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Epitaphe Mallarmé

Publié le par Alexandre Anizy

 

Au-dessus du bétail ahuri des humains,

Le poète bourgeois régnait en apartés.

Eloigné à jamais des chahuts enfantins,

Reposera en paix le chanteur Mallarmé.

 

 

Alexandre Anizy

 

Cocktail Mallarmé

Publié le par Alexandre Anizy

 

 

Je fuis, pâle, défait, hanté par mon linceul, 

Ayant peur de mourir lorsque je couche seul.

Donnez ! - Oh ! donnez-moi ! - lancé comme à un vieillard,

Un coup de dés jamais n'abolira le hasard.

 

                                    Un collage d'Alexandre Anizy

 

Vive la Grèce libre !

Publié le par Alexandre Anizy

            L'heure de vérité a sonné pour la Grèce, maintenant que la BCaE a délibérément appuyé le refus de négocier de l'Allemagne.

            Si les dirigeants de Syrisa sont à la hauteur de leur mission historique, notamment Alexis Tsipras et Yanis Varoufakis, ils ne peuvent pas ne pas avoir préparé le plan technique détaillé de la sortie de l'euro, à moins de n'être que des politiciens bretteurs d'estrades électorales comme Samaras, Papandréou, et consorts.

 

            Rappelons ici que même l'économiste Michel Aglietta, thuriféraire zélé de l'Europe bruxelloise, a démontré que la sortie de l'euro serait plutôt bénéfique pour la Grèce, et que son coût financier pour l'ensemble de la zone euro ne pèserait pas plus qu'un maintien jusqu'au-boutiste. Lire notre billet

http://www.alexandreanizy.com/article-zone-euro-le-fol-jusqu-au-boutisme-d-un-michel-aglietta-119957920.html    

 

            En conséquence, pour le gouvernement grec, le prochain week-end nous paraît particulièrement propice au chambardement monétaire.

 

            Vive la Grèce libre !

 

 

Alexandre Anizy

 

La Banque Centrale allemande Européenne (BCaE) tire contre la Grèce

Publié le par Alexandre Anizy

            Mercredi 4 février 2015, après avoir poliment reçu le ministre grec de l'économie, Yanis Varoufakis, qui ne manquait pas de faire un commentaire lénifiant de l'entretien, la Banque Centrale allemande Européenne (BCaE) annonçait le soir même qu'elle fermait son guichet aux banques grecques.

            En langage militaire, cela s'appelle un ultimatum.

 

            Puisque Antonis Samaras et son gouvernement grec fantoche ont vidé les caisses et épuisé les lignes de crédit disponibles, ce que n'ignoraient pas les dirigeants européens, la Grèce vient d'entrer en phase terminale d'asphyxie financière.

 

            Mutti Merkel et sa BCaE ne veulent pas lui accorder le temps de se préparer dans le calme à la riposte.   

 

            Nous ne nous posons alors qu'une seule question : contrairement au naïf Mélenchon avec son credo relatif "au rapport de force et au poids de la France dans l'Union Allemande", Alexis Tsipras a-t-il réellement préparé le plan technique détaillé de la sortie de l'euro avant les élections ?

 

 

Alexandre Anizy

Le pantalon de Mathieu Pigasse

Publié le par Alexandre Anizy

            Le vice-président de Lazard Europe Mathieu Pigasse est « un drôle d'oiseau », d'après son ami Finchelstein (1). Il vient de le confirmer à nouveau ces jours-ci avec son revirement sur la question de la dette grecque.

 

            Ayant travaillé à Bercy sur la réforme des Caisses d'Epargne (mais aussi les privatisations d'Air France et France Télécom, la création d'Areva et EADS - « La constitution d’EADS fut pour le groupe LAGARDERE le plus fantastique hold-up commis à l’occasion d’une privatisation » (2) ) au temps des ministres Strauss-Kahn puis Fabius, il peut apporter en 2005 au patron new-yorkais de la banque Lazard, Bruce Wasserstein, l'entrée des Caisses d'Epargne dans leur capital, un atout incontestable au moment où la banque d'affaires s'introduit en Bourse. Au sein de cette institution financière, il connaît ensuite une ascension fulgurante en devenant le roi des dettes souveraines, parce qu'il restructure les dettes d'Etats comme l'Argentine, l'Irak, l'Equateur. Et la Grèce.

