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A Michel Onfray : travailler plus pour écrire moins

Publié le par Alexandre Anizy

Dans la bataille qui vous oppose, Michel Onfray, aux dinosaures de la psychanalyse épaulés par les intellectuels établis (non, nous ne parlons pas spécialement des ex-maos – repentis ou non), nous nous rangeons évidemment de votre côté : un homme qui aspire à n'avoir ni Dieu ni maître ne peut pas être antipathique. Si votre entreprise de démolition est salutaire, nous ne sommes pas certains qu'elle soit franchement nouvelle.


A lire votre réponse savoureuse au milliardaire philosophe Bernard Henri Lévy, à voir le succès en librairie, nous ne doutons pas de votre victoire médiatique.


Notre interrogation est ailleurs. Sauf erreur de notre part, vous n'avez pas répondu aux fautes relevées par Elisabeth Roudinesco dans votre livre. Accepte-t-on l'utilisation de mauvais matériaux par un maçon ? Non, évidemment. La chose vaut aussi pour les intellectuels dignes de ce nom (mettons de côté les obscènes "botuliens" comme le milliardaire philosophe Bernard Henri Lévy). Or, au rythme effréné où vous publiez, ce défaut finira inéluctablement par vous nuire.


Cher Michel Onfray, prenez-y garde : à trop philosopher au marteau, on finit "gros bras".



Alexandre Anizy


P-.S. : dans son article « Freud, l'antimoderne » (Figaro 12 juin 2010), Paul-Marie Coûteaux vous définit comme « une sorte de philosophe officiel de la petite bourgeoisie jouisseuse et festive » ; le fait que les médias vous soient facilement accessibles et que vous soyez apparemment devenus un chroniqueur du quotidien vespéral tendrait à confirmer l'instrumentalisation, de votre plein gré.

 

 

 

"Drôle de jeu" de Roger Vailland

Publié le par Alexandre Anizy

Bernard Clavel et son hiver 43 (lire la note culturelle précédente) nous ont donné envie d'aller voir du côté de chez Roger Vailland, notamment son « drôle de jeu » (Phébus libretto, novembre 2009, 297 pages, 12 €).


Voilà un roman énervant ! Par le truchement d'un personnage, Roger Vailland expose ses idées politiques et morales : en gros, un alliage rare du marxisme-léninisme et du libertinage. Si on supporte les premiers passages, les suivants s'apparentent à des dissertations … Bref, cet ouvrage est de ce point de vue l'exemple à ne pas suivre.


Aphorisme vaillandesque : « Le refus individuel de l'amour vénal est le pendant de la reprise individuelle : aussi naïf et aussi suspect. » (p.130)


Mais en ce qui concerne la Résistance, il devrait être en rayons libres dans toutes les bibliothèques publiques, parce qu'il montre le quotidien d'un réseau. L'auteur nous offre un tableau de l'armée de l'ombre sans enjolivure ni pathos. Et de ce point de vue, « drôle de jeu » est un excellent roman.


Il faut sortir Vailland du placard !



Alexandre Anizy



 

Les tuyaux percés d'Alexandre Adler

Publié le par Alexandre Anizy

En Histoire, le professeur Alexandre Adler garde encore son aura (surtout pour les pays de l'Est), mais lorsqu'il parle d'économie, notamment dans sa chronique du Figaro comme la récente titrée "la pénible rééducation du patient européen", il devrait s'abstenir d'affirmer comme ceci :

« (…) une solution que personne n'ose encore formuler : assurer, sans casse excessive, un défaut de paiement de l'État grec qui permettra un allégement définitif de la dette et permettra peu à peu des politiques de relance. » (dans le style, Adler se permet le relâchement …)

Pour Alexandre Adler, citons sans effort au moins une personne, Charles Wyplosz (professeur d'économie à Genève), et son article dans le Monde daté du 28 avril 2010 ("Grèce : il faut suspendre le paiement de la dette publique").


Les experts n'en sont pas toujours.


Alexandre Anizy


 

Sauver l'Europe : Jacques Julliard vaut bien Guy Mollet

Publié le par Alexandre Anizy

Pour Jacques Julliard, la crise a déjà fait une victime, l'Europe.

