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Le manuel de Velibor Čolić

Publié le par Alexandre Anizy

Avec le manuel, Velibor Čolić revient à son meilleur niveau.

En ces temps de migration, il est sans doute apparu opportun à Velibor Čolić de livrer son Manuel d'exil (Gallimard, avril 2016, en livrel à n € - Antoine... c'est toujours trop cher) : bonne idée puisqu'il retrouve ainsi sa veine littéraire ! En effet, nous pensons que le croato-bosnien intéresse (1) quand il met sa plume dans l'encrier d'un Patrick Besson par exemple, celui de Tour Jade ou bien 28 boulevard Aristide Briand mais surtout pas celui des Brabant - un navet couronné par le Renaudot, c'est vous dire... Sans déconner, Čolić pourrait devenir un autre Bukowski, en plus balkanique et moins aviné.

Pour commencer, il raconte sa guerre :

« Dans les tranchées je ne porte pas de casque. Je tremble tout le temps, je vomis en cachette, j'écris des épitaphes pour mon pays et je porte un drapeau bosniaque sur la manche de ma chemise. Mes camarades disent : « C'est un bon Croate, regarde : il est pour la Bosnie... » Je suis soldat. Le soir je suis ivre et je chante avec mes compagnons nos belles ballades tristes (...) » (p.6/151)

Putain, quelle connerie la guerre !

Et il nous gratifie de quelques aphorismes délectables :

« Dieu pêche les âmes à la ligne, le diable les pêche au filet. » (p.12/151)

D'une certaine Barbara, il souligne la singularité :

« Son corps est touché par un feu sacré, un swing saugrenu qui fait de ses pas une obscène ritournelle, une cadence jazzy et irrégulière. » (p.128/151)

Même si l'exil ne fait pas partie de votre programme à court terme, courez acheter ou voler Velibor Čolić.

Alexandre Anizy

(1) Lire notre billet :

http://www.alexandreanizy.com/article-ederlezi-a-lazy-story-de-velibor-oli-124094032.html

Histoires récompensées de Marie-Hélène Lafon

Publié le par Alexandre Anizy

Mieux vaut tard que jamais ! Les Goncourt ont enfin reconnu après nous,

http://www.alexandreanizy.com/article-lire-et-promouvoir-le-joseph-de-marie-helene-lafon-124741797.html

et encore

http://www.alexandreanizy.com/article-l-annonce-d-un-pays-par-marie-helene-lafon-124930069.html

le talent de Marie-Hélène Lafon en lui attribuant le 9 mai chez Drouant leur Prix de la nouvelle 2016 pour son livre Histoires (Buchet Chastel, octobre 2015, livrel à 11,99 € - trop cher !). Un échantillon, pour la plage :

« Joseph ne renversa pas les filles. Il s'amusa peu. Il était maigre et sec, vif et véloce. Jeanne ne fut pas renversée ; Marie non plus. Marie n'eut pas le temps. Elle n'avait pas le corps. Elle mourut à dix-sept ans, de tuberculose. 1909 - 1926, deux dates et un prénom. Très tôt, elle n'avait pas su manger l'air cru. Il la blessait. Ils ne peuvent pas vivre, ceux-là, dans ces pays. Ils n'ont pas la force. Ils s'en vont. Restèrent les deux, Jeanne et Joseph. Ils apprenaient bien à l'école, l'hiver, dans les vacances du travail nourricier. Ils allaient à l'école au long des chemins, ensemble, les deux. Ils avaient le même front. Ils s'aimaient sans doute et leurs prénoms étaient doux. Peut-être parce qu'elle était fille, elle fut choisie pour étudier. » (p.29/150)

Un dernier, pour la marche :

« Jeanne fut tante. Par la vertu de la semence crachée du frère, par le coup de reins du frère et son ahanement, dents serrées, Jeanne devint tante (...) » (p.31/150)

Cet ouvrage nous a fait penser à un sujet de thèse : l'animalité humaine dans l'œuvre de Marie-Hélène Lafon.

Alexandre Anizy

Et la mer de Huh Su-Kyung

Publié le par Alexandre Anizy

Huh Su-Kyung évoque l'abandon dans un poème.

Et la mer

Une mer profonde est venue à pied.

