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DEXIA : du beau monde au Conseil

Publié le par Alexandre Anizy

Puisque nous avons parlé de Denis KESSLER le khmer blanc, évoquons DEXIA et le beau monde qui, comme ce lascar, siégeait à son Conseil d’Administration, comme par exemple : Augustin de ROMANET de BEAUNE (énarque ; directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations) ; Anne-Marie IDRAC (énarque ; présidente de la SNCF à cette époque) ; le franc mac François REBSAMEN (maire de Dijon, éléphant du PS).

 

Dans le cadre d’une bonne gouvernance, le conseil d’administration est le lieu où on débat et où on fixe la stratégie de l’entreprise. Par conséquent, les membres du conseil de DEXIA ne devaient pas ignorer les risques inconsidérés pris par la banque, notamment avec sa filiale américaine FSA (un « rehausseur de crédit »). Il serait saugrenu d’entendre autre chose sur ce point.

 

DEXIA a été sauvé de la faillite fin septembre 2008 par une injection de 6,5 Milliards d’euros et une garantie sur les emprunts de 145 Milliards. Depuis ce sauvetage, la capitalisation boursière de DEXIA a chuté de 60 %, soit déjà une perte de valeur pour la France de 4 Milliards.

Et ce n’est pas fini.

Car pour pouvoir vendre FSA, DEXIA a dû s’engager à conserver les mauvais risques de sa filiale, soit 16,5 Milliards de plus, dont un tiers pour la France.

 

Le Président Pierre RICHARD (un polytechnicien), le directeur belge Axel MILLER, ont remis leur démission (un peu forcée, semble-t-il) : il était difficile de faire moins.

Bruno DELETRé (polytechnicien, énarque), la personne en charge du « rehaussement de crédit », avait quitté DEXIA en juin 2008 pour rejoindre le cabinet de l’incompétent ministre Christine LAGARDE … où il est en charge de la supervision du secteur bancaire !

 

Mais qui s’est interrogé sur la responsabilité du conseil d’administration dans cette déroute financière ?

Osera-t-on demander des comptes à ce beau monde, notamment à l’énarque Augustin de ROMANET de BEAUNE (patron de la CDC, aujourd’hui à la manœuvre pour l’Etat français dans le cadre de la lutte contre la crise !), à l’énarque Anne-Marie IDRAC (aujourd’hui membre du gouvernement !) ?

 

Alexandre Anizy

Denis KESSLER le khmer blanc

Publié le par Alexandre Anizy

Denis KESSLER est un ex UNEF-Union des Grandes Ecoles, marxiste-léniniste. Il est aujourd’hui le Président du groupe Scor, un poste dont il a bien mérité après sa vice-présidence du MEDEF aux côtés du baron Ernest-Antoine SEILLIERE DE LABORDE : leur combat pour la refondation du dialogue social, vous vous souvenez ?

 

Ce qu’il y a de bien avec les anciens marxistes-léninistes, c’est qu’ils retrouvent avec l’âge les réflexes sectaires (i.e. le dogmatisme idéologique, l’arrogance intellectuelle du maître, le mépris des faibles, etc.) de leur jeunesse. Comme les Khmers, vous vous souvenez ?

 

Ainsi, Denis KESSLER écrit dans Challenges, le 4 octobre 2007, « Adieu 1945, raccrochons notre pays au monde ! » :

« Il aura fallu attendre la chute du mur de Berlin, la quasi-disparition du parti communiste, la relégation de la CGT dans quelques places fortes, l’essoufflement asthmatique du Parti socialiste comme conditions nécessaires pour que l’on puisse envisager l’aggiornamento qui s’annonce. »

Sentez-vous l’impatience, voire l’exaspération (quel temps perdu, quel gâchis !) du guide suprême ? Diantre ! De quoi s’agit-il ?

« Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie. (…)La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! »

 

Denis KESSLER a vendu la mèche : nous sommes avertis sur le réel programme politique et social du Président ubiquiste SARKOZY DE NAGY BOCSA. La crise est un pain bénit, puisqu’elle permet d’accélérer la mise en démolition. Toujours attentif à son vocabulaire, le pouvoir élyséen nommera « refondation du capitalisme » le travail de régression sociale.

En route vers le capitalisme d’antan ! Celui du Comité des Forges, cher à la famille WENDEL et son illustre représentant, le baron Ernest-Antoine SEILLIERE DE LABORDE.

 

En forgeant l’expression « khmer blanc », nous réunifions le passé et le présent de Denis KESSLER dans une dimension politique.

 

Alexandre Anizy

Andrea CAMILLERI a-t-il décroché la lune ?

