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Si le ministre Valérie PéCRESSE ne défend pas le français ...

Publié le par Alexandre Anizy

Valérie PéCRESSE a récemment déclaré qu’elle «ne milite pas pour imposer l’usage – déclinant (sic) – du français dans les institutions européennes à l’occasion de la prochaine présidence française de l’Union. »

Elle rejoint ainsi le bataillon des « globish » (vous savez : ceux qui utilisent le véhicule de la globalisation). (lire notre note du 22 septembre 2007 « une capitulation de la pseudo élite française »

 
Si le ministre de l’Enseignement Supérieur ne défend pas le français, il est à craindre qu’elle ne défende pas réellement l’Université française,

que cette femme bien née ne connaît pas (lycée de Neuilly s/seine, classes préparatoires à Sainte Geneviève de Versailles, HEC, ENA : en somme, le parcours classique de la nomenklatura française),

comme le reste d’ailleurs, mondialisation oblige : l’Enseignement Supérieur n’est-il pas un marché mondial … où la standardisation s’impose forcément, n’est-ce pas ?


Un ministre de l’Enseignement qui ne milite pas pour le français : impossible n’est pas français !

 
Alexandre Anizy

Les "châtiments" de Victor HUGO

Publié le par Alexandre Anizy

En relisant ce recueil de poèmes, « les châtiments » (Victor HUGO, œuvres poétiques, La Pléiade tome II), nous avons retrouvé les raisons de notre désintérêt pour le poète : prolifique (ce qui induit une qualité inégale) et parfois désuet.  

Mais nous remarquons combien le verbe était virulent, ce qui accentue l’insipidité d’une part importante de la production actuelle.

Citons en exemple (p.62) :

 « Hélas ! tout est fini ! fange ! néant ! nuit noire !

Au-dessus de ce gouffre où croula notre gloire,

                Flamboyez, noms maudits !

Maupas, Morny, Magnan, Saint Arnaud, Bonaparte,

Courbons nos fronts ! Gomorrhe a triomphé de Sparte !

                Cinq hommes ! cinq bandits ! »

 
Les discours de notre époque manquent assurément de panache.

 
Alexandre Anizy

2030 : le krach écologique selon Geneviève FéRONE

Publié le par Alexandre Anizy

Geneviève FERONE présentement directrice du développement durable chez Veolia Environnement, mais anciennement fondatrice de « Arese » la 1ère agence française de notation sociale et environnementale en 1997, publie chez Grasset « 2030, le krach écologique ». Pour la promotion, elle donne des entretiens dont nous résumons ici quelques passages.

 
Pourquoi 2030 ?

« (…) strict rendez-vous étayé par l’évolution des courbes chiffrées. (…) incontournable. Cela pour 4 raisons : 1) l’échéance climatique des + 2 °C, qu’il vaudrait mieux ne pas dépasser ; 2) l’échéance démographique, avec des besoins impossibles à satisfaire pour 8,2 Milliards d’humains ; 3) l’échéance énergétique, avec l’épuisement des ressources pétrolières ; 4) l’échéance de la croissance, avec la prétention de centaines de millions d’individus à accéder au confort à l’occidental. » Télescopage en 2029 ou 2030 (l’éditeur a choisi 2030) …

 
Concernant l’effet de serre, « Pour stabiliser les choses (…) d’ici à 2030, (…) il faudrait économiser chaque année 30 milliards de tonnes d’équivalent CO2. C’est une tâche titanesque, qui suppose le renversement de toutes sortes de valeurs, dont le productivisme. Et implique un frein au développement de certains pays, dont l’Inde et la Chine. »

Vraiment pas gagné !

« Par exemple, il est exclu qu’un jour 2 milliards de Chinois puissent vivre comme les Américains d’aujourd’hui avec 2 voitures par famille. Une planète avec 3 milliards d’automobiles, c’est strictement impossible, donc cela ne se fera pas. »

 
Solutions à long terme ?
3 solutions en réalité : 1) la séquestration du CO2 ; 2) la fusion thermonucléaire ; 3) la mise en œuvre à grande échelle de l’énergie solaire (le Sahara tapissé de capteurs …)
« Mais tout cela relève de l’utopie à long terme, et on ne peut compter dessus avant des décennies. »

 
Les énergies alternatives renouvelables (éoliennes, biocarburants, …) ?
Aucune n’est à la hauteur des enjeux.

