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Carlos Zanón dans l'enfer de Johnny Thunders

Publié le par Alexandre Anizy

Carlos Zanón épate la galerie en dépeignant le retour glauque de Mr Frankie dans son territoire d'adolescence. No future !

Dans son polar noir J'ai été Johnny Thunders (Asphalte éditions, 2016, livrel à 9,99 €), Carlos Zanón raconte le plan foireux d'un junkie déglingué : c'est un peu longuet, mais ça vaut le coup. Une dose pour goûter ?

« Les minutes s'écoulent et les Avett Brothers continuent de jouer encore et encore. Francis veut toujours vivre. Mr Frankie non, et il attend, en silence, ce qui tarde à venir. Francis calque sa respiration sur le rythme de la mélodie, de ce mantra, les yeux comme des bouches ouvertes, comme s'il avait des écailles.

Mais toujours vivant.

Mutante est un mauvais dealer, un requin avec un bon fond.

Cette merde ne risquait pas de le tuer. » (p.282)

Même quand c'est parti pour, ce n'est jamais vraiment The end...

Alexandre Anizy

L'affaire Bismuth Sarkozy sur la balance de Patricia Simon

Publié le par Alexandre Anizy

Dans l'affaire des écoutes téléphoniques qui perturbe le rebond politique de Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa, quelle ne fut pas notre surprise en voyant le nom de Patricia Simon, redoublée par la lecture d'un article dithyrambique frisant l'hagiographie dans l'iconoclaste quotidien néoconservateur : en effet, au regard de certaines performances passées de ce magistrat, on peut se demander si la vérité y trouvera son compte, sachant que le droit conçoit toujours le sien.

Par exemple, en novembre 2009, dans le procès des marchés truqués des Hauts-de-Seine, dont les services du Conseil Général sous l'autorité directe d'une certaine Isabelle Balkany (bien connue à l'Elysée sous Sarkozy de Nagy Bocsa) sont visés par les magistrats, le procureur Philippe Courroye (bien connu à l'Elysée sous Sarkozy de Nagy Bocsa) n'a retenu que le favoritisme et la prise illégale d'intérêt, écartant les accusations d'escroquerie et de détournement de fonds publics et ne poursuivant in fine que des exécutants. Mais que pouvait faire le juge d'instruction Patricia Simon dans cette affaire commencée en l'an 2000, face à une Police Judiciaire qui perd en avril 2007 une pièce à conviction importante, face à une Direction nationale des investigations financières (DNIF) qui renâcle à l'accompagner pour une perquisition à la mairie de Levallois (le repaire du couple Balkany) ? Y en a qui vont chercher la croissance avec les dents (disait-il), et puis d'autres... allez savoir : des années de travail judiciaire pour en arriver à la condamnation de lampistes. Quel succès !

Voici ce qu'écrivait récemment un médiacrate :

« La justice fait peur par l'insupportable longueur de ses procédures, par l'arbitraire de sa coercition, notamment la mise en détention provisoire, et par l'aléatoire de ses décisions. La justice fait peur, parce que les instructions semblent trop souvent menées à charge, et les tribunaux, trop rarement impartiaux. La justice fait peur, enfin, parce qu'elle ne cesse d'apparaître comme une institution politisée.» (Express n° 3273 du 26 mars 2014)

Si même Christophe Barbier le dit sans appel, on comprend la peur des honnêtes gens lorsqu'ils sont confrontés à l'institution judiciaire.

Pour illustrer cette peur, prenons par exemple une affaire du tribunal de grande instance de Nanterre (références : Parquet 0525738005, Instruction 14/06/1) : lorsque le juge d'instruction Patricia Simon émet précipitamment une ordonnance de refus d'informer le 10 avril 2006, la Chambre d'instruction de la Cour d'Appel de Versailles,

« Considérant que le juge d'instruction régulièrement saisi d'une plainte avec constitution de partie civile a le devoir d'instruire (...) qu'il ne peut se limiter à un examen abstrait de la plainte faisant suite à une seule audition de la partie civile (...) » (Arrêt n° 803 du 18 octobre 2006),

infirme cette ordonnance et fait retour de la procédure au même juge d'instruction. En langage profane, on dirait que Versailles demande à Patricia Simon de travailler un peu plus.

