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La dernière brocante de Gérard Laveau

Publié le par Alexandre Anizy

Oyez braves gens ! Sortez des librairies battues, osez les samizdats !  

 

A faire qu’on tue, (Librinova, 2021, en direct ici ), tel est le titre du thriller de Gérard Laveau. On y retrouve les détectives Torpédo & Amer, de retour à Lyon, en quête d’une œuvre d’art volée en 1944…

« Un petit format que l’on a recentré par une large Marie-Louise. Scène brossée sur le motif une nuit d’août 1934, dans le hall d’un palace de la Côte. Facture Art Déco, larges à-plats, courbes sensuelles, privilégiant la stylisation à l’exactitude, exagérant les traites du personnage. Yeux trop saillants, bouche sévère. Vieillissant Ethan, qui avait tout juste six ans, que l’on avait tiré de son lit. En bas, à gauche, la signature Lempicka ressort, blanche sur fond de violine foncée. A peine trop évidente. » (p.116)

 

Lisez ce polar de Gérard Laveau, parce qu’il le vaut bien.

 

Alexandre Anizy

Couleur bleuet de Schünemann et Volić

Publié le par Alexandre Anizy

Pour ceux qui s’intéressent aux polars et aux Balkans.

 

Ils se mettent à deux, Schünemann et Volić, pour écrire un polar, Couleur bleuet (éditions Héloïse d’Ormesson, mars 2017 ; traduit de l’allemand par Odile Demange), qui se déroule à Belgrade. D’un style agréable, il vaut surtout pour le contexte, le décor et la psychologie des personnages.

            Par exemple, on y apprend ceci :

« Milena reposa ses lunettes, leva puis écarta les bras, étira sa colonne vertébrale et dessina des cercles avec la tête. (…) Elle n’aurait jamais imaginé qu’avant même de se retirer de Serbie en 1867, les Turcs avaient construit les premiers bâtiments de la caserne de Topčider, que le roi Milan Obrenović avait constitué la Garde d’honneur sur le modèle prussien et créé une tradition qui avait persisté jusqu’au temps de la dictature monarchique avant d’être ressuscitée par le maréchal Tito en personne. » (p.133)

 

Alexandre Anizy

Une ruche moderne

Publié le par Alexandre Anizy

 

Une ruche moderne

 

A Sébastien Faure et Francisco Ferrer

 

Formater n’est pas éduquer.   

 

 

Enonçons notre principe éducatif :

Fournir tous les outils utiles aux enfants

Pour être citoyens libres et attentifs.

 

Lire, écrire, compter : le socle intangible

Pour tous les sociaux d’une même aédie,

Avec le Savoir du corps et de l’esprit,

L’histoire-géo qui rend intelligible.

 

Ensuite chacun selon ses aptitudes

Apprend, et chemine dans la Production.

Education intégrale ? L’ambition

D’une société visant la plénitude.

  

Alexandre Anizy 

(poème inédit, extrait d'un recueil en préparation)

 

La Commune selon Tardi et Vautrin

Publié le par Alexandre Anizy

Pour se souvenir d’un "espoir mis au charnier".

 

            Le sérieux travail historique et le talent narratif de Vautrin, couplés à la noirceur du dessin génial de Tardi font de cette bande dessinée, Le cri du peuple (Casterman, 2021, édition intégrale), une excellente introduction à la découverte de cette page abjecte de l’Histoire de France.

            En écoutant Jean Ferrat chanter la Commune.   

 

Alexandre Anizy

 

 

Le dernier œuf de Dubravka Ugrešić

Publié le par Alexandre Anizy

Parlant de la vieillesse, on frise le naufrage.  

 

 

On retrouve dans Baba Yaga a pondu un œuf, le dernier ouvrage de Dubravka Ugresic (Christian Bourgois, avril 2021 pour l’édition numérique), les thèmes qui font sa singularité, d’autant qu’elle n’a rien perdu de sa lucidité politique, malgré l’exil :

« La Yougoslavie avait été un pays horrible. Ils mentaient tous, comme ceux d'aujourd'hui. La seule différence, c'est que d'un seul mensonge ils en ont fait cinq. » (p.102) Lire la source ici .