Si ce monsieur n'a pas tort lorsqu'il dit que depuis Margaret Thatcher les Britanniques « se comportaient comme Goldman Sachs envers la Grèce et ses autres clients », il se fourvoie quand il pense que l'Allemagne a changé avec Mutti Merkel, puisqu'elle suit la feuille de route établie au moins depuis Helmut Kohl.

Quelle réponse politique faut-il donner à cette défaite ? Pour Julliard, « il faut faire l'Europe à deux », parce qu'une « union économique, diplomatique et, plus tard, politique entre la France et l'Allemagne serait du jour au lendemain la 3ème puissance mondiale ».


D'une part, ce monsieur n'apprend décidément rien des échecs, puisqu'il continue à mettre la charrue avant les boeufs, comme le haut fonctionnaire Jean Monnet et la clique de ses épigones. Si l'Europe doit être fondée, elle ne le sera d'abord que par la volonté proclamée des peuples, par exemple en élisant une Assemblée Constituante et en instaurant un gouvernement provisoire.

D'autre part, bien qu'il constate « que les Allemands ne veulent pas, ou plutôt ne veulent plus », « la seule manière de les convaincre est de restaurer notre puissance économique » … pour pouvoir s'unir à eux : « c'est celui-là [de projet ; ndAA] que je propose au Parti Socialiste. » Pour résumer l'ambition politique ultime de Jacques Julliard par une image, on fourguerait le bébé France rétablie dans le fleuve allemand impassible. Drôle de projet, n'est-ce pas ?

Enfin, pas plus stupide ou ignominieux que celui de Guy Mollet en 1956, lorsque ce pseudo socialiste, Président du Conseil, proposa secrètement une Union avec la Grande-Bretagne !



Par ailleurs, c'est dans l'adversité que les vraies natures se révèlent. Celle de Jacques Julliard n'est pas reluisante, si on se réfère à ses écrits sur les Grecs :

« (…) on brûle le drapeau européen à Athènes. Les assistés mordent la main qui les nourrit parce que l'Europe n'a jamais été pour eux un projet mais une aubaine, pour vivre au-dessus de leurs moyens. » (Observateur 6 mai 2010)

Si vous remplacez les Grecs "assistés" par immigrés, on dirait du Jean-Marie Le Pen.



Alexandre Anizy

 

Europe 2010 : en route vers la crise des années trente

Publié le par Alexandre Anizy

 

Si l'économie politique n'est pas une science exacte, elle a quand même dégagé quelques lois vérifiées dans les faits. Par exemple, en macroéconomie, la théorie dit qu'une union monétaire ne peut pas fonctionner sans mécanisme de coordination budgétaire. Les dogmatiques allemands sous la férule du chancelier Helmut Kohl, par intérêt national, ont substitué à cette nécessaire coordination l'utopique pacte de stabilité, qui est un instrument arbitraire et insensible aux conjonctures économiques.

Suite aux secousses financières et monétaires déclenchées par la crise grecque, les ministres des Finances des 27 ont durci les règles de ce pacte inopérant, ce qui prouvent qu'ils n'ont rien appris des erreurs passées. A leur décharge, force est de constater que bien des économistes patentés sont dans le même bateau ivre.


En 1982, les créanciers souverains du Mexique ont refusé de voir le problème de solvabilité, arguant d'un simple problème transitoire de liquidité. Résultat : 10 ans perdus pour l'Amérique Latine, à qui le Fonds Monétaire International (FMI, déjà dirigé à l'époque par un Français, Jacques de Larosière, qui ne se prétendait pas socialiste comme aujourd'hui Dominique Strauss-Kahn l'ami du CAC 40) a imposé des plans d'austérité stériles. Leur calvaire a pris fin à partir de l'initiative Brady, quand les dettes ont été restructurées … et quand les banques ont pu solder leurs créances.

Pour la Grèce, cette solution pleine de sagesse n'a pas été retenue en 2009. Grâce à la complicité des agences de notation, les titres de la dette publique des pays comme le Portugal et l'Espagne ont été contaminés.


