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Notes économiques

Vendredi 10 février 2012 5 10 /02 /Fév /2012 06:30

 

Partout, on vous serine le même couplet sur l'inéluctabilité des politiques d'austérité ; chaque jour, on injecte le venin de la doxa dans les esprits indignés.

Heureusement, 2.000 économistes atterrés ont décidé de se rassembler pour expliquer les fautes des dirigeants et les bonnes raisons du choix d'une autre politique économique : la plupart d'entre eux en connaissent plus sur le sujet que ceux qui tiennent les manettes et les flagorneurs des médias.

 

Pathétiques les nigauds de la Cour des Comptes quand ils en appellent à encore plus de rigueur … Qu'on se le dise : s'ils obtiennent leurs bâtons de Maréchal, les Cahuzac, Vallini et consorts poursuivront eux aussi le chemin unique de la pensée oligarchique.

 

Mieux que cela : en lisant attentivement leur dernier ouvrage titré « changer d'économie ! » (Les Liens qui Libèrent éditeur, janvier 2012, 246 pages, 18,50 €), vous pourrez comprendre que l'autre politique comporte en fait quelques variantes significatives, comme par exemple à propos de la titrisation – soulignons immédiatement que ce livre est écrit pour tous les citoyens !

 

Soyez-en certains : changer d'économie est possible. Les politiciens ont même le choix pour concevoir une offre crédible. Il serait temps qu'ils en profitent.

 

 

Alexandre Anizy

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
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Samedi 31 décembre 2011 6 31 /12 /Déc /2011 11:20

 

L'économiste autrichien Joseph Schumpeter a écrit que le banquier est l'éphore de l'économie capitaliste, autrement dit le régulateur du système. C'est pourquoi cette fonction-clé ne peut être strictement privée, au risque de voir une caste cupide accaparer une part toujours croissante de la richesse produite.

 

Or, que s'est-il passé mercredi 21 décembre, lorsque la BCE a ouvert son guichet aux banques de la zone euro ? (Lire aussi la note précédente)

 

Pour dire simplement les choses, les banques vont payer des crédits qui arrivaient à terme (environ 300 Milliards d'euros) avec un nouveau crédit de la banque centrale : en somme, une substitution qui ne touche en rien la structure de leurs bilans. Autrement dit, cette opération n'assainit en aucune manière leur situation financière. Bien au contraire elle l'aggrave du fait du comportement irresponsable des dirigeants du système bancaire.

En effet, les banques profitent de l'aveuglement idéologique (seulement ?) des maîtres de la BCE, notamment son président Mario Draghi (un ancien dirigeant de Goldman Sachs, la banque qui a aidé la Grèce à maquiller ses comptes … tout ne se tient-il pas ?), pour emprunter environ 190 Milliards à un taux de 1 % qu'elles placeront sur le marché à 6 % (si on prend le taux exigé par le marché pour les obligations italiennes).

D'un strict point de vue technique, un banquier qui refuserait d'exécuter ce "carry trade" commettrait une faute professionnelle, selon les valeurs en vigueur dans ce métier.

Il y a donc une création ex nihilo de valeur financière déconnectée de l'ensemble du circuit, qui pèsera ensuite notamment par les prix sur la viabilité du système économique.

 

La cupidité vorace d'une oligarchie irresponsable conduit le système au chaos.

 

Laisser l'administration de l'économie entre les mains des banquiers, ce serait comme si nous acceptions le commerce de produits frelatés par des dealers camés.  Ce constat doit se traduire en termes d'économie politique : par exemple, l’État, dans la mesure où il n'est pas lui-même gangréné par l'élite malfaisante, doit reprendre en main la création de monnaie.

Techniquement, il peut le faire de différentes manières.

Il va de soi que nous écartons d'emblée la nationalisation des banques : pourquoi le peuple devrait-il indemniser des accapareurs qui se sont déjà largement goinfrés ?

 

 

Alexandre Anizy

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
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Lundi 26 décembre 2011 1 26 /12 /Déc /2011 14:43

 

Le mercredi 21 décembre 2011, 523 établissements bancaires de la zone euro se sont présentés au guichet de la Banque Centrale Européenne (BCE) pour une demande de refinancement à long terme (LTRO, pour les initiés) de 489,191 Milliards d'euros, que la BCE a servie au taux juteux de 1 %. Pour certains analystes, environ 61 % de ce montant serait en fait un recyclage de lignes de crédit à 7 jours, 3 mois et 1 an, soit les 230 Milliards qui arriveront à échéance au 1er trimestre 2012 avec les 50 Milliards échus, ce qui porterait l'apport net de liquidités au système bancaire à 191 Milliards.

Une deuxième distribution est programmée en février 2012.

Comme l'a précisé Mario Draghi, le président de la BCE, les banques sont libres de « choisir ce qu'elles feront » de cet argent.

 

Que faut-il penser de cette opération ?

 

La veille de cette "soupe bancaire", les experts estimaient la demande entre 100 et 400 Milliards (soulignons la précision : de 1 à 4…). Ils observaient également qu'emprunter à 1 % pour ensuite acheter des obligations italiennes à 6 % constitue une aubaine tentante, quasiment sans risque, utile puisque les dites obligations peuvent être gagées pour encore emprunter à la BCE. Ils ajoutaient : si la demande se situe dans le bas de la fourchette, cela signifierait que les banques se seraient limitées à leurs propres besoins ; si elle atteint le haut de la fourchette, les banques n'auraient pas résisté au profit facile.