 
Que faire ?
« Il faut que le Conseil de Sécurité, le G8, toutes les autorités internationales se décident, d’un même pas, à travailler ensemble à la communauté de nos destins. » « Tant qu’il n’y aura pas de plan Marshall du climat, je serai pessimiste. »

Mais Kyoto montre qu’on en est très loin, avec les USA qui ne signe pas.
« (…) malgré leur refus de se plier aux engagements de Kyoto, les USA préparent l’avenir peut-être mieux que nous. Leurs chercheurs et leurs industriels investissent massivement sur les énergies propres, le développement durable, (…) »
Soyons pragmatique, comme eux.

 
Sans sursaut, quel avenir ?
« (…) il faut craindre de violentes ruptures sociales, une insécurité et une inégalité croissantes, un épuisement de la chaîne alimentaire. C'est-à-dire (…) des famines et des guerres. »

 
Ordinairement, Geneviève FéRONE n’est pas classée avec les hurluberlues, c’est le moins que l’on puisse dire : alors son cri d’alarme aura-t-il un large écho dans les medias, pour commencer ?

 
Alexandre Anizy

Sauver le système financier contre lui-même

Publié le par Alexandre Anizy

Alors que l’économie réelle mondiale est en bonne santé (voir les profits records des sociétés du CAC 40), nous vivons une grave crise financière.

Pour l’économiste Jacques MISTRAL (signant avec Robert BOYER un bon livre, « accumulation, inflation, crises », PUF 2ème édition 1983, 344 pages, 150 FRF), « Le pire n’est donc jamais sûr. Mais je pense depuis longtemps qu’un ajustement sévère doit se produire. L’expansion des crédits et de la liquidité depuis 2002 et surtout 2006 a permis d’éviter 2 phases descendantes du cycle économique, mais devait finir par une correction. »

Les subprimes ont déclenché la crise, mais elle aurait pu venir par un autre canal. En 2006, le Président de la Fed Ben BERNANKE faisait un discours où les difficultés actuelles étaient envisagées. En 2004, Ned GRAMLICH, membre du Conseil des gouverneurs de la Fed, proposait des mesures d’encadrement préventives des crédits immobiliers.

Tout le monde était prévenu.

Globalement, le système productif américain n’est pas si compétitif. Ils n’ont pas investi. « Depuis 10 ans, la croissance est tirée par la consommation et l’immobilier. L’emploi doit sa croissance aux services. »

« La croissance des exportations américaines, aidée par la baisse du dollar, n’est qu’un amortisseur modeste. » Pour les Etats-Unis.

 

Un survol pertinent des années 1960 à 2007 par Jacques MISTRAL :

« Dans les années 1960-1970, on a réglé chaque problème économique en acceptant un taux d’inflation plus élevé à chaque étape. Cela a conduit à la dévaluation du dollar, puis le choc pétrolier a aggravé encore la situation. Là, à chaque étape, on a laissé augmenté le taux d’endettement des ménages, ce qui a permis d’éviter plusieurs fois la purge et la phase descendante du cycle. »

 

L’économiste Daniel COHEN quant à lui démonte le mécanisme de la crise financière et ose penser autrement avec beaucoup de lucidité. (lire aussi notre note du 22 janvier)

Par exemple, pour sauver la Bear Stearns, la Fed a utilisé JP Morgan : toute la planète financière salue cette intervention rapide et rarissime. Daniel COHEN souligne plutôt l’inadaptation des outils de la Fed pour faire face au problème actuel.

Selon lui, la crise s’est développée en 3 temps.

1er temps : la crise de liquidité est déclenchée par l’affaire des subprimes.

2ème temps : on découvre derrière des produits financiers notés « triple A » (le top) « (…) des actifs vraiment insolvables et des maquillages qui représentent autant d’escroqueries morales et financières. » ; la crise est devenue une crise de solvabilité.

