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La télévision de Jean-Philippe TOUSSAINT

Publié le par Alexandre Anizy

Bien que nous ayons beaucoup de sympathie pour la Belgique, l’humour de l’écrivain Jean-Philippe TOUSSAINT nous échappe ; quant à son style épuré, il ne nous transporte pas au paradis des lecteurs rassasiés. 

 

Son roman « la télévision » (éditions de Minuit, 1997, 270 pages, 98 FRF) ne fait pas exception à cette appréciation générale.

Par la lucarne de TOUSSAINT, le monde n’est pas plus intelligible.

 

Alexandre Anizy

Philippe MARINI voulait épargner les riches

Publié le par Alexandre Anizy

Le sénateur Philippe MARINI a au moins le courage d’afficher sa préférence : c’est devenu si rare en politique qu’il faut le féliciter.

 

On savait déjà qu’il aurait volontiers taxé les pauvres contribuables : (re)lire notre note du 26 juin 2008. Maintenant il aurait bien voulu épargner les riches grâce à son amendement qui aurait permis d’imputer les moins-values boursières (réalisées entre le 1 janvier et le 1décembre 2008) sur les revenus jusqu’à 10.700 euros, à condition d’avoir vendu pour moins de 25.000 euros d’actions.

Il est comme ça, Philippe MARINI : quand les riches gagnent beaucoup de fric au casino boursier, il s’active pour que l’imposition des nantis baisse ; quand les riches perdent du fric au casino boursier, il s’active pour que ces pertes en capital soient prises en compte dans les déclarations d’impôt.  

Mais le gouvernement lui a fait connaître sa position : dans votre projet d’amendement, vous avez négligé les petits porteurs puisque vous ne mettez pas de limite de revenus. Ce serait une erreur politique, car difficile à maquiller dans le plan de relance et de refondation du capitalisme.

 

Le courage suffit à Philippe MARINI : il a retiré son amendement en nous prévenant qu’il reviendra avec un texte plus subtil, dont il nous a donné un avant-goût : « J’ai voulu défendre une population oubliée qu’aucun groupe de pression ne défend. Je pense à ces personnes âgées qui ont dû vendre leurs actions au plus mauvais moment (…) ».

Ah ! Le coup des petits vieux, ça marche toujours !

 

Alexandre Anizy

La transparence des BILLETDOUX

Publié le par Alexandre Anizy

On peut bien le confesser : il nous arrive de lire des choses faciles.  

 

Nous classons « Mélanie dans un vent terrible » de Raphaële (devenue Marie) BILLETDOUX dans cette catégorie (Grasset 1994, 200 pages, 105 FRF). Tellement facile que nous ne gardons même pas le souvenir d’un plaisir de lecture.

 

Chez BILLETDOUX, la facilité devient transparence.

 

Alexandre Anizy

Impasse Sylvie GERMAIN

Publié le par Alexandre Anizy

Sylvie GERMAIN écrit depuis de nombreuses années des livres dont la vacuité échappe généralement aux critiques littéraires.

Il est vrai qu’elle cisèle bien ses textes, comme son dernier roman titré « l’inaperçu » (Albin Michel août 2008, 294 pages, 19 €), dont l’incipit pléonastique est : « Une femme marche à pas rapide le long des berges du fleuve. »

 

Alexandre Anizy

DEXIA : du beau monde au Conseil

Publié le par Alexandre Anizy

Puisque nous avons parlé de Denis KESSLER le khmer blanc, évoquons DEXIA et le beau monde qui, comme ce lascar, siégeait à son Conseil d’Administration, comme par exemple : Augustin de ROMANET de BEAUNE (énarque ; directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations) ; Anne-Marie IDRAC (énarque ; présidente de la SNCF à cette époque) ; le franc mac François REBSAMEN (maire de Dijon, éléphant du PS).

 

Dans le cadre d’une bonne gouvernance, le conseil d’administration est le lieu où on débat et où on fixe la stratégie de l’entreprise. Par conséquent, les membres du conseil de DEXIA ne devaient pas ignorer les risques inconsidérés pris par la banque, notamment avec sa filiale américaine FSA (un « rehausseur de crédit »). Il serait saugrenu d’entendre autre chose sur ce point.

 

DEXIA a été sauvé de la faillite fin septembre 2008 par une injection de 6,5 Milliards d’euros et une garantie sur les emprunts de 145 Milliards. Depuis ce sauvetage, la capitalisation boursière de DEXIA a chuté de 60 %, soit déjà une perte de valeur pour la France de 4 Milliards.

Et ce n’est pas fini.

Car pour pouvoir vendre FSA, DEXIA a dû s’engager à conserver les mauvais risques de sa filiale, soit 16,5 Milliards de plus, dont un tiers pour la France.

 

Le Président Pierre RICHARD (un polytechnicien), le directeur belge Axel MILLER, ont remis leur démission (un peu forcée, semble-t-il) : il était difficile de faire moins.

Bruno DELETRé (polytechnicien, énarque), la personne en charge du « rehaussement de crédit », avait quitté DEXIA en juin 2008 pour rejoindre le cabinet de l’incompétent ministre Christine LAGARDE … où il est en charge de la supervision du secteur bancaire !

