Lundi 13 février 2012
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Téa Obreht, originaire de Yougoslavie, vit aux USA. A 25 ans elle
achève un roman, où elle montre qu'elle a bien acquis le savoir-faire américain dans la construction romanesque, en positionnant son récit dans les décombres d'un pays qu'elle n'a pas
really connu et dont finalement elle ne parle pas, évitant ainsi d'empiler les idées communes et d'émettre des conneries définitives.
Dans « la femme du
tigre » (Calmann-Lévy, août 2011, 332 pp., 20,50 €), on reste à la surface des choses, bien qu'on plonge dans l'onirisme à la manière d'un Gabriel
Marquez.
Téa Obreht a du talent, c'est évident, mais
elle nous intéressera le jour où elle mettra sa technique au service d'une vision personnelle de l'humanité.
Alexandre Anizy
Par Alexandre Anizy
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Samedi 4 février 2012
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Ayant été abondamment cité dans « la liseuse » de Paul
Fournel (POL éditeur, janvier 2012, livrel ePub à 10,99 €), ce qui était fait en cohérence avec le sujet du roman, il était difficile à Bernard Pivot d'échapper à la
recension : mission accomplie puisqu'il nous a donné envie de le lire … sur notre liseuse.
Par contre, nous ne sommes pas sûrs que François Busnel ait réellement lu l'ouvrage (cet homme des médias a tellement
d'activités annexes à celle du magazine …), notamment quand il écrit « D'autres, plus malins, plus élégants, opposent à la nouveauté [le livrel, ndAA] une arme redoutable, venue des temps
anciens : la poésie. Paul Fournel appartient à cette dernière catégorie d'écrivains. » (Express du 4 janvier 2012)
En effet, Paul Fournel a travaillé son sujet : il nous raconte comment un vieil éditeur contribue à l'évolution de son métier en
mettant le pied à l'étrier à une bande de jeunes qui ouvrent de nouvelles voies pour "la transmission des textes". Mieux que cela : il nous semble que Paul Fournel, dont nous avons lu un
autre roman (« un homme regarde une femme ») que nous n'arrivons pas à retrouver dans notre bibliothèque (ce qui n'arriverait
pas avec un livrel !), a écrit son texte en pensant aux nouveaux supports (chapitres courts, mise en page et style épurés, dialogues brefs). C'est aussi une réflexion sur l'usage de ces nouveaux
outils dans l'édition, et par conséquent sur la littérature.
Ceux qui l'aiment iront flâner du côté de chez Fournel.
Alexandre Anizy
Par Alexandre Anizy
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Samedi 28 janvier 2012
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Ayant découvert « une vie », l'envie de relire « Bel-Ami » (disponible en livrel gratuit) de Maupassant s'empara de nous. Et le même enchantement nous reprit face à cette prose
limpide sans matière adipeuse, à cette structure romanesque sans faille, à ces caractères finement observés.
En suivant le parcours de l'opportuniste Georges Duroy dans le milieu de la presse parisienne, nous avons pensé au Rubempré des
« illusions perdues » de Balzac,
http://www.alexandreanizy.com/article-illusions-de-balzac-toujours-d-actualite-64027709.html ,
mais aussi à l'actualité de ce secteur économique sinistré : lire la propagande sarkozyste dans le torchon de M. Serge
Dassault, ou bien l'objectivité biaisée du quotidien vespéral aux mains d'un triumvirat d'affairistes, etc., n'est-ce pas un remake permanent de la "Vie Française"
?
Alexandre Anizy
PS : il y a quelques jours, Henri Guaino, pour qui nous n'avons aucune sympathie, s'est emporté face au
tricheur-jouisseur Joseph Macé-Scaron,
http://www.alexandreanizy.com/article-l-arrogance-du-tricheur-jouisseur-mace-scaron-84308633.html
en disant notamment à ce sinistre journaliste qu'il était « indigne de [son] métier », alors même que cet individu lui
faisait la leçon de morale et d'honnêteté intellectuelle en politique (voir la vidéo qui circule sur Internet).
Faut-il rappeler ici que malgré ses emprunts intellectuels répétés l'opportuniste Macé-Scaron sévit toujours comme directeur chez
Marianne, le magazine de l'indignation morale permanente ?
Par Alexandre Anizy
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Samedi 21 janvier 2012
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Par un curieux hasard, il se trouve que nous avons quasiment enchaîné le « Stoner » de John Williams avec « une vie » de Guy
de Maupassant (livrel gratuit), que nous ne connaissions pas.
Là encore, il s'agit d'une histoire apparemment ordinaire, celle d'une femme de la bourgeoisie provinciale, dans laquelle on peut
apprécier l'architectonique, savourer la prose simple et délicate d'un auteur qui nous épargne discours et pesanteur morale.
« Parfois, en longeant les fossés des fermes, une odeur de pommes pilées, cette senteur de cidre frais qui semble flotter en cette
saison sur toute la campagne normande, les frappait au visage, ou bien un gras parfum d'étable, cette bonne et chaude puanteur qui s'exhale du fumier de vaches. Une petite fenêtre éclairée
indiquait, au fond de la cour, la maison d'habitation. » (p.81)
Comme une madeleine, pour ceux qui se souviennent de nos villages d'un temps pas si lointain.
Alexandre Anizy
Par Alexandre Anizy
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Lundi 16 janvier 2012
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Il paraît que c'est Anna Gavalda¹ qui suscita l'édition du chef d’œuvre de John Williams ,
« Stoner » (le Dilettante, 2011, 384 pages, 25 €), en se donnant la peine de traduire ce roman américain de 1965 : qu'elle
en soit vivement remerciée !
Le sujet de ce roman finement ciselé ? Le premier paragraphe en fixe sobrement le cadre :
« William Stoner est entré à l'université du Missouri en 1910. Il avait dix-neuf ans. Huit ans plus tard, alors que la Première
Guerre mondiale faisait rage, il obtient son doctorat et accepte un poste d'assistant dans cette même université où il continuera d'enseigner jusqu'à sa mort en 1956. Il ne s'est jamais hissé
plus haut que le rang de maître de conférences et parmi ses élèves, rares sont ceux qui auront gardé un souvenir précis de lui après la fin de leurs études. »
Mais à l'intérieur de cette vie apparemment sans histoires, quel travail sur les caractères des personnages, sur les aléas et les
difficultés du métier d'enseignant, sur les accidents de la vie … Un exemple ? La soutenance de l'étudiant Walker.
A vous de la découvrir en courant acheter ou emprunter ce bijou !
Alexandre Anizy
: elle-même a la capacité d'écrire un livre de cette qualité (nous l'y encourageons) ;
« S'il est vrai que je suis poète par la grâce de Dieu - ou du diable -, je le suis aussi par la grâce de la technique et de
l'effort. » Federico Garcia Lorca ;
nous n'en disons pas autant pour son clone dégradé, David Foenkinos.
Par Alexandre Anizy
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