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L'infini de François Cheng

Publié le par Alexandre Anizy

L'infini n'est autre

Que le va-et-vient

Entre ce qui s'offre

Et ce qui se cherche.

Va-et-vient sans fin

Entre arbre et oiseau,

Entre source et nuage.

François Cheng (A l'orient de tout, poésie Gallimard 2014, p.146)

De l'apparente répétition des choses naîtrait le sentiment de plénitude. C'est aussi pourquoi, comme l'écrivait Albert Camus, « il faut imaginer Sisyphe heureux ».

Alexandre Anizy

100 millions d'immigrés en UE d'ici 2050

Publié le par Alexandre Anizy

Les élections passent, la Commission de l'Union Allemande reste ce qu'elle est : le bras politique de l'élisphère (1) européiste qui fonce comme un cheval fou ("a galopar, a galopar, hasta ser en el mar"... de sangre ?). Le 9 décembre, elle programmait pour le 4 janvier 2016 le lancement d'une initiative citoyenne visant à réformer le droit d'asile européen : elle veut « faire en sorte que l'Europe reste une destination attrayante pour les migrants dans un contexte de déclin démographique ».

Rester attrayant, disent-ils, mais dans quelle mesure exactement ?

Un rapport signé par Felipe Gonzales, Mario Monti, Lech Walesa et Nicole Notat (1) en 2010 donnait l'ordre de grandeur : puisque d'ici 2050, l'UA va perdre 68 millions de travailleurs actifs, il faudrait « un gain net de 100 millions de personnes pour combler ce déficit ».

Il n'est pas inutile de rappeler que dans la dernière réunion de son parti, si Mutti Merkel a dit qu'il fallait "contrôler l'immigration", elle n'a par contre donné "aucune limite".

Alexandre Anizy

(1) Quand il s'agit de nuire à la fabrisphère (tous ceux qui créent et produisent dans un espace économique donné, en opposition à l'élisphère), Nicole Notat l'ex syndicaliste jaune n'est jamais la dernière.

Moments poétiques de Christian Bobin

Publié le par Alexandre Anizy

Régulièrement, Christian Bobin satisfait l'appétit de son public fidèle en le gratifiant d'une sorte de journal en prose poétique. 2015 est l'année de Noireclaire (Gallimard, livrel à 7,99 €).

« Il est impossible de vivre sans cruauté. Respirer, exercer sa joie, c'est déjà blesser quelqu'un alentour. » (p.30-31/63)

Tout y passe puisque c'est un journal.

Alexandre Anizy

Enfin un honnête politicien !

Publié le par Alexandre Anizy

Depuis 32 ans, l'élisphère a laissé prospérer des hommes dont nous n'aurions pas signé le certificat d'honorabilité : les Balkany à Levallois-Perret, le Tapie sous Mitterrand et Sarkozy, etc. Il ne fallait pas être trop scrupuleux : l'essentiel était que tous les néo-conservateurs se tiennent la main pour imposer la farandole européiste.

Lundi 7 décembre 2015, chose rarissime, un politicien a fait ce qu'il avait dit : pas de fusion, pas de consigne de vote, conformément à son slogan "ni système, ni extrêmes".

Nicolas Dupont-Aignan est un honnête homme.

Il arrive que de belles fleurs poussent sur du fumier.

Alexandre Anizy

L'enflure inutile de l'économiste Pierre-Noël Giraud

Publié le par Alexandre Anizy

Répondant à une commande de l'éditeur (1), l'économiste Pierre-Noël Giraud a rassemblé dans "L'Homme inutile - du bon usage de l'économie" (Odile Jacob, octobre 2015, 401 pages, 23,90 €) un ensemble de travaux disparates pour expliquer ses préconisations économiques. Le survol est agréable à lire, mais cela manque d'arguments discutés. C'est ainsi qu'on fabrique un produit d'édition en faisant un mauvais usage de la pédagogie.

Dans le premier chapitre titré "du bon usage de l'économie", l'auteur réalise en 45 pages le tour de force de présenter l'économie aujourd'hui, de définir son objet, de raconter l'histoire de la pensée économique, de discuter le bon et mauvais usage des modèles, d'expliquer les 4 temps de la démarche économique (à savoir : analyse et prospective, choix de l'objectif, préconisation des politiques, mise en œuvre des politiques - ce dernier temps consistant à savoir si les préconisations sont politiquement réalisables). Concernant l'objet, nous sommes d'accord lorsqu'il écrit :

« Suivant en cela Ricardo, je considère que l'objet central de l'économie est l'inégalité des revenus et plus généralement d'accès aux biens de ce monde, et non pas la croissance dont la mesure est par ailleurs difficile et à juste titre controversée. » (p.22) ;

mais lorsqu'il arrive au cadre analytique commun de l'économie :

« Il est composé d'un triptyque : acteurs rationnels, modes de coordination entre acteurs, institutions régulatrices. » (p.40) ;

nous mettons un sérieux bémol sur la "rationalité des acteurs", d'autant plus que PNG dit que « Ces "écoles" [il cite les écoles classiques, marxistes, néoclassiques, keynésiennes - ndAA] ont toutes adopté le cadre analytique d'ensemble que nous avons décrit » (p.49).

