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"Fakirs" d'Antonin VARENNE

Publié le par Alexandre Anizy

"Fakirs" (1) est le troisième roman policier d’Antonin Varenne, mais le premier publié par l’éditrice de Fred Vargas.

 

Cet auteur sait indéniablement construire ses récits, définir les caractères, soigner le style. Nous nous sommes délectés de son histoire. Cependant, notre réticence pour une recommandation sans réserve provient d’une impression ténue d’imitation vague du commissaire Adamsberg dans le Guérin azimuté de Varenne, ce qui gâcha notre plaisir. 

 

Puisque Varenne a du talent, qu’il ne s’enfuit pas … dans la manière d’une autre.

 

 

Alexandre Anizy

 
(1) : éditions Viviane Hamy, avril 2009, 284 pages, 17 €   

Un desaccord avec Milan KUNDERA

Publié le par Alexandre Anizy

Dans son dernier livre « une rencontre »(a), au chapitre évoquant l’amitié et l’inimitié, Milan Kundera écrit : « (...) (aujourd’hui, je le sais : à l’ère du bilan, la plaie la plus douloureuse est celle des amitiés cassées ; et rien n’est plus bête que de sacrifier une amitié à la politique. Je suis fier de ne l’avoir jamais fait. J’ai admiré Mitterrand pour la fidélité qu’il a su garder à ses vieux amis. (…) C’est cette fidélité qui était sa noblesse). » (p.133)

Il ajoute :

« Contrairement à la puérile fidélité à une conviction, la fidélité à un ami est une vertu, peut-être la seule, la dernière. » (p.134)

 

Le propos n’est pas contradictoire, mais pour le moins imprécis.

Si on ne voit pas, par exemple, en quoi mourir pour une idée serait puéril (est-ce vraiment ainsi qu’il faudrait qualifier le geste de Jan Palach ?), on comprend encore moins, puisque les hommes évoluent sans doute plus que les idées, pourquoi la fidélité à un ami serait élevée au rang de vertu.

 

Revenons à l’Occupation et au francisquain Mitterrand , puisque Kundera nous y invite en quelque sorte, pour expliciter notre désaccord. Dans le film "l armee des ombres" (b) de Jean-Pierre Melville, le groupe de résistants dirigés par Paul Meurisse décide d’éliminer leur amie Simone Signoret, parce qu’elle a déjà parlé. Trahir est un acte de rupture. Elle est donc flinguée par nécessité et sans détestation, parce qu’il faut être inhumain pour haïr celui qui a parlé sous la torture (ou le chantage à la déchéance humaine). Mais on ne peut pas en dire autant pour René Bousquet, ce fonctionnaire haut collaborateur, dont Mitterrand ne s’écarta jamais : dans ce cas, la faiblesse de Mitterrand ne peut être en aucun cas un signe de noblesse.

 

Ce sont les actes qui définissent le mieux les hommes. Toujours. Et les actes de bravoure du passé ne peuvent pas effacer les saloperies du présent : la vie de Joseph Darnand, le Chef de la Milice, illustre parfaitement notre pensée.

En restant fidèle à un ami qui a changé en mal, on se montre simplement incapable d’apprécier raisonnablement une situation : ce n’est qu’un lâche aveuglement.

 

 

Alexandre Anizy

 

(a) : éditions Gallimard, mars 2009, 204 pages, 17,90 €.

(b) : un chef d’œuvre.

Bilan carbone pour ROCARD l'idiot utile

Publié le par Alexandre Anizy

A Michel Rocard l’idiot utile, ancien inspecteur des Finances sous addiction à la taxe fiscale, le peuple ingrat devait déjà la CSG : un impôt temporaire vite pérennisé ; il lui doit aussi le RMI, cette aumône qui écarte quasi définitivement les plus démunis d’un emploi socialement décent.

Ces jours-ci, il vend une taxe carbone.

 

Ce pseudo socialiste a donc passé sa vie politique à asphyxier les pauvres pour donner de l’air aux riches : ce n’est pas l’historien Jacques Marseille qui nous contredira.

 

Aujourd’hui, à ce stade (de l’incapacité), qui bottera le cul de ce tartufe pour une mise en retraite (salutaire pour le peuple) ?

 

Alexandre Anizy

"Firmin" de Sam SAVAGE : un avatar du lecteur mécanique d'Edith WHARTON

Publié le par Alexandre Anizy

Sans aucun doute, Edith Wharton aurait classé le grignoteur de livres nommé « Firmin » parmi les lecteurs mécaniques, évidemment primaires. Pour notre part, nous rangeons ce personnage romanesque dans la catégorie des « albatros » : l’idée est si originale et loufoque qu’elle empêche l’auteur d’exploser. Comme il ne se lâche pas, Sam Savage perd finalement le lecteur qui décroche de cette histoire trop sagement menée.   