Le durcissement du pacte de stabilité et les différents plans d'austérité annoncés constitueront une compression extraordinaire des dépenses publiques dont le résultat sera la déflation compétitive. C'est à dire la reproduction de la politique économique instaurée en Allemagne par le chancelier Schröder (un socialiste, paraît-il). Or l'Allemagne n'a survécu à ces saignées que grâce à ses exportations mirobolantes … dont 75 % des excédents étaient réalisées sur le dos de l'Europe !

Aujourd'hui, compte tenu de son niveau élevé d'endettement, le secteur privé européen ne pourra pas suppléer la baisse de la composante publique de la demande. En conséquence, toutes choses égales par ailleurs, nous allons entrer dans le cercle infernal de la déflation, de la récession et de l'augmentation de la valeur réelle des dettes. C'est à dire la situation du bloc-or en 1932-1936, après la dévaluation de la livre sterling en septembre 1931.


L'Europe est en route vers le passé : les années trente précisément (1).



Alexandre Anizy


  1. : même si nous répétons nos critiques par rapport à son livre, nous disons aussi à nouveau combien François Lenglet était bien seul en 2007 lorsqu'il publia son livre. Nous vous renvoyons à l'ensemble de nos notes concernant cet ouvrage :

    http://www.alexandreanizy.com/article-21885743.html

    http://www.alexandreanizy.com/article-22073809.html

    http://www.alexandreanizy.com/article-22126004.html

    http://www.alexandreanizy.com/article-22151045.html

     


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mutti Merkel impose sa loi économique à l'Europe

Publié le par Alexandre Anizy

 

Peu à peu, inexorablement, l'Allemagne enferme l'union monétaire européenne dans son dogme monétariste pour son plus grand profit. Redoutable négociatrice focalisée sur son intérêt national, Mutti Merkel n'a rien lâché en acceptant le plan de sauvetage de la Grèce, bien au contraire.


Pour obtenir le feu vert allemand, les Européens ont dû s'engager à durcir le pacte de stabilité (qui limite les déficits et les dettes des États membres) avec de nouvelles sanctions, et à nommer en 2011 Axel Weber comme Président de la BCE (le charme relatif des circonlocutions de l'euro imperator Trichet disparaîtra au profit d'une litanie monétariste monotone : mais après tout, il n'était qu'une marionnette envoûtée par les ayatollahs germaniques, si l'on en croit Yves de Kerdrel du Figaro).

Mieux que ça : lundi 7 juin, la soumission des budgets des États membres à l'examen de la Commission avant le vote des parlements nationaux est adoptée par l'Eurogroupe. Si le principe de la souveraineté nationale n'est pas encore violé dans la lettre, il l'est déjà dans la forme.


Lundi soir toujours, en bonne élève appliquée, Mutti Merkel a avancé un nouveau pion sur l'échiquier en annonçant une cure d'austérité historique . Son exemple sera suivi.

Nous vous donnons la prochaine étape : forte d'une démonstration douteuse, l'Allemagne reviendra à la charge pour que les États membres inscrivent dans leurs Constitutions un frein à la dette, comme elle l'a fait en 2009.


Mais en décidant de sauver la Grèce, Mutti Merkel a-t-elle pris un risque politique pour son pays ? Non, bien au contraire. Faire semblant de tergiverser, pour finalement passer outre à l'opposition de son peuple pour toute opération de secours, lui permettait de masquer la réalité : en aidant la Grèce, ce sont les banques allemandes (28 milliards d'euros de dette grecque sont inscrits dans leurs bilans : à elle seule, Hypo Real Estate, une banque sauvée par le contribuable allemand en 2009, en détient 30 %) qu'elle a sorties d'un nouveau cataclysme. Pour Mutti Merkel, mieux valait désigner un bouc émissaire grec que de reconnaître l'échec de son plan de sauvetage du système bancaire allemand en 2009.

Soyons juste : pour comprendre l'agitation française dans le dossier grec, il faut savoir que les banques françaises seraient engagées à hauteur de 50 milliards d'euros, selon un rapport de la Barclay's Capital.


