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Alexandre ADLER et les prolétaroïdes

Publié le par Alexandre Anizy

Rappelons tout d’abord qu’Alexandre ADLER est un ancien communiste, un ex vrai de vrai (ancien professeur à l’école du Parti). Rappelons aussi qu’étant un ancien élève brillant de l’Ecole Normale Supérieure, il possède une solide formation classique.

 

Dans sa chronique du Figaro du 13 décembre 2008, Alexandre ADLER écrit : « de la même manière, aujourd’hui, un autre cryto-nazi, le philosophe prolétaroïde SLOTERDIJK, peut se faire applaudir (…) ».

Nous reviendrons sur le fond de cet article intéressant et sur la « théorie de l’après-guerre » de Peter SLOTERDIJK.

 

Ce qui nous trouble, c’est l’utilisation de l’adjectif prolétaroïde de la part d’un ex intellectuel communiste, parce que son étymologie renvoie à la race (« proles ») et à l’aspect (« eidos »).

Qu’un partisan du national-socialisme nous parle de prolétaroïdes comme il le ferait de négroïdes, nous ne serions pas surpris de ses éléments de langage.

Mais qu’un ex intellectuel communiste français qualifie un intellectuel allemand d’abord de crypto-nazi, puis de prolétaroïde, on trouve le jeu de mots très douteux, en première lecture.

 

Et puis, en dernière analyse, compte tenu de la culture immense et du parcours politique d’Alexandre ADLER, qui est devenu depuis quelques années un fervent partisan de la droite, nous penchons pour une utilisation consciente de ce terme perfide, alors que l’inconsciente n’exprimerait qu’une haine de soi.

 

Alexandre ANIZY

Craquements dans l'euro land

Publié le par Alexandre Anizy

Depuis septembre 2008, une opposition macroéconomique est apparue dans la zone euro : le pôle germanique, que l’orthodoxie financière mène à la déflation, et le pôle de l’Europe du Sud associée à l’Angleterre, qui pousse à une relance économique.

 

Bien qu’au cours du dernier trimestre le gouvernement d’Angela MERKEL a dû se contredire à 2 reprises, parce que dans un marché mondialisé il est absurde de croire qu’un conservatisme financier peut tenir dans un seul pays, il ne participera pas à la relance européenne dont il tirera pourtant bénéfice grâce à ses exportations, mais il préparera un plan national adapté pour profiter de celui des Etats-Unis en 2009. Cette politique économique nationaliste amplifiera les tiraillements européens.

 

D’ores et déjà, lorsqu’ils empruntent sur les marchés, l’Italie doit payer 1,4 % de plus que l’Allemagne ; pour la Grèce, c’est 2,1 % de plus. Depuis le début de la crise, l’écart (le « spread ») entre les taux allemands et français a doublé, soit 40 à 50 points de base en faveur de Berlin. Force est de constater que l’homogénéité financière et monétaire de l’euroland s’est dégradée.

Bien entendu, cette situation ne perdurera pas.

 

Alexandre ANIZY

Vers la crise des changes comme en 1931

Publié le par Alexandre Anizy

Parce que la Réserve Fédérale américaine (FED) a baissé ses taux directeurs à 0 – 0,25 %, ce qui signifie que la détention du billet vert est désormais assortie d’une rémunération quasi nulle,

Parce que le taux de la Banque Centrale Européenne (BCE) se situe à 2,5 %,

Parce que des hauts dirigeants monétaires allemands comme Jürgen STARK et Axel WEBER ont expliqué que la BCE doit stopper sa baisse des taux,

Les marchés ont inéluctablement réagi : ventes massives de dollars. Ainsi l’euro a connu le mercredi 17 décembre la plus forte hausse quotidienne de son histoire.

 

La baisse rapide des taux d’intérêt de la Banque d’Angleterre, remède à une aggravation de la situation économique au Royaume-Uni (en novembre, plus forte hausse du nombre des nouveaux inscrits au chômage depuis 1991), explique la dégringolade de la livre sterling ce mercredi 17 décembre.

 

Compte tenu des nécessités internes de la Chine (lire nos notes sur le « bluff chinois »), nous ne doutons pas que leur devise accompagnera la chute du dollar.

