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Montée en neige de Sonja Delzongle

Publié le par Alexandre Anizy

Bien que franco-serbe, Sonja Delzongle s'est embarquée dans un thriller situé aux États-Unis. Du point de vue romanesque, le challenge est réussi. Enfin presque.

Sonja Delzongle a mis les chances de son côté dans son roman Quand la neige danse (Denoël, avril 2016, livrel à 9,99 €) : un flic orthodoxe, une profileuse non conventionnelle et même une détective sont à la poursuite d'un kidnappeur et tueur d'enfants en série. Un mercaticien n'aurait pas fait mieux.

L'action se déroule à Crystal Lake. Le décor hivernal s'imposait pour cette histoire qui plonge le lecteur dans le tréfonds glacial de l'espèce humaine. Si l'auteur maîtrise son affaire, on ne peut pas en dire autant pour le style.

La banalité du thriller standardisé risque fort de nuire au développement commercial : en effet, il semble que les personnages locaux (voir Henning Mankell, Jo Nesbo, Deon Meyer, Arthur Upfield, etc.) cartonnent du fait de leurs particularismes. Du coup, il est permis de s'interroger : pourquoi Sonja Delzongle n'ancre-t-elle pas ses personnages sur la Sava, à Zemun (quartier pittoresque de Belgrade) ?

Alexandre Anizy

Dans l'affaire Bismuth, Sarkozy commence à s'en sortir

Publié le par Alexandre Anizy

Patatras pour les juges Patricia Simon et Claire Thépaut !

L'affaire Bismuth (corruption et trafic d'influence à la Cour de Cassation) était la seule qui risquait de couler le néoconservateur Sarkozy de Nagy Bocsa en l'empêchant de se présenter comme candidat : l'obstacle vient de s'effondrer grâce à l'irrégularité commise par les juges Patricia Simon et Claire Thépaut.

En effet, la Cour d'Appel estime dans son arrêt que « les juges d'instruction ont commis un excès de pouvoir qui fait nécessairement grief aux intérêts des parties », parce qu'elle considère que la suspension de l'information a couru jusqu'au 22 mars 2016 : les convocations de Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa et de Thierry Herzog les 8 octobre et 20 novembre 2015 étaient donc irrégulières.

L'instruction reprend avec une convocation au début de juin.

Dans une affaire aussi sensible, il est bon de se demander pourquoi les juges d'instruction Patricia Simon, qui n'est donc pas la "crème du métier" que Libération nous vendait il y a peu (1), et Claire Thépaut ont-elles cédé à une impatience ?

Quoiqu'il en soit, le rythme sénatorial auquel évoluera cette affaire Bismuth augmentera le risque d'erreurs... Le bouquet final sera-t-il un vice de procédure ?

Alexandre Anizy

(1) Libération du 3 juillet 2014 : "Magistrats et avocats considèrent que Patricia Simon est une grande professionnelle" ; "Et c'est une grosse bosseuse".

Nicolas Mathieu peut mieux faire

Publié le par Alexandre Anizy

Fixer son polar dans les Vosges et dans le monde ouvrier tombant en quenouille, c'est l'idée originale de Nicolas Mathieu.

Dans le milieu du polar, Nicolas Mathieu fait une entrée remarquée avec Aux animaux la guerre (Actes Sud, poche janvier 2016, livrel de mars 2014 à 11,99 € - trop cher !), puisqu'il ose situer son roman dans une zone économiquement sinistrée et une usine en cours de liquidation. Mieux encore : le délégué du personnel et l'inspectrice du travail sont ses héros.

Couillu, le jeunot.

Et l'architectonique tient la ligne.

Sauf la fin qui n'en est pas une, ce qui constitue une faute lourde et grave devant être sanctionnée par un billet réfractaire, parce que la chute doit être soignée dans un roman policier, comme dans un sketch.

Doté d'un bon potentiel, Nicolas Mathieu parviendra-t-il à conclure sa période d'essai en présentant un prochain ouvrage convaincant ?

Alexandre Anizy

Face à Alain Juppé, la démesure du général Vincent Desportes

Publié le par Alexandre Anizy

Si le général Vincent Desportes a quelques bonnes idées, son emportement et le cas qu'il défend aujourd'hui dans le journal Le Monde en atténuent la portée.

