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Pas de vide pour Alicia Gimenez Bartlett

Publié le par Alexandre Anizy

 

Puisque le temps qui passe inexorablement lamine nos châteaux en Espagne, et même plus, il agit aussi sur les personnages centraux d'Alicia Giménez Bartlett dans « un vide à la place du coeur » (titre original « nido vacio » ; Rivages Noir, octobre 2010, 434 pages, 10,50 €).

 

Avec Petra Delicado et son adjoint Garzón, nous plongeons dans la noirceur de la réalité sociale, déprimante si vous n'avez pas les défenses immunitaires ad hoc. Mais parallèlement à l'intrigue, toujours finement ciselée, l'auteur nous gratifie d'une réflexion sur le mariage. La leçon est profitable, du moins aux protagonistes.

 

Ne boudons pas notre plaisir : encore du bel ouvrage !

 

Alexandre Anizy

 

 

Philippe Aghion ne repense pas grand-chose

Publié le par Alexandre Anizy

En mai 2009, nous avions raillé les travaux de Philippe Aghion, une sorte de caricature de l’économiste français.

http://www.alexandreanizy.com/article-31995702.html

Comme cet enseignant-chercheur qui se dit de gauche est en pleine promotion d’un essai ("tonique" selon le Nouvel Observateur…), il convient de repositionner le bonhomme à sa juste place.

 

Pour quelqu’un qui prétend repenser l’Etat, la banalité de ses priorités économiques est consternante :

« Ce que nous proposons, c’est un Etat économe qui agit du côté de l’offre, cible ses investissements vers les domaines les plus porteurs de croissance [nous n’échappons pas au concept fumeux de "l’économie de la connaissance", ndAA] et conditionne ses investissements publics à la mise en place de bonnes règles de gouvernance. » (in Nouvel Observateur du 15 septembre 2011)

On croirait entendre une déclaration indigente de Christine Lagarde, l’ex incompétente ministre de l’économie retournée dans ses pénates.  

 

Et lorsque cet homme de droite déclare que 

« La gauche française à vocation à réformer l’Etat pour le mettre aux normes de justice et d’impartialité qui prévalent chez nos voisins européens les plus avancés. » (idem),

il faut traduire ainsi : la mission de la gauche PSUMP est de dégraisser l’Etat. Mais n’est-ce pas le projet politique de la bande à Sarkozy Nagy Bocsa ? En réalité, Philippe Aghion est un cynique : il sait que le dépeçage sera plus facile et plus profond lorsqu’il sera opéré sous le masque du radical-socialisme. Comme le capitalisme français (sans capitaux) a été transformé pour son plus grand bien en 1981 sous l’impulsion du francisquain Mitterrand.

 

« Il faut tourner la page de la social-démocratie de la consommation et de la redistribution pures pour ouvrir celle, proposée dans ce livre, d’une social-démocratie de l’investissement et de l’innovation. » (ibidem)

En fait, ne pas ouvrir ce livre insignifiant est le bon geste.

 

 

Alexandre Anizy

 

L'arrogance du tricheur jouisseur Macé-Scaron

Publié le par Alexandre Anizy

En août, une lectrice a pris Joseph Macé-Scaron la plume dans le pot de confiture : les intellectuels surmenés ou fainéants doivent maintenant savoir que la méthode du copier – coller est obsolète, que le maquillage de l'intertextualité ne leurre même plus les gogos. Le plus étonnant dans cette histoire de médiocrité, c'est que cette révélation soit arrivée sur la place publique.

 

Chers internautes rions, une nouvelle fois pour nous, des petites bassesses de Macé-Scaron. (ah ! son acte tardif de contrition...)

 

Le 13 janvier 2009, nous avons publié ici-même une note titrée "Mourir d'ennui pour Dantzig ?"

( http://www.alexandreanizy.com/article-26717251.html )

Quelques temps après, nous tombons sur la chronique de JMC dans Marianne, l'hebdomadaire de la morale et de la vertu républicaine qui semble les mettre en veilleuse ces jours-ci. Quelle coïncidence ! Nous décidons alors d'envoyer la lettre ironique ci-dessous.

 

SCAN0926.JPG

 

 

 

Et nous reçûmes le courriel ci-dessous.