Chacun devine ou apprend à ses dépens qu'il ne faut jamais confondre la justice avec la vérité judiciaire, au royaume républicain de France comme ailleurs. Que croyez-vous qu'il arrivât au deuxième round de cette affaire de Nanterre ? Après avoir rempli le dossier de paperasses prouvant qu'il y avait bien eu cette fois-ci enquête et confrontation, donc une recherche formelle de la vérité, le juge d'instruction Patricia Simon émit derechef une ordonnance de refus de mesure d'instruction complémentaire (22 novembre 2007), dans laquelle figure cette fois un surprenant mensonge,

« (...) et que par ailleurs la demande d'acte ne répond pas aux prescriptions légales en ce qu'elle n'est pas adressée par voie recommandée, elle sera rejetée (...) »,

ce que la Chambre d'instruction de la Cour de Versailles, dans son Arrêt rendu le 27 mai 2008 reconnut timidement de la sorte :

« (…) le magistrat instructeur par ordonnance en date du 22 novembre 2007 (…) indiquait également, à tort, que la demande n'avait pas été déposée dans les formes légales. »

Sur ce constat navrant, la partie civile lâcha l'affaire, considérant comme le grand juriste Jack Lang qu' « Il y a trop de relents d'Ancien Régime dans le système pénal français (...) » (Libération du 30 décembre 2008).

Le magistrat Patricia Simon connaît son droit, c'est entendu, mais les résultats obtenus ainsi que les remarques de ses pairs montrent que, parfois, il semble manquer de cette ferveur républicaine nécessaire pour dépasser les pesanteurs sociologiques d'un pays sclérosé. Comme le soutient le courant américain du "réalisme juridique" (sociological jurisprudence), « l'acte de juger est avant tout le produit d'une activité humaine pratique » (Des juges sous influence, numéro 2015/4 de la revue Cahiers de la justice, coédition Ecole Nationale de la Magistrature - Dalloz), et comme l'exprime à sa façon l'avocat Jean-Pierre Mignard (un ami de l'hôte élyséen d'aujourd'hui), « le problème c'est que dans la hiérarchie du parquet, plus on monte et plus le cerveau judiciaire disparaît derrière le cerveau politique ! » (Monde daté du 16 octobre 2009).

C'est pourquoi nous pensons que le juge d'instruction Patricia Simon, avec son savoir-faire, est une bonne pioche pour le néoconservateur Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa : l'arrêt de la Cour d'appel en mai 2016 en est la première manifestation.

http://www.alexandreanizy.com/2016/05/dans-l-affaire-bismuth-sarkozy-commence-a-s-en-sortir.html

Alexandre Anizy

L'illusion de Mélenchon

Publié le par Alexandre Anizy

Jean-Luc Mélenchon dit qu'il a évolué depuis 2012, mais la lecture de ses collaborateurs l'infirme.

Le point crucial d'une autre politique économique, c'est poser la sortie de l'euro comme pierre angulaire du programme de transformation. Force est de constater que Jean-Luc Mélenchon et ses partisans ne le font toujours pas, puisqu'ils persistent à croire que la France étant incontournable dans l'Union allemande (i.e. l'Union Européenne), sa demande de renégociation des traités sera acceptée, etc. C'est pourquoi Eric Coquerel dit :

« Avec le "Brexit", les Anglais font exactement ce que nous pourrions faire pour des raisons inverses : imposer un rapport de forces. Eux veulent plus de libéralisme, et nous, c'est au nom d'une vision opposée à l'austérité, au néolibéralisme. La méthode est intéressante. »

Comme il s'agit de l'avenir de la France et du bien-être de sa population, nous aimerions voir Mr Coquerel traiter la question autrement que par l'appréciation d'une méthode.

Et l'économiste Jacques Généreux de compléter l'analyse mélenchonnesque :

« Le "Brexit" est une bonne stratégie pour obtenir des concessions économiques. C'est ce que la France aurait dû faire et c'est ce qu'elle ferait avec nous pour renégocier les traités ».

Obtenir des concessions du maître allemand, c'est la pierre angulaire du programme de Mélenchon, alors qu'il faudrait le bâtir en ne comptant que sur ses propres forces autonomes.