Publié le par Alexandre Anizy

En janvier 2008, les éditions Fleuve Noir sortait un nouveau livre du vieil Andrea CAMILLERI titré « la lune de papier » (224 pages, 20 €), où il nous est permis de retrouver le commissaire Montalbano, qui a des soucis de concentration tant il est sous le feu de deux femmes bien différentes, mais si séduisantes.

La conclusion … sera magnanime : si ce n’est pas le meilleur polar de CAMILLERI, cela reste d’une haute tenue.   

 

Alexandre Anizy

Sortie de crise (III) : approche marxiste de Jean-Marie HARRIBEY

Publié le par Alexandre Anizy

(Jean-Marie HARRIBEY : vice-président d’Attac, professeur à l’université Bordeaux IV)

 

L’analyse

Il faut se pencher sur la « structure même du capitalisme néolibéral ».

Problème théorique : Jean-Marie HARRIBEY mélange Mode de Production Capitaliste et idéologie néolibérale, ce qui n’est pas pertinent.

Le système repose sur la libre circulation des capitaux et la dégradation des salaires, grâce à un concept politique « la mondialisation » justifiant le changement radical du rapport capital/travail (plus de profits, moins de salaires) par la bourgeoisie financière.

Remarque : parler de bourgeoisie financière nous semble théoriquement abusif et économiquement inutile.

Notre remarque vise à souligner l’usage d’un charabia, puisque Jean-Marie HARRIBEY lui-même affirme peu après : « La sphère financière et la sphère de la production ne sont jamais déliées, comme le dit MARX dans « le Capital ». (On ne lui fait pas dire, n’est-ce pas ?) 

« La crise sociale et économique montre l’insoutenabilité de ce mode d’accumulation des classes favorisées d’un côté et, de l’autre, la paupérisation des travailleurs de la planète mis en concurrence. »

 

Le projet

« Si on veut dépasser l’horizon du capitalisme pour poursuivre l’idéal de l’émancipation humaine ».

La finance : rétablir un contrôle strict des mouvements des capitaux ; limiter les produits dérivés ; abolir les paradis fiscaux et judiciaires ; instaurer une loi de limitation de la marge actionnariale.

Le secteur bancaire : créer un pôle monétaire et financier public ; initier des banques collectives publiques européennes.

Le social : inscrire dans les Constitutions que la part des travailleurs du supplément de richesse créée ne doit pas être inférieure aux gains de production ; instaurer un revenu maximum.

Le monde : penser un autre développement ; sanctuariser les biens publics inaliénables (l’air, l’eau, etc.) ou bien les réparer par les taxes spécifiques ; faire maîtriser par les collectivités les investissements liés aux reconversions (énergie, habitat, agriculture, etc.).   

 

Très vaste programme.

 

Alexandre Anizy

Sortie de crise : approche libérale de David THESMAR

Publié le par Alexandre Anizy

(David THESMAR : professeur associé à HEC ; membre du Conseil d’Analyse Economique)

 

L’analyse

« La crise n’est pas venue dans une absence totale de règles, mais à cause d’une mauvaise régulation du système. Le scandale est arrivé par les banques, déjà très régulées mais de manière inadaptée. »

Les régulateurs, comme la Commission bancaire française visée par THESMAR, ont adopté le laisser-faire quand les banques ne provisionnaient pas des risques liés aux engagements placés hors bilan.

Remarque : THESMAR oublie de dire que c’est notamment pour ne pas avoir à faire des provisions que les banques les ont mis hors bilan.

Les « externalités négatives » du système (le risque, la faillite bancaire, le phénomène de contagion, etc.) étaient insuffisamment intégrées dans les cadres d’évaluation.

Remarque : si vous croyez à l’autorégulation du marché, vous serez enclins à juger impossible le blocage du système (ce qui arriva pourtant).

Par sa politique monétaire laxiste, la FED d’Alan GREENSPAN a joué un rôle de pousse-au-crime.

Remarque : rappelons que ce sont notamment les amis libéraux de David THESMAR qui ont vénéré Alan GREENSPAN pendant des années …

C’est tout. C’est faible.

 

Le projet

La crise demande des réponses techniques et non pas politiques, « (…) ce qui signifie qu’arriver au G20 avec les gros sabots de la refonte globale du capitalisme serait contre-productif ».

« Ce n’est pas aux Etats de réglementer les systèmes de rémunération dans la finance ».

Instaurer un bonus-malus pour les traders, dont le solde ne se ferait qu’au bout de 10 ans.

Provisionner les activités risquées (vaste sujet, maigre réponse).

Faire migrer une grande partie des transactions de gré à gré.