 

SCAN0925

 

Cette réponse, que le roitelet des lettres Joseph Macé-Scaron n'était pas tenu de faire, souligne le sentiment d'impunité qui trottait dans le crâne du caméléon du Marais, dont l'arrogance du tricheur jouisseur n'est que le corollaire.

Ainsi roule la France moisie.

 

 

Alexandre Anizy


Sortir de la méthode Pastré, noble banquier tunisien

Publié le par Alexandre Anizy

 

Professeur à Paris 8, Olivier Pastré affirme aujourd'hui dans Libération que le scénario de la sortie de l'euro pour la Grèce serait un suicide. A la lecture de cet entretien, il apparaît surtout que « pour le reste de l'Europe (…) la facture à payer serait élevée », ce qu'il vaut mieux éviter en plombant un vilain canard de l'oligarchie européenne, n'est-ce pas ? Dans ces conditions, à qui sont réservés les bienfaits d'un patriotisme économique bien compris ?

 

Sur ce sujet, le patriotisme économique étant alors un thème porteur, le professeur Olivier Pastré, noble banquier tunisien au temps du dictateur Ben Ali, avait décidé en septembre 2006 d'apporter ses lumières au public dans un livre titré « la méthode Colbert » (Perrin, 228 pages, 17,50 €). Comme d'habitude, nous n'avons pas été déçus par le bonhomme.

 

Quand, dans l'introduction, ils lisent ceci :

« Les marchés financiers dictent leur loi. La communication a envahi la sphère politique. La nation française elle-même n'est plus qu'une subsidiarité de l'Europe. » (p.13) ;

d'aucuns pourraient penser que l'auteur, diplômé d'une université américaine, a viré sa cuti, faute de connaître la méthode Pastré. Car, logé dans les méandres d'un raisonnement soporifique, le noyau dur de la pensée néolibérale est affirmé sans hésitation ni argumentation. Prenons un exemple.

 

« Les délocalisations sont inévitables. (…) Il faut donc s'y faire et, en même temps, en relativiser les conséquences. » (p.117)

Un économiste fataliste donc, qui sent bien que son rôle est d'expliquer inlassablement l'inéluctabilité d'un phénomène inoffensif, puisque

« (…) les délocalisations ne modifient en rien l'ancrage d'une entreprise à son territoire national. » (p.118),

prouvant ainsi qu'il néglige le transfert du savoir-faire industriel en ne voyant que la surface capitalistique des choses ;

mais de toute façon,

« On peut donc avancer. Il le faut. C'est impératif, car il n'y a pas d'alternative. Un échec complet du cycle de Doha (...) » (p.89) ;

faire l'apologie du libre échange, avec un accent thatchérien, dans un livre qui prétend rendre efficace la thèse du patriotisme économique, c'est le genre d'enfumage coutumier de cet économiste bien en cour.

 

 

En matière de pédagogie, le professeur Pastré n'a jamais eu la moyenne (puisqu'il apprécie les évaluations, nous lui donnons sa note – et nous savons de quoi nous parlons). Un exemple.

Il raconte qu'en 2005 une rumeur d'OPA sur Danone par Pepsi-Cola parcourait les marchés financiers (quelques spéculateurs en profitèrent forcément), les salles de rédaction, et même le milieu politique : « (…) il ne s'agissait que d'une intox. » (p.16) C'est tout.

Mais l'issue de cette troublante affaire (une enquête n'a-t-elle pas été menée?) est relatée sans faire de lien et en termes si vagues que le lecteur non averti sera bien en mal de décoder le propos : « Faut-il défendre nos entreprises opérant dans des secteurs sensibles contre d'éventuels raiders étrangers ? Là aussi, le saupoudrage est la règle (les casinos ont ainsi été considérés, pendant un temps, comme des entreprises stratégiques ; Danone – encore lui – a dû se réjouir, qui possède le casino d'Évian...). » (p.30) En réalité, cette rumeur d'OPA a donné naissance à un amendement de loi (que d'aucuns ont nommé "Danone") qui stipulait que le rachat d'un casino était soumis à une autorisation de l’État.

Pour un bon pédagogue, il y avait de quoi expliquer, par exemple, les concepts de manipulation de cours, de lobbying, de "pilule empoisonnée". Mais pas chez Pastré, où on évoque, on cite sans dire, on raille en langage sibyllin.

