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Versus le pur Chainas

Publié le par Alexandre Anizy

            Quand l'alambic d'Antoine Chainas dégorge...

            En 2008, Gallimard publiait Versus dans lequel Antoine Chainas montrait son savoir-faire : une architectonique robuste, une documentation sérieuse (les armes, la médecine), un style en adéquation avec le profil psychologique du personnage central. Mais comme tout l'édifice repose sur une maison close où on réhabilite les déviants sexuels, rien n'est crédible : ce livre serait-il un fantasme ?

            En 2014, le polar Pur (Gallimard, en poche et en livrel) fut primé : Chainas manquait de rien. Mais la structure narrative alambiquée lisse le style...

 

Alexandre Anizy

Gérard Bossé dans son île angevine

Publié le par Alexandre Anizy

            Dans le centre d'Angers, rendez-vous chez un Big Chief  : Gérard Bossé.

             De retour en Anjou, il eût été presque indécent que nous ne goûtassions point la cuisine proposée par Gérard Bossé dans son restaurant étoilé : une île.

            Que dire, sinon que son menu dégustation est un enchaînement de saveur et une démonstration sans affèterie d'une maîtrise totale du métier : les bons produits valorisés par la technique du Chef.  

 

Alexandre Anizy

 

 

Comprendre le storytelling avec Anise Koltz

Publié le par Alexandre Anizy

 

Anise Koltz

 

Le langage travestit

la réalité

 

Les mots ne couvrent pas

les objets

 

La vérité apprise

n'est qu'une fiction du réel   

 

                        (dans Somnambule du jour, Gallimard poésie)

 

Le Favre d'Anne est un havre

Publié le par Alexandre Anizy

            Où découvrir une saveur angevine ?

            Le chef Pascal Favre d'Anne possède un talent que nous apprécions particulièrement : la mise en assiette. Il sait colorer ses créations culinaires : les variations harmonieuses défilent sans temps mort sur la table soigneusement dressée dans un décor sage.

            Faut-il évoquer le faux pas de ce ballet gastronomique ? Oui. Si le Jurançon fruité titilla agréablement les papilles, le Châteauneuf-du-Pape agît comme un rouleau compresseur...

            Le Favre d'Anne est un havre de saveur dans la cité angevine. 

 

Alexandre Anizy

Désorienté chez Négar Djavadi

Publié le par Alexandre Anizy

            Au commencement de Désorientale perce l'ennui.

 

 

            De par sa formation et son gagne-pain (l'écriture de scénario), Négar Djavadi doit savoir prendre le client pour qu'il ne quitte pas l'écran des yeux. Mais dans son premier roman titré Désorientale (Liana Lévi, juillet 2016, livrel), elle fait la maligne avec un escalator... et finit par nous agacer en moins de 23 pages (sur 290).

            Lassitude devant le roman annuel d'une autre exilée iranienne ? 

 

Alexandre Anizy

 

La farce de Jean-Loup Trassard

Publié le par Alexandre Anizy

            Quand la vieillesse gâche le temps passé.

 

 

            Pénétrant dans son hiver, Jean-Loup Trassard a entrepris un travail personnel de mémoire : évoquer une mère dans une brève tourmente de l'histoire de France. Malheureusement dans Exodiaire (éditions Le temps qu'il fait, octobre 2015, 267 pages, 20 €), il ne parvient pas à ordonner les faits et les gestes, de sorte que le lecteur se disperse dans les strates de son récit. In fine, on butine.

 

Si Milan Kundera a mis en exergue l'insignifiance des choses de la vie,

    http://www.alexandreanizy.com/article-milan-kundera-est-un-garnement-123327669.html

Jean-Loup Trassard semble prendre l'exode de 40 comme une farce : ainsi la vieillesse peut conduire à une perte des repères, enfumer le passé.      

 

Alexandre Anizy

 

NB :  dans L'Obs du 28 juillet 2016, on trouve une recension du livre signée D.J. (Didier Jacob ?) : on se demande si le publiciste a lu Exodiaire , tant son texte suinte l'extrait de notice éditoriale.  