Le deuxième chapitre est un adieu à Malthus, surtout à sa théorie que PNG présente et analyse bien :

« La perspective de la décroissance de la population humaine constitue une révolution anthropologique équivalente à la sédentarisation et au début de la croissance démographique. Elle signera la fin du malthusianisme. » (p.91) (2)

Il s'attache ensuite à l'étude du "capital naturel" (les ressources naturelles épuisables et renouvelables) et du "capital humain", qui lui permet d'affirmer qu'après un XXIe siècle périlleux :

« Puis, tout cela ne sera plus qu'un mauvais souvenir. Une humanité de 4 milliards d'individus à la fin du XXIIe siècle, ayant engrangé près de deux siècles de progrès techniques supplémentaires, vivra très bien, si elle le veut, sur une planète dont la température moyenne aura augmenté de 4 à 5°C. Certaines zones, peut-être très vastes, seront abandonnées aux déserts, y compris aux déserts radioactifs en raison des quelques Fukushima que nous n'éviterons pas. Ce seront les cicatrices laissées par le dernier siècle malthusien de l'histoire humaine, le XXIe. » (p.115).

Nous voilà rassurés : si à long terme nous sommes tous morts, comme disait Keynes, à très long terme, l'espèce humaine quant à elle pourrait survivre.

Les troisième et quatrième chapitres traitent des problématiques "globalisations et inégalités", "instabilité de la finance", sachant que la globalisation favorise l'émergence et le rattrapage de certains pays au prix de fragmentations, avec une hausse quasi générale des inégalités de revenus et de patrimoine : PNG l'a déjà exposé dans son livre "La mondialisation. Emergences et fragmentations" (Sciences humaines, 2008), que nous présentions dans les billets suivants :

http://www.alexandreanizy.com/article-28417235.html

http://www.alexandreanizy.com/article-28488314.html

http://www.alexandreanizy.com/article-28570496.html

http://www.alexandreanizy.com/article-28646586.html

http://www.alexandreanizy.com/article-28730338.html

http://www.alexandreanizy.com/article-28807760.html

Le modèle "nomades / sédentaires" actualise celui des "compétitifs / protégés" (rien de nouveau sous la plume de Pierre-Noël Giraud), la connotation méprisante en moins ; quant à la finance, elle est revue à la lumière édifiante de la crise de 2008 : sa théorie du mistigri (3) est mise à jour, et elle prévoit comme nous l'avons aussi écrit :

« Nous avons très certainement devant nous de violentes et vastes purges de mistigri [i.e. des crises financières], suivies de longues stagnations entretenues par l'intensité des luttes, internes et internationales (guerre des monnaies), sur le partage des revenus. » (p.220)

Au cinquième chapitre arrive enfin "l'homme inutile" (nous sommes déjà à la page 221 - sur 401). Il présente tout d'abord ce qu'est une société juste selon John Rawls et Amartya Sen. La définition de Rawls convient à tous les néo-conservateurs (4) puisqu'elle stipule « les règles minimales suivantes : 1) tout le monde doit disposer d'un panier de "biens premiers", ceux qui sont indispensables non seulement à la survie mais aussi à une vie "digne" ; 2) les inégalités peuvent croître tant qu'elles restent "efficaces", c'est à dire tant que leur croissance améliore le sort des plus défavorisés » (p.222) Comme Rawls ne donne ni panier des biens premiers, ni même un minimum, PNG en vient à Sen qui affirme que le critère d'une société juste doit être « la liberté [substantielle et pas seulement formelle], envisagée sous la forme des capacités dont disposent les personnes d'accomplir ce qu'elles ont raison de vouloir accomplir », les libertés substantielles étant « l'ensemble des capacités élémentaires, telles que la faculté d'échapper à la famine, à la malnutrition, à la morbidité évitable et à la mortalité prématurée, aussi bien que les libertés qui découlent de l'alphabétisation, de la participation politique ouverte, de la libre expression » (p.223).