3ème temps : l’ensemble du marché hypothécaire américain est touché ; la défiance s’est installée ; le cercle vicieux a démarré (l’effet domino).

 

Quelle fut la réponse des banques centrales ?

Dans le 1er temps : injection de liquidités.

Dans le 2ème temps : baisse des taux, mais pas assez rapide pour permettre la recapitalisation des sociétés.

Dans le 3ème temps : la Fed use d’un instrument non bancaire (créé juste après la crise de 1929) et prend en pension des actifs pourris (valeur nulle sur le marché) ; elle joue ainsi pleinement son rôle de prêteur en dernier ressort.

Solution préconisée par Daniel COHEN : faire comme avec le Crédit Lyonnais, c'est-à-dire séparer les bons actifs des insolvables, et ensuite recapitaliser.

 

La Fed pourra-t-elle, seule, contribuer au sauvetage des établissements en difficulté, toutes choses égales par ailleurs ? Non. La recapitalisation demande des sommes considérables.

Que faire ?

« Restaurer la solvabilité des ménages est inadapté et les banques font la preuve qu’elles n’ont pas les moyens de traiter le problème. Il faut donc faire sauter les barrières intellectuelles. »

Laisser mourir les banques ou les sauver ? (lire aussi notre note du 22 janvier)

« Il faut que le G7 ait le culot de créer un fonds public de réserve pour se porter au secours des établissements en difficulté. (…) Sinon il faut reconnaître que les seuls sauveurs possibles sont les fonds souverains et qu’on est passé à une nouvelle étape de la mondialisation (…) la libéralisation des liquidités. »

Daniel COHEN ne parle pas seul dans le désert.

Le président de la Deutsche Bank Josef ACKERMANN vient d’emboîter son pas : « Il ne suffit plus d’inviter les banques à se prêter main forte les unes les autres. (…) Je ne crois pas, sur ce point, à la seule force d’autoguérison des marchés. (…) [il faut au contraire] une action concertée des banques, des gouvernements et des banques centrales. »

On peut s’interroger sur cette prise de position hétérodoxe publique : pour l’intérêt général ou par intérêt particulier, ou les deux ?  

Quant au patron de la Buba (le banque centrale allemande) Axel WEBER, il maintient une position orthodoxe : « [les banques sont] elles-mêmes responsables de la surveillance et des solutions de leurs problèmes. (…) appeler l’Etat à la rescousse revient en dernier lieu à faire payer le contribuable. »  Il n’a pas tort de le rappeler.

Une restauration indispensable ?

Une des leçons de 1929 était la suivante : séparation stricte entre banque d’affaires et banques de dépôt. L’idéologie libérale a fait sauter cette règle pleine de sagesse et marquée du sceau de l’expérience : on voit à nouveau le résultat …

On doit clairement parler de restauration, car c’est bien de cela qu’il s’agit.

Cette restauration est aussi préconisée par Bernard MARIS (lire notre note du 15 février).

Que penser de la baisse des taux de la Fed ? Trop baisser les taux, c’est enclencher le processus de stagflation.

Alexandre Anizy

Soutenir des banques légères ? Saisir des opportunités

Publié le par Alexandre Anizy

La Fed joue avec virtuosité (?) sur son clavier : baisse des taux, injection de liquidités, prêteur en dernier ressort (fonction essentielle d’une banque centrale). Le dollar est la variable d’ajustement : c’est le reste du monde qui paiera la note.

Le silence des ministres de l’Economie du G7 montre soit leur impuissance, soit leur approbation du choix politique des Américains.

Le Président de la Fed Ben BERNANKE, qui a étudié et écrit sur la crise de 1929, ne commettra pas les erreurs de cette époque-là.

 
La crise, c’est aussi une fenêtre de tir idéale pour ceux qui peuvent profiter de la fragilité d’autres acteurs. Par exemple, l’euro fort est une aubaine pour les sociétés européennes (emplettes aux USA).

La banque Bear Stearns a été rachetée par JP Morgan pour 1 % de sa valeur boursière de début mars.

Que penser de la Société Générale qui vaut moins de 30 Milliards d’euros en Bourse, quand ses fonds propres s’élèvent à près de 33 Milliards, après l’augmentation de capital très habilement négociée par son Président Daniel BOUTON ?