 

Nous constatons que les prévisions hautes sont allègrement dépassées. Il faut en conclure que les banques se sont goinfrées d'un crédit juteux et illimité.

 

Dans la Tribune du 22 décembre, le spécialiste Jean-Louis Mullenbach commente ainsi l'évènement : « Même avec ce prêt à 3 ans de la BCE au taux de 1 %, je ne vois pas les banques acheter massivement des emprunts d’État. »

Le mot-clé du propos, c'est massivement.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
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Jeudi 1 décembre 2011 4 01 /12 /Déc /2011 01:18

 

Quel plaisir de lire le nouvel ouvrage du professeur Michel Beaud ! En effet, la rigueur des raisonnements, la nécessité d'énumérer les faits et les chiffres, la complexité des choses n'ont jamais altéré la qualité de la prose de M. Beaud, faite d'élégance des mots et du rythme.

 

« Face au pire des mondes » (Seuil, octobre 2011, bouquinel de 262 pages) est une démonstration de la descente infernale de l'humanité vers la pollution irréversible, un monde pire puisque

« (…) les bases sont déjà en place :

  • l'ultralibéralisme ;

  • un intolérable et injustifiable degré d'inégalités ;

  • le privilège d'irresponsabilité dont bénéficient les puissants ;

  • et la spirale de la consommation sans cesse renouvelée. » (p.181)

 

L'impunité dont jouit déjà l'oligarchie incitera « les dirigeants des grands groupes et des principaux États [a opté] pour des technologies puissantes et centralisées, à la fois hautement rentables pour les groupes et plus faciles à mettre en œuvre, contrôler et utiliser pour maîtriser les populations (…). » (p.182)

Le règne de l'irresponsabilité progresse inexorablement par le truchement d'une "terrifiante pathologie idéologique" (l'ultralibéralisme) :

« Cette tromperie érigée en vérité universelle est l'habillage idéologique de la domination des puissants : un moyen, pour les grandes puissances, de mieux faire accepter l'entrée dans les autres pays de leurs marchandises, de leurs capitaux et de leurs firmes ; pour les grandes firmes, de faire accepter leurs conditions par les petites et moyennes ; et pour les entreprises, de faire accepter l'alourdissement de la pression sur les travailleurs. Sous la bannière de l'ultralibéralisme, la part des revenus du travail a baissé dans le revenu national des grands pays capitalistes. » (p.183)

 

Comme Michel Beaud, nous pensons qu'un sursaut peut encore retourner la situation. Car à leurs façons, les peuples se montrent meilleurs économistes que les experts ânonnant la doxa dans les médias.

 

 

Alexandre Anizy

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
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Mercredi 23 novembre 2011 3 23 /11 /Nov /2011 06:22

 

Qui est vraiment sérieux depuis le début de la crise de la mondialisation ? Les experts qui glosaient sur la crise financière, les résolutions des G20, les plans de sauvetage à répétition … ou bien ceux qui comme nous dénonçaient notamment l'erreur fondamentale de la construction européenne néolibérale.

Relisons nos articles, et particulièrement celui du 2 mai 2010 :

http://www.alexandreanizy.com/article-une-autre-solution-pour-la-grece-suspendre-le-paiement-de-la-dette-publique-sortir-de-l-euro-relocaliser-le-financement-de-l-etat-49647294.html

 

 

Et maintenant, que disent les experts qui n'ont rien prévu depuis 2006, et les décideurs qui n'ont rien compris depuis 20 ans ?

Commençons par Valéry Giscard d'Estaing.

« La décision de faire participer la Grèce à la monnaie unique était une grave erreur. » (Monde du 17 novembre 2011)

Pourquoi le dire seulement aujourd'hui ?

« Retourner à la drachme, c'est faisable, même si c'est sans doute difficile à réaliser. » (idem)

Alors qu'on serine aux oreilles des Européens depuis de longs mois, que ce serait une catastrophe pour l'Union Européenne …

 

Poursuivons avec Martin Wolf, journaliste imprégné de la théorie dominante.

« Sur le long terme, la 4ème et dernière option de M. Roubini paraît la plus probable : soit l'ensemble de la zone euro s'ajuste, soit elle éclate. » (Monde du 15 novembre 2011)

L’Allemagne veut mettre l'Europe au régime drastique, surtout ses partenaires, oubliant (vraiment ?) que c'est « la brutale austérité des années 1930-1932 qui amena Adolf Hitler au pouvoir » (idem).

« Une telle approche contrôlée [le scénario décrit par Wolf n'est pas irréaliste. NDAA] de la réintroduction d'une nouvelle drachme serait la solution la moins coûteuse. Mais elle susciterait la contagion. » (ibidem)

 

Terminons avec le conseil de Paul Krugman (prix Nobel d'économie) à la Grèce : imiter l'exemple argentin de 2001.

 

Qu'a fait l'Argentine ? Défaut sur sa dette publique en 2001, dévaluation du peso. Et retrait des demandes de prêts au FMI (qui n'en revenait pas !). Conséquence : chute de 11 % du PIB en 2002 … puis le pays est sorti peu à peu de l'enfer pour connaître 8 années de croissance à plus de 8 % par an (sauf en 2008 et 2009 – 6,8 % et 0,9 %), il a renégocié sa dette (décote de 75 %) et remboursé d'un coup en 2006 les 10 Milliards de dollars qu'il devait au FMI.

 

 

Mais les décideurs persistent dans l'erreur : la Grèce aux mains d'eurocrates fanatiques va s'enfoncer dans l'horreur économique, voire politique.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
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