Les Etats membres de l'ONU s'étaient engagés en 2000 sur les "Objectifs [quantifiés] du Millénaire pour le Développement", inspirés par les "biens premiers" de Rawls. En 2015, ces objectifs n'étaient pas atteints, parce qu' « un grand nombre des plus pauvres étaient et est encore pris dans des trappes de pauvreté ». Dans les années 90, les néo-conservateurs croyaient « à un effet mécanique de la "croissance" sur la réduction de l'extrême pauvreté. La théorie économique dominante était celle du "ruissellement" (trickling-down) : la richesse des plus riches finit par ruisseler du haut au bas de la société et par tirer vers le haut même les plus pauvres » (p.230) Depuis la crise de 2008, les experts internationaux ont abandonné cette croyance : « La directrice générale du FMI parle de la nécessité de "mieux répartir les fruits de la croissance", de promouvoir une croissance plus "inclusive" (inclusive growth). Le mot d'ordre de croissance inclusive est ainsi lancé et se prépare à la brillante carrière de développement soutenable. » (p.232) Reste à donner un contenu à ce mot d'ordre : les rapports des experts du FMI et de l'OCDE s'y emploient.

Qu'est-ce que l'inutilité ? « (...) l'inutilité est un concept qui désigne une relation, et non une caractéristique intrinsèque d'un individu. Personne n'est inutile en soi, mais chacun peut le devenir aux yeux des autres ou à ses propres yeux, en raison du sort qui lui est fait dans une société donnée. » (p.235)

Du point de vue strictement économique, sont inutiles aux autres tous ceux qui ont besoin en permanence de l'assistance des autres : complètement pour les "sans travail", quels qu'ils soient, et partiellement pour ceux dont le revenu doit être complété (par l'Etat ou par leurs entourages). Ces derniers, les travailleurs pauvres ou les précaires qui enchaînent les petits boulots, sont néanmoins « un "coût" pour les "autres", qui peut être supérieur à l'avantage que représente le bas prix des services qu'ils leur vendent », puisque ces "autres" sont privés de l'innovation et de la qualité de service qu'auraient fournis des travailleurs payés correctement. Deux critères dans cette inutilité : le coût monétaire direct et la privation d'une amélioration possible de la productivité qui profiterait à tous. Soit.

Mais curieusement, PNG offre alors un argument aux tenants de la théorie du ruissellement : « On a vu ainsi, par exemple, qu'en améliorant la productivité des emplois nomades d'un territoire, donc leur compétitivité globale et leur nombre, on améliore aussi la situation relative des sédentaires du territoire. » (p.237)

PNG ajoute une troisième catégorie d'inutiles : « Ainsi des centaines de millions de paysans misérables des pays stagnants et émergents, qui vivent en quasi-autarcie et parviennent à peine à se nourrir eux-mêmes et leur famille. » (p.238) Ils sont d'une part inutiles à eux-mêmes car ils sont dans l'incapacité d'augmenter leur production, et d'autre part coûteux pour les "autres" puisqu'ils sous-utilisent le capital naturel (les terres cultivables notamment) qu'ils emploient. Ici PNG lance son filet pour que personne n'échappe au mode de production capitaliste, s'il utilisait la terminologie marxiste.

Etre inutile, c'est être pris dans une nasse dont l'issue est une porte très étroite puisqu'on a accès ni à l'argent, ni à l'acquisition des connaissances, ni aux réseaux sociaux. On peut y chuter très rapidement : « Ainsi les statistiques de Pôle Emploi montrent qu'en France, après douze mois de chômage, la probabilité de trouver un emploi dans le mois qui suit n'est plus que de 3 %. » (p.239)

Au bout du chapitre (pages 221 à 260) , a-t-on une estimation du nombre d'hommes inutiles en France, en Europe, sur la Terre ? Non. Pour un polytechnicien qui travaille sur les modèles économiques, c'est plutôt gênant, car avec un tel concept il lui sera difficile de mesurer l'efficacité de ses recommandations...

Au bout de ce chapitre, on trouve aussi cette affirmation incongrue : parce que les immigrés dans leur ensemble (sans-papiers compris) ne détériorent pas les comptes sociaux français, ce qui fait consensus chez les économistes puisque c'est avérée par de nombreuses études, PNG écrit que si « l'immigration peut dans certains cas accroître les inégalités de revenus entre nomades et sédentaires, elle ne crée pas en tant que telle d'hommes inutiles supplémentaires dans le territoire d'accueil » (p.253) C'est ainsi que d'un concept fumeux, on arrive à un déni de réalité.

Au chapitre six (p.261), les préconisations de PNG ne surprendront personne. La politique climatique ? « Lorsqu'on ne sait pas encore ce que seront les modèles industriels les plus soutenables, il convient de ne pas s'enfermer dans quelques-uns (en caricaturant : le nucléaire français ou l'éolien-solaire allemand), de garder les options ouvertes et d'offrir le marché européen - le premier du monde, ne nous lassons pas de le répéter pendant qu'il l'est encore - comme champ de compétition entre modèles. » (p.281) Ah, quelle belle perspective ! Offrir le marché européen au monde entier, n'est-ce pas ce que font avec persévérance les néo-conservateurs européistes depuis 30 ans ?