 

Comme vous le voyez, ce sont des réponses techniques, dont l’imprécision nous laisse songeurs.  

En fait, le mantra de David THESMAR est : « Je ne crois pas à un Etat banquier ou actionnaire mais à un Etat strictement régulateur. »

 

Passé un certain stade, nous considérons que l’aveuglement idéologique frise la connerie.

 

Alexandre Anizy

Sortie de crise (I) : approche keynésienne de Philippe MARTIN

Publié le par Alexandre Anizy

(Philippe MARTIN : professeur à l’université Paris I et à l’Ecole d’Economie de Paris ; chroniqueur économique de Libération)

Comme tous les économistes standard se disent keynésiens, la question subsidiaire est de savoir si Philippe MARTIN est un keynéso-classique (référence à l’équilibre IS – LM) ou bien un postkeynésien (quel courant ?).

 

L’analyse

Au plan macroéconomique, la crise est le résultat d’une politique monétaire trop laxiste (pan ! sur le bec d’Alan GREENSPAN), d’une libéralisation des marchés financiers qui a permis le déficit courant des Etats-Unis qui autorisait un endettement aberrant des ménages américains.

Au plan microéconomique, la crise est le résultat du laisser-faire, comme la mise hors bilan de produits toxiques ou la dissimulation de pertes par les banques classiques, comme le jeu de l’économie-casino pratiqué par les banques d’affaires, comme la création d’une bulle spéculative immobilière fondée sur l’endettement.

« Contrairement à l’analyse marxiste, si cette crise est consubstantielle au capitalisme, par nature instable, elle ne signe pas sa mort. Contrairement à l’analyse libérale, ce n’est pas le marché qui va sauver le capitalisme mais l’Etat, de retour par le biais d’une politique monétaire, fiscale, budgétaire et la rénovation de la réglementation financière. »

 

Le projet

Poser comme « principe que la stabilité financière internationale est un bien public mondial ».

Par conséquent, il faut repenser le rôle des institutions financières internationales, comme le FMI qui devrait recevoir de nouvelles ressources et qui devrait abandonner « le consensus de Washington » (libéralisation financière, rigueur budgétaire, privatisation, etc.).

Le G20 devrait s’accorder sur une réelle politique de relance globale et non pas sectorielle.

Actuellement, la politique monétaire est quasiment inefficace, car les banques ont désormais une aversion forte au risque. C’est donc aux classes pauvres et moyennes qu’il faut « envoyer un chèque » pour enclencher le multiplicateur keynésien (1 € distribué qui sera dépensé apportera des revenus supplémentaires qui seront dépensés à leur tour, etc.).

 

Alexandre Anizy

Rachida DATI et les magistrats quasi intouchables

Publié le par Alexandre Anizy

Dans l’affaire de Metz, le Garde des Sceaux n’a pas agi, à notre connaissance, en dehors de la loi et des règlements. Par conséquent, il convient de s’interroger sur la signification de cette pétition de 534 magistrats, qui exigent de Rachida DATI des excuses publiques à l’égard du substitut de Sarreguemines.

 

Quiconque s’intéresse un peu à la chose judiciaire apprend vite que les magistrats sont dans l’exercice de leurs fonctions quasiment intouchables. Apparemment, ce n’est donc pas suffisant pour une partie remuante de cette corporation : ils voudraient aussi humilier un ministre qui n’a fait que son devoir.

 

Cette offensive ne tombe pas par hasard, puisque le Garde des Sceaux a déjà fait amende honorable sur cette affaire de Metz. Alors que veulent-ils réellement de plus ? Avoir aussi le pouvoir de désigner leur ministre et celui de le répudier, par exemple pour crime de lèse-magistrat ?

 

« Quelle étrange demande que celle « d’excuses publiques », qui constitue les magistrats comme des commissaires politiques de la pire espèce ! », écrit l’avocat général à la Cour d’Appel de Paris Philippe BILGER, avant d’ajouter : « (…) une telle contestation profondément politique qui a pour but de « finir » une personnalité déstabilisée. C’est moralement lâche (…) » (Le Figaro 21 novembre 2008)

 

Philippe BILGER ne doit pas s’inquiéter pour l’image de cette caste : les citoyens ordinaires ont compris depuis longtemps que la morale n’a pas sa place dans les palais de l’administration judiciaire, ni même la justice, puisque c’est un concept supérieur au Droit.