Plus grave, ces deux affirmations de Mr Généreux :

« L'UE ne peut pas exister sans la France et la BCE ne pourrait pas imposer un blocus monétaire à la France. Soyons sérieux ! »

D'une part, sans la France l'Union allemande s'appellerait autrement - nous sommes d'accord sur ce point -, et l'hypothèse a déjà été étudiée ; d'autre part la BCE, aux mains des néoconservateurs et du bankster Mario Draghi, ne manquerait pas de contrecarrer les mesures financières d'un pays négociateur pusillanime. Soyez sérieux Mr Généreux !

Jean-Luc Mélenchon poursuit comme d'autres son rêve de conquête élyséenne en misant sur la compréhension et la générosité des partenaires de la France, comme les falots Tsipras et Varoufakis avaient parié sur l'intelligence économique des créanciers de la Grèce...

http://www.alexandreanizy.com/article-la-grece-dirigee-par-des-falots-tsipras-et-varoufakis-125559005.html

Le coup de dés de Mélenchon n'abolirait pas la logique en œuvre.

Alexandre Anizy

Du passé selon Jacques Robinet et Alexandre Anizy

Publié le par Alexandre Anizy

Se libérer du passé ne l'efface pas.

Jacques Robinet

Ne regarde pas en arrière

Ne reviens pas sur tes traces

Le destin de ce qui fut

est gravé dans la lumière

qui brille devant toi

Il en est du passé

comme d'une brassée de fleurs

dont ne demeure que le parfum

ou de ces allées forestières

qui conduisent aux clairières

sur un tapis de feuilles mortes

De la source à l'embouchure

les eaux du fleuve se renouvellent

Ce qui fut n'est que poussière

dansante sous le soleil

(ARPA, revue de poésie n° 114)

Alexandre Anizy

Quand tu as pris le train

Regarde droit devant toi

Ignore les vaches

Que tu rencontreras sur le trimard

Ailleurs tout est possible peut-être

Plus tard tu retourneras qui sait

Dans ton pays d'origine

Et tu n'y retrouveras personne

Tu sais bien

Que les années usent les traverses

Lumières froides (éditions ACT, 2015)

Du Québec de Louise Penny

Publié le par Alexandre Anizy

Quand Louise Penny se penche sur Champlain.

En bon François, ce qui touche la Nouvelle-France ne peut nous être indifférent : c'est pourquoi notre vigilance fut alertée quand on apprît qu'une polardeuse canadienne se mettait à conjecturer la sépulture de Champlain, crénom ! Il s'agit de Louise Penny, que Gainsbourg aurait forcément chambrée, avec son rompol Enterrez vos morts ! (Actes Sud, 2015)

A cause du style d'une banalité confondante, force est d'avouer que nous avons failli abandonner à la page 50 (c'est le délai de grâce que nous accordons à n'importe quel romancier pour nous intéresser). Heureusement, dame Penny sait trousser un polar ! L'architectonique de celui-ci est tellement alambiquée qu'elle nous avait déjà accroché à ce moment-là.

Alors en bon François, on devait la laisser tirer... jusqu'à la dernière ligne.

Alexandre Anizy

Montée en neige de Sonja Delzongle

Publié le par Alexandre Anizy

Bien que franco-serbe, Sonja Delzongle s'est embarquée dans un thriller situé aux États-Unis. Du point de vue romanesque, le challenge est réussi. Enfin presque.

Sonja Delzongle a mis les chances de son côté dans son roman Quand la neige danse (Denoël, avril 2016, livrel à 9,99 €) : un flic orthodoxe, une profileuse non conventionnelle et même une détective sont à la poursuite d'un kidnappeur et tueur d'enfants en série. Un mercaticien n'aurait pas fait mieux.

L'action se déroule à Crystal Lake. Le décor hivernal s'imposait pour cette histoire qui plonge le lecteur dans le tréfonds glacial de l'espèce humaine. Si l'auteur maîtrise son affaire, on ne peut pas en dire autant pour le style.