La sortie de l'euro ? La réponse est torchée en 4 pages ni denses ni brillantes. Après avoir reconnu qu'une dévaluation pouvait être favorable à la création d'emplois nomades qui réduiraient d'autant le nombre des sédentaires, hissant ainsi hors de la nasse des hommes inutiles (c'est dans les "soutes" des sédentaires que sont logés les "inutiles"), PNG affirme qu'il faut apprécier la sortie de l'euro en fonction de ce qu'on veut faire après : soit un retour à la case SME, soit une sortie de l'Union Allemande. Disons que ce choix est simpliste, parce qu'il n'examine pas sérieusement (5) le champ des politiques possibles. Mais pire, pour le SME, il est carrément fallacieux de dire que « se soumettre à nouveau à la disciple du serpent monétaire, dont l'aboutissement est l'euro », c'est le « rejoindre une seconde fois », surtout quand on n'analyse rien. Car en fait PNG enchaîne "sortie de l'euro - fin de l'Union Allemande - retour du protectionnisme", et là, il assène son argument choc : souvenez-vous de l'Argentine des années 1930 ! « N'est pas protectionniste, ou plus précisément mercantiliste, qui veut. » (p.287) Pour les explications, il vous faudra aller voir ailleurs.

Rappelons simplement à PNG que comparaison n'est pas raison.

Le marché du travail ? « Je penche donc pour l'existence d'un contrat de travail unique, mais à "lien progressif" : plus il dure, plus la rupture implique d'obligations pour l'employeur, en termes de moyens donnés à l'employé pour se former et se reconvertir. » (p.2297) Mais le contrat à durée indéterminée ne concrétise-t-il pas déjà et bien imparfaitement ce "lien progressif" qui oblige l'employeur ? La mort du CDI que réclament depuis des années le MEDEF et les néo-conservateurs de tous poils, PNG semble ne pas comprendre qu'il s'agit pour eux de "socialiser les moyens de formation et de reconversion lors de la rupture", comme les banksters ont su faire "socialiser leurs pertes" après 2008. Force est de constater que l'économiste haut fonctionnaire Pierre-Noël Giraud est objectivement un bon soldat de l'élisphère (6), comme on le voit encore ci-dessous.

L'immigration ? Il faut la favoriser, parce que c'est une politique intelligente, pratiquée par les Etats-Unis et le Canada (« porte très étroite aux frontières, mais non-persécution de ceux qui ont réussi à passer » (7)), mais aussi par la France avant son abandon par Sarkozy de Nagy Bocsa.

Pour résumer les préconisations ? Il faut refonder l'Europe, avec une France initiatrice qui doit "rester évidemment dans l'euro", et attendre le choix définitif de l'Allemagne ... Il faut tenter cette option en se donnant au moins 5 ans pour vérifier ... si on peut s'entendre avec les Allemands ! [Est-ce que ce type est vraiment sérieux ? ndAA] Et ce que PNG dit d'une politique économique européenne :

« il faut limiter la liberté de mise en circulation des biens-services et des capitaux par les firmes globales, sans aller, loin de là, jusqu'à l'autarcie des grands blocs, et il faut que les politiques économiques restent suffisamment indépendantes tout en étant en partie coordonnées. Leur coordination est en effet un jeu "gagnant-gagnant", qui doit être pratiqué sous menace crédible de plans B plus mercantilistes, rendus possibles par les restrictions de circulation. » (p.328) ;

nous l'approuvons pour une application domestique. Finalement entre nous deux, ce seraient des questions de taille et de realpolitik.

Le septième chapitre titré "une ouverture vers le politique" est fort intéressant (on voit l'influence des amis maoïstes Lazarus et Badiou), mais comme l'écrit PNG à la fin du chapitre six : le livre d'économie s'arrête là, page 329 (sur 401).

Avec son livre L'Homme inutile, Pierre-Noël Giraud ne nous convainc pas de l'utilité de son concept. Pour satisfaire son éditeur, il a gonflé sa production originale, et le lecteur n'y trouve pas son compte. On constate à nouveau que dans la chorale des économistes néo-conservateurs, Pierre-Noël Giraud fait entendre sa petite musique parfois dissonante : si l'analyse est souvent pertinente, les préconisations relèvent de l'économie hors-sol, celle qui ne tient pas compte des rapports de force et des intérêts des agents économiques et des Etats.

Alexandre Anizy

(1) « Je remercie (...) Odile Jacob qui m'a incité à l'écrire ...» (p.395)

(2) La population mondiale va augmenter jusqu'à la fin du XXIe siècle, puis elle stagnera et diminuera au cours du XXIIe, parce que le taux de fertilité des femmes sera passé au-dessous de 2 : « Les pays du monde les derniers engagés, qui se trouvent pour la plupart en Afrique sahélienne et centrale, sont cependant tous bien entrés dans la phase 2 : les taux de natalité décroissent fortement et la croissance démographique ralentit. » (p.88).

