Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pelecanos libéré, mais nous ?

Publié le par Alexandre Anizy

            On sent que l'écrivain George Pelecanos se fait plaisir lorsqu'il commente un John Steinbeck (et d'autres), et par capillarité il touche le lecteur.  

 

 

            Le roman A peine libéré, qui vient de paraître (Calmann-Lévy, 2020, en livrel), vaut pour les digressions littéraires puisque l'architectonique est impeccable. Voilà un polar pour une plage qui ne serait pas "dynamique", mais est-ce possible ?    

 

 

Alexandre Anizy

 

Le vieil ordre selon Jean-Marie Barnaud

Publié le par Alexandre Anizy

            Sans titre.

 

 

Tu vois partout

qui domine

dans les grandes capitales

l'austérité des pierres

dressée comme la lenteur même

sur un fleuve inévitable et glauque

où le vieil ordre agite ses reflets

 

Jean-Marie Barnaud

(Poésie/Gallimard, septembre 2019)

 

El Khomri, Notat, Ghosn : le Vieux Monde respire

Publié le par Alexandre Anizy

            Et l'on voit revenir El Khomri et Notat, ces affidées de la grande bourgeoisie qui semble découvrir la relativité du "génie" de Ghosn.  

 

 

 

            Renault est dans la mouscaille pour avoir adopté une mauvaise stratégie : la politique du volume, dans un monde où la rupture technique s'annonçait, n'était pas un trait de génie. Cela s'aggrava quand on y ajouta un "en même temps" : l'électrique. Carlos Ghosn est un manageur internationaliste qui gérait la firme d'abord en fonction de son intérêt (culte de sa personne et maximisation de ses revenus). Que faisaient les représentants de l'Etat français dans le conseil d'administration, mise à part leur volonté de ne pas nuire à leurs carrières en s'opposant au mercenaire issu du sérail ?

            Pour nous, le ver était dans le fruit : lire ici et ici et ici .

 

            Pour gérer le "Ségur de la santé", le gouvernement du président mytholepse (1) a nommé l'infâme Nicole Notat dont nous dressions le portrait en 2007 : lire ici . Pauvres hôpitaux, pauvres malades !

 

            Après avoir concocté sa loi scélérate, une régression majeure de la ligue libérale-radicale sous le règne du culbuto mollétiste Hollande,

« Les mêmes qui soi-disant ne croient pas à la lutte des classes attendent, en revanche, beaucoup de celle entre les "insiders" et les "outsiders", et tentent de faire croire à ces derniers que l'amélioration de leur sort dépend de la dégradation de celui des premiers. Et de promettre pour tous un CDI... qui va finir par être plus précaire qu'un CDD si on continue dans cette direction. » Bruno Amable (2),  

qui annonçait celle de la DRH vautour sous celui du bankster Macron, Myriam El Khomri trahissait Benoît Hamon et son parti aux élections présidentielles de mai 2017, ce dont elle n'était pas récompensée aux législatives puisqu'elle se faisait battre par un politicard aussi tordu qu'elle. Mais aujourd'hui, après avoir été mise au vert dans le milieu du conseil (3), comme d'autres ont été casés dans la "stratégie d'entreprise", un certain Marc Landré (4) fait l'article pour cette dame indigne qui continue, paraît-il, « à aider les autres, différemment, sans le faire savoir »...      

 

            Le Vieux Monde vit encore, hélas pour longtemps.  

 

 

Alexandre Anizy

 

 

(1) Lire ici .

(2) Dans Libération du 15 mars 2016.

(3) Une villégiature professionnelle dont rêveraient les salariés qui se sont retrouvés sur la paille grâce à madame... 

(4) Dans le Figaro du 21 mai 2020.

Suite et fin de trilogie de Zygmunt Miloszewski

Publié le par Alexandre Anizy

            Une fin difficile. 

 

 

            Avec le deuxième opus titré Un fond de vérité, Miloszewski maintenait la barre au niveau d'excellence qu'il avait atteint avec Les impliqués. Mais le troisième, La rage, a épuisé la niaque de Zygmunt puisqu'il bâcle son affaire.

 

Alexandre Anizy

 

Le fantôme de Richard Brautigan

Publié le par Alexandre Anizy

            Il y a le ciel, le soleil et la mer, mais tout passe, tout casse, tout lasse. Pourtant, que la montagne est belle !

 

 

Sonnet  

 

La mer est comme

un vieux poète bucolique

mort d'une

crise cardiaque dans

des latrines publiques.

Son fantôme hante

encore les urinoirs.

La nuit, on peut

l'entendre qui tourne

en rond pieds nus

dans le noir.

Quelqu'un a volé

ses chaussures.

