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Par peur de Richard Brautigan

Publié le par Alexandre Anizy

            A bien y réfléchir, il y a un poème de Brautigan pour chaque moment de l'existence.

 

La peur de te retrouver seul       

 

Par peur de te retrouver seul

tu fais tellement de choses

qui ne te ressemblent pas du tout.

 

Richard Brautigan

(C'est tout ce que j'ai à déclarer, Le Castor astral, édition bilingue, novembre 2016)

 

Le diktat légitimé de Bel-Ami Macron XIV

Publié le par Alexandre Anizy

            Benjamin Griveaux l'a dit ce matin : les ordonnances antisociales de Macron XIV vont être légitimées par les bulletins de vote sur son nom.

 

 

            Benjamin Griveaux, le porte-parole du candidat, l'a confirmé ce matin : Bel-Ami Macron XIV fera passer par ordonnances les mesures antisociales de son programme, parce qu'elles seront légitimées par les votes "d'adhésion" en sa faveur.

            C'est pourquoi des électeurs insoumis, un tiers (2,5 millions environ) si on accepte l'ordre de grandeur fourni par les sondages, vont découvrir une nouvelle fois comment leur vote "anti-FN" devient la validation d'un programme politique de régression sociale, puis comment leur vote légitime la répression sociale et policière.

 

 

            Si On a raison de se révolter comme l'écrivait Sartre, il conviendrait préalablement de ne pas avoir armé le bras républicain qui vous frappera.         

 

 

 

 

Alexandre Anizy

En conscience : barrage à Macron XIV

Publié le par Alexandre Anizy

            Dans un monde tumultueux, il faut cette fois-ci camper sur ses positions politiques.

 

 

            Parce qu'ils ne sont ni atlantistes, ni européistes, ni libéraux, les Transformateurs doivent rejeter le conservateur Bel-Ami Macron.

            S'il est élu, cet individu cynique, amoral ― les journalistes du quotidien Le Monde (n'est-ce pas Adrien de Tricornot ?) le savent mais ne l'écrivent pas pour ne pas se heurter à la volonté de leurs patrons propriétaires ―,

http://www.alexandreanizy.com/2016/04/bel-ami-macron-en-marche-dans-la-cour-des-miracles.html

gouvernera brutalement sans scrupule et sans hésitation au profit de ceux qui l'ont aidé : le bankster remboursera rubis sur le pavé si nécessaire. 

            Il le fera aussi, comme à la Rotonde, parce que tel sera son bon plaisir.

 

            L'Etat, ce sera Macron XIV, la nuisance absolue, le monstre maléfique à la trogne ensorceleuse qui échappera à ses créateurs.

 

            Pour empêcher l'asservissement de la France, les Transformateurs peuvent user de deux armes d'efficacité inégale,

l'abstention, ou le vote tactique

à la personne qui défend modestement l'idée d'un Etat social dans une économie-monde apaisée.

 

 

            Contre le conservateur Bel-Ami Macron XIV, la bourgeoisie de labeur et les gens de peu disposent de deux choix estimables.

 

 

 

Alexandre Anizy

 

Dimanche on vote gratis

Publié le par Alexandre Anizy

            Dimanche sera-t-il de fête, comme l'espérait Jean Cassou ?

 

Sonnet 23

 

La plaie que, depuis le temps des cerises,

je garde en mon coeur s'ouvre chaque jour.

En vain les lilas, les soleils, les brises

viennent caresser les murs des faubourgs.

 

Pays des toits bleus et des chansons grises,

qui saignes sans cesse en robe d'amour,

explique pourquoi ma vie s'est éprise

du sanglot rouillé de tes vieilles cours.

 

Aux fées rencontrées le long du chemin

je vais racontant Fantine et Cosette.

L'arbre de l'école, à son tour, répète

 

une belle histoire où l'on dit : demain...

Ah ! jaillisse enfin le matin de fête

où sur les fusils s'abattront les poings !

