Tristan sans éclat avec la femme écarlate

Publié le par Alexandre Anizy

 

Il n'y a pas longtemps, quelqu'un nous a dit que Frédérick Tristan était bourré de talent. C'est pourquoi, en passant dans notre bibliothèque municipale préférée, nous avons emprunté « la femme écarlate » (Fayard, avril 2008, 348 pages).

 

L'histoire est racontée d'une écriture académique, si bien que tout au long de la lecture nous nous interrogions sur son intérêt.

Au final, on cherchait encore le brio.

 

C'est aussi ce que dit Chloé Saffy, un jeune écrivain qui ne s'embarrasse pas de circonlocutions :

« Ah la Femme écarlate, l’autre nom de la Putain de Babylone, toujours vêtue de rouge et qui est censée symboliser toutes les tentations les plus viles de l’âme humaine, la putain qui enserre entre ses cuisses les désirs et la vulnérabilité des hommes. Je brode, je brode, mais franchement pas plus que Frédérick Tristan qui lui s’en donne à cœur joie. C’est son souci d’ailleurs, au lieu de raconter son histoire, il se perd en digressions bavardes, surligne lourdement chacun des sentiments de ses personnages, les anticipe même dans la plus grande tradition du « Nous le savons, mais David lui ne savait pas encore ce qu’Olympe préparait pour lui dans le secret . ». Cela donne un roman en forme de pâtisserie surchargée de crème, de beurre, de coulis, il y en a trop, à toutes les pages, c’est boursouflé, cela devient vite écœurant. »

Pour finir, sa conclusion à laquelle nous souscrivons :

« Ce n’est pas que Frédérick Tristan ne sache pas écrire, mais il en fait trop et dans son cas, l’excès lui nuit. On peut donc aisément passer sur La Femme écarlate si l’on tient à (re)découvrir son œuvre. »

(source : http://www.discordance.fr/La-femme-ecarlate-Frederick.html )

 

Puis nous avons pensé à « la lettre écarlate » de Nathaniel Hawthorne (bouquinel gratuit à télécharger), dont le roman de Tristan pourrait être une sorte d'inversion. Mais dans ce cas, la comparaison est impitoyable pour Frédérick.

 

 

Alexandre Anizy