Le sursis de Gibrat

Publié le par Alexandre Anizy

            Dans un village français (Cambeyrac), la drôle de guerre de Julien. 

 

 

            Dans son roman graphique titré Le sursis (Dupuis - aire libre, 2012, en livrel), Gibrat raconte la parenthèse de Julien : il saute du train qui le conduisait en Allemagne, trouve refuge dans le grenier de l'école communale où officie sa tante Angèle qui le choie, observe la place du village à travers les persiennes, marche seul dans la campagne au cœur de la nuit, surveille jalousement les gestes de la belle Cécile, plante un drapeau rouge au clocher en hommage à Manou, embrasse Cécile qu'il part rejoindre à Paris...

 

            Durant les trois années que prit le travail des 2 tomes du Sursis, le talent de Gibrat n'était pas en vadrouille.

 

 

Alexandre Anizy

 

Davodeau au cénacle ?

Publié le par Alexandre Anizy

            A la poursuite d'Etienne Davodeau...   

 

 

 

            Après l'agréable surprise des Ignorants, nous avons tiré le trait de Davodeau. D'abord jusqu'à Chute de vélo (Dupuis, août 2013, en livrel), où la couleur fait son apparition : si cela nous rappelle des paysages de Julian Taylor, on regrette la faiblesse du scénario. Puis retour gagnant au Noir & Blanc avec Le chien qui louche  (Futuropolis / musée du Louvre, 2013, en livrel). 

 

            Force est de constater que Davodeau n'est pas loin de pénétrer notre cénacle de la BD.

 

 

Alexandre Anizy

 

Nouvelles réjouissantes de Franz Bartelt

Publié le par Alexandre Anizy

            Franz Bartelt nous régale encore une fois : il faut le lire sans modération.

 

 

            A la fin de 2016, Gallimard a publié une nouveauté dans la blanche (disponible en livrel) : Comment vivre sans lui ? C'est un ensemble de nouvelles concoctées par le "mal-aymé" ardennais Franz Bartelt, qui s'en donne à coeur joie pour notre plus grand bonheur. Cela ne l'empêche pas de nous servir quelques observations à méditer, comme :

« Pour être heureuse auprès d'un homme, songeait-elle, mieux vaut posséder des rudiments de mécanique mentale, un bon niveau de contrôle émotionnel et une science consommée des ruses les plus innommables. » (p35/181)

 

            Sur la place de Vouziers se dresse une statue d'Hippolyte Taine : que penserait-il du style de Franz Bartelt ? A quelques kilomètres de là, nous pensons que l'homme aux semelles de vent applaudirait l'artiste.  

 

Alexandre Anizy

Perro muerto de Boris Quercia

Publié le par Alexandre Anizy

            Tant de livres comme celui de Boris Quercia méritent le cimetière des rejets.

 

 

            L'auteur, qui a de multiples casquettes, doit être du genre à sauter au cerveau du spectateur en le plaçant au coeur d'une action, comme le font si bien les cinéastes américains. Dans Tant de chiens (éditions Asphalte, 2015, en livrel), cela donne :

« Plusieurs pistolets mitrailleurs nous tirent dessus et les balles ricochent de partout, je suis planqué dans un cagibi où sont entreposées des bouteilles de gaz et les balles me sifflent aux oreilles. »

La suite est du même tonneau : style sobre et direct, actions, érotisme de bon aloi, quelques réflexions désolantes sur l'ordre des choses, par exemple  

« Si on apprend une chose en étant flic, c'est que les pères sont de vraies merdes dans ce pays [Chili. ndAA]. Ils fourrent leur bite et disparaissent. L'autre chose, c'est qu'ici personne ne paie pour ses fautes, à moins d'être pauvre. Mais ça ne compte pas, les pauvres paient toujours, ici comme ailleurs. » (p184/197), 

bonne structure narrative jusqu'au chapitre 43 (p188/197) où Boris Quercia salope son ouvrage, ayant peut-être une autre commande à honorer pour nourrir une deuxième maison ?

 

            No vale la pena comprar Perro muerto porque el trabajo no ha acabado.

 

 

 

Alexandre Anizy

 

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