(3) Présentée dans "Le commerce des promesses" (Seuil, 2001). Notons que PNG utilise souvent le terme "industrie financière" pour nommer l'activité bancaire : comme il n'a aucune vue péjorative (fondamentalement, la banque n'est pas une coupable industrie), l'expression est malencontreuse.

(4) Nous appelons néo-conservateurs tous les libéraux ou réformistes qui croient à l'efficacité de l'économie de marché plus ou moins corrigée par l'Etat.

(5) En quoi un monde dit global gênerait l'internationaliste PNG d'hier, le mondialiste d'aujourd'hui ?

(6) La bourgeoisie d'affaires compose l'élisphère, avec ses gens de haute main, avec ses clercs, avec tous ceux qui gravitent et adhérent ou promeuvent son idéologie, à savoir l'aspiration à un gouvernement oligarchique des sociétés. Ils se voient bien sûr en aristocrates, alors qu'ils ne sont que des ploutocrates. En voici 2 exemples :

« Quant à la gouvernance mondiale, elle sera d'abord oligarchique (assemblée des plus riches). » Jacques Attali (Philosophie magazine, février 2009,n°26, p.54) ;

« Un putsch légitime est donc nécessaire, car il ne s'agit plus de sauver la Grèce d'un déclassement irréversible, il s'agit de nous sauver en sécurisant notre monnaie. Que les chefs d'Etat et de gouvernement s'emparent du pouvoir qui leur est dévolu ! Et, au sein de ce club de responsables, que Nicolas Sarkozy saisisse l'occasion de mener les débats ! (...) et, après avoir été de droit président de l'Europe en 2008, Nicolas Sarkozy peut en devenir président de fait. » Christophe Barbier (le naboléon en plein délire pro sarkozyste, Express du 12 mai 2010)

(7) Humour de PNG : cette politique d'immigration intelligente, n'est-ce pas une forme de sélection darwinienne ? Sous la plume d'un polytechnicien (statut protégé de haut fonctionnaire) qui semble n'avoir jamais vécu dans sa carrière ni l'émigration, ni le marché de l'emploi, ni la dureté des rapports professionnels, et encore moins les fins de mois difficiles, le propos vaut "les sans-dent" du président culbuto molletiste.

Le ciel de Franck Bouysse

Publié le par Alexandre Anizy

Les personnages de Franck Bouysse dans Grossir le ciel (La manufacture de livres, décembre 2014, 199 pages, 16,90 €) font penser aux campagnards de Marie-Hélène Laffont, un écrivain que nous apprécions.

Mais Bouysse ne laboure pas dans le même champ littéraire.

Alexandre Anizy

Résonance Jean-François Mathé et Alexandre Anizy

Publié le par Alexandre Anizy

C'est un pur moment de poésie : créés avec plus de 30 ans d'écart (1), deux poèmes de Jean-François Mathé et Alexandre Anizy nous paraissent en résonance de par la couleur de l'ambiance et le ton du décor.

Avant la suite

J'ai mis du rouge aux lèvres des mots

et je suis sorti dans la rue livide

à l'heure où les chiens se disputent

des lambeaux de clair de lune,

à l'heure où l'on entend les pas

de ceux qui vont fusiller

s'ils trouvent un fusil.

Des prostituées ont embrassé

les lèvres rouges de mes mots

puis me les ont rendues

en me disant que mieux valait

les poser sur les lèvres de femmes

qui serrent la nuit dans leurs bras

à défaut d'amant ou d'enfant.

Jean-François Mathé

La vie atteinte (éditions Rougerie, 2014)

Iceberg (2)

Au zinc d'un rade glauque

Une femme usée s'accroche

Elle a les cheveux en broussaille

Et le visage boursouflé

Par l'alcool et les nuits blanches

Tu l'imagines

Gros lot de la tombola des malheurs

Ce soir elle cherche de la chaleur humaine

En complément du soupirail

Elle a la voix éraillée des gens

Qui subissent leurs identités

Cette femme est un iceberg

Dont tu ne connaîtras qu'une partie infime

Alexandre Anizy

Lumières froides (éditions ARC, novembre 2015)

(1) Concernant le poème de Jean-François Mathé, nous faisons l'hypothèse d'une conception en 2010.

(2) Poème écrit vers 1978.

De la douceur de Brantôme

Publié le par Alexandre Anizy

Aux temps jadis, certains féodaux maniaient aussi bien l'épée que la plume : guerroyer, servir, séduire, baiser, n'était-ce pas in fine une question de pouvoir et domination ? De Brantôme (vers 1540 - 1614), ils restent des écrits rassemblés dans la Pléiade, notamment ses poésies. Dont celle-ci (page 754).

