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Notes économiques

Mercredi 18 avril 2007 3 18 /04 /2007 12:39

En France, si on touche le jackpot nommé ENA, comme Monsieur Alain MINC, on obtient la martingale du pouvoir politique et économique : même les incompétents notoires jouiront d’une indulgence que les échelons inférieurs ne verront jamais. Concernant ce monsieur, nous devons lui reconnaître un indéniable talent : il sait faire parler de lui en s’appropriant et en vendant des idées qui n’émanent pas forcément de son auguste personne.

 
Le livre de Laurent MAUDUIT intitulé « petits conseils » (Stock, 403 pages, 20,99 €) apporte enfin un éclairage puissant, car bien documenté, sur la vie et l’œuvre de Monsieur Alain MINC.

Vous apprendrez que dans son 1er job le jeune directeur financier MINC a conduit l’entreprise ST GOBAIN au bord du gouffre. Puis il devient le PDG de CERUS, la holding française de Carlo DE BENEDETTI : sa gestion désastreuse du raid hostile contre la SGB à Bruxelles conduira à l’échec de l’opération et à de grandes difficultés financières pour son patron italien qui, 20 ans plus tard, assume ses graves erreurs (le brillant énarque – un énarque est toujours brillant, c’est une loi- Alain MINC n’a rien à assumer puisqu’il ne commet jamais d’erreurs…) dont celle-ci : « Faire de lui un chef d’entreprise ou un PDG, c’est comme confier à un sociologue la gestion d’une charcuterie » (page 160)

 
Après ce nouvel échec professionnel, MINC monte sa petite entreprise, grâce à des amis fidèles qui lui signent quelques missions de conseils. Le système MINC va très vite se mettre en place : les amis sont des clients qui viennent se confier, les obligés placés permettent de fidéliser les clients ; comment se retrouve-t-on des 2 parties d’un même deal, etc. Tout est raconté avec talent et minutie : le capitalisme français ne sort pas grandi de cette aventure, le clou du spectacle (à ce jour) étant peut-être l’affaire VINCI et la lente prise de pouvoir en douceur du quotidien Le Monde, dont Monsieur MAUDUIT se remet difficilement parce qu’il est toujours douloureux de réaliser qu’on a été un dindon de la farce.

Pour asseoir sa notoriété, en étant aidé par des collaborateurs, MINC a publié très tôt des livres, que ses amis des médias ont toujours loués (entre autres F-O Giesbert, B-H Lévy, des amis inconditionnels semble-t-il). Mais en 1999, avec « Spinoza un roman juif », il commet un plagiat et il sera condamné par le TGI de Paris le 28 novembre 2001.   

 
Laurent MAUDUIT affirme que le système MINC se fissure (démissions des Conseils d’Administration du CAC 40, perte de clients) mais il ajoute : « (…) la France est un pays de capitalisme hybride. A mi-chemin entre le capitalisme anglo-saxon et le vieux capitalisme de connivence (…). » (page 399)

 

Après avoir lu ce livre, nous comprenons que le capitalisme de la barbichette (expression de MAUDUIT) a encore de beaux jours à Paris.

Alexandre Anizy

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
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Samedi 21 avril 2007 6 21 /04 /2007 10:13

Jean-François ROVARETO est le P-DG de la société Eiffage depuis 1987. Jusqu’en 2006, c’était un patron raisonnable en matière de rémunération.

Mais ces petits camarades du CAC 40 l’ont dernièrement incité indirectement à se rattraper : il s’est fait octroyer 195.000 actions gratuites évaluées à 20 Millions d’euros. Pourquoi ? « Je n’avais reçu aucune stock-option depuis 1989. »

M. ROVARETO a-t-il accordé aux salariés d’Eiffage une prime de rattrapage pour les bons résultats depuis 1989 ? Non.

 
Madame PARISOT se tait devant l’indécence de ce patron. D’ordinaire, elle nous sort son laïus avec les mots ad hoc « émue », « choquée » (cf affaire Forgeard).

Elle doit sans doute considérer que la France allait perdre son attractivité et sa compétitivité, comme elle dit, si on n'accordait rien à ce monsieur de 62 ans !  

Alexandre Anizy

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
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Mercredi 2 mai 2007 3 02 /05 /2007 09:06

Il n’est pas inutile de rappeler qui est cette illustre dame : Anne LAUVERGEON, entrée en 1978 à l’Ecole Normale Supérieure où elle obtient une agrégation en Sciences Physiques, elle choisit le Corps des Mines puis elle prend en charge l’Inspection Générale des Carrières (IGC) de 1985 à 1988 ; elle entre à l’Elysée en 1990 et devient très jeune le sherpa de François MITTERAND, ce qui lui permet de se faire un carnet d’adresses d’envergure internationale, qu’elle essaiera de faire fructifier entre 1995 et 1996 dans un grande banque d’affaires (LAZARD), où elle n’a pas laissé un souvenir impérissable ; grâce à son talent (son Ecole, le Corps des Mines … n’est-ce pas), elle trouvera un nouveau point de chute en 1997 comme Directeur Général Adjoint d’ALCATEL, avant de manœuvrer auprès des politiques et des Administrations pour obtenir le poste de P-DG de la COGEMA (suite à la démission de Jean SYROTA après une forte pression des Verts) à partir duquel elle constituera le Groupe AREVA.