 

 

En matière de rigueur intellectuelle, le professeur Pastré aura toujours des lacunes, surtout sur les sujets qui clivent. Exemple.

« La révolution libérale du début des années 1980, impulsée par Ronald Reagan et Margaret Thatcher, n'a pas eu d'autre objectif que d'enrayer ce cercle vicieux. » (p.26)

C'est-à-dire "ce mode de régulation" "reposant sur l'intervention de l’État jusque dans la direction des entreprises, avait tendance à déresponsabiliser" les créateurs de richesse (comprendre les actionnaires, les entrepreneurs, les managers), "reposant sur une inflation auto-entretenue" ; pour résumer : « Le pari avait été fait, au cours de cette période, du salarié contre le rentier. » (p.25) Et non pas seulement la « stagflation, enfant adultérin de la stagnation et de l'inflation », comme la présente avec légèreté le professeur Pastré, qui n'ignore pas que le néolibéralisme est un projet de politique globale, un choix de société, et non pas un simple "policy mix".

 

 

Malgré ou à cause de ses défauts, la méthode Pastré séduit les médias : ça ne les remonte pas dans notre estime.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

: lire les notes passées consacrées à quelques articles d'Olivier Pastré.

 

 

Pas de mystère pour Willi (Pierre)

Publié le par Alexandre Anizy

 

Pierre Willi est un homme sympathique, absolument pas mielleux, qui dédicaçait récemment ses livres au Touquet, la station des quatre saisons (paraît-il) : curieux et avenant, nous avons acheté « le mystère Verwoorde » (Ravet-Anceau, novembre 2010, 256 pages, 10 €)

 

Force est de constater que nous abandonnâmes la lecture au bout de 2 chapitres (soit 20 pages). L'auteur a tellement parsemé sa prose de tout et de petit que nous proposons une réponse à la question qu'il pose à la page 55, « comment écrire un livre avec toutce verbiage insipide ? » : en en faisant une bouillabaisse assommante.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

Du Rabb avec Rosa

Publié le par Alexandre Anizy

 

Jonathan Rabb est un Américain cultivé (oxymoron?), puisqu'il a écrit un polar subtile autour de l'assassinat de Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg en janvier 1919, à Berlin. (« Rosa », poche 10/18 juin 2011, 568 pages)

 

N'y cherchez pas un récit du mouvement spartakiste. Seulement une peinture de la ville en toile de fond, juste l'esquisse d'un portrait psychologique de Rosa la Rouge nécessaire à la structure narrative, d'un trait délicat puisque Rabb fait ici dans la dentelle. Il n'empêche qu'historiquement fondé, ce livre permettra à d'aucuns d'en apprendre sur cette période allemande.

Pour cela, ils devront peut-être vaincre leur impatience, car l'intérêt ne vient que lentement : est-ce à cause du style sobre et académique ? Mais une fois saisis par l'intrigue, ils voudront connaître non pas la fin mais la résolution de l'enquête, qui nous a laissé sur notre faim.

 

Quoi qu'il en soit, vous pouvez prendre du Rabb avec Rosa !

 

 

Alexandre Anizy

 

Découvrir Cornuaille

Publié le par Alexandre Anizy

 

Lorsque vous poussez la porte d'une librairie, il convient de temps en temps de vous laisser porter par l'humeur du jour, de céder à une envie spontanée.

 

Ce samedi-là, Bernard Cornuaille dédicaçait son 2ème livre, « l'Évêché » (éditions Aristote, mai 2010, 408 pages, 18 €). L'auteur étant bien organisé, nous pûmes parcourir une 4ème de couverture plastifiée, qui suscita notre curiosité malgré les maladresses de la présentation.

 

« l'Évêché » est un thriller qui évoque le Moyen-Âge, les moines et les rites sataniques dans les environs de Reims, puis de Marseille. Bernard Cornuaille raconte dans un style très sobre une traque qu'il a remarquablement structurée.

 

Au lieu de lire une énième enquête d'un policier californien ou d'un médecin légiste de Virginie, osez l'ouvrage d'un obscur écrivain français, parce qu'il vaut bien un Donald Harstad dont les médias ont rendu compte des publications grâce au bon travail de l'éditeur et de son attaché de presse, ce dont le Rémois n'a pas bénéficié.