 

 

Jean Cassou

            (Trente-trois sonnets composés au secret)

 

Autour de la brigande Marion du Faouët

Publié le par Alexandre Anizy

            Grâce à Michèle Lesbre, on découvre dans Chère brigande (Sabine Wespieser éditeur, février 2017, en livrel) cette hors-la-loi sympathique.

 

            Quelle drôle d'idée pertinente de suggérer le passé glorieux d'une brigande ! L'auteur ayant passé l'âge de croire aux belles histoires, personne ne se bercera d'illusions sur la gestion courante des affaires de Marion du Faouët...

            « Tu n'es pas un ange mais, contrairement à Marie Collin ou Collen, dite Marie l'Escalier, qui sévit dans la région elle aussi, tu ne fais pas couler le sang, sauf la fois où l'un des membres de la bande s'est permis de prélever sa propre dîme aux dépens d'un ancien président du tribunal de Quimper. La victime s'est plainte à toi car tu lui avais délivré un sauf-conduit dont le traître n'avait tenu compte. Il est jugé par toute la compagnie et c'est toi qui l'exécutes. On ne doit pas rompre l'unité du groupe. » (p.28 de 49)

            "Dura lex sed lex", plus encore chez les truands. 

 

            Mais en évoquant la vie tumultueuse et forcément courte de Marion du Faouët, Lesbre nous parle un peu d'elle et de notre monde qui va de guingois.

            « Dors tranquille, chère brigande, tu m'as sauvée pendant quelques jours de notre démocratie malade, des grands voleurs qui, eux, ne sont presque jamais punis parce qu'ils sont puissants, de ce monde en péril. Tu n'étais pas un ange, mais les anges n'existent pas. »

 

            Mais de quels puissants parle Michèle Lesbre...

 

 

Alexandre Anizy

Ici de Michel Monnereau

Publié le par Alexandre Anizy

              Etat d'âme au lendemain d'un débat électoral.

Ici

 

Entre le cri des graffitis et les mots d'ordre

je vais desperado

en liberté conditionnelle

boulevard de l'insoumission civile

un meurtre dans la main gauche

un suicide dans la main droite

des enfants dans les testicules

les mains nues parmi vos armes

excisé à toutes les Afriques

une révolte toujours disponible

la tendresse rétive

entre mes bals fanés et vos balles perdues

- sans rançon acceptable. 

 

Michel Monnereau

                  (Je suis passé parmi vous, La table ronde mars 2016)

 

Chez Marco Garfagnini au château de Noirieux

Publié le par Alexandre Anizy

            Pour un dîner et une nuitée dans le 49, retenez le Noirieux.

 

            Si vous flânez dans le Maine-et-Loire, il est une adresse où le temps s'écoule paresseusement : le château de Noirieux à Briollay. Membre étoilé d'une confrérie de relais, il en honore le catalogue.

            Laissant la chapelle aux cathos qui font florès dans cette contrée, nous avons pleinement profité de la chambre embaumée, non sans avoir préalablement goûté à quelques plats du chef Marco Garfagnini :

* une poêlée de foie gras en millefeuille (un régal !) ;

* un ris de veau au fenouil (cuisson parfaite de la viande et du légume) ;

* baba au limoncello (un délice).

Pour accompagner ce repas, beaucoup d'eau évidemment, et sur le conseil du sommelier, un Rouge bio (1) de Vendée : La Chaume, Bel Canto 2015. Un vin de table de qualité.    

 

            On aurait aimé y rester plus longtemps, c'est vous dire...

 

Alexandre Anizy

 

(1) une carte des vins avec pas mal de vins bio : bravo ! (ras le gosier des produits abondamment pesticidés !)

La dernière pellicule de Gérard Laveau

Publié le par Alexandre Anizy

            Quittez les thrillers battus en lisant Gérard Laveau !

            Régulièrement, Gérard Laveau sort un livre comme on jette une bouteille à la mer, c'est à dire sans attendre de retour. Juste pour son plaisir, et c'est ainsi qu'il fait le nôtre. En février 2017, il remet le couvert avec son détective Georges Amer dans Pellicule froide.