 

Quant à la légèreté des banques, la question mérite d’être posée, comme le font Isabelle HUAULT et Hélène RAINELLI-LE MONTAGNER (Libération du 14 mars 2008). Voyons quelques éléments de réponse.

« La crise actuelle n’est pas la conséquence d’un moment d’inattention des banques. »

« En 1996, le sociologue Michael ABOLAFIA soulignait déjà le comportement paradoxal des banques face aux opportunités offertes par les marchés financiers. (…) elles encouragent leurs traders à participer au jeu spéculatif (…) Mais dans le même temps (…) préserver leur respectabilité en projetant une image de stabilité et de gestion prudente. Ce paradoxe les amène à organiser de manière très particulière l’activité des traders, qui sont rémunérés principalement en salaire variable, et sont isolés des autres métiers de la banque dans des centres financiers spatialement circonscrits. »

« La flexibilité presque infinie de la matrice mathématique d’où sont issus les produits dérivés masque le caractère difficilement contrôlable des innovations engendrées. »
A savoir : la comptabilité peine à les prendre en compte, le droit est à la traîne, et pire, leur évaluation financière est approximative !

« Tous ces à peu près, tolérés par le système tant que le marché reste porteur, finissent par se retourner contre lui en cas de crise. » En effet.

 
Les banques n’ignoraient pas l’instabilité du système financier mondial, mais elles ne voulaient pas se priver des gains faciles.

 
Alexandre Anizy

Les chocs sur l'économie mondiale selon Eric LE BOUCHER, leurs conséquences

Publié le par Alexandre Anizy

Pour Eric LE BOUCHER, économiste journaliste au Monde, l’économie mondiale subit actuellement trois chocs.

 
Le premier choc est celui du changement d’épicentre : les Etats-Unis piétinent quand la Chine, l’Inde, l’Asie en somme, explosent.

A ce sujet, nous saluons le professeur d’économie Michel BEAUD qui en parlait déjà, avec beaucoup de talent et de perspicacité, en 1986 : lire par exemple son livre « le Système National / Mondial hiérarchisé » (éditions La Découverte 1987, 134 pages).

 
Le deuxième choc est l’explosion de la consommation des matières premières dans la région asiatique, ce qui provoque une hausse des prix inéluctable en vertu de la loi de l’offre et de la demande.
(lire notamment nos notes économiques sur le bluff chinois)

 
Le troisième choc est la crise financière. Le modèle de développement de l’épicentre américain, fondé sur l’endettement, s’est emballé dans le secteur immobilier, grâce notamment à l’ingéniosité et la déraison de mathématiciens financiers.

(sur ce qu’est la crise des subprimes, lire notre note du 8 février « Crise : où en sont les pertes ? », où nous nous délectons de l’explication ironique de Claude BéBéar)

Ce qu’en dit Eric LE BOUCHER : « Les réglementations forçant à sortir ces produits [financiers, ndaa] des bilans ont poussé au crime tandis que l’obligation de valoriser au jour le jour a précipité les pertes. »

 
Quelles seront les conséquences (liste non exhaustive) de ces trois chocs ?

  • La nourriture et l’énergie (et que dire de l’eau !) vont maintenant coûter plus cher, ce qui signifie à court terme la poursuite de la baisse du pouvoir d’achat, le ralentissement de la consommation et donc de la croissance ;
  • A long terme, une économie remodelée : une croissance multipolaire, une recherche-développement forte dans les secteurs énergétique et agricole, un secteur financier plus sage.

La gestation d’un monde nouveau sera évidemment difficile, pour ne pas dire douloureuse.

 
Alexandre Anizy

Un objectif de la Fed : sauver les banques !

Publié le par Alexandre Anizy

Les Etats-Unis sont entrés dans une récession : une majorité d’économistes le dit maintenant.