 

Restons bon joueur, car un lecteur ne perd jamais son temps, en soulignant le remarquable travail de la maison d’édition qui a obtenu une couverture médiatique disproportionnée, eu égard à la valeur réelle du livre : Actes Sud semble regorger d’excellents professionnels.

 

Quant à Sam Savage, nous lui souhaitons bonne chance pour son deuxième envol !

 

Alexandre Anizy

 

 : éditions Actes Sud, mai 2009, 202 pages, 18 €

 : lire notre note du 25 juillet : Edith Wharton et « le vice de la lecture »

Edith WHARTON et "le vice de la lecture"

Publié le par Alexandre Anizy

En octobre 1903, la riche bourgeoise américaine Edith Wharton publiait un article titré « The Vice of Reading », dans lequel elle expliquait que la diffusion de la connaissance avait révélé un nouveau vice. Son exposé ne nous a pas convaincu.

 

Si son texte est émaillé de quelques truismes, comme « l’érudition n’est [pas] la culture » (p.8), elle ne démontre rien non plus lorsqu’elle affirme que se forcer à lire n’est pas lire, que « lire vraiment est un réflexe ; le lecteur-né lit aussi inconsciemment qu’il respire (…) » (p.8), et elle s’égare même lorsqu’elle prétend que « plus on confère à l’acte [de lire] du mérite, plus il en devient stérile » (p.8).

Mais elle donne aussi une réponse intéressante à la question de l’évaluation d’un livre : « La valeur des livres est proportionnelle à ce que l’on pourrait appeler leur plasticité – leur capacité à représenter toutes choses pour tous, à être diversement modelés par l’impact de nouvelles formes de pensées. » (p.9)

Edith Wharton est indulgente avec le piètre lecteur, ou bien le dévoreur de livres futiles, ou bien ceux qui ne s’intéressent qu’aux « meilleures ventes », parce que ces gens ne nuisent pas à la littérature. Non, ce sont ceux qui se font un devoir de lire, établissant même parfois le programme ambitieux d’être informés de toute la production, qu’elle présente comme des ennemis :

« C’est lorsque le lecteur mécanique, armé de la haute idée de son devoir, envahit le domaine des lettres – discussions, critiques, condamnations ou, pire encore, éloges – que le vice de la lecture devient une menace pour la littérature. » (p.12)

Parce que « lire n’est pas une vertu, mais bien lire est un art, et un art que seul le lecteur-né peut acquérir ». Deux inepties en une phrase ! Car en quoi la lecture serait un art, et pourquoi le « lecteur-né » pourrait seul acquérir la capacité de bien lire ? Point d’arguments avancés pour défendre cette assertion, si ce ne sont d’autres fadaises du genre : « le lecteur mécanique est l’esclave de son marque-page » (p.15).

Cette opposition entre lecteur-né et lecteur mécanique est artificielle. Elle repose essentiellement sur le préjugé de classe demi-avoué d’une femme bien née, qui déclare que « la route du lecteur mécanique est tracée par la vox populi. » (p.19) Si Edith Wharton voulait dénoncer l’hypocrisie de sa classe sociale, comme le pense Michel Guerrin, elle n’y parvenait qu’en sombrant dans un élitisme déjà suranné en son temps.

 

Pour nous, la lecture n’est pas en soi un vice : au mieux, elle contribue au développement intellectuel, et au pire, elle permet une évasion divertissante.  

 

Alexandre Anizy


 : « le vice de la lecture », 1ère traduction française par Shaïne Cassim aux éditions du sonneur, mars 2009, 38 pages, 5 €.

 : dans le Monde du 26 juin 2009.

Mort du PS (V) : vers une agonie cruelle selon Zaki LAÏDI

Publié le par Alexandre Anizy

Dimanche dernier, le milliardaire philosophe Bernard-Henri Lévy, parce qu’il sait et qu’il en a les moyens, venait à peine de se placer au milieu de la piste du cirque médiatique avec son appel à la mort du Parti Socialiste, que le secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant en prenait aussitôt la défense ! Or, chacun sait que si votre ennemi politique vole à votre secours, cela signifie que vous lui êtes plus utile moribond que mort … Ce « soutien » de l’Elysée confirme notre analyse : plus que jamais, le Parti Socialiste sera utile à l’oligarchie en agonisant lentement.