 

Si vous voulez sortir des sentiers balisés par la Profession, pour une lecture d'automne près de la cheminée qui crépite, par exemple, vous pouvez vous taper « l'Évêché » de Bernard Cornuaille.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

: mauvais titre, au demeurant.

 : quelle idée saugrenue d'appeler ainsi une maison d'édition !

 

 

Le savoir-vivre d' Hédi Kaddour n'est pas un cadeau

Publié le par Alexandre Anizy

 

Nous avons essayé de lire « savoir-vivre » de Hédi Kaddour (Gallimard, janvier 2010, bouquinel de 178 pages). Force est de constater que nous avons abandonné à la page 26, après avoir lu ceci :

« Lena avait appris à repérer les signes, la façon dont il se rapprochait de l'entrée tout en lui parlant avec gentillesse, les premières fois elle avait été prise au dépourvu, puis elle s'était adaptée, elle essayait de contrôler, elle se glissait dans la partie du salon qui précédait l'entrée. Thibault devait passer devant elle pour sortir. »

Nous ne supportions plus ces phrases interminables, empilement de données furtives, comme si l'auteur aurait refusé de trier les éléments de son tableau. Dans ces conditions, il n'est pas étonnant que nous ne succombions pas à la passion amoureuse évoquée en ce début de roman.

 

Quand il enseigne la littérature et l'art d'écrire (mon Dieu, que d'élèves torturés !), il paraît qu' Hédi Kaddour ne supporte pas les adverbes, notamment ceux qui finissent en "ment" ; il comprendra alors – du moins nous l'espérons -, qu'on se refuse à peiner sur des livres encombrés d'histoires secondaires, de propositions inutiles et jamais subordonnées, qui confinent l'ouvrage dans une littérature de bazar, où l'on confondrait accumulation de mots avec style pointilliste.

Bref, ce livre de Kaddour n'est pas un cadeau.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

Max Stirner, post-chrétien selon Michel Onfray

Publié le par Alexandre Anizy

 

Concernant tous les dogmatismes en vogue à la fin du siècle dernier, notamment ce que Husserl nomme les "contre-philosophies" (die Unphilosophien, i.e. le nazisme et le stalinisme), nous considérons aujourd'hui que nous devons notre immunisation à Max Stirner. Lorsque nous vîmes que Michel Onfray le passait sur son enclume dans le tome 6 de sa contre-histoire de la philosophie (« les radicalités existentielles », Grasset, février 2009, 400 pages, 20,90 € ; pour Stirner, des pages 295 à 348), nous décidâmes de confronter son analyse à nos souvenirs de lecture, malgré nos réserves à l'encontre du philosophe hyper-médiatique.

 

« L'unique et sa propriété », LE livre de Max Stirner, est un cri d'opposition radicale à la religion, à la politique, à la société, à la morale, à l'éthique, bref à tout ce qui peut entraver l'expansion du Moi. C'est pourquoi on le présente couramment, quand on ose aborder ce penseur réfractaire aux académismes, d'abord comme le théoricien de l'anarchisme individualiste (d'aucuns parlent de l'associationnisme de Stirner), mais aussi comme un précurseur de l'existentialisme, ou comme l'inspirateur du Nietzsche de « par-delà le bien et le mal ».

 

« Mais si l'on veut élargir les perspectives et éviter le prélèvement intéressé, on peut aussi inscrire la pensée, l’œuvre et la figure de Stirner dans la logique du combat anti-hégélien. » (p.306)

« L'Unique et sa propriété peut être lu comme un anti - Principes de la philosophie du droit de Hegel. » (p.308)

Force est de constater que Michel Onfray a ravivé nos souvenirs, a aiguisé notre lecture, car son approche est pertinente.

