquis d'une pensée majoritairement française et de proposer une sortie du nihilisme à l'aide d'un corpus philosophique relativement récent. » (p.75)

Et de citer : Foucault, Bourdieu, Deleuze et Guattari, Lyotard, Derrida. Pour résumer : "contre les réacs de l'anti 68" ; "Paris 8 au Salon !"². Il faut « réactiver la pensée critique issue de Mai 68 et de Vincennes ».

« La fin de la macropolitique débouche sur l'avènement de la micropolitique, la vérité du postanarchisme. Je nomme principe de Gulliver cette logique nouvelle, plus modeste, plus humble, moins clinquante, mais qui en finit avec le modèle messianique et religieux. » (p.97)

 

Onfray esquisse les bases d'un projet de recherche et d'un programme politique. Rendons lui ce mérite.

 

 

Alexandre Anizy

 

(¹) : ce titre sans humour nous fait penser à une collection pour les Nuls, et même pire, à un publicitaire qui prétendait que sa mère le croyait "pianiste dans un bordel" (peut-on mettre de l'esprit dans un paquet de lessive ?). Navrant.

(²) : nous parlons ici de l'université de Vincennes – St Denis, du moins avant qu'elle ne rentre dans le moule, avec des gens comme Olivier Pastré par exemple.

 

Publié dans Notes politiques

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