Indigné par les propos badins du candidat Alain Juppé à l'encontre des militaires ( « Un militaire, c'est comme un ministre : ça ferme sa gueule ou ça s'en va. » ; « Certes, tous les militaires ont le droit de penser, mais il y a quand même des limites à ne pas dépasser. »), l'ex-général Vincent Desportes s'est emporté dans une tribune que le journal Le Monde lui a octroyée, enfourchant ses dadas

http://www.alexandreanizy.com/2015/11/la-juste-bataille-du-general-vincent-desportes.html

et dérapant dans la démesure. Certes, Alain Juppé n'a jamais brillé en politique ni par son originalité ni par sa fécondité, mais est-il bien raisonnable de l'élever au rang de Coluche ? Non, car on peut dauber un vieux politicien sans être désobligeant.

Sur le fond, Vincent Desportes assène une idée forte : « Les responsables militaires sont les mieux placés pour réfléchir aux conditions d'emploi des armées, pour apprécier les menaces, élaborer les solutions militaires propres à l'atteinte des buts politiques. Experts en leur domaine, les militaires ont, vis-à-vis de la nation, un devoir d'alerte. » Pour ce faire, il nous semble que les militaires ont leur Ecole, et surtout des revues plus ou moins spécialisées et accessibles aux citoyens où il leur est permis et même vivement recommandé de penser, parce que « Celui qui ne pense plus est condamné à la défaite. » : si "la grande muette" baigne dans le conformisme depuis 50 ans, il nous semble que les militaires, y compris le général Desportes, en sont aussi pour quelque chose, puisque « Inhibé par des années de stricte obéissance silencieuse, le militaire, facilement bon élève, s'est autocensuré. ».

Et maladroitement, Vincent Desportes diminue la portée de son propos lorsqu'il prend la défense du général Soubelet qui vient d'être sanctionné : la dernière action solitaire de ce gendarme paraît plus relever du ressentiment que "l'éthique de conviction".

Mais sur le fond, Vincent Desportes se trompe quand il écrit : « Son devoir [au militaire] est de penser la défense pour l'immédiat et pour le temps long, au-delà des horizons politiciens. » En effet, la patrie ne demande pas au militaire de penser la défense en-dehors de tous les futurs envisageables et autrement qu'en expert technique, car comme disait Georges Clemenceau : « La guerre ! C'est une chose trop grave pour la confier à des militaires. »

Et Desportes ne dérape-t-il pas quand il dit que l'honneur du militaire tient « dans la loyauté sans le renoncement, la loyauté sans le reniement, la fidélité à la nation », parce que cela sonne comme "la politique d'abandon" des putschistes d'Alger ?

Sur le fond toujours, si on ne peut que valider cette proposition : « Selon la formule américaine, il faut penser "out of the box", libérer la pensée critique, en admettre la nécessité et les débordements éventuels (...) », force est de constater que si le jeune lieutenant Desportes en 1976 ne supportait pas l'expression d'une pensée critique au sein de son peloton à Tübingen, le professeur Desportes réclame aujourd'hui ce droit d'expression... qu'il semble réserver aux officiers. Ne désespérons pas : compte tenu du rythme de son évolution, dans 40 ans nous pourrons débattre démocratiquement de la chose militaire avec Vincent Desportes.

Dans la tribune interpellant Alain Juppé, Vincent Desportes adosse quelques idées intéressantes à un cas affligeant d'irresponsabilité. Son emportement nuit à sa cause.

Alexandre Anizy

Aux céliniens la nuit de Bunisset

Publié le par Alexandre Anizy

Rentabiliser sa thèse sur Céline en pondant un roman roublard (5 à 10 ans d'une vie de forçât, putain ça se paye ! Dans le jargon des affairistes, puisque maintenant tout est ramené à l'aune économique même par d'aucuns entravant que dalle, on parlerait de spin-off), Isabelle Bunisset l'a fait et c'est chouette.