Doulce Limeuil et douces vos façons,

Douce la grace et douce la parolle,

Et doux vostre oeil qui doucement m'affole

Et faict en moy douces mes passions ;

Doux vos regards, douces voz actions,

Doux l'entretien et douce la main molle,

Douce la voix qui doucement me volle

L'ame et le cueur de ses doulces chansons ;

Doulce la bouche et doulce la beauté,

Doux le maintien, doulce la cruauté

Et doux le mal qu'il faut, pour vous, souffrir

Depuis qu'en vous on voit tant de doulceurs.

Faictes, au moins, que quand pour vous je meurs

Je puisse un peu plus doucement mourir.

De la douce répétition montent le frisson de la sensualité et l'engourdissement de la mort.

Alexandre Anizy

La guerre d'Aleksandar Gatalica

Publié le par Alexandre Anizy

Le savoir-faire architectonique de l'écrivain serbe Aleksandar Gatalica éclate dans une fresque romanesque que les éditions Belfond viennent de sortir en 2015 : A la guerre comme à la guerre (en livrel à 15,99 € - trop cher !). Seulement voilà, en nous limitant à l'ex-Yougoslavie d'aujourd'hui et en mettant de côté le simple plaisir d'une lecture agréable, que nous apporte ce tableau impressionniste sur 14-18 ? Pas grand-chose.

Sur la guerre et sur l'ex-Yougoslavie, les romans de Slobodan Selenić (1) en disent plus.

Alexandre Anizy

(1) Lire nos billets relatifs à Slobodan Selenić :

http://www.alexandreanizy.com/article-sous-le-soleil-de-slobodan-seleni-46906180.html

et puis

http://www.alexandreanizy.com/article-autre-chef-d-oeuvre-de-slobodan-seleni-meurtre-avec-premeditation-62977618.html

et encore

http://www.alexandreanizy.com/article-ces-deux-hommes-de-slobodan-seleni-71321657.html

La juste bataille du général Vincent Desportes

Publié le par Alexandre Anizy

Le général Vincent Desportes file un mauvais coton : voilà qu'il s'adresse maintenant aux Français pour dire la vérité sur l'état dégradée de notre armée, dans un livre titré La dernière bataille de France (1) (Gallimard, octobre 2015, 199 pages, 21 €). Le monde et les hommes changent, et Vincent Desportes n'y déroge pas, lui le jeune lieutenant arrogant de Tübingen n'ayant que les "valeurs occidentales" à la bouche semble avoir jeté par-dessus bord la prudence indispensable à toute carrière militaire. Il est vrai qu'il ne doit plus attendre grand-chose de ce côté-là, ayant été mis sur écoute par les "services de l'Etat" et viré de son poste de commandant du Collège Interarmées de Défense (appelé aujourd'hui l'Ecole de Guerre) : c'est donc un homme plus libre qu'autrefois qui parle en connaissance de cause.

Le premier chapitre est une illustration particulière du mensonge général de la classe politique française : ce qu'ils nomment Lois de programmation militaire consistent surtout à déprogrammer, i.e. ratiboiser les moyens budgétaires de ce ministère. Deux indicateurs suffisent pour comprendre l'élagage ininterrompu depuis 30 ans : « Le budget de la défense est égal aujourd'hui, en euros constants, à ce qu'il était en 1982, alors que la richesse nationale s'est accrue de 77 % entre 1982 et 2014. (...) Si l'on s'intéresse à ce que représente la défense par rapport au PIB, on constate (hors pensions de retraite) qu'elle représentait 3 % du PIB en 1982, pour 1,7 % en 2011 puis 1,44 % en 2015. » (p.23)

Nous nous attendons alors à un développement des arguments avancés par l'auteur lors de la publication du Livre blanc 2013 de la Défense, que nous avions aussi critiqué dans notre billet ci-dessous :

http://www.alexandreanizy.com/article-l-abandon-de-la-securite-nationale-118033737.html

Pendant que les "détrousseurs de Bercy" œuvrent à la paupérisation de l'armée, celle-ci doit financer sur son propre budget une partie des opérations que l'Etat n'a pas budgétée. Quelle conséquence ?

« (...) du fait de leur sous-calibrage initial, les forces ont le plus grand mal à remplir leurs missions et agissent en opposition flagrante avec un principe premier de la guerre, le principe de masse et de submersion. L'action, exécutée à moyens comptés, tarde à produire ses effets et coûte, au final, beaucoup plus cher. Ainsi, les forces sont conduites à mener des opérations séquentielles et non parallèles. C'est l'exemple de Sangaris : d'abord la Séléka, puis les anti-balaka, pas d'actions simultanées sur l'ensemble du territoire, ce qui favorise la constitution de zones rebelles et prolonge d'autant la résistance, rendant même certaines situations difficilement réversibles. La force française y perd son efficacité et son caractère d'impartialité. » (p.35)

Pour les moyens chiches ou non, sources de gabegie et de gâchis, donnons deux exemples :

« (...) les moteurs des hélicoptères Caracal des forces spéciales n'ont une durée de vie que de quelques dizaines d'heures dans le sable et la poussière du Sahara. Et chaque moteur coûte 700.000 euros ! » (p.100) ;