La banalité du thriller standardisé risque fort de nuire au développement commercial : en effet, il semble que les personnages locaux (voir Henning Mankell, Jo Nesbo, Deon Meyer, Arthur Upfield, etc.) cartonnent du fait de leurs particularismes. Du coup, il est permis de s'interroger : pourquoi Sonja Delzongle n'ancre-t-elle pas ses personnages sur la Sava, à Zemun (quartier pittoresque de Belgrade) ?

Alexandre Anizy

Dans l'affaire Bismuth, Sarkozy commence à s'en sortir

Publié le par Alexandre Anizy

Patatras pour les juges Patricia Simon et Claire Thépaut !

L'affaire Bismuth (corruption et trafic d'influence à la Cour de Cassation) était la seule qui risquait de couler le néoconservateur Sarkozy de Nagy Bocsa en l'empêchant de se présenter comme candidat : l'obstacle vient de s'effondrer grâce à l'irrégularité commise par les juges Patricia Simon et Claire Thépaut.

En effet, la Cour d'Appel estime dans son arrêt que « les juges d'instruction ont commis un excès de pouvoir qui fait nécessairement grief aux intérêts des parties », parce qu'elle considère que la suspension de l'information a couru jusqu'au 22 mars 2016 : les convocations de Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa et de Thierry Herzog les 8 octobre et 20 novembre 2015 étaient donc irrégulières.

L'instruction reprend avec une convocation au début de juin.

Dans une affaire aussi sensible, il est bon de se demander pourquoi les juges d'instruction Patricia Simon, qui n'est donc pas la "crème du métier" que Libération nous vendait il y a peu (1), et Claire Thépaut ont-elles cédé à une impatience ?

Quoiqu'il en soit, le rythme sénatorial auquel évoluera cette affaire Bismuth augmentera le risque d'erreurs... Le bouquet final sera-t-il un vice de procédure ?

Alexandre Anizy

(1) Libération du 3 juillet 2014 : "Magistrats et avocats considèrent que Patricia Simon est une grande professionnelle" ; "Et c'est une grosse bosseuse".

Nicolas Mathieu peut mieux faire

Publié le par Alexandre Anizy

Fixer son polar dans les Vosges et dans le monde ouvrier tombant en quenouille, c'est l'idée originale de Nicolas Mathieu.

Dans le milieu du polar, Nicolas Mathieu fait une entrée remarquée avec Aux animaux la guerre (Actes Sud, poche janvier 2016, livrel de mars 2014 à 11,99 € - trop cher !), puisqu'il ose situer son roman dans une zone économiquement sinistrée et une usine en cours de liquidation. Mieux encore : le délégué du personnel et l'inspectrice du travail sont ses héros.

Couillu, le jeunot.

Et l'architectonique tient la ligne.

Sauf la fin qui n'en est pas une, ce qui constitue une faute lourde et grave devant être sanctionnée par un billet réfractaire, parce que la chute doit être soignée dans un roman policier, comme dans un sketch.

Doté d'un bon potentiel, Nicolas Mathieu parviendra-t-il à conclure sa période d'essai en présentant un prochain ouvrage convaincant ?

Alexandre Anizy

Face à Alain Juppé, la démesure du général Vincent Desportes

Publié le par Alexandre Anizy

Si le général Vincent Desportes a quelques bonnes idées, son emportement et le cas qu'il défend aujourd'hui dans le journal Le Monde en atténuent la portée.

Indigné par les propos badins du candidat Alain Juppé à l'encontre des militaires ( « Un militaire, c'est comme un ministre : ça ferme sa gueule ou ça s'en va. » ; « Certes, tous les militaires ont le droit de penser, mais il y a quand même des limites à ne pas dépasser. »), l'ex-général Vincent Desportes s'est emporté dans une tribune que le journal Le Monde lui a octroyée, enfourchant ses dadas

http://www.alexandreanizy.com/2015/11/la-juste-bataille-du-general-vincent-desportes.html

et dérapant dans la démesure. Certes, Alain Juppé n'a jamais brillé en politique ni par son originalité ni par sa fécondité, mais est-il bien raisonnable de l'élever au rang de Coluche ? Non, car on peut dauber un vieux politicien sans être désobligeant.