 

Hors de la Croatie, l’autrice écrit sur la Croatie et ce faisant, mutatis mutandis, parle d’un processus universel. Cependant cette fois-ci, l’impression d’un style négligé nous a rebutés. Exemple :

« L’été, dans le quartier de Novi Zagreb où vit maman, l’air pue la fiente d’oiseau. Dans les feuilles des arbres devant l’immeuble de maman bruissent des milliers et des milliers d’oiseaux. » (p.10 sur 279)

Bref, aux deux tiers, on a fermé le livrel.

 

N’ayant pas le passé de Jakuta Alikavazovic, les subtilités culturelles nous ont échappé. Il n’empêche que dans sa recension dithyrambique parue dans l’imMonde du 29 avril, elle s’égare quand elle dit :

« L’autrice défend et incarne l’idée d’une littérature transnationale, dans laquelle l’exil, précisément, joue un rôle central. D’exil, la vieillesse en est un ; dans le monde postcommuniste, le capitalisme en est un autre. » ;

Parce que Dubravka Ugrešić est terriblement locale, et parce que "l’exil" du mode de production capitaliste en terres postcommunistes est une thèse difficilement soutenable, puisque son implantation est concrète, très concrète. Bien des jeunes chômeurs croates le confirment.  

            Si le mélange des genres est à la mode, il n’empêche pas la rigueur dans l’analyse.

 

 

 

Alexandre Anizy

 

Le retour de Makine

Publié le par Alexandre Anizy

            Empressons-nous d'être équitable.  

 

            Ne devant rien à personne dans le milieu, agissant simplement comme il nous plairait de voir les gens du métier, nous rédigeons derechef un billet sur Andreï Makine, puisque nous n'avons pas été tendre précédemment ( lire ici ).

            Soyons concis : L'ami arménien (Grasset, 2021) est un bon livre.

 

Alexandre Anizy

Un bon moment avec Dolores Redondo

Publié le par Alexandre Anizy

            En 2021, la série noire Gallimard s'est étoffée du dernier polar de Dolores Redondo.

 

 

            Dès les premiers titres publiés en France, nous avons écrit le bien que nous pensions de cette autrice (lire ici et ici ). Avec La face nord du cœur, elle attaque le marché américain avec une œuvre d'une grande virtuosité architectonique : mission accomplie (même dans les remerciements interminables...).

            Cependant, comme l'action motrice se déroule à La Nouvelle-Orléans, l'atmosphère louisianaise de James Lee Burke accompagna notre lecture au détriment de Redondo, pour une question de style : la sous-inspectrice Salazar n'est pas Robicheaux.   

 

            Au niveau d'excellence atteint, il nous semble que le style est maintenant le vrai challenge de Dolores Redondo pour confectionner son chef-d'œuvre. 

 

Alexandre Anizy

 

Le galop d'essai d'Arnaud Poissonnier

Publié le par Alexandre Anizy

 

            Arnaud Poissonnier est un banquier qui a bien tourné... mais pourra-t-il mieux faire dans le domaine littéraire ? Comme il sait faire sa pub, même dans le Perche, nous entrons immédiatement dans le vif du sujet.

 

 

            Comme l'auteur est un homme bien formé (bac +10), il sait structurer ses idées pour une présentation efficace, raconter une histoire pour capter l'attention du client... C'est pourquoi malheureusement son premier roman titré Adopt (éditions Tonbooktoo, juin 2020) vire parfois à l'exposé professionnel :

« Cette association avait été fondée en 1939 par deux soeurs protestantes, Deby et Merill Tiger, qui cherchaient des familles de placement pour les orphelins de guerre un peu partout dans le monde. Malgré le scandale des rafles d'enfants au Canada... (...). Entre les années 1945 et 1970, près de 600.000 d'entre elles furent séquestrées... (...). En 2010, l'association était présente dans 77 pays du monde [du monde ? serait-elle aussi sur Mars ?] et se targuait de pouvoir placer plus de 25.000 enfants par an, soit près de 30 % du "marché" de l'adoption internationale. » (p31 à 33)

Pire encore, l'usage sans modération du gloubi-boulga globish de professionnels incultes :

 « Sur la home page on retrouvait en gros la nouvelle base line de l'association "ne pas l'adopter c'est l'abandonner une seconde fois". Matthias, le spécialiste du marketing philanthropique, n'avait lui-même pas trouvé mieux. Le site était simple et efficace, un slider déroulant en home page affichait... » (p.46)

Too much. Ben nous, on dit Globish go home ! En vieux schnock goûtant la langue de Molière.