 

            En ce qui concerne la Grèce, depuis 2010 Lazard est partie prenante du programme austéritaire de la Troïka, accepté par les gouvernements grecs, qui mènera le pays à la catastrophe économique, et même financière !

            Et en 2014, que n'a-t-il pas dit sur Syriza, le banquier Pigasse ?

 

            Mais en janvier 2015, tout change par la volonté d'un peuple et surtout d'un nouveau mandat de la Grèce à la banque Lazard. Ce qui était hier impossible et même insensé devient maintenant un élément de la négociation : une réduction de 100 Milliards d'euros de la dette grecque est préconisée par le banquier Pigasse.  

 

            Quel spectaculaire revirement ! Mais pas étrange, car Mathieu Pigasse n'a pas de problème de mémoire, puisqu'elle est autonettoyante. Un autre exemple ? En 2007, il signe les statuts des Gracques (nom d'une association de hauts fonctionnaires qui plaident, sans relâche et sans vergogne dans les médias bienveillants, la cause de l'extrême centre) déposés à la Préfecture ; en janvier 2010, Pigasse affirme aux journalistes de France Culture : « je n'ai jamais été membre de cette association ».

 

            C'est ainsi que les gens importants relativisent les choses, contextualisent les valeurs, la morale n'étant toujours bonne que pour les masses.    

            Au prochain changement, Pigasse retournera-t-il son pantalon ?

 

 

Alexandre Anizy

 

 

(1) propos cités par Marie-Pierre Subtil, le Monde du 9 novembre 2010.

(2) lire notre billet du 15 octobre 2007 :

http://www.alexandreanizy.com/article-7183428.html

 

L'erreur dans la contre-enquête Meursault de Kamel Daoud

Publié le par Alexandre Anizy

            C'est une affaire entendu : Kamel Daoud sait écrire, et il a l'audace qui est le terreau nécessaire à n'importe quelle forme de talent. Alors pourquoi cet ennui en lisant Meursault, contre-enquête (Actes Sud, livrel à 13,99 € - beaucoup trop cher comme d'habitude chez cet éditeur) ?

 

Le texte commence forcément par :

« Aujourd'hui, M'ma est encore vivante.

Elle ne dit plus rien, mais elle pourrait raconter bien des choses. Contrairement à moi, qui, à force de ressasser cette histoire, ne m'en souviens presque plus. » (incipit)

Lecteur curieux, nous avons soutenu notre attention comme le demandait le narrateur, mais les circonlocutions à répétition finirent par étouffer notre aspiration. A force de tirer à la ligne, Kamel Daoud a noyé son idée dans un récit trop délayée : ce devrait être une nouvelle ; il en fit un roman.

 

            Si l'auteur est responsable de l'échouement, il n'est pas le seul dans ce cas précis, parce que Meursault, contre-enquête est une commande d'éditeur (1). Elle contenait une erreur : le format.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

(1) L'auteur l'a raconté dans les médias : point de livre sans l'intérêt de l'éditeur éveillé par un article du journaliste Kamel Daoud.

Cette nuit, interrogation sur Drago Jančar

Publié le par Alexandre Anizy

            Cette nuit, je l'ai vue est un superbe roman de Drago Jančar (Phébus, 2014, traduit du slovène par Andrée Lück-Gaye, livrel à 14,99 € - trop cher !), qui met en évidence le style de l'auteur et sa maîtrise de l'architectonique. Sans doute le meilleur roman primé de la saison littéraire 2014. A travers l'histoire de Veronika Zarnik, c'est de la Slovénie sous l'Occupation allemande qu'il s'agit.

 

            Sachant que l'auteur fut un opposant au régime communiste (il goûta aux geôles yougoslaves), on comprend qu'il ne dépeint pas les Partisans sous les meilleurs attraits. Comme Svetlana Velmar-Janković dans son roman magnifique : Dans le noir (1). Mais la Serbe sut composer avec les "rustres", beaucoup mieux que le Slovène... Peut-être une question d'héritage sociale dans cette différence de comportement ? Puisqu'il s'agit de la Résistance présentée sous l'angle d'une jalousie muant en haine larvée, autrement dit la petitesse des sentiments humains vue comme le détonateur des mouvements historiques, nous avons aussi pensé au délicieux roman du maquisard Alphonse Boudard, Les combattants du petit bonheur (2).