En l'accueillant, je veux la saisir à pleines mains

Les mains me manquent, je les ai laissées quelque part

Quelque part ailleurs, je les ai laissées chez quelqu'un

Ne pouvant la saisir sans mes mains, je veux pleurer

Les yeux me manquent

Je les ai laissés quelque part

Quelque part ailleurs, je les ai laissés chez quelqu'un

Ne pouvant être prise dans mes bras, la mer hésite puis s'en retourne

J'ai envie de lui dire « ne t'en va pas, ne t'en va pas »

La langue me manque, quelque part ailleurs

Chez quelqu'un, j'ai tout laissé chez lui

Je veux avoir les larmes aux yeux, j'aurais voulu briller noire

Pourtant j'ai tout laissé, tout

Chez quelqu'un

Huh Su-Kyung

(dans la revue Europe, n° 1043 de mars 2016)

Savourer les délices de Tokyo de Sukegawa

Publié le par Alexandre Anizy

Une leçon de vie dans un roman japonais.

Plutôt que de chercher un long livre d'été confortable pour une tête fatiguée par un turbin toujours plus stressant, optez pour une histoire courte et facilement transportable : Les délices de Tokyo de Durian Sukegawa (Albin Michel, février 2016, livrel à 11,99 € -trop cher !).

En plus du texte savoureux et instructif, le style épuré vous séduira. Un échantillon :

Quand le vent secouait les arbres, la pleine lune disparaissait derrière les branches ou était tronquée. Mais sa lueur leur parvenait malgré tout à intervalles réguliers.

Sentarô se tourna vers l'arbuste et murmura : « La lune s'est levée. »

Alexandre Anizy

Annie Ernaux décline, Frédéric Beigbeder se lâche

Publié le par Alexandre Anizy

Si nous avons failli flancher sur le dernier opus d'Annie Ernaux, nous ne cracherons pas le mépris social comme Frédéric Beigbeder, le pif enfariné du Figaro magazine.

La dernière phrase de Mémoire de fille, l'ultime roman d'Annie Ernaux (Gallimard, avril 2016, livrel à 10,99 € - trop cher !), résume aussi bien ce qu'était l'ambition de l'auteur :

« Explorer le gouffre entre l'effarante réalité de ce qui arrive, au moment où ça arrive et l'étrange irréalité que revêt, des années après, ce qui est arrivé. »,

que l'état d'hébétement du lecteur à la fin du livre, car au bout de ce qui ressemble à une palabre, avec son lot de répétitions et circonlocutions, se pose la question : tout cela pour ça ? Mme Ernaux n'a pas supporté le regard de mépris de ses collègues de colonie de vacances en 1958 pour « avoir été aussi misérable, une chienne qui vient mendier des caresses et reçoit un coup de pied » (p.30/98).

A vrai dire, l'auteur a fait le livre de trop, avec sa méthode :

« Ne rien lisser. Je ne construis pas un personnage de fiction. Je déconstruis la fille que j'ai été. » (p.34/98),

le problème étant que :

« J'ai commencé à faire de moi-même un être littéraire, quelqu'un qui vit les choses comme si elles devaient être écrites un jour. » (p.88/98),

alors s'agissant de sa vie intime, user de sa méthode présente un biais.

Les travaux précédents d'Annie Ernaux ont apporté beaucoup à la littérature, mais pas seulement : il faut mentionner ici l'intérêt qu'ils représentent pour les sociologues. Nous en voulons pour preuve l'analyse de Chantal Jaquet dans son livre Les transclasses ou la non-reproduction (PUF, avril 2014, 238 pages, 19 €) : un ouvrage à mettre dans toutes les mains, par les temps de ségrégation sociale qui courent en ce pays.

Evidemment, dans le milieu germanopratin, il fallait un "fils de" comme Frédéric Beigbeder pour oser dézinguer Mémoire de fille, puisque la dame jouit d'une aura :

« Mme Ernaux invente la plainte qui frime, la lamentation sûre d'elle. C'est regrettable, car il y a des bribes à sauver dans ce galimatias autosatisfait (...) » (Figaro Magazine du 22 avril 2016);

Et forcément cette fois-ci, il n'a pas pu se retenir de pousser son avantage :