 

C’est ce que disait aussi Zaki Laïdi dans un article antérieur à celui du milliardaire philosophe : « [la défaite électorale du PS aux européennes] marque l’aboutissement d’un long processus d’affaiblissement rendant sa survie incertaine. Certes, le risque d’une mort subite est très faible. Mais cela ne rendra paradoxalement l’agonie que plus cruelle. » Précisant immédiatement : « Celle de la SFIO qui mit 15 ans à disparaître comme force politique nationale tout en continuant à prospérer dans ses fiefs locaux. »

 

C’est ce que nous allons voir, nous dit Zaki Laïdi, puisque le PS est d’ores et déjà dans une double dynamique : la balkanisation, i.e. l’émancipation des barons provinciaux (comme les francs macs Rebsamen et Collomb, par exemple), et la bunkérisation, i.e. un enchaînement de pseudo-rénovations « qui ne visent en réalité qu’à garantir la survie d’un appareil aux abois ». 

Zaki Laïdi concluait ainsi : « (…) l’enjeu n’est plus de savoir comment sauver le PS mais de faire en sorte que sa survie ne contrarie pas l’émergence d’une gauche moderne et forte ».

Bref, un papier beaucoup plus intéressant et utile à la gauche que la rodomontade du milliardaire philosophe Bernard-Henri Lévy, qui apparaît de plus en plus pour ce qu’il est : un véritable ennemi de classe. 

 

 

Alexandre Anizy

 

 : le Monde du 8 juillet 2009.

 : nom de l’ancêtre du PS

Que le PS meure (IV) dit Bernard-Henri LéVY un perfide ennemi de classe

Publié le par Alexandre Anizy

Quelle mouche a piqué (un sage utilitariste dirait simplement : quel intérêt incite etc.) le milliardaire philosophe Bernard-Henri Lévy pour qu’il prône la disparition du Parti Socialiste dans le JDD, car depuis des lustres, le chevalier blanc de l’humanitarisme atlantiste veillait à se tenir au-dessus du marigot radical-socialiste ?

 

Si on retient l’analyse du milliardaire philosophe, son appel à « l’éléphanticide » ne porte pas à conséquence, puisque « le PS va mourir ? Non. Il est mort. Personne, ou presque, n’ose le dire. ». En mettant sa plume dans l’explosif germanopratin, l’intrépide B-HL pratique en fait une maïeutique sommaire, fidèle à sa conception guerrière de la discussion médiatique.

Il semble convaincu d’être ainsi le père de l’acte initiateur … et il le fera savoir dans ses journaux, ou ceux de ses nombreux amis. Pire : il pense qu’il agit pour le bien de la gauche, car comme le disait Maurice Clavel, une « figure de la gauche morale » qu’il cite : « pour vaincre la droite, il faut d’abord briser la gauche ».

Sans référence donnée, nous supposons que cela concerne la période où le Résistant Clavel fricotait avec les guignols de la « Gauche Prolétaroïde » de la rue d’Ulm.

 

Objectivement, le milliardaire philosophe Bernard-Henri Lévy apporte sa contribution au discrédit de ce parti de notables provinciaux, servant ainsi les intérêts de sa classe sociale représentée brillamment par Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa. Il le fait d’autant mieux qu’il avance les noms de « la gauche de demain, la gauche moderne et réinventée » : la madone Déate Marie-Ségolène ROYAL, le désinvolte mondialiste Dominique Strauss-Kahn (si prévenant avec ses collaboratrices), le franc mac Manuel VALLS … Que du beau monde !

 

Le milliardaire philosophe se veut le chantre de la gauche morale, celle qui bouffe du caviar en faisant la leçon d’humanisme aux gens de peu, celle qui a pollué la gauche par une idéologie réactionnaire, littéralement réactionnaire, en paraphrasant B-HL, le perfide ennemi de classe.

 

Alexandre Anizy

 

 : Journal du Dimanche, appartenant in fine à Arnaud Lagardère, le « frère » du président ubiquiste Sarkozy de Nagy Bocsa, 19 juillet 2009.

 : expression uniquement due à sa « fameuse » chemise.

 : B-HL aurait-il lu notre blog, notamment les notes titrées « Que le PS meure », lui l’homme de médias qui vient de décider d’investir Internet ? (message personnel à Joseph Macé-Scaron : ceci est aussi de l’humour)

 : on eût apprécié plus de précisions (une date, un support, par exemple)

 : i.e. les maos français, Benny Lévy et sa clique stalinienne.

L'avenir du rail en Europe et l'idée de Jacques ATTALI (sncf - db)

Publié le par Alexandre Anizy

La construction de l’Union Européenne est entre les mains de politiciens idéologues et d’eurocrates serviles. En matière économique, l’exemple du rail anglais le démontre une nouvelle fois.