 

            A ce régime-là, vous comprenez qu'on a vite fermé l'ouvrage qui rapporte 21,50 € (moins la taxe et les coûts, of course) à une société de M. Arnaud Poissonnier, propriétaire de la marque "Tonbooktoo".

 

Alexandre Anizy

 

 

L'eau de Jurica Pavičić

Publié le par Alexandre Anizy

            Enfin un polar croate, publié grâce aux subventions européennes : il serait donc possible de tirer quelque chose de bien des institutions bruxelloises...

 

 

            L'eau rouge de Jurica Pavičić (Agullo éditions, 2020, traduit du croate par Olivier Lannuzel ; titre original Crvena voda, 2017) est un roman habilement structuré, dont le style neutre mais joliment travaillé maintient l'attention du lecteur. Lisons l'incipit et plus :

« Pour commencer, Vesna se souvient du temps qu'il a fait. C'était une journée chaude et splendide de septembre, comme si le ciel se moquait d'eux par avance. La brise marine avait adouci la chaleur de l'été indien durant tout l'après-midi. ».

Plus loin :

« L'enterrement ressemble à n'importe quel enterrement dans une petite bourgade, pense Gorki. C'est ce qu'on dirait, et pourtant ce n'est pas ça.

Près de la tombe ouverte, le cercueil est posé sur la plaque de pierre, sous une croix, et devant la croix, une photographie de la défunte. Sur cette photo, Silva Vela telle que tout le monde se la rappelle, et lui aussi se la rappelle ainsi : une adolescente aux longs cheveux bruns, qui fixe l'objectif avec effronterie, une mèche lui tombe sur les yeux. » (p.230 de 307)

 

            En filigrane, les bouleversements politiques, économiques et sociaux en Croatie (de la guerre civile yougoslave à l'entrée dans l'Union Européenne).  

 

Alexandre Anizy

La France a lâché le français

Publié le par Alexandre Anizy

            Après une succession de petits renoncements, voilà un acte fort d'abandon sous le règne du bankster Macron... qui en même temps jacassera bientôt sur Villers-Cotterêts, là où François Ier instaurait la langue française, pour voiler sa soumission à l'ordre anglo-saxon.

 

            Bien sûr cela vient de loin, comme le jour où le Conseil des ministres approuvait le protocole de Londres en 2007 (lire ici ), comme le jour où la ministre Valérie Pécresse avait ouvertement prêché l'abdication en 2008 (lire ici ), comme le jour de 2013 où la ministre Geneviève Fioraso sabordait le français dans l'Enseignement (lire ici )...  

            Mais un acte fort vient d'être posé : le 16 mars 2021, l'Etat français a montré un document administratif qui fait fi de sa langue légale des contrats : la carte nationale d'identité (CNI) en anglais et français.

            Evidemment, l'énacratie européiste présente ce lâche abandon comme une simple mise à jour du logiciel bruxellois, qui est conforme à la méthode de l'agent américain Monnet (bâtir un Etat fédéral vassal en dépiautant les aédies constituées).

 

            Disons-le tout net : les jean-foutre qui tiennent la France, c'est-à-dire la cupide bourgeoisie d'affaires et la noblesse désargentée qui la sert dans l'appareil d'Etat qu'elle monopolise, se croient modernes en se plaçant dans le vent de l'Histoire qui dilue le pays dans la chimère européiste, alors qu'ils sont l'irresponsable vieux monde internationaliste en perte de vitesse et de sens.  

 

Alexandre Anizy

 

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