« Pourquoi, en une quinzaine d'années, changer 4 fois de missiles pour passer, entre 1997 et 2020, du M45 au M51.1, puis au M51.2, puis au M51.3 ? Etre capable de raser Pékin est-il d'un intérêt stratégique pour nous ? Le stock minimal de nos têtes ne serait-il pas encore "suffisant" s'il descendait au-dessous du niveau de 300 auquel nous le maintenons ... ? » (p.116) [ quand la Chine en possède seulement 240, le Royaume-Uni 220 avec un objectif de 180 en 2020 ]

Autrement dit, on utilise les armées comme des kits expéditionnaires capables de projection de puissance, qui ne transforment pas leurs victoires initiales en succès stratégiques et politiques du fait de leurs retraits prématurés ou partiels.

Avec toujours plus d'opérations et moins de moyens, où va-t-on ? « Le ministre de la Défense le révélait en juin 2014 : le niveau d'entraînement des forces françaises se situe au-dessous des normes internationalement admises (15 à 20 % au-dessous des normes de l'OTAN dont nous entendons pourtant être le bon élève !), alors même que la première protection des combattants est la qualité de leur préparation opérationnelle. » (p.31) Quant à la disponibilité technique des systèmes d'armes, il s'établit en moyenne à 50 %.

« Sous l'empire de la pensée dominante et de la disette budgétaire, nous avons structuré nos armées pour des guerres doctrinalement courtes ; or nous conduisons des guerres concrètement longues. » (p.30)

On a faux sur toute la ligne comme en 1940, avec Maginot contre les chars de Guderian...

Sur ce premier chapitre, deux critiques s'imposent. D'une part, force est de constater que Vincent Desportes est lui-même sous l'emprise de la pensée dominante quand il répète que le redéploiement de la dépense publique au détriment de l'effort de défense était un choix d'arbitrage compréhensible, puisqu'il évitait "la restructuration profonde des programmes d'aides sociales", mais que "ce choix, raisonnable hier, ne l'est plus aujourd'hui". Ah ! ces salauds de pauvres ! Dans la même veine néoconservatrice, il répète péremptoirement : « l'Etat providence a cannibalisé l'Etat régalien et l'a délégitimé. » (p.78) Pour comprendre ce propos sans un début de démonstration, le lecteur devra se reporter à la propagande hebdomadaire des chroniqueurs comme Nicolas Baverez, Jacques Attali, et même Christine Kerdellant...

D'autre part, l'auteur aurait pu nous épargner les welfare, warfare, soft power / hard power, "first in, first out", hit and run, etc., et même la pyramide de Maslow (2), mais surtout l'évocation racoleuse (suggérée par l'éditeur ?) des passagers du vol Germanwings 9525 Barcelone - Düsseldorf du 24 mars 2015, parce que la loi du genre littéraire n'excuse pas tout.

Venons-en au chapitre 3, qui traite de l'illusion américaine et du piège de l'OTAN. Ce que De Gaulle avait déjà compris dans les années 50 semble bigrement échapper aux esprits en charge de la sécurité de la France. Bien que nul n'ignore le basculement du centre de gravité du monde vers le Pacifique, l'Europe compte pour sa défense de plus en plus sur les Etats-Unis et leur réflexe héréditaire d'aide à la "terre des ancêtres" qui disparaîtra vers 2040, quand la population d'origine européenne de ce grand pays deviendra minoritaire. Si « la défense de l'Europe, c'est l'OTAN », ce qu'on entend quasiment partout, qu'adviendra-t-il quand les Etats-Unis qui financent cette organisation à hauteur de 75 % entameront leur vrai repli, qui pourrait être extrêmement rapide ? L'Europe n'aurait plus qu'une armée creuse.

Pire que ça :

« [ L'OTAN ] est devenue désormais plus dangereuse qu'utile (...) , elle promeut une guerre dite "transformée", idéalisée par les planificateurs de l'Allied Command Transformation de Norfolk. Or, on comprend aujourd'hui que cette "guerre transformée" n'est que l'une des faces possibles de la guerre, que cette vision aussi hautement technologique qu'outrancièrement onéreuse nous prive par effet d'éviction des moyens de gagner les guerres réelles, les guerres combattues tous les jours de la Mauritanie au nord de l'Irak. L'OTAN nous aide à gagner des batailles ; elle nous prive des moyens de gagner les guerres et constitue finalement le meilleur obstacle à l'édification d'une défense commune européenne indépendante ! » (p.59)

Malgré un réquisitoire argumenté, l'auteur ne se résout pas à prôner la sortie de l'OTAN. Il se place même au milieu du gué alors que le torrent de l'Histoire va déferler sur la France : « L'OTAN ? oui, mais profondément transformée, sans primus inter pares et dans laquelle les Européens seraient au minimum "l'actionnaire majoritaire". » (V. Desportes, dans les Echos du 27 octobre 2015) Sur le rivage de Seine, Desportes voudrait bousculer l'establishment pour mettre à l'ordre du jour de l'organisation américaine une réforme contraire aux intérêts des Etats-Unis, un peu comme ces économistes effarés qui demandent une réforme de l'euro contraire aux intérêts du maître et concepteur de cet outil monétaire, i.e. l'Allemagne. La realpolitik n'est décidément pas française.