Ceux qui abhorrent l'acariâtre de Meudon doivent quitter sur le champ ce billet laudatif, puisqu'on y célèbre le génie de Céline grâce au court roman d'Isabelle Bunisset titré Vers la nuit (Flammarion, janvier 2016, livrel à 11,99 € - trop cher !). Ceux qui admirent le prosateur sans pareil de Bardamu doivent sans tarder s'enquérir de cet objet littéraire anormal, voire carrément le voler pour les plus passionnés et démunis, parce qu'il résume en 96 pages l'humanité de cet énergumène (ses fulgurances, sa médiocrité, sa cupidité, etc.), les dispensant pour le coup de lire le volume de 2080 pages longuettes (Lettres, La Pléiade, 2009, 67,50 €), au cas où ils ne se seraient pas encore livrés à cette activité sadomasochiste.

En effet, la môme Isa a pigé le truc... sans copier ni pasticher, hein ! et c'est pur régal de suivre sa mélopée du cygne célinien. Au passage, elle nous gratifie de quelques citations : que voulez-vous, bon sang universitaire ne saurait faillir !

Alexandre Anizy

Le syndicat de Michel Batifoille

Publié le par Alexandre Anizy

La lutte est un combat. Nous adressons ce poème à Laurent Berger de la jaune CFDT.

Syndicat

pour Michel, Thierry, Jean-Paul

Avoir un beau stylo ne doit pas empêcher de réfléchir à l'usage qu'on en fait.

On peut signer un accord, un constat d'impuissance, un état des lieux d'aisance, un chèque en bois exotique, une reconnaissance de dette, un contrat à durée minuscule, des aveux circonstanciés, une lettre jusqu'à présent anonyme, un appel au secours, une pétition de principes, une déclaration d'amour déçu, un décret de la Providence, une ordonnance illisible, une loi de la nature, une condamnation sans appel.

On peut signer à tour de bras une infinité de papiers ; mais signer n'est pas l'affaire, avec qui on signe n'est pas sans importance. Ni contre qui.

Signer n'est pas toujours une conquête, une emprise sur le monde ; ce n'est alors qu'une renonciation, une démission, une défaite sans combat. Nous laisserons à d'autres célébrer les riches heures de la délégation de pouvoir.

Dynamisme du pluriel, richesse des différences, l'action et la réflexion collectives surpassent nos limites individuelles. Nous écoutons mais il ne faut pas se contenter des apparences. Impossible de s'y laisser porter. Entre les paroles et l'état des choses, les choix sont difficiles. Mais le tourbillon en se figeant nous étranglerait nous-mêmes dans ses noeuds coulants.

Et notre obstination à rester ensemble : rien de plus naturel et réconfortant ; rien de plus fragile pourtant.

Michel Batifoille

(dans la revue Europe, n° 1044 d'avril 2016)

Une note d'Alain Bosquet

Publié le par Alexandre Anizy

En rangeant la bibliothèque, Alain Bosquet nous est revenu entre les mains avec ses Notes pour un amour (Gallimard, exemplaire n° 387 de l'édition originale du 31 janvier 1972 imprimée chez Floch, comme disait Jean-Christophe Averty). Nous n'avons pas résisté au plaisir de la relecture.

Et nous vous transmettons cette note un tantinet comminatoire (les actualités nous y incitent).

Vider les fleuves.

Ranimer les bouleaux

que l'océan a tant de fois mordus.

Conduire en classe les pumas.

Prendre le thé chez la comète.

Présenter la facture

au printemps fou

qui ne regarde pas à la dépense.

Rédiger les missives

de la presqu'île analphabète.

Téléphoner à l'hôpital :

aujourd'hui le volcan a des poussées de fièvre.

Cet univers est ton boudoir.

Fais le ménage.

Alain Bosquet

Cécile Ladjali vaut un tiers de Saint-Laurent

Publié le par Alexandre Anizy

Comme Cécile Ladjali, on peut être agrégée de lettres modernes, même docteur, et écrire un roman invertébré sans pied ni tête, rempli de bonne conscience.