Il apparaît ainsi que la crise de l'euro n'est qu'un nouvel épisode de la crise bancaire. Une crise à laquelle le dernier G20 n'a pas apporté de solutions concrètes et sérieuses.


Néanmoins, en réponse aux stimuli des financiers (i.e. les banques), les gouvernements européens prônent et préparent toujours plus d'austérité. La descente en Enfer paradisiaque de la pureté monétaire achèvera la construction chimérique de l'Europe technocratique au service exclusif de l'oligarchie.



Alexandre Anizy

 

Les fruits de l'hiver de Bernard Clavel

Publié le par Alexandre Anizy

Ces derniers temps, tellement d'écrivassiers ont gâché notre plaisir que nous nous sommes retournés vers des écrivains qui avaient pignon sur rue il y a 30 ans et plus. Comme nous gardions un excellent souvenir de Bernard Clavel, nous empruntâmes « les fruits de l'hiver » (Robert Laffont, 1968) à une bibliothèque de province.

Parlons-en aujourd'hui, 6 juin 2010.


Dès les premières phrases, le lecteur est plongé dans l'ambiance et le décor:

« Le matin du 1er octobre 1943, le père Dubois s'éveilla bien avant l'aube. Il avait mal dormi. Une douleur sourde lui tenait la tête comme un cercle de fer qui se resserrait par moments. Il demeura quelques minutes l'oreille tendue, à écouter la nuit. Aucun bruit ne parvenait du dehors et le vent d'ouest, après avoir couru durant trois jours, semblait s'être arrêté sans apporter la pluie. Le père Dubois s'assit lentement sur son lit, se tourna sur le côté et posa les pieds sur le parquet froid à la recherche de ses pantoufles. »

Le style est sobre et efficace, ce qui ne l'empêche pas d'être travaillé.


Dans ce roman, Bernard Clavel dépeint les derniers mois d'un vieux couple, à la fin de la guerre. Tout y passe : l'amour chez ces gens-là, le fils réfractaire au STO, le fils un peu collaborateur d'abord pour raison marchande mais pas seulement, la vie ordinaire sous l'Occupation, la Libération sans gloriole, la cupidité de certains héritiers … L'écrivailleur gratte jusqu'à l'os en accordant son attention à tous les personnages, pour que la part d'humanité qui est en chacun d'eux puisse rejaillir.


Avec Bernard Clavel, c'est toujours du bel ouvrage. Alors n'hésitez pas !

Savourez un "vieux" Clavel plutôt qu'un produit actuel déjà avarié !



Alexandre Anizy

 

 

Le Président allemand Horst Köhler dit en premier

Publié le par Alexandre Anizy

Le Président allemand Horst Köhler a démissionné abruptement le 31 mai 2010 après avoir soulevé un tollé national à son retour d'Afghanistan, en affirmant que l'action militaire allemande à l'étranger est « nécessaire pour maintenir nos intérêts comme, par exemple, libérer les routes commerciales ou prévenir des instabilités régionales qui pourraient avoir un impact négatif sur nos perspectives en termes de commerce, d'emplois et de revenus ».


Horst Köhler avait une longue carrière de haut fonctionnaire, qu'il finit comme dirigeant du FMI, avant d'entrer pleinement en politique sous la bannière du CDU, le parti de Mutti Merkel. Qu'il est étrange de voir la presse qualifier généralement de gaffe ce propos sensé, auquel l'oligarchie allemande adhère.


Mais voilà, le peuple allemand est hostile à ses expéditions militaires en terres étrangères, notamment à celle d'Afghanistan. Alors il fallait lui concéder quelque chose, surtout après le comportement peu glorieux de l'État-major et la débandade lamentable de son aristocrate ministre !


Guy Béart chantait autrefois :

« (…) le premier qui dit se trouve toujours sacrifié (...) » (la vérité)



Alexandre Anizy

 

L'oracle Jacques Attali comme un cabri

Publié le par Alexandre Anizy

 

En 2007, Jacques Attali n'a pas vu venir la crise systémique de l'économie mondiale, mais il en a perçu la gravité quasiment depuis son déclenchement, contrairement au "prétentieux meilleur économiste de gauche" Dominique Strauss-Kahn, l'ami du CAC 40, qui faisait la leçon en petit maître infatué : (re)lire la note http://www.alexandreanizy.com/article-15723746.html .