 

En effet, pour relancer l’économie américaine, il est probable que le nouveau Président Barack OBAMA optera pour une réindustrialisation, parce que c’est un véritable gisement pour l’emploi et la croissance. En 1995, 10 % du PIB était produit hors Etats-Unis ; au jour d’aujourd’hui, c’est 25 % du PIB. Depuis 1998, la production industrielle hors nouvelles technologies est au même niveau. L’emploi manufacturier a reculé de 20 %, soit maintenant 9 % de l’emploi total. La part de marché des Etats-Unis dans les pays industrialisés est passée de 13 % en 1998 à 8 % en 2008. A ceci s’ajoute un état déliquescent des infrastructures industrielles : les besoins s’élèveraient à 1.600 Milliards de dollars, soit 10 % du PIB.

Compte tenu des déficits publics actuels, le Président OBAMA n’aura guère le choix : la dévaluation du dollar sera sa meilleure arme, pour ne pas dire la seule.

 

Or, en 1931, l’Angleterre a initié la cascade des dévaluations.

Alfred SAUVY, dans sa remarquable « Histoire économique de la France entre les deux guerres » (en 2 tomes, éditions André Sauret 1973), la présente ainsi : « La dévaluation de la livre modifie profondément le problème et cela de façon inédite (…) Les matières premières mondiales, qui se stabilisaient, accusent, en or [rappel : nous sommes alors dans le système de l’étalon-or (ndAA)], une nouvelle chute : en quatre mois, d’août à décembre, elles baissent de 15 %, alors que, dans les quatre mois précédents, elles n’avaient baissé que de 2 %. Pourquoi cette chute ? C’est que leurs prix sont le plus souvent cotés en livre sterling et que l’inertie joue en faveur de leur stabilisation, dans cette monnaie. » (p. 123 et 125)

En début de chapitre 8 (tome 1), titré « la crise rebondit », SAUVY affirme que « les conséquences de la dévaluation de la livre sont immenses (…). Tout se passe, en somme,  comme si la livre était restée la même et que les autres monnaies aient entrepris la folle gageure de se revaloriser d’un quart ou d’un tiers. » (p. 128)

Ce qui n’était pas tenable, et ne résista pas.

 

En décembre 2008, la FED, en phase avec le programme de relance du Président OBAMA, ne vient-elle pas d’initier une cascade ?

 

Alexandre ANIZY

"Chaos calme" de Sandro VERONESI

Publié le par Alexandre Anizy

Si le roman éponyme de Sandro VERONESI « Chaos calme » (Grasset, 2008, 505 pages, 21,90 €), est couronné de succès, nous affirmons que c’est amplement mérité.

La structure romanesque a été peaufinée. Les caractères ont été approfondis. Le style est maîtrisé. Mais il reste un cran en dessous d’un grand livre.

 

Il paraît que Nanni MORETTI a fait le nécessaire pour avoir le rôle du personnage central dans le film : il a bien fait, puisque nous le voyons en Pietro – hormis la scène nocturne dans le jardin. Il paraît aussi que dans les salles obscures le public n’accrocherait pas au défilé incessant des hommes en peine … On veut bien le croire : seule la littérature permet d’inclure l’ironie et la distance dans un récit sans en briser la nature.

 

Donc, ici comme ailleurs, préférer l’œuvre originale.

 

Alexandre ANIZY

Le banquier MADOFF et les gogos

Publié le par Alexandre Anizy

Bernard MADOFF était une éminence de Wall Street, puisqu’il fut Président du Nasdasq (la Bourse où sont notamment cotées les valeurs technologiques). Son ramage était donc particulièrement luisant.

 

Cet homme ayant pignon sur rue a réussi à escroquer de riches particuliers, de grandes institutions financières (BNP Paribas – 350 millions -, Natixis – 450 millions -, par exemple), pour un montant évalué à 37,1 Milliards d’euros, soit l’équivalent du Produit Intérieur Brut (PIB) du Luxembourg. Par quel moyen ? Une arnaque fondée sur le principe de la fraude pyramidale ou « pyramide de Ponzi » (inventée au cours des Années Folles) : on paie les intérêts des premiers déposants avec le capital remis par les clients suivants. Inéluctablement, l’édifice s’écroule lorsque les anciens veulent récupérer leurs mises.  

C’est ce qui arriva dans la nuit du jeudi au vendredi 12 décembre 2008, et ce que le fils de Bernard MADOFF révéla au FBI.

 

Depuis près de 40 ans, la société Madoff Investment Securities réussissait à offrir des rendements, bon an mal an, de 7 à 11 % : de la magie !