Le produit s'appelle Illettré (Actes Sud, 2016, 224 pages, 19 €, livrel à 13,99 € - trop cher comme d'habitude chez cet éditeur). Sous le prétexte de raconter la vie de Léo, i.e. son combat contre l'illettrisme, Cécile Ladjali nous abreuve jusqu'à plus soif de considérations personnelles sur l'école, l'estime de soi, etc. Voulant finir sur une jolie formule, elle anéantit son ouvrage :

« J'ai écrit le vide, j'ai posté le vide, et j'ai signé toute ma vie. »

Parce que cela donne l'impression d'une histoire tricotée autour d'une pensée ténue, nous classons l'ouvrage dans "essai romancé".

Nous ne demandons pas à Mme Ladjali d'avoir la précision documentaire du Flaubert de Un coeur simple , qui n'encombre pas son récit de considérations sociales et politiques (hormis les saillies anticléricales), ni de détails anecdotiques qui esquisseraient les caractères des personnages. Même le style est épuré chez le Normand, contrairement à l'incipit maniéré de Mme Ladjali :

« Maculé de petits ronds aux diamètres variables, l'asphalte est hérissé de reliquats de gomme. »

Nous soupçonnons Cécile Ladjali d'être sous la contrainte éditoriale : l'item annuel doit remplir les étals si on veut faire carrière. Mais alors, qu'elle en filasse trois par an comme Cecil Saint-Laurent. Las ! Elle n'en pèse que 33 %.

Alexandre Anizy

Bel-Ami Macron en marche dans la cour des miracles

Publié le par Alexandre Anizy

Comme un politicien ringard, le banquier ministre Macron vient de lancer son mouvement dans la cour des miracles : ni à droite ni à gauche, sa maison est en fait une annexe privée du MEDEF.

Emmanuel Macron est un type étrange, d'une part parce qu'à 38 ans il a encore besoin d'une maman à la maison, et d'autre part parce qu'il passe souvent pour ce qu'il n'est pas. Ainsi, alors qu'il venait d'entrer au gouvernement, on pouvait lire sous la plume de Nicolas Truong dans le quotidien vespéral imMonde (1) du 31 août 2014 que Macron était « normalien » et un ancien « assistant » du philosophe Paul Ricoeur. Or, Bel-Ami n'est pas normalien (il a raté à 2 reprises à l'écrit le concours de l'ENS) et n'a pas été l'assistant (au sens anglo-saxon du terme) de Ricoeur. (2)

La méthode Macron consiste à jouer sur tous les tableaux.

Ainsi en 2010, lors de la vente du journal, lorsqu'il vient bénévolement conseiller la Société des Rédacteurs du Monde (ah ! les jobards de l' imMonde), il ne manquera pas de rendre visite à leur "ennemi"... Le journaliste Adrien de Tricornot raconte : « Au départ, il s'est présenté d'une manière très sympathique. Nous étions très contents de voir ce jeune homme brillant nous dire qu'il partageait nos valeurs. Et son expérience nous crédibilisait vis-à-vis des autres actionnaires. Mais, en réalité, il jouait un double jeu. Il s'est servi de nous plus qu'il nous a servis. »

Ainsi, pire que ça : il a réussi à travailler chez Rothschild tout en restant haut fonctionnaire, ce qui est bien entendu interdit.

http://www.alexandreanizy.com/article-le-resquilleur-carrez-cache-le-scandaleux-macron-124877500.html

Pour la politique, la méthode n'a pas changé bien entendu.

Rongé par l'ambition, Bel-Ami Macron veut dès maintenant capitaliser les items médiatiques (this is the battle for your mind) pour imposer son produit dans le champ politique. Mais comme il n'a jamais rien construit par lui-même, il travaille en amateur : c'est ainsi qu'il a révélé sa dépendance à l'égard du MEDEF (le syndicat patronal) en affichant sur son site internet le lieu de son hébergement ! (3)

In fine, comme l'a dit Pierre Gattaz, le patron du MEDEF, l'opération de cette semaine est "rafraîchissante". En effet, elle ravale la "boîte à boniments" de la bourgeoisie d'affaires qui tient la France : Bel-Ami Macron n'est qu'un coup de Ripoulin.

Alexandre Anizy

(1) L'organe de référence de la propagande néoconservatrice, propriété du trio d'affaires Niel - Bergé - Pigasse.