AREVA étant une entreprise publique, Madame Anne LAUVERGEON est donc sensée travaillée dans l’intérêt du Bien public et conformément aux directives de son ministère de tutelle.

 
Mme LAUVERGEON et la famille DUVAL (grand actionnaire privé d’ERAMET) ont décidé de virer le Président Jacques BACARDATS pour le remplacer par un proche collaborateur de Mme LAUVERGEON. Les ministres BRETON et MARITON ont été furieux d’avoir été mis devant le fait accompli et ont demandé des précisions sur les motivations qui ont poussé à ce changement.

Le Directoire d’Anne LAUVERGEON répond publiquement aux ministres que les décisions ont été prises « conformément aux règles de gouvernance d’ERAMET » et assure que le Directeur Général de l’Agence des Participations de l’Etat (APE) était informé depuis le 18 avril.

Ignorons les questions secondaires que cette polémique soulève et venons-en aux essentielles : quelle est la stratégie adoptée qui rendait nécessaire ce brusque et inattendu changement de Président chez ERAMET ? Qui a validé cette stratégie ? Mme LAUVERGEON ne le dit pas, en tout cas pas sur la place publique comme elle sait si bien le faire pour le reste.

 
Alors que des retards importants dans le grand chantier nordique ont signalé des manquements dans le suivi des travaux par la chaîne de commandement, alors qu’on a écrit dans les médias que Mme LAUVERGEON s’était beaucoup dépensée dans les ministères et ailleurs pour que « son entreprise » soit privatisée (n’est-ce pas aux élus du peuple d’en décider sereinement, Madame ?), force est de constater dans cette affaire ERAMET que Mme LAUVERGEON s’arrange avec des capitalistes sans en référer à son organisme de tutelle si on en croit le ministre BRETON qui, après avoir décrété dans un relent ethnocentrique que Monsieur MITTAL ignorait la grammaire des affaires, découvre à ses dépens que la syntaxe féminine vaut bien la masculine.

 
On doit donc s’interroger : pour qui travaille réellement Mme LAUVERGEON ? Pour le Bien public ? On peut en douter au vu des éléments qu’elle met ou ne met pas sur la place publique.

 
Dans une entreprise privée fonctionnant normalement, son comportement serait immédiatement sanctionné par une éviction (rien à craindre pour la dame: elle a déjà son "parachute", voir presse septembre 2002).
En France, où l’oligarchie s’affranchit de plus en plus des règles appliquées par le reste de la population, il semble donc que l’Etat ne contrôle plus et ne sanctionne plus ses « hauts fonctionnaires ».

Alexandre Anizy

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
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Samedi 5 mai 2007 6 05 /05 /2007 09:02

La quasi-totalité des syndicats de la FNAC doit lancer une grève nationale dans les 72 magasins français, en réaction à un plan de suppression de 300 postes : il semble que l’agitateur culturel, comme la FNAC aime se présenter, se soit transformé en une enseigne de grande distribution déguisée en entreprise culturelle et citoyenne.

On se demande où sont le « social » et la « citoyenneté » dans cette "indispensable mesure de modernisation", dont les clients ne verront jamais les éventuels bénéfices escomptés : rappelons que la FNAC a renoncé à accorder 5 % de remise sur tous les livres à tous ces clients.
Les temps sont en train de changer … mais les vieux slogans restent.

 
C’est à Monsieur Denis OLIVENNES, P-DG, que les salariés de la FNAC doivent ce plan d’amélioration des profits. Qui est ce monsieur ? Né le 18 octobre 1960 de parents psychanalystes, il passe par l’Ecole Normale Supérieure (1980, agrégé de lettres modernes), par la rue St Guillaume (1985, Sciences Po), par l’ENA (1988, promotion Montaigne). A peine sorti de l’œuf, on le retrouve déjà conseiller de Pierre Bérégovoy (1992). Arrivé en 1993, on le retrouve en 1996 bras droit du Président d’Air France Christian BLANC où ils mettent en œuvre un plan social et économique drastique dans la perspective de la privatisation de la compagnie. Entré dans le Groupe Canal +, filiale de VIVENDI, Denis Olivennes bénéficie en 2002 d’un « golden parachute » de 3 Millions d’euros lorsqu’il quitte Canal +, alors même qu’il ne prend aucun risque professionnel et ne subit aucun dommage réel puisqu’il est à notre connaissance Conseiller Référendaire (Cour des Comptes) en disponibilité. Un contrat est un contrat, et il n’y a pas de petits profits pour un grand patron ; pour un ancien trotskiste, ça fait plutôt « tache », mais Denis OLIVENNES avait viré sa cuti depuis longtemps sans l’avouer encore à cette époque.