« Elle annihile son talent en le noyant sous sa propre exégèse fascinée. On regrette l'écrivain qu'elle a failli être, le livre qu'elle a failli écrire, la légèreté qu'elle se refuse depuis cet été 58. » (Ibidem),

parce qu'il ne supporte pas viscéralement la transclasse Annie Ernaux :

« C'est l'histoire d'un écrivain qui s'est installé au sommet de la société en passant sa vie à ressasser son injustice sociale. Son dolorisme des origines révèle en réalité une misère de l'embourgeoisement. C'est comme si elle refusait d'admettre qu'elle s'en est très bien sortie ; 2016 n'effacera jamais 1958. » (idem)

Se libérer du passé ne l'efface pas, disions-nous récemment :

http://www.alexandreanizy.com/2016/05/du-passe-selon-jacques-robinet-et-alexandre-anizy.html

mais le mépris social sous-jacent du pif enfariné Beigbeder montre que l'œuvre d'Annie Ernaux de par sa justesse dérange la classe dominante, qui ose maintenant le dire comme elle traite de voyous et de terroristes des grévistes. Quoique fasse Mme Ernaux, il y aura toujours un salaud de service pour la rabaisser.

Mémoire de fille n'est pas un bon livre, mais il a permis de révéler l'hypocrisie de l'histrion Frédéric Beigbeder, un "fils de" qui ne doit pas sa position sociale à son talent.

Alexandre Anizy

Carlos Zanón dans l'enfer de Johnny Thunders

Publié le par Alexandre Anizy

Carlos Zanón épate la galerie en dépeignant le retour glauque de Mr Frankie dans son territoire d'adolescence. No future !

Dans son polar noir J'ai été Johnny Thunders (Asphalte éditions, 2016, livrel à 9,99 €), Carlos Zanón raconte le plan foireux d'un junkie déglingué : c'est un peu longuet, mais ça vaut le coup. Une dose pour goûter ?

« Les minutes s'écoulent et les Avett Brothers continuent de jouer encore et encore. Francis veut toujours vivre. Mr Frankie non, et il attend, en silence, ce qui tarde à venir. Francis calque sa respiration sur le rythme de la mélodie, de ce mantra, les yeux comme des bouches ouvertes, comme s'il avait des écailles.

Mais toujours vivant.

Mutante est un mauvais dealer, un requin avec un bon fond.

Cette merde ne risquait pas de le tuer. » (p.282)

Même quand c'est parti pour, ce n'est jamais vraiment The end...

Alexandre Anizy

L'affaire Bismuth Sarkozy sur la balance de Patricia Simon

Publié le par Alexandre Anizy

Dans l'affaire des écoutes téléphoniques qui perturbe le rebond politique de Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa, quelle ne fut pas notre surprise en voyant le nom de Patricia Simon, redoublée par la lecture d'un article dithyrambique frisant l'hagiographie dans l'iconoclaste quotidien néoconservateur : en effet, au regard de certaines performances passées de ce magistrat, on peut se demander si la vérité y trouvera son compte, sachant que le droit conçoit toujours le sien.

Par exemple, en novembre 2009, dans le procès des marchés truqués des Hauts-de-Seine, dont les services du Conseil Général sous l'autorité directe d'une certaine Isabelle Balkany (bien connue à l'Elysée sous Sarkozy de Nagy Bocsa) sont visés par les magistrats, le procureur Philippe Courroye (bien connu à l'Elysée sous Sarkozy de Nagy Bocsa) n'a retenu que le favoritisme et la prise illégale d'intérêt, écartant les accusations d'escroquerie et de détournement de fonds publics et ne poursuivant in fine que des exécutants. Mais que pouvait faire le juge d'instruction Patricia Simon dans cette affaire commencée en l'an 2000, face à une Police Judiciaire qui perd en avril 2007 une pièce à conviction importante, face à une Direction nationale des investigations financières (DNIF) qui renâcle à l'accompagner pour une perquisition à la mairie de Levallois (le repaire du couple Balkany) ? Y en a qui vont chercher la croissance avec les dents (disait-il), et puis d'autres... allez savoir : des années de travail judiciaire pour en arriver à la condamnation de lampistes. Quel succès !