Comme l’avait prédit Bernard MARIS (voir notre note du 15 février 2008) :
« Il a fallu la crise bancaire de 1929 pour qu’il y ait un New Deal (…) Nationalisation des banques, distinction entre banque de dépôts et banque d’affaire, loi sur les réserves obligatoires. Tout cela a disparu. Et on voit aujourd’hui les banques centrales voler au secours des fautifs … »

Concernant les banques centrales, le constat de Bernard MARIS est sans appel : « (…) à leur tête, on a des banquiers qui refilent de l’essence [des liquidités, ndaa] aux banques à sec et leur disent : « allez-y, repartez à fond » jusqu’au prochain platane. »

C’est bien ce qui se passe.

Pour débloquer le marché du crédit, la Fed (banque centrale américaine) annonçait la semaine dernière qu’elle apportait 200 Milliards USD de titres du Trésor à un nombre limité de banques, en contrepartie de titres illiquides (i.e. tellement pourris que personne n’en veut sur le marché, fragilisant ce nombre limité de banques), pour leur permettre de relancer leur activité de crédit (c’est l’objectif officielle).

Déclaration de Raymond Mc DANIEL, Président de l’agence de notation Moody’s : « Nous assistons à une contagion plus marquée dans certains secteurs du marché obligataire. (…) Nous assistons à un gel complet du marché sur certains types de titres … nous voyons les prix chuter, la liquidité s’épuiser et la confiance disparaître. »

Parce que la psychose de nouvelles dévalorisations d’actifs à haut risque par de grandes banques s’est emparée de Wall Street, des pans entiers du marché obligataire ne fonctionnent toujours pas.

 
Et Wall Street a bien raison de s’inquiéter. Un exemple ?

Le fonds Carlyle Capital Corporation, créé par le géant américain Carlyle, s’est effondré en Bourse d’Amsterdam de 90 % et se trouve au bord de la faillite. Ce fonds oeuvrait en particulier sur les créances immobilières de banques.  Carlyle Capital Corporation refuse de donner l’identité de ses actionnaires, qui ont perdu au moins perdu leur mise de départ de 510 millions USD.

Le géant Carlyle, qui a prêté récemment 150 millions USD à C.C.C., a déjà dit qu’il n’avait aucune responsabilité juridique dans cette affaire !
Mais Carlyle n’est le seul fonds d’investissement à avoir spéculé sur le marché de la dette immobilière : Blackstone et KKR en sont.
De quoi inquiéter les professionnels si ces fonds sont obligés à des cessions massives d’actifs …

Un autre exemple ?
Vendredi 14 mars, la Bear Stearns, 5ème banque d’affaires américaine, a obtenu de la Fed une ligne de crédit d’un montant non précisé sur 28 jours pour lui éviter la cessation de paiement : l’urgence était telle que cette banque ne pouvait pas attendre le 27 mars, date à laquelle elle aurait pu emprunter normalement à la Fed !

Pour ce sauvetage, la Fed a fait référence à une clause de la loi sur la banque centrale adoptée en 1932 : elle y a recours pour la 1ère fois depuis 40 ans !

Bien entendu, 2 jours avant, Alan SCHWARTZ, le P-DG de Bear Stearns, niait publiquement le problème de liquidités. 

 
Force est de constater que depuis août 2007 les dirigeants des grandes banques n’ont pas cessé de sous-évaluer publiquement (ou n’ont pas été capables d’évaluer, ce qui plus grave pour leur « expertise ») l’ampleur réelle de leurs pertes.

 
Dans cette « grande glissade » qui s’annonce, à qui le tour ?

 
Alexandre Anizy

Leçon de rhétorique : réforme = régression

Publié le par Alexandre Anizy

Hier soir, en écoutant les vieux et les jeunes éléphants de l’opposition nous étions sidérés de les entendre utiliser le même langage que leurs adversaires, notamment le franc-mac (abréviation de franc-maçon) Xavier BERTRAND qui se gargarise de ce mot : REFORME.

 
Puisque le mot « réforme » est connoté positivement,
Et puisque l’opposition est convaincue qu’il faut revenir sur les « grandes actions » du sarkozysme,
Alors elle ne peut pas nommer ces actions du même mot que ses adversaires !
 

Car appeler « positivement » des actions négatives, c’est tenir un discours incohérent.
Elle doit les appeler autrement, comme REGRESSION.