 

 

Richard Brautigan

(C'est tout ce que j'ai à déclarer, Le Castor astral, édition bilingue, novembre 2016)

 

De la bande à Macron selon Cavafis

Publié le par Alexandre Anizy

            Le recrutement sur curriculum vitae d'une troupe de godillots n'augurait rien de bon, et dans quelques années, d'aucuns s'étonneront des affaires. En attendant les barbares, la mytholepsie * du monarque de cabaret en devient risible.  

 

 

 

A l'enseigne du célèbre philosophe

 

Il suivit pendant deux ans les cours d'Ammonios Sakkas ;

puis il en eut assez de la philosophie et de Sakkas.

 

Sur quoi il est entré en politique

Mais pour l'abandonner. Le Sous-préfet était stupide ;

et son entourage, des bûches solennelles et compassées ;

c'est peu dire que leur grec était barbare, les misérables.

 

Un temps, sa curiosité fut attirée

par l'Eglise ; se faire baptiser

et devenir Chrétien. Mais bien vite,

il changea d'avis. Il se fâcherait certainement

avec ses parents, traditionalistes notoires,

et ceux-ci lui couperaient ― chose affreuse ―

sur-le-champ leurs généreux subsides.

 

Il lui fallait pourtant bien faire quelque chose. Il devint

l'habitué des mauvais lieux d'Alexandrie, le pilier

des repaires les plus inavouables de la débauche.

 

En cela, la destinée s'était montrée favorable ;

elle lui avait donné un visage des plus agréables.

Et lui, profitait de ce don du ciel.

 

Sa beauté durerait bien pendant

une dizaine d'années encore. Mais après ―

peut-être irait-il à nouveau chez Sakkas.

Et si entre-temps le vieillard venait à mourir,

il irait chez un autre philosophe ou sophiste ;

ce ne sont pas les gens compétents qui manquent.

 

Ou pour finir, il n'est pas impossible qu'il se remette

à la politique ― se souvenant méritoirement

de ses traditions familiales, du devoir

envers la patrie, et d'autres clichés tapageurs de ce genre.

 

Constantin Cavafis   

 (En attendant les barbares et autres poèmes, Poésie/Gallimard)

 

 

* Lire l'excellent article de Christian Salmon :

https://www.mediapart.fr/journal/france/140420/emmanuel-macron-met-la-france-sous-hypnose

 

Post-scriptum

            Hier après-midi à l'Assemblée Nationale, les soudards macronistes ont profité du texte sénatorial (2) visant à la protection juridique des maires et des employeurs... pour l'élargir (1) aux membres du gouvernement etc. : le parapluie géant de l'impunité générale est ouvert.

            Après le capitaine de pédalo, la France est dirigée par un moussaillon mytholepse, assisté par un quartier-maître sournois qui, en énacrate briscard de la politicaillerie, prend soin de protéger d'abord ses fesses.

 

(1) Bruno Retailleau chez Jean-Jacques Bourdin sur BFM-RMC, jeudi 7 mai 2020 à 8h30.

(2) Cf. L'imMonde du 7 mai 2020.

 

L'humanisme de Pessoa

Publié le par Alexandre Anizy

             Ah, si tous les gars du monde suivent le précepte de Fernando...   

 

 

Ne dis aucun mal de personne :

C'est de toi que tu dis du mal

Lorsque contre autrui tu bougonnes.

Chacun à chacun est égal.

 

Fernando Pessoa

(Pléiade, Oeuvres poétiques)

 

Qu'est-ce que Pompidou, cher à Macron et consorts ?

Publié le par Alexandre Anizy

 

            Donnons la parole à Jacques Delors, un autre zigoto de la ligue libérale-radicale.   

 

 

            « Après le référendum de 1969, l'avènement du pompidolisme avait, lui aussi, suscité quelque espoir (...). Mais Pompidou ne tarda guère à signer la faillite de la modernisation. L'industrialisme pompidolien s'appuyait, en effet, sur un choix culturel et social tout à fait traditionaliste, faisant fond sur ce que François Bourricaud a appelé les "institutions primordiales" (propriété privée, grands corps, grandes écoles, lycées classiques...). Plutôt que de s'engager dans des réformes de structures, il préféra consacrer les ressources de l'Etat à consoler ceux que le progrès bouscule, à "humaniser la pauvreté", et oeuvrer pour la prorogation de l'ordre traditionnel incarné par les "notables" auprès de qui s'empressaient les "jeunes loups" de l'UDR. »

(Jacques Delors & Clisthène, La France par l'Europe, Grasset, 1988 ; page 88) 

 

 

Polar cramé d'Eric Todenne

Publié le par Alexandre Anizy

 

            A cette aune-là, même Karine Tuil (lire ici ) a du talent !   

 

 

            Samedi soir, après tant de jours sous confinement, une envie de changement d'atmosphère nous ramena en Lorraine (1) par le biais d'Eric Todenne et Terres brûlées (Viviane Hamy, 2020, en livrel), dont on venait de lire du bien (2). Telle était du moins l'intention. Mais face à une sorte d'énumération permanente, la tablette faillit tomber des mains. Situer le personnage à Nancy n'impliquait pas d'écrire avec des sabots.