Voici ce qu'écrivait récemment un médiacrate :

« La justice fait peur par l'insupportable longueur de ses procédures, par l'arbitraire de sa coercition, notamment la mise en détention provisoire, et par l'aléatoire de ses décisions. La justice fait peur, parce que les instructions semblent trop souvent menées à charge, et les tribunaux, trop rarement impartiaux. La justice fait peur, enfin, parce qu'elle ne cesse d'apparaître comme une institution politisée.» (Express n° 3273 du 26 mars 2014)

Si même Christophe Barbier le dit sans appel, on comprend la peur des honnêtes gens lorsqu'ils sont confrontés à l'institution judiciaire.

Pour illustrer cette peur, prenons par exemple une affaire du tribunal de grande instance de Nanterre (références : Parquet 0525738005, Instruction 14/06/1) : lorsque le juge d'instruction Patricia Simon émet précipitamment une ordonnance de refus d'informer le 10 avril 2006, la Chambre d'instruction de la Cour d'Appel de Versailles,

« Considérant que le juge d'instruction régulièrement saisi d'une plainte avec constitution de partie civile a le devoir d'instruire (...) qu'il ne peut se limiter à un examen abstrait de la plainte faisant suite à une seule audition de la partie civile (...) » (Arrêt n° 803 du 18 octobre 2006),

infirme cette ordonnance et fait retour de la procédure au même juge d'instruction. En langage profane, on dirait que Versailles demande à Patricia Simon de travailler un peu plus.

Chacun devine ou apprend à ses dépens qu'il ne faut jamais confondre la justice avec la vérité judiciaire, au royaume républicain de France comme ailleurs. Que croyez-vous qu'il arrivât au deuxième round de cette affaire de Nanterre ? Après avoir rempli le dossier de paperasses prouvant qu'il y avait bien eu cette fois-ci enquête et confrontation, donc une recherche formelle de la vérité, le juge d'instruction Patricia Simon émit derechef une ordonnance de refus de mesure d'instruction complémentaire (22 novembre 2007), dans laquelle figure cette fois un surprenant mensonge,

« (...) et que par ailleurs la demande d'acte ne répond pas aux prescriptions légales en ce qu'elle n'est pas adressée par voie recommandée, elle sera rejetée (...) »,

ce que la Chambre d'instruction de la Cour de Versailles, dans son Arrêt rendu le 27 mai 2008 reconnut timidement de la sorte :

« (…) le magistrat instructeur par ordonnance en date du 22 novembre 2007 (…) indiquait également, à tort, que la demande n'avait pas été déposée dans les formes légales. »

Sur ce constat navrant, la partie civile lâcha l'affaire, considérant comme le grand juriste Jack Lang qu' « Il y a trop de relents d'Ancien Régime dans le système pénal français (...) » (Libération du 30 décembre 2008).

Le magistrat Patricia Simon connaît son droit, c'est entendu, mais les résultats obtenus ainsi que les remarques de ses pairs montrent que, parfois, il semble manquer de cette ferveur républicaine nécessaire pour dépasser les pesanteurs sociologiques d'un pays sclérosé. Comme le soutient le courant américain du "réalisme juridique" (sociological jurisprudence), « l'acte de juger est avant tout le produit d'une activité humaine pratique » (Des juges sous influence, numéro 2015/4 de la revue Cahiers de la justice, coédition Ecole Nationale de la Magistrature - Dalloz), et comme l'exprime à sa façon l'avocat Jean-Pierre Mignard (un ami de l'hôte élyséen d'aujourd'hui), « le problème c'est que dans la hiérarchie du parquet, plus on monte et plus le cerveau judiciaire disparaît derrière le cerveau politique ! » (Monde daté du 16 octobre 2009).

C'est pourquoi nous pensons que le juge d'instruction Patricia Simon, avec son savoir-faire, est une bonne pioche pour le néoconservateur Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa : l'arrêt de la Cour d'appel en mai 2016 en est la première manifestation.

http://www.alexandreanizy.com/2016/05/dans-l-affaire-bismuth-sarkozy-commence-a-s-en-sortir.html

Alexandre Anizy

L'illusion de Mélenchon

Publié le par Alexandre Anizy

Jean-Luc Mélenchon dit qu'il a évolué depuis 2012, mais la lecture de ses collaborateurs l'infirme.