 

            On le voit et il le sait, le thème a déjà été traité en utilisant cette période. Alors pourquoi Drago Jančar, qui est né en 1948, remet-il le couvert ? Surtout pourquoi n'a-t-il pas situé l'histoire dans la Slovénie agitée de 1990 qu'il connaît fort bien, aussi trouble que celle de 1944 à bien des égards ?

 

 

Alexandre Anizy

 

 

(1) Lire notre billet du 17 juin 2008 :

http://www.alexandreanizy.com/article-20514017.html

 

(2) Lire notre billet du 6 janvier 2008 :

http://www.alexandreanizy.com/article-15357832.html

 

Lorsque Lévy paraît

Publié le par Alexandre Anizy

 

Si dans le petit monde germanopratin,

Le bon ton est de mise et le silence est d'or,

Encenser Justine dans sa fosse à purin

Est obligé, puisque don Lévy branle encore.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

NB : ce quatrain désobligeant à l'occasion de la sortie du dernier produit de Justine Lévy (La gaieté, Stock, janvier 2015, livrel à 12,99 € - trop cher !), dont la presse servile a commencé la promotion (par exemple : Version Femina du 4 janvier, Alexandre Fillon dans le JDD du 4 janvier ; Frédéric Beigbeder, pif enfariné, écrit carrément que « Justine Lévy s'impose désormais comme l'une des voix féminines les plus emblématiques du début du siècle » dans le Figaro Magazine du 2 janvier - aussi fort en lèche qu'en snif, le Frédo ! )

 

Terres lorraines d'Emile Moselly

Publié le par Alexandre Anizy

            Puisque nous avons célébré le talent de Maurice Genevoix, il nous paraît opportun de revenir (1) sur celui d'Emile Moselly avec Terres lorraines (en livrel gratuit de bonne facture chez Bibebook).

 

            Dans ce livre qui reçut le prix Goncourt de 1907, Moselly conte le butinage amoureux d'un modeste pêcheur buté, qui fera le malheur d'une fille sentimentale. Il pose tranquillement ses personnages dans le décor champêtre qu'il n'idéalise pas. Grâce à la fluidité de l'écriture et la richesse des descriptions, le lecteur vogue sereinement sur ses mots.

 

            « Il pouvait être sept heures du matin, en novembre. Une aube pluvieuse filtrait du ciel bas, noyait les champs d'une désolation infinie. Les chaumes grisâtres, lavés par l'automne, revêtaient la terre d'une toison hérissée, pareille à un vêtement de miséreux. La pluie cessait par moments ; alors une buée d'eau se levait des bois, dont le moutonnement ondulait dans les lointains ; puis une déchirure livide s'ouvrait au flanc des nuages ; la pluie tombait en un ruissellement de cataracte, comme si toutes les eaux du ciel s'étaient ruées par cette ouverture.» (incipit)

 

            Incontestablement, on peut classer Moselly parmi les écrivains régionalistes, dans la veine du roman rustique. Comme il fut un professeur de Genevoix au lycée Pothier d'Orléans, il n'est pas impossible qu'il lui inoculât ce virus.

 

 

Alexandre Anizy

 

 

(1) lire notre billet précédent consacré à Moselly :

http://www.alexandreanizy.com/article-a-la-decouverte-d-emile-moselly-123867793.html

 

Qu'est-ce que la politique pour François Hollande ?

Publié le par Alexandre Anizy

            En ce premier jour de matraquage médiatique du culbuto molletiste (les ondes seront saturées en janvier 2015...), nous proposons une réponse à cette question : qu'est-ce que la politique pour François Hollande ?

 

            « La politique n'est que la relation publique entre des êtres humains. La liberté est la régularisation du pouvoir. Les hommes sont fous et voudraient voir l'origine du pouvoir dans la révélation sacrée, dans la nature, dans la race, dans un contrat social, dans la révolution et dans la loi. Moi je leur dis que non. Le pouvoir n'est que l'exercice de la nécessité, le masque de la vertu et le hasard de la fortune.» (p.309/386)

Carlos Fuentes

( La volonté et la fortune, Gallimard,  2014, en livrel à 17,99 € - trop cher !)

 

            Evidemment, cela vaut aussi bien pour son frère siamois : Berluskozy de Nagy Bocsa.

 

 

Alexandre Anizy