« L'hégélianisme produit au XIXe siècle un effet magnétique sur la totalité des penseurs (…) A cette époque, l'enfumage conceptuel pratiqué par tel ou tel philosophe impressionne, tétanise et terrorise (...) » (p.306-307)

Sûr que les professionnels de la philosophie vont hurler au simplisme quand on reproduira ce résumé de l'hégélianisme :

« Stirner a bien noté, et c'est l'essentiel, que la pensée de Hegel est luthérienne et n'est que cela – habillée des concepts et des mots de l'idéalisme transcendantal. » (p.308)

Nous laissons à Onfray ses marottes antichrétiennes, qui en l'espèce nous paraissent diablement pertinentes, préférant insister sur la nocivité de la dialectique transcendantale et apologétique, que l'auteur résume bien avec son sens de la formule :

« L'idéalisme hégélien est une grosse machine à produire à satiété des triades, des trios, des trilogies, des trinités et des triptyques. Le désordre du monde (…) artificiellement (…) dans des boîtes systématiques à 3 tiroirs. » (p.308)

Ce que Georges Gurvitch a écrit en termes plus conventionnels (dans « Dialectique et sociologie »)

Stirner pense de façon immanente, pratiquant un nominalisme radical : tout signifiant doit correspondre à un signifié réel dûment constatable.

« Hegel est religieux tout le temps, même en philosophie – surtout en philosophie ; Stirner, un athée en tout. » (p.310)

Mais alors qu'est-ce que l'Unique ?

« L'Unique, c'est l'autre nom du Je d'un Moi qui s'exprime. Il n'y a donc pas un concept d'Unique comme il en existe chez Kierkegaard avec l'Individu, Fichte avec le Moi, Hegel avec la Subjectivité. (…) un Unique se confond avec la réalité de son corps de chair et d'os. Fait-on plus radicalement matérialiste ? Et plus définitivement nominaliste ? » (p.316)

 

S'agissant de Max Stirner, le tamis usuel de Michel Onfray n'est pas rédhibitoire. Mieux pardi ! Il mérite un arrêt, compte tenu « du désordre de la composition et de la confusion des thématiques » dans « l'unique et sa propriété », puisque le philosophe allemand a poussé la coquetterie intellectuelle jusqu'à l'application de SON mot d'ordre, « Je fais ce que Je veux » !

 

 

Alexandre Anizy

 

 

: ceci est d'une certaine manière le prolongement de notre note

http://www.alexandreanizy.com/article-l-illusion-economique-selon-bernard-guerrien-81881634.html

: il nous semble que cet auteur apprécie la philosophie au marteau.

: lire notre note

http://www.alexandreanizy.com/article-a-michel-onfray-travailler-plus-pour-ecrire-moins-52224938.html

 

 

 

 

 

Ordre monétaire ou chaos social de Frédéric Lebaron

Publié le par Alexandre Anizy

 

 

« Pourtant, les processus économiques sont des phénomènes de croyance, socialement construits et entretenus, et la politique économique n'y échappe pas : elle fabrique et modifie les anticipations des agents (...) » (p.18)

Dans un petit livre bien fichu, « ordre monétaire ou chaos social » (éditions du Croquant, septembre 2006, bouquinel de 65 pages), Frédéric Lebaron analyse la croyance économique des banquiers centraux.

« Le caractère intrinsèquement instable et incertain de la vie économique est nié au profit d'une utopie articulée sur la stabilité de l'ordre économico-monétaire. » (p.24)

Fi d'une politique macroéconomique européenne ! Seules importent les réformes structurelles et institutionnelles pour atteindre le paradis du marché unique, sans entrave, dont l'euro n'est que la base. C'est pourquoi

« Une véritable mystique de la monnaie anime ainsi les acteurs de l'unification monétaire. » (p.48)

 

 

Dans un livre récent plus dense, « la crise de la croyance économique » (éditions de Croquant, octobre 2010, bouquinel de 284 pages), Frédéric Lebaron étudie l'évolution de la doxa entre 2007 et 2010, parce que la crise a provoqué un ébranlement cognitif au sein de la communauté épistémique, le monde n'étant plus conforme à l'idéologie de la fin de l'Histoire ou de la mondialisation heureuse.

 Pour autant, cette crise de la croyance économique remet-elle en cause le processus régressif en cours ? A notre avis non, et cette comparaison de l'auteur explicite notre réponse :

« Ce fondamentalisme de marché, de nature religieuse, est le symétrique de la forme absolutiste de la croyance communiste, lorsqu'elle annonce l'éradication absolue de tout mécanisme de marché au profit d'une économie strictement collective et centralement planifiée. » (p.160)

 

 

Alexandre Anizy