 

La 4 L camionnette jaune s'était immobilisée devant la porte du pavillon de l'avenue des Chartreux. Une portière s'ouvrit, le gravier crissa sous les pieds du facteur, le clapet de la boîte aux lettres grinça puis se rabattit dans un bruit métallique. (p.73/260)

 

            C'est là que nous désertons la ligne Todenne.

 

Parce que :

― entre 4 L et camionnette, il fallait choisir ;

― le gravier crisse toujours dans les mauvais livres ;

― grincer, bruit métallique... et badaboum.  

Amusons-nous un peu en rewritant (anglicisme choisi spécialement pour Todenne) :  

" Avenue des Chartreux, la 4 L jaune s'immobilisa devant le pavillon. Le facteur pénétra dans le jardin pour déposer le courrier dans la boîte grinçante."

 

 

            Il paraît qu'ils sont deux pour mijoter les plats (2).  L'union ne donne pas le talent, voilà la morale du jour.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

(1) Profitons de ce billet pour dire que MC Solaar a écrit une chanson magnifique : Les mirabelles.  A écouter sans modération !!

(2) Marianne Payot dans L'express du 23 avril 2020.

 

Pénurie de masques : Marisol Touraine déballe à l'insu de son plein gré

Publié le par Alexandre Anizy

            Depuis deux semaines, l'ex-ministre de la Santé Marisol Touraine se démène comme un diable pour échapper à ses responsabilités. A trop communiquer, c'est-à-dire saturer l'espace médiatique, elle finit par déballer à l'insu de son plein gré.   

 

 

            Dans le premier temps, Marisol Touraine, épouse Reveyrand de Menthon, répondit en balançant en vrac des chiffres évasifs visant à montrer que sous son autorité les stocks n'auraient pas baissé : les mouvements mensuels des stocks de masques (lire ici ), qui permettraient de couper court aux interrogations de bon aloi, n'ont toujours pas été livrés au public. Mais elle cause...   

N.B. : Jérôme Salomon, le fonctionnaire qui énumère les chiffres de la déconfiture sanitaire causée par l'idéologie de la ligue libérale-radicale gangrénant la fonction publique (lire ici ), qui était en 2013 le conseiller de la ministre Touraine quand le déstockage a commencé et qui est le Directeur Général de la Santé depuis le 8 janvier 2018, n'a jamais donné les fiches de stock, et il refuse de répondre aux journalistes... Jérôme Salomon est un carriériste [ Un expert qui le connaît bien : « Jérôme Salomon est un homme carré, qui veut toujours tout prévoir. Mais sa faiblesse, c'est qu'il ne sait pas taper du poing sur la table, parce qu'il ne veut jamais se mettre mal avec quelqu'un. » (1) ], ce que confirme à sa manière le docker somalien (lire ici ), Bernard Kouchner : « C'est un bébé Kouchner. Il a compris que la médecine, c'est de la politique. » (1)

 

            Dans le deuxième temps, Marisol Reveyrand de Menthon communique sur son appel, cosigné par le médecin Philippe Duneton, à une union sacrée des Etats face au Covid-19, qui n'attendaient que le message de madame Touraine pour bouger... 

« Nous appelons les gouvernements du G20, les institutions internationales à s’impliquer, ainsi que l’OMS. Le monde a besoin de leur engagement pour éradiquer le Covid19. Et sauver des vies. En Europe, et partout dans le monde. » (2)

Les pétitions et les groupes de pression, la dame connaît bien puisqu'elle est depuis 2009 membre du club Avenir de la Santé financé par le très puissant laboratoire GlaxoSmithKline, quand elle devient ministre de la Santé le 16 mai 2012 (3). Foin de l'éthique !

 

            Dans le troisième temps, Marisol Reveyrand de Menthon continue à jurer qu' « à aucun moment l'autorité politique ou administrative n'a recommandé de baisser le stock de masques », alors que le député Francis Delattre a relevé dans un rapport en 2015 la baisse des stocks sanitaires en réserve. Nous pensons qu'il faut croire la cynique Marisol Touraine, épouse Reveyrand de Menthon : l'éventuelle future enquête parlementaire ne trouvera aucun ordre formel d'un politique ou d'un technocrate pour diminuer les stocks, parce qu'ils se sont contentés de les laisser se vider en ne passant aucune commande de renouvellement... ce qui est confirmé par le cabinet du ministre Olivier Véran (1). 

 

 

Alexandre Anizy

 

 

(1) Marianne du 17 avril 2020.

(2) L'imMonde du 10 avril 2020.  

(3) Canard enchaîné du 8 août 2012.

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 > >>