 

La plus importante ligne de chemin de fer du pays, Londres – Edimbourg (17 millions de voyageurs par an), n’est pas rentable pour l’opérateur privé National Express : il se retire. Comme c’est la 2ème fois en 3 ans que cette ligne perd son exploitant, le gouvernement de Gordon Brown n’a pas d’autre choix que de la nationaliser.

En fait, c’est tout le système de franchise mis en place par les conservateurs, et maintenu par Tony Blair en 1997, qui ne tient pas la voie !

 

Pensez-vous que les eurocrates bruxellois abandonneront leur projet ? Non. Le rail sera partout privatisé en Europe … et les contribuables paieront finalement l’addition de ces inepties économiques, comme en Grande-Bretagne. Mais entre temps, certains financiers auront fait leur beurre.

 

Dans l’Express du 9 juillet 2009, Jacques Attali propose de fusionner la SNCF avec la Deutsche Bahn (DB), parce que cela « permettra de maintenir la dimension de service public des chemins de fer ». C’est la 1ère motivation avancée dans cet article. Au nom de l’intérêt général, que ne fait-on pas, n’est-ce pas ?

Curieusement, si c’était réellement l’ambition des eurocrates, Jacques Attali ne nous explique pas pourquoi les entreprises de chemin de fer, qui étaient des entreprises publiques dans les années 80, n’ont pas été toutes fusionnées pour créer le grand marché européen cher au social-traître Jacques Delors (assisté déjà par le malfaisant Pascal Lamy) ?

Comme on le sait, c’est la privatisation générale qui a été choisie, et elle est en voie d’achèvement. Par conséquent, on peut se demander si cette proposition de fusion n’est pas un moyen pour noyer la SNCF dans une 1ère entreprise européenne privée d’intérêt public.

Cette idée présente 2 avantages : le tour de passe-passe se jouerait à Bruxelles et la CGT ne perdrait pas la face.

 

 

Alexandre Anizy

Jacques LAURENT un vilain canard

Publié le par Alexandre Anizy

Comme nous l’avons écrit récemment, l’époque de la Seconde Guerre Mondiale est en vogue. Les éditions Grasset (collection « Cahiers Rouges ») y contribue en publiant « le petit canard » de Jacques Laurent.

 

De ce roman, nous ne retenons que les défauts majeurs : une structure déséquilibrée et déjà un style de roman de gare (rappelons que Cécil Saint-Laurent est un des pseudonymes de Jacques Laurent). Nous les retrouvons d’ailleurs bien des années plus tard dans « les bêtises », auxquelles nous avons consacré une note. Cela ne nous étonne plus, puisque Jacques Laurent considérait qu’ « un roman est aventure imprévue ».

Ici, la légèreté du thème et son traitement narratif frisent la débilité : « Si Antoine entre dans la L.V.F. [ndAA : Légion des Volontaires Français, qui a combattu le bolchevisme aux côtés des troupes allemandes], c’est parce qu’un officier polonais a embrassé celle qu’il aimait ».

 

Si « un auteur n’a pas plus à se commenter qu’un peintre à adjoindre une notice à son tableau », ce que nous approuvons dans la mesure où l’auteur assume son propos, nous n’avons pas à justifier outre mesure notre appréciation définitive : nous n’aimons pas le vilain Jacques Laurent.

 

 

Alexandre Anizy

 

 : notre note du 19 juin 2009 « L’historienne Anne SIMONIN révise l’épuration de 1945 » ;

 : mai 2009, 148 pages, 7,60 €.

 : note du 8 novembre 2008.

"Chasseurs de têtes" de Jo NESBO

Publié le par Alexandre Anizy

Dans « chasseurs de têtes », Jo Nesbo troque son héros habituel (un flic) contre un chasseur de têtes (le meilleur, dit-il souvent), faisant partie de la crème de cette profession singulière. Il est vrai que ce recruteur est aussi cambrioleur (spécialisé dans les œuvres d’art) pour subvenir aux dépenses inconsidérées de son ménage.

Accessoirement, nous sommes ainsi plongés dans l’univers impitoyable de ces vendeurs de trajectoires et de caractères.

Rappelons ici le livre de Michel Crespy présenté dans notre note du 6 juillet 2008.

Indéniablement, Jo Nesbo sait bâtir un « rompol » et il surveille son style. Dans celui-ci, on ne s’ennuie pas et le rebondissement final est bien amené. Mais curieusement, nous avons ressenti une baisse de tension. Faut-il en conclure que Jo n’est beau que dans la flicaille ?

Absolument pas.

 


Alexandre Anizy

 

 : Série Noire de Gallimard, aril 2009, 310 pages, 17,90 €.

 : voir notre note du 13 mai 2007.