Une idée du style ?

            « L'homme n'avait fait qu'esquisser le geste de se lever. Il désigna l'autre siège à Georges Amer. Celui-ci obéit, contrarié par sa propre docilité. Mais incontestablement, le père des petites disparues était un meneur. Georges Amer constata qu'il avait du mal à soutenir son regard. Emacié, l'œil enfoncé sous le sourcil broussailleux et le cheveu d'un blanc spectaculaire, l'homme avait une vraie présence, et une sauvagerie évidente. Sa voix était naturellement autoritaire. » (p.59)

 

Alexandre Anizy

 

Guérilla du langage chez Anise Koltz

Publié le par Alexandre Anizy

Dans la forme, en communion intemporelle...

 

 

Avec Hugh MacDiarmid, lorsqu'il écrit (rejetons néanmoins le failli Lénine !) :

Comme la politique, la poésie doit couper

Le caquet et poursuivre des fins réelles,

Infailliblement comme Lénine : pour cela

Elle est par nature mieux faite.

 

 

            (Avec) Anise Koltz

 

Ma poésie appartient

à la guérilla du langage

 

J'aiguise chaque mot

avant de l'intégrer

dans mes poèmes

qu'il devienne pierre

que je lance

contre la société pourrie

 

Oui - je fais partie

de l'intifada

 

                        (dans Somnambule du jour, Gallimard poésie)

  

De la citoyenneté avec Yves Michaud

Publié le par Alexandre Anizy

            En janvier 2017, le philosophe Yves Michaud développe sa réflexion sur la citoyenneté dans un petit essai faussement audacieux : " Citoyenneté et loyauté " (Kero, 113 pages, 11,90 €). A méditer cependant de toute urgence pour réinitialiser la res publica.

 

            Dans son essai précédent titré " Contre la bienveillance ", dont nous avons déjà parlé ici,

http://www.alexandreanizy.com/2016/10/qu-est-ce-que-le-populisme.html

Yves Michaud amorçait son exposé sur la citoyenneté pour l'achever aujourd'hui dans un nouvel opus, dont les 2 premiers chapitres dressent un réquisitoire contre l'incivisme :

« L'affaiblissement du civisme est déjà moins mou quand il se manifeste sous forme de recours à des cabinets d'optimisation fiscale, à l'expatriation fiscale vers des pays plus accommodants, quand de hauts fonctionnaires font des allers-retours fructueux entre leur corps d'origine dans la fonction publique, le secteur privé et des positions électives ou des charges politiques importantes - pour ne rien dire des fraudes organisées avec l'aide des banques internationales. »

Pour finir par ce constat :

« Depuis plus d'une décennie les gouvernements, de droite comme de gauche, se sont employés à acheter la " paix sociale " à coups de mesures catégorielles en transformant l'Etat-providence en supermarché pour consommateurs de droits. »

Les 2 derniers chapitres esquissent un " projet civique sur la base de la loyauté et du serment ".

 

            Le problème apparent tient à la difficulté de dissocier citoyenneté et nationalité. Pourtant chacun convient qu'être « de telle ou telle nationalité implique beaucoup de choses mais certainement pas le tout de notre identité », dont la citoyenneté est la part politique qui devrait avoir la caractéristique d'être voulue et choisie.

            Avant la Révolution, on appartenait à un ordre de par sa filiation, son activité, sa corporation : impôt, taxes, service militaire, mobilité et résidence dépendaient de son appartenance à tel ou tel ordre. « A partir des [ Révolutions américaine et française], être de quelque part, c'est adhérer du même coup à un régime politique qui fait de vous un citoyen passif protégé par les lois et égal aux autres en même temps qu'un citoyen actif participant selon ses capacités au gouvernement politique de la communauté. » Cette confusion entre nationalité et citoyenneté est dommageable puisque toutes les nations ne sont pas des républiques. « La nationalité est une chose, la citoyenneté en est une autre. »

            Dans les républiques développées, l'Etat-providence a progressé : la citoyenneté est politique, civique, sociale. La part sociale représente un « paquet de bénéfices sans contrepartie coûteuse ».