 

Alexandre Anizy

Vincent PEILLON le prétendant bourgeois

Publié le par Alexandre Anizy

Bien qu’il ne soit plus un jeune loup (né le 7 juillet 1960), Vincent PEILLON a conservé son appétence : par exemple, l’ambition de devenir Premier Secrétaire du Parti Socialiste. Qui écrira sur « l’épaisseur de son ego », puisque son « cogito » volatil n’emprunte que le chemin utile à la prise du palais de Solferino ? 

 

Vincent PEILLON est un homme paradoxal :

  • Se dire socialiste … quand on est le fils d’un banquier et d’un médecin chercheur (amie des CHARPAK et BEAULIEU …) qui ignore la misère d’un monde qu’on dit représenter … ;
  • Etre un « chasseur de pouvoir » viré (de son poste de député de la Somme en 2002) par de réels chasseurs électeurs …    

 

Bien au chaud dans son Institut Edgar Quinet (organisme de formation ciblant les élus – socialistes de préférence ? - : une clientèle à sa portée, de toute façon), et à Strasbourg (député européen), PEILLON le prétendant bourgeois peut ourdir sa conquête du parti : quoi qu’il arrive, il ne connaîtra les affres ni des chômeurs, ni des pauvres.

 

Alexandre Anizy

Benoît HAMON l'apparatchik

Publié le par Alexandre Anizy

Né le 26 juin 1967, Benoît HAMON est membre du Parti Socialiste depuis 1987. Après avoir obtenu une licence d'histoire, il débute sa carrière en 1991 comme Assistant Parlementaire du député PS Pierre BRANA. Jeune rocardien, il devient le premier Président du Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS) en 1993 quand Michel ROCARD est le boss du PS, puis Conseiller pour la Jeunesse auprès de Lionel JOSPIN, le nouveau patron. De 1997 à 2000, il est au cabinet de Martine AUBRY, ministre de l'Emploi et de la Solidarité.

Compte tenu de sa formation et de son « expérience professionnelle », d’aucuns se demandent si son poste de Directeur du planning stratégique de l'institut de sondage IPSOS de 2001 à 2004 ne serait pas une erreur de casting.

Il est élu conseiller municipal en 2001, député européen en 2004. Autant dire que ce bonhomme ne connaît rien des ouvriers et des employés, c'est-à-dire des gens qu’il est sensé représenter. Mais au PS, c’est le contraire qui fait exception !

Il a donc été rocardien, puis jospiniste, puis proche de Laurent FABIUS en 2006. Maintenant, il bosse à son compte.

Etant passé par tous les râteliers du PS, l’apparatchik Benoît HAMON pourrait rafler la mise si les éléphants se neutralisent. Dans ce cas, son élection au poste de Premier Secrétaire ne serait qu’une trêve dans la guerre des chefaillons : l’œil du cyclone en quelque sorte.

Alexandre Anizy

Andrew LAHDE, l'oligarchie, Henri de CASTRIES

Publié le par Alexandre Anizy

A 37 ans, diplômé à UCLA, le californien Andrew LAHDE était « le patron le plus performant du secteur des hedge funds », selon le Financial Times : il a gagné des millions de dollars avec la chute des « subprimes ». Fortune faite, il a fermé sa boutique financière en quittant le milieu avec panache, puisqu’il a rédigé une lettre iconoclaste, qui a circulé dans les salles de marchés, où perçait le ressentiment à l’encontre des classes dirigeantes : « Des idiots dont les parents ont payé la prépa, Yale puis le MBA à Harvard. Ces gens qui ne valent pas l’éducation qu’ils ont reçue (…) [formant] une aristocratie (…) [qui lui a] rendu plus facile la tâche de trouver des gens assez stupides pour prendre [ses] contreparties ».

Un Jérôme KERVIEL qui a gagné ses paris.

 

Pour la France, il vous suffit de mettre les tickets ENS, Polytechnique, ENA (suivie de l’Inspection des Finances, de préférence), HEC et Centrale (dans une moindre mesure).

 

Parce qu’il est conscient du problème politique posé par les cadeaux offerts aux banquiers, le Président ubiquiste SARKOZY DE NAGY BOCSA se chercherait un bouc émissaire dans cette corporation, selon le Canard enchaîné. Notre avis : un banquier français qui ne possèderait aucun ticket mentionné ci-dessus est un candidat idéal.

 

Enfin, si vous souhaitez rire un peu, nous vous conseillons de (re)lire l’article du patron d’AXA, Henri de LA CROIX de CASTRIES, paru en août 2007 dans le Monde : une communication savante sur les marchés financiers, où il était question de salade niçoise, de mutualisation des risques … Un visionnaire que vous avez peut-être vu et entendu récemment dans la cour de l’Elysée rendre compte de la réunion des grands acteurs financiers avec le Président.

 

Alexandre Anizy