Le point crucial d'une autre politique économique, c'est poser la sortie de l'euro comme pierre angulaire du programme de transformation. Force est de constater que Jean-Luc Mélenchon et ses partisans ne le font toujours pas, puisqu'ils persistent à croire que la France étant incontournable dans l'Union allemande (i.e. l'Union Européenne), sa demande de renégociation des traités sera acceptée, etc. C'est pourquoi Eric Coquerel dit :

« Avec le "Brexit", les Anglais font exactement ce que nous pourrions faire pour des raisons inverses : imposer un rapport de forces. Eux veulent plus de libéralisme, et nous, c'est au nom d'une vision opposée à l'austérité, au néolibéralisme. La méthode est intéressante. »

Comme il s'agit de l'avenir de la France et du bien-être de sa population, nous aimerions voir Mr Coquerel traiter la question autrement que par l'appréciation d'une méthode.

Et l'économiste Jacques Généreux de compléter l'analyse mélenchonnesque :

« Le "Brexit" est une bonne stratégie pour obtenir des concessions économiques. C'est ce que la France aurait dû faire et c'est ce qu'elle ferait avec nous pour renégocier les traités ».

Obtenir des concessions du maître allemand, c'est la pierre angulaire du programme de Mélenchon, alors qu'il faudrait le bâtir en ne comptant que sur ses propres forces autonomes.

Plus grave, ces deux affirmations de Mr Généreux :

« L'UE ne peut pas exister sans la France et la BCE ne pourrait pas imposer un blocus monétaire à la France. Soyons sérieux ! »

D'une part, sans la France l'Union allemande s'appellerait autrement - nous sommes d'accord sur ce point -, et l'hypothèse a déjà été étudiée ; d'autre part la BCE, aux mains des néoconservateurs et du bankster Mario Draghi, ne manquerait pas de contrecarrer les mesures financières d'un pays négociateur pusillanime. Soyez sérieux Mr Généreux !

Jean-Luc Mélenchon poursuit comme d'autres son rêve de conquête élyséenne en misant sur la compréhension et la générosité des partenaires de la France, comme les falots Tsipras et Varoufakis avaient parié sur l'intelligence économique des créanciers de la Grèce...

http://www.alexandreanizy.com/article-la-grece-dirigee-par-des-falots-tsipras-et-varoufakis-125559005.html

Le coup de dés de Mélenchon n'abolirait pas la logique en œuvre.

Alexandre Anizy

Du passé selon Jacques Robinet et Alexandre Anizy

Publié le par Alexandre Anizy

Se libérer du passé ne l'efface pas.

Jacques Robinet

Ne regarde pas en arrière

Ne reviens pas sur tes traces

Le destin de ce qui fut

est gravé dans la lumière

qui brille devant toi

Il en est du passé

comme d'une brassée de fleurs

dont ne demeure que le parfum

ou de ces allées forestières

qui conduisent aux clairières

sur un tapis de feuilles mortes

De la source à l'embouchure

les eaux du fleuve se renouvellent

Ce qui fut n'est que poussière

dansante sous le soleil

(ARPA, revue de poésie n° 114)

Alexandre Anizy

Quand tu as pris le train

Regarde droit devant toi

Ignore les vaches

Que tu rencontreras sur le trimard

Ailleurs tout est possible peut-être

Plus tard tu retourneras qui sait

Dans ton pays d'origine

Et tu n'y retrouveras personne

Tu sais bien

Que les années usent les traverses

Lumières froides (éditions ACT, 2015)

Du Québec de Louise Penny

Publié le par Alexandre Anizy

Quand Louise Penny se penche sur Champlain.

En bon François, ce qui touche la Nouvelle-France ne peut nous être indifférent : c'est pourquoi notre vigilance fut alertée quand on apprît qu'une polardeuse canadienne se mettait à conjecturer la sépulture de Champlain, crénom ! Il s'agit de Louise Penny, que Gainsbourg aurait forcément chambrée, avec son rompol Enterrez vos morts ! (Actes Sud, 2015)

A cause du style d'une banalité confondante, force est d'avouer que nous avons failli abandonner à la page 50 (c'est le délai de grâce que nous accordons à n'importe quel romancier pour nous intéresser). Heureusement, dame Penny sait trousser un polar ! L'architectonique de celui-ci est tellement alambiquée qu'elle nous avait déjà accroché à ce moment-là.

Alors en bon François, on devait la laisser tirer... jusqu'à la dernière ligne.

Alexandre Anizy

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