Il y a bien un concurrent, Harry MARKOPOLOS, qui dénonça la fraude en 1999, dans un courrier adressé à la SEC (le gendarme de la Bourse américaine) : « Madoff Securities est le plus gros schéma de Ponzi. ». Mais il était évident que cette attaque suintait la jalousie et la rancune. Remarquez que la SEC ne restait pas inerte, puisqu’elle enquêta en 1992, en 2001, en 2005, en 2007 … sans découvrir la gigantesque escroquerie fondée sur un principe si simple … Cela nous laisse rêveurs sur la qualité des contrôles des experts.

 

Cette histoire nous fait penser à celle dite des « avions renifleurs », où nous vîmes le brillant polytechnicien et énarque Valéry GISCARD D’ESTAING et d’autres sommités françaises abusées comme un vulgum pecus.

 

Quelle est la leçon à retenir ?

En toutes circonstances, il convient de ne pas être aveuglé par l’éducation reçue ou la position sociale de ses interlocuteurs.  

 

Alexandre ANIZY

Le casting de Robert CRAIS

Publié le par Alexandre Anizy

Le « casting pour l’enfer » de Robert CRAIS est sorti aux éditions du Seuil en 1996 (en poche en 1998). L’édition originale américaine date de 1992.

C’est une bonne histoire, avec un détective Elvis Cole bien planté. Efficace, comme savent si bien le faire les Américains.

 

Mais il manque un style personnel pour atteindre le niveau d’un BURKE ou d’un CRUMLEY.

 

Alexandre Anizy

La télévision de Jean-Philippe TOUSSAINT

Publié le par Alexandre Anizy

Bien que nous ayons beaucoup de sympathie pour la Belgique, l’humour de l’écrivain Jean-Philippe TOUSSAINT nous échappe ; quant à son style épuré, il ne nous transporte pas au paradis des lecteurs rassasiés. 

 

Son roman « la télévision » (éditions de Minuit, 1997, 270 pages, 98 FRF) ne fait pas exception à cette appréciation générale.

Par la lucarne de TOUSSAINT, le monde n’est pas plus intelligible.

 

Alexandre Anizy

Philippe MARINI voulait épargner les riches

Publié le par Alexandre Anizy

Le sénateur Philippe MARINI a au moins le courage d’afficher sa préférence : c’est devenu si rare en politique qu’il faut le féliciter.

 

On savait déjà qu’il aurait volontiers taxé les pauvres contribuables : (re)lire notre note du 26 juin 2008. Maintenant il aurait bien voulu épargner les riches grâce à son amendement qui aurait permis d’imputer les moins-values boursières (réalisées entre le 1 janvier et le 1décembre 2008) sur les revenus jusqu’à 10.700 euros, à condition d’avoir vendu pour moins de 25.000 euros d’actions.

Il est comme ça, Philippe MARINI : quand les riches gagnent beaucoup de fric au casino boursier, il s’active pour que l’imposition des nantis baisse ; quand les riches perdent du fric au casino boursier, il s’active pour que ces pertes en capital soient prises en compte dans les déclarations d’impôt.  

Mais le gouvernement lui a fait connaître sa position : dans votre projet d’amendement, vous avez négligé les petits porteurs puisque vous ne mettez pas de limite de revenus. Ce serait une erreur politique, car difficile à maquiller dans le plan de relance et de refondation du capitalisme.

 

Le courage suffit à Philippe MARINI : il a retiré son amendement en nous prévenant qu’il reviendra avec un texte plus subtil, dont il nous a donné un avant-goût : « J’ai voulu défendre une population oubliée qu’aucun groupe de pression ne défend. Je pense à ces personnes âgées qui ont dû vendre leurs actions au plus mauvais moment (…) ».

Ah ! Le coup des petits vieux, ça marche toujours !

 

Alexandre Anizy

La transparence des BILLETDOUX

Publié le par Alexandre Anizy

On peut bien le confesser : il nous arrive de lire des choses faciles.  

 

Nous classons « Mélanie dans un vent terrible » de Raphaële (devenue Marie) BILLETDOUX dans cette catégorie (Grasset 1994, 200 pages, 105 FRF). Tellement facile que nous ne gardons même pas le souvenir d’un plaisir de lecture.

 

Chez BILLETDOUX, la facilité devient transparence.

 

Alexandre Anizy

Impasse Sylvie GERMAIN

Publié le par Alexandre Anizy

Sylvie GERMAIN écrit depuis de nombreuses années des livres dont la vacuité échappe généralement aux critiques littéraires.

Il est vrai qu’elle cisèle bien ses textes, comme son dernier roman titré « l’inaperçu » (Albin Michel août 2008, 294 pages, 19 €), dont l’incipit pléonastique est : « Une femme marche à pas rapide le long des berges du fleuve. »

 

Alexandre Anizy