Doit-on écarter la chimère d'une "défense européenne" à laquelle Vincent Desportes semble porter le coup de grâce, comme un rapport récent du Sénat (3) ? « (...) il n'existe pas de défense européenne, il n'existe pas d'armée européenne car il n'existe pas d'union politique, de communauté de vision, pas même cette communauté d'intérêts indispensable à la conception d'un outil de défense commun. » (p.61) Non, puisque Vincent Desportes réaffirme ailleurs : « Notre horizon doit être l'Europe de la défense. » (les Echos du 27 octobre 2015)

Dans ces conditions, le discours de Vincent Desportes est incohérent : alors que l'Europe de la défense est une impasse conceptuelle, que sans les Etats-Unis l'Europe aurait une armée creuse en l'état actuel des choses, il souhaite une réforme de l'OTAN qui est stratégiquement le meilleur obstacle à la construction des armées nationales indépendantes en Europe.

Seule la sortie de l'OTAN rendrait cohérente la perspective que Vincent Desportes semble esquisser. Comme il ne l'envisage pas, force est de constater son impasse. Pourtant en matière de stratégie, il s'est montré d'un meilleur niveau avec son livre La guerre probable :

http://www.alexandreanizy.com/article-la-guerre-probable-selon-vincent-desportes-116031869.html

Pour finir, en ce qui concerne la Russie, Vincent Desportes montre là aussi un suivisme préjudiciable à son analyse. En effet, on ne peut pas écrire :

« Ce grand pays - qui se voit refuser le droit à la sûreté stratégique - s'est senti à la fois humilié et menacé par les menées américaines : tentative d'encerclement par l'Asie centrale, élargissement de l'OTAN jusqu'à ses frontières, déploiement -forcément ressenti comme agressif - du bouclier antimissile. » (p.49) ;

et dire en même temps :

« Ce fut enfin notre participation, justifiée [c'est nous qui soulignons], au renforcement de la posture de l'OTAN face aux menées de la Russie dans l'Est européen. » (p.28) ;

à moins d'accepter les raisonnements illogiques.

Selon Vincent Desportes, « des voix citoyennes doivent s'élever » pour alerter les Français : la sécurité du pays est au bord de l'inexistence (forcément relative). Le général est entré en dissidence, feutrée car il n'oublie pas de flagorner les gens de son rang militaire, notamment 3 anciens chefs d'état-major, et une sénatrice, ainsi que le président culbuto molletiste. Nonobstant cette pusillanimité, sur ce terrain de manœuvre politique, mieux qu'autrefois sur ceux de Mailly-le-camp et de Valdahon, nous pouvons combattre ensemble pour que nos enfants ne périssent pas de l'impéritie de la classe dominante ... dont l'auteur reproduit par ailleurs le discours.

Alexandre Anizy

(1) Le titre est très mal choisi. Evoquant la bataille de France de 1940, quand l'incompétence crasse de l'état-major français (les Gamelin, Weygand, Billotte, etc.) mit la touche finale à ce que l'historien Marc Bloch a décrit dans L'étrange défaite (folio histoire, 326 pages),

« Une démocratie tombe en faiblesse, pour le plus grand mal des intérêts communs, si ses hauts fonctionnaires, formés à la mépriser et, par nécessité de fortune, issus des classes mêmes dont elle a prétendu abolir l'empire, ne la servent qu'à contrecœur. » (Marc Bloch, L'étrange défaite, folio histoire, p.193)

[ Ainsi les agissements des banksters comme Macron et Villeroy de Galhau, des patrons d'entreprise comme Begoügne de Juniac et Kron, nous inclinent à penser que la France est à nouveau malade. ]

Vincent Desportes aurait dû éviter les louanges corporatistes, perçues comme pro domo :

« Un des avantages essentiels des armées françaises réside dans le haut niveau de compétence et de professionnalisme de leurs cadres : c'est un facteur majeur d'efficacité au cœur de la paupérisation, cette excellence ayant un effet démultiplicateur indéniable. » (p.33)

(2) Puisque pyramide de Maslow il y a, on peut s'interroger sur le besoin qui anime Vincent Desportes : une contestation un tantinet bravache pour reconquérir l'estime ?

(3) Dans ce rapport cité en référence (p.61), il est dit selon V. Desportes que l'Europe de la défense est une impasse conceptuelle.