Depuis 2002, il est dans le groupe PPR de Monsieur PINAULT, à la FNAC en particulier.

En 2007, Denis OLIVENNES affiche enfin publiquement un choix politique en adéquation avec son statut et sa pratique sociale : il appelle, au sein d’un groupe de hauts fonctionnaires nommés « les Gracques » qui se disent de gauche, à voter SARKOZY de NAGY BOCSA le 6 mai.

"Camarade  OLIVENNES, encore un effort et vous serez réconciliés avec vous-même, quand vous abandonnerez votre « attachement » à la gauche." (c’était une consultation gratuite du professeur Roncho !)

Ce que nous pouvons dire aujourd’hui, c’est qu’à la FNAC, comme pour son P-DG Denis OLIVENNES, on s’agite beaucoup pour paraître ce qu’on n’est plus.

Alexandre Anizy

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
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Vendredi 11 mai 2007 5 11 /05 /2007 00:26

L’assemblée générale de EADS se tenait vendredi 4 mai à Amsterdam, et les masques sont tombés.
A l’issue d’un vote gagné de peu (52 %), les actionnaires ont décidé l’attribution de l’intégralité des bénéfices. « (…) la crise de moralité continue. Au lieu de régler les problèmes du groupe, nos patrons n pensent qu’à leur portefeuille. » a déclaré Jean-François KNEPPER, délégué central FO.
En effet, il semble que l’objectif prioritaire des actionnaires soit la maximisation du profit global de leur investissement. C’est ce que nous devons conclure après l’examen de 3 décisions.

 
D’abord, le plan nommé Power 8, qui vise à faire de EADS une entreprise intégrée, se concrétise par une suppression massive d’emplois, alors que la société possède un carnet de commandes rempli et qu’elle connaît des retards de livraison de 2 ans sur le produit A380. En général, lorsqu’une société décide un plan d’intégration, son objectif est d’optimiser les ressources internes sous-employées, ce qui améliore la productivité et par conséquent le profit, toutes choses égales par ailleurs. Chez EADS, on supprime des ressources, sans atteindre une hausse des performances industrielles puisque les retards de livraison sont maintenus à leur niveau (pour l’instant, pas d’aggravation annoncée) : la diminution du retard de livraison pour la satisfaction des clients est donc un aspect secondaire du plan stratégique Power 8. Logiquement, il nous faut déduire que ce plan répond à des objectifs financiers prioritaires : la suppression massive des emplois sert à doper la valorisation boursière de l’entreprise.

 
Ensuite, la volonté de s’attribuer l’intégralité des bénéfices (99 Millions d’euros) est une honte pour des gens qui par ailleurs glosent sur la nécessité d’une bonne gouvernance des entreprises. En prenant cette décision, l’assemblée générale a donné l’illustration d’une mauvaise gouvernance, celle qui fait fi des responsabilités de la firme vis-à-vis de ses clients et de ses salariés.

Notons sur ce point les faits suivants : Daimler (22,5 % du capital) souhaitait cette distribution de dividendes, alors que l’Etat français (15 %) s’y opposait et que le groupe Lagardère (15 %) hésitait. Mais Daimler et Lagardère ont vendu chacun une part du capital en avril 2006, réalisant ainsi une coquette plus-value, avant l’effondrement en Bourse de EADS (- 26 %) à la mi-juin 2006 (rappel : une information judiciaire pour « délit d’initiés » est ouverte).

Dans quelques temps, la concomitance des premières livraisons d’A380 et les premiers effets du plan Power 8 dans les comptes de EADS permettra le relèvement du cours boursier à un niveau de valorisation qui dégagera à nouveau de coquettes plus-values potentielles pour les 2 actionnaires privés.

 
Enfin, le fait que le Conseil d’Administration du 2 avril 2007 ait refusé une proposition des co-présidents Louis GALLOIS et Thomas ENDERS visant à faire voter par l’assemblée générale une augmentation de capital démontre 2 choses : la discorde au sein du Conseil d’Administration (le fameux couple franco-allemand) et une volonté de désengagement des actionnaires privés. Autrement dit, c’est la pagaille.

Accessoirement, nous mettons en évidence le rôle peu convenable des co-présidents qui apparemment n’ont pas envisagé de démissionner, comme c’est le cas généralement dans ce genre de situation. Citons le co-président Thomas ENDERS : « Dans une entreprise normale, le management aurait envisagé de démissionner. Mais nous ne sommes pas dans une entreprise normale ».

 
Au fait, quels sont les artisans de cette structure bicéphale bordélique ? Côté français, sous le gouvernement JOSPIN, un certain ministre STRAUSS-KAHN a beaucoup vanté cette coopération franco-allemande.

 
Alexandre Anizy

Par Alexandre Anizy - Publié dans : Notes économiques
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