Conscient qu'il faut « remettre en question la définition marchande du mieux-être », Attali comprend qu'il s'agira « bien d'une mutation radicale de la nature même des biens matériels produits et de leur rapport avec le temps, les sensations et les sentiments. » (Express du 17 décembre 2009) Il forge alors le concept de l'adéqroissance, en affirmant que « cette mutation exigera d'énormes investissements qui se traduiront, longtemps encore, par une forte croissance de la production matérielle, devenue adéquate, c'est-à-dire de plus en plus économe en énergie et (…) tournée vers des réalisations immatérielles, faites de gratuité et d'altruisme, de spiritualité et de plénitude. » (idem).

C'est encore une proposition transcendantale, voire eschatologique.


Mais, dédouané par son espérance d'un mieux-être spirituel sans indigence, il peut répondre aux questions présentes par des recettes fortement teintées de libéralisme (voir par exemple les recommandations de sa Commission pour la croissance), conformes finalement à l'état d'esprit général. En janvier 2008, c'était la croissance (chopée avec les dents s'il le faut … souvenez-vous de 2007), et en 2010, c'est l'évitement d'une « impasse économique, financière et sociale à l'horizon 2020 », grâce à l'assainissement des finances publiques (autrement dit, la réduction des dépenses de l'Etat dans un environnement économique de stagnation …).

En économie, l'oracle Attali suit en fait la tendance dominante.



Et puis concernant l'Union Allemande, Attali se berce d'illusions, comme tant d'autres. « L'arrogance allemande n'est que le reflet de notre incapacité à proposer une stratégie européenne, faite d'équilibre national et de relance collective. » (express 26 mai 2010).

Une analyse bizarre, puisque c'est bien Mutti Merkel qui a bloqué, tergiversé sur le plan de sauvetage des banques, qui a feint d'hésiter (pour cause d'élection régionale, de toute évidence : un comportement "populiste", comme disent d'ordinaire les politologues à l'encontre de tout homme politique qui flatte les "mauvais penchants" de l'opinion – selon le politiquement correct) dans la crise grecque pour finalement imposer le FMI américain dans le sirtaki financier, annihilant du même coup l'espoir d'une autonomie politique et économique de l'Union Allemande (i.e. L'UE), qui refuse toute idée de relance en Allemagne et le prouve concrètement en exposant ces jours-ci un programme d'augmentation de la TVA et des impôts …

Que faut-il de plus pour ouvrir les yeux de Jacques Attali ?


Par ailleurs, nous précisons que le terme d'arrogance allemande ne correspond pas à la réalité : que Mutti Merkel défende prioritairement les intérêts de son peuple, comme les chanceliers précédents l'ont fait, non sans brio (Helmut KOHL n'a-t-il pas roulé dans la farine diplomatique le francisquain Mitterrand lors de la réunification allemande et la création de l'euro ?), nous semble une bonne chose, du point de vue démocratique, qui n'a strictement aucun rapport avec une quelconque attitude déplaisante.

Non, ce qui est vraiment affligeant dans cette affaire, c'est que l'oracle Attali se comporte comme les autres cabris français.



Alexandre Anizy


 

Le don dans "mit den Schuhen" de Rudolf Borchardt

Publié le par Alexandre Anizy

"Avec les chaussures", drôle de titre pour un poème où il est question de don.


« On ne peut donner ce qu'on voudrait,

Et l'on ne donne que ce que l'on doit donner,

On donne donc un baiser, quand

On aimerait donner sa vie.


On donne donc un bouquet au lieu

Du jardin autour d'une maison,

On donne le livre, il compense

La sagesse du monde entier,


On passe la bague à un doigt,

On ceint le cou d'un collier,

Tout n'est qu'un minime acompte

Sur la dette de l'univers ! (...) »


« Mit den Schuhen », Rudolf Borchardt


Comprendre que l'homme est un éternel débiteur est le premier pas du sage.


Alexandre Anizy