La refondation de la gauche (voir notre note du 15 mars), c’est une remise en cause de son idéologie : les acquis de cette refondation seront d’abord perceptibles dans le langage.  

Exemple: « Vos réformes ne sont que des régressions ! » 

N’est-ce pas un message clair ?
Les marqueurs validant ce message ne sont pas difficiles à trouver, malheureusement. (voir notre note du 21 janvier)
 

Ce que nous disons, c’est le b.a.-ba de la lutte idéologique :
Ne pas se battre sur le terrain de l’adversaire ;
Ne pas user des armes (les mots) de l’adversaire.

 
Est-ce trop compliqué pour les vieux ou jeunes éléphants de l’opposition,  les énarques François HOLLANDE, Laurent FABIUS, Pierre MOSCOVICI,
ou encore le franc-mac Manuel VALLS
(ex rocardien, comme son  ami l’ex grand maître du GO Alain BAUER, ami du Président ubiquiste SARKOZY DE NAGY BOCSA) ?

 
Ou bien est-ce à dire que ces opposants d’opérette considèrent en dernière analyse, voire inconsciemment, les réformes sarkozystes comme des actions positives ? 

2012 : ce n’est vraiment pas gagné, Messieurs !

 
Alexandre Anizy

La voie d'Arnaldur INDRIDASON

Publié le par Alexandre Anizy

La note d’aujourd’hui met un bémol à celle du 25 novembre 2007.

 
Le polar « la voix » (Points poche janvier 2008, 401 pages) d’Arnaldur INDRIDASON est bien écrit, avec une construction romanesque subtile, mais le procédé de l’histoire secondaire est de nouveau là.
De plus, le sentiment de culpabilité du flic est ressassé … si bien qu’on a l’impression à plusieurs reprises d’avoir lu le même texte dans les pages précédentes : effet désagréable.

 
Arnaldur INDRIDASON devrait infléchir sa voie, c'est-à-dire jouer piano du passé du flic, sous peine de nous lasser irrémédiablement. Ce serait dommage.

 

Alexandre Anizy

Refondation de la gauche selon Stuart HALL et Georges SARRE

Publié le par Alexandre Anizy

Selon Georges SARRE, la gauche officielle laisse faire, comme tout bon libéral, y compris le viol de la démocratie : « (…) le vote du Congrès [du traité dit simplifié] du 4 février dernier constitue une quadruple violation de la démocratie par une majorité de parlementaires de droite, avec la complicité d’une majorité de parlementaires du Parti Socialiste. »

Force est de constater qu’en 2005, 90 % des parlementaires approuvaient le projet constitutionnel quand 55 % des Français le désapprouvaient : « La non-représentativité du Parlement (…) n’est plus seulement une lacune démocratique, c’est un levier de l’oligarchie. »

Le traité dit simplifié accentue le système oligarchique à l’échelle européenne : une Commission qui conserve le monopole absolu de l’initiative des textes ; une Banque Centrale plus indépendante que jamais ; une Cour de justice qui va user de la primauté du droit communautaire dorénavant inscrite dans le traité …

« Il n’y aura pas d’opposition sérieuse à la politique de Nicolas SARKOZY qui fasse fi de la « clé de voûte » européenne de la domination oligarchique. »

 

Stuart HALL est un sociologue anglais né en 1932 à Kingston (Jamaïque). Proche du Parti Travailliste, il l’invite à rompre avec le blairisme (la fameuse « troisième voie » préconisée par Tony BLAIR et Gordon BROWN) qui n’est que la prolongation du populisme autoritaire de Miss Maggie.

 
Si le sarkozysme adopte les mêmes axes et les mêmes principes d’action que le blairisme, alors tous les refondateurs de la gauche auraient tout à gagner à lire l’œuvre de Stuart HALL aux éditions Amsterdam, notamment « le populisme autoritaire ».

Si la refondation de la gauche passe obligatoirement par une lutte idéologique, elle impose aussi « de s’attaquer violemment au présent tel qu’il est », comme disait GRAMSCI.

Or le présent, n’est-ce pas ceci ?

80 % des lois et règlements en vigueur en France sont déjà d’origine européenne.

 

Alexandre Anizy