(2) Marianne du 10 octobre 2014 (un excellent portrait de l'impétrant d'Amiens).

(3) On doit ce scoop à Médiapart (Laurent Mauduit)

Un ménage des économistes David Thesmar et Augustin Landier

Publié le par Alexandre Anizy

Dans le jargon des médias, on parle de "ménage" quand un journaliste monnaye sa présence active dans une réunion (colloque, séminaire, salon, etc.). Chez les économistes, cela peut prendre une autre forme : la phobie déontologique.

David Thesmar et Augustin Landier ont signé une étude sur les chauffeurs français de la société Uber, dont la conclusion lui est favorable : cela ressemble à une communication de recherche universitaire, sauf que c'est Uber qui a financé le travail (pour le savoir, il faut lire attentivement une note de bas de page)... et qui a sans doute facilité les papiers dans le Financial Times ou les Echos.

On connaissait l'aversion de David Thesmar pour la régulation du système bancaire,

http://www.alexandreanizy.com/article-25157646.html

comme celle d'Augustin Landier pour la Banque Publique d'Investissement (BPI), mais on n'imaginait pas qu'ils souffraient de phobie déontologique.

Dans ce milieu, on sait bien que le concept de conflit d'intérêts n'a pas pénétré quelques cervelles très médiatisées, puisqu'elles se présent(ai)ent en "économistes experts" pour parler des lois bancaires ou bien de la dette grecque, comme par exemple :

Jean-Hervé Lorenzi

http://www.alexandreanizy.com/article-jean-herve-lorenzi-ou-le-fabuleux-business-d-un-economiste-intermediaire-70797819.html

Olivier Pastré

http://www.alexandreanizy.com/article-l-hypocrisie-du-noble-olivier-pastre-economiste-en-cercle-39931815.html

Daniel Cohen

http://www.alexandreanizy.com/article-vers-une-restructuration-de-la-dette-grecque-et-le-cas-daniel-cohen-72427148.html

Mais aujourd'hui, il semble qu'une étape ait été franchie par David Thesmar et Augustin Landier. En effet, on peut légitimement se demander si ces deux économistes de ménages étaient libres de tout engagement, si Uber n'était pas déjà dans leur cercle de financement, quand ils ont signé leur article dans le Monde du 25 septembre 2013 dans lequel ils écrivent :

« Aujourd’hui, de nouveau à la frontière technologique, l’innovation ne se décrète pas, fût-ce par des commissions d’industriels bien informés des réalités de l’entreprise : la résurrection du planisme, c’est le retour d’une vision créationniste de l’économie, inadaptée à la réalité darwinienne de l’innovation contemporaine. » ;

« Oui, la France se désindustrialise : ce n’est ni une pathologie ni une catastrophe. Cette évolution, «grand espoir du XXe siècle» selon l’économiste Jean Fourastié, il est temps que l’Etat choisisse de l’accompagner plutôt que de la combattre inutilement. » ;

Pourtant ces 2 lascars ne peuvent pas ne pas ignorer qu'un manageur azimuté Serge Tchuruk a mis en œuvre cette brillante idée : un groupe industriel sans usine. Sous le sabre de ce polytechnicien de surface, Alcatel n'a pas cessé de s'autodétruire, de restructurations en plans d'économie ou d'échappatoire comme ce mariage naufrage avec Lucent... pour finir dans l'escarcelle du groupe finlandais Nokia, avec quelques millions de deniers pour Michel Combes, président inspiré par l'affreux maître (1) : si Tchuruk a montré qu'il n'était pas un entrepreneur schumpetérien, c'était par contre un mercenaire avisé puisque son patrimoine personnel a monstrueusement augmenté tandis que la valeur d'Alcatel fondait sous son règne.

Au fond, cette étude lamentable de Thesmar et Landier révèle deux choses : les libéraux peuvent souffrir de phobie déontologique et ces néoconservateurs ont leur (a)morale qui n'est pas la nôtre.

Alexandre Anizy

(1) Dans cette Bérézina de l'industrie française, il faut mentionner l'autre grand gagnant : Philippe Camus.

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