 

            Yves Michaud propose donc de reconstruire la citoyenneté : revenir « aux idéaux d'engagement citoyen de la République, créer les conditions d'une loyauté, d'une citoyenneté voulue, engagée et non pas passive et consommatrice de droits et bénéfices ».

            Il pose le principe d'une appartenance conditionnelle à la République de tous les enfants nés en France, les conditions étant dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Durant leur scolarité (jusqu'à 16 ans), les enfants suivent un enseignement obligatoire, simple, gratuit des dites conditions, autrement dit une formation à la citoyenneté.

            A l'école, jusqu'à 16 ans, les enfants porteront un uniforme simple visant à neutraliser les différences (de classe, d'origine et de religion). Au terme de cette formation de citoyen, un service civique de 3 mois sera instauré, permettant notamment de vérifier que les connaissances civiques et scolaires indispensables sont acquises.

            A la fin de ce service civique, les enfants prêteront " allégeance et loyauté à la république " : ils pourront dès lors voter, et seront par conséquent majeurs.

N.B. : c'est à ce stade que pourrait commencer le revenu de base du citoyen (RBC) dont nous avons parlé ici 

http://www.alexandreanizy.com/article-pour-un-revenu-de-base-du-citoyen-rbc-121943400.html

            Puisqu'il y a serment, le fait de le violer expose le mauvais citoyen à des sanctions qui doivent être graduelles : « Et comme la nationalité est, au bout du compte, inséparable de la citoyenneté, on peut prévoir de déchoir de leur nationalité les citoyens déloyaux pour les manquements les plus graves. »

            La contradiction n'étouffe pas le philosophe : après avoir écrit en introduction que « l'idée de faire reposer la citoyenneté sur les principes de la nationalité au nom d'un droit du sol ou d'un droit du sang est une illusion supposant et engendrant une autre illusion, celle d'une identité nationale substantielle ou naturelle (la France gauloise, la France chrétienne, la France révolutionnaire, la France de l'art de vivre, etc.) », Yves Michaud affirme que nationalité et citoyenneté sont inséparables, plongeant alors son discours dans un marigot juridique trop succinct pour être convaincant.

            Par manque de rigueur, au bout de l'essai le compte n'y est pas, puisqu'il n'a pas dissocié nationalité et citoyenneté.

 

            Où mène alors cette fausse ratiocination ? A la débandade.

            Quels seraient les crimes civiques majeurs ? La fraude fiscale massive et organisée, les actes de barbarie commis en accompagnement de crimes. « Je laisse de côté la suggestion que j'ai faite ailleurs d'étendre la sanction par la déchéance de la nationalité à l'expatriation fiscale. », parce que c'est plus compliqué que ça... qu'il n'y a qu'à poursuivre les fraudeurs devant les tribunaux... vous connaissez la chanson ! Prenons un exemple : le milliardaire Bernard Arnault, qui a sciemment organisé l'expatriation fiscale de LVMH en Belgique et a créé PROTECTINVEST pour échapper aux droits de succession en France (lire Le Monde et L'Humanité du 19 septembre 2012), ne serait donc pas déchu de ses citoyenneté et nationalité, alors qu'il va s'exonérer du paiement d'un impôt - première obligation du citoyen. Très conciliant le Michaud nouveau !

 

            Dans son essai Citoyenneté et loyauté, Yves Michaud pose correctement le problème, donne l'orientation d'un travail qui aurait pu être fructueux s'il avait ouvert le chantier de la dissociation entre citoyenneté et nationalité. Alors beaucoup reste à faire. En l'état, on pressent qu'avec l'auteur les sanctions de la nouvelle citoyenneté vaudraient plus pour les gens de peu et les migrants que les exemptés cités en exemple : beaucoup de bruit pour que rien ne change.

 

Alexandre Anizy

 

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