Sur le fond, Vincent Desportes assène une idée forte : « Les responsables militaires sont les mieux placés pour réfléchir aux conditions d'emploi des armées, pour apprécier les menaces, élaborer les solutions militaires propres à l'atteinte des buts politiques. Experts en leur domaine, les militaires ont, vis-à-vis de la nation, un devoir d'alerte. » Pour ce faire, il nous semble que les militaires ont leur Ecole, et surtout des revues plus ou moins spécialisées et accessibles aux citoyens où il leur est permis et même vivement recommandé de penser, parce que « Celui qui ne pense plus est condamné à la défaite. » : si "la grande muette" baigne dans le conformisme depuis 50 ans, il nous semble que les militaires, y compris le général Desportes, en sont aussi pour quelque chose, puisque « Inhibé par des années de stricte obéissance silencieuse, le militaire, facilement bon élève, s'est autocensuré. ».

Et maladroitement, Vincent Desportes diminue la portée de son propos lorsqu'il prend la défense du général Soubelet qui vient d'être sanctionné : la dernière action solitaire de ce gendarme paraît plus relever du ressentiment que "l'éthique de conviction".

Mais sur le fond, Vincent Desportes se trompe quand il écrit : « Son devoir [au militaire] est de penser la défense pour l'immédiat et pour le temps long, au-delà des horizons politiciens. » En effet, la patrie ne demande pas au militaire de penser la défense en-dehors de tous les futurs envisageables et autrement qu'en expert technique, car comme disait Georges Clemenceau : « La guerre ! C'est une chose trop grave pour la confier à des militaires. »

Et Desportes ne dérape-t-il pas quand il dit que l'honneur du militaire tient « dans la loyauté sans le renoncement, la loyauté sans le reniement, la fidélité à la nation », parce que cela sonne comme "la politique d'abandon" des putschistes d'Alger ?

Sur le fond toujours, si on ne peut que valider cette proposition : « Selon la formule américaine, il faut penser "out of the box", libérer la pensée critique, en admettre la nécessité et les débordements éventuels (...) », force est de constater que si le jeune lieutenant Desportes en 1976 ne supportait pas l'expression d'une pensée critique au sein de son peloton à Tübingen, le professeur Desportes réclame aujourd'hui ce droit d'expression... qu'il semble réserver aux officiers. Ne désespérons pas : compte tenu du rythme de son évolution, dans 40 ans nous pourrons débattre démocratiquement de la chose militaire avec Vincent Desportes.

Dans la tribune interpellant Alain Juppé, Vincent Desportes adosse quelques idées intéressantes à un cas affligeant d'irresponsabilité. Son emportement nuit à sa cause.

Alexandre Anizy

Aux céliniens la nuit de Bunisset

Publié le par Alexandre Anizy

Rentabiliser sa thèse sur Céline en pondant un roman roublard (5 à 10 ans d'une vie de forçât, putain ça se paye ! Dans le jargon des affairistes, puisque maintenant tout est ramené à l'aune économique même par d'aucuns entravant que dalle, on parlerait de spin-off), Isabelle Bunisset l'a fait et c'est chouette.

Ceux qui abhorrent l'acariâtre de Meudon doivent quitter sur le champ ce billet laudatif, puisqu'on y célèbre le génie de Céline grâce au court roman d'Isabelle Bunisset titré Vers la nuit (Flammarion, janvier 2016, livrel à 11,99 € - trop cher !). Ceux qui admirent le prosateur sans pareil de Bardamu doivent sans tarder s'enquérir de cet objet littéraire anormal, voire carrément le voler pour les plus passionnés et démunis, parce qu'il résume en 96 pages l'humanité de cet énergumène (ses fulgurances, sa médiocrité, sa cupidité, etc.), les dispensant pour le coup de lire le volume de 2080 pages longuettes (Lettres, La Pléiade, 2009, 67,50 €), au cas où ils ne se seraient pas encore livrés à cette activité sadomasochiste.

En effet, la môme Isa a pigé le truc... sans copier ni pasticher, hein ! et c'est pur régal de suivre sa mélopée du cygne célinien. Au passage, elle nous gratifie de quelques citations : que voulez-vous, bon sang universitaire ne saurait faillir !

Alexandre Anizy

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