 

Mais qui s’est interrogé sur la responsabilité du conseil d’administration dans cette déroute financière ?

Osera-t-on demander des comptes à ce beau monde, notamment à l’énarque Augustin de ROMANET de BEAUNE (patron de la CDC, aujourd’hui à la manœuvre pour l’Etat français dans le cadre de la lutte contre la crise !), à l’énarque Anne-Marie IDRAC (aujourd’hui membre du gouvernement !) ?

 

Alexandre Anizy

Denis KESSLER le khmer blanc

Publié le par Alexandre Anizy

Denis KESSLER est un ex UNEF-Union des Grandes Ecoles, marxiste-léniniste. Il est aujourd’hui le Président du groupe Scor, un poste dont il a bien mérité après sa vice-présidence du MEDEF aux côtés du baron Ernest-Antoine SEILLIERE DE LABORDE : leur combat pour la refondation du dialogue social, vous vous souvenez ?

 

Ce qu’il y a de bien avec les anciens marxistes-léninistes, c’est qu’ils retrouvent avec l’âge les réflexes sectaires (i.e. le dogmatisme idéologique, l’arrogance intellectuelle du maître, le mépris des faibles, etc.) de leur jeunesse. Comme les Khmers, vous vous souvenez ?

 

Ainsi, Denis KESSLER écrit dans Challenges, le 4 octobre 2007, « Adieu 1945, raccrochons notre pays au monde ! » :

« Il aura fallu attendre la chute du mur de Berlin, la quasi-disparition du parti communiste, la relégation de la CGT dans quelques places fortes, l’essoufflement asthmatique du Parti socialiste comme conditions nécessaires pour que l’on puisse envisager l’aggiornamento qui s’annonce. »

Sentez-vous l’impatience, voire l’exaspération (quel temps perdu, quel gâchis !) du guide suprême ? Diantre ! De quoi s’agit-il ?

« Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie. (…)La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! »

 

Denis KESSLER a vendu la mèche : nous sommes avertis sur le réel programme politique et social du Président ubiquiste SARKOZY DE NAGY BOCSA. La crise est un pain bénit, puisqu’elle permet d’accélérer la mise en démolition. Toujours attentif à son vocabulaire, le pouvoir élyséen nommera « refondation du capitalisme » le travail de régression sociale.

En route vers le capitalisme d’antan ! Celui du Comité des Forges, cher à la famille WENDEL et son illustre représentant, le baron Ernest-Antoine SEILLIERE DE LABORDE.

 

En forgeant l’expression « khmer blanc », nous réunifions le passé et le présent de Denis KESSLER dans une dimension politique.

 

Alexandre Anizy

Andrea CAMILLERI a-t-il décroché la lune ?

Publié le par Alexandre Anizy

En janvier 2008, les éditions Fleuve Noir sortait un nouveau livre du vieil Andrea CAMILLERI titré « la lune de papier » (224 pages, 20 €), où il nous est permis de retrouver le commissaire Montalbano, qui a des soucis de concentration tant il est sous le feu de deux femmes bien différentes, mais si séduisantes.

La conclusion … sera magnanime : si ce n’est pas le meilleur polar de CAMILLERI, cela reste d’une haute tenue.   

 

Alexandre Anizy

Sortie de crise (III) : approche marxiste de Jean-Marie HARRIBEY

Publié le par Alexandre Anizy

(Jean-Marie HARRIBEY : vice-président d’Attac, professeur à l’université Bordeaux IV)

 

L’analyse

Il faut se pencher sur la « structure même du capitalisme néolibéral ».

Problème théorique : Jean-Marie HARRIBEY mélange Mode de Production Capitaliste et idéologie néolibérale, ce qui n’est pas pertinent.

Le système repose sur la libre circulation des capitaux et la dégradation des salaires, grâce à un concept politique « la mondialisation » justifiant le changement radical du rapport capital/travail (plus de profits, moins de salaires) par la bourgeoisie financière.

Remarque : parler de bourgeoisie financière nous semble théoriquement abusif et économiquement inutile.

Notre remarque vise à souligner l’usage d’un charabia, puisque Jean-Marie HARRIBEY lui-même affirme peu après : « La sphère financière et la sphère de la production ne sont jamais déliées, comme le dit MARX dans « le Capital ». (On ne lui fait pas dire, n’est-ce pas ?) 

« La crise sociale et économique montre l’insoutenabilité de ce mode d’accumulation des classes favorisées d’un côté et, de l’autre, la paupérisation des travailleurs de la planète mis en concurrence. »

 

Le projet

« Si on veut dépasser l’horizon du capitalisme pour poursuivre l’idéal de l’émancipation humaine ».

La finance : rétablir un contrôle strict des mouvements des capitaux ; limiter les produits dérivés ; abolir les paradis fiscaux et judiciaires ; instaurer une loi de limitation de la marge actionnariale.

Le secteur bancaire : créer un pôle monétaire et financier public ; initier des banques collectives publiques européennes.

Le social : inscrire dans les Constitutions que la part des travailleurs du supplément de richesse créée ne doit pas être inférieure aux gains de production ; instaurer un revenu maximum.

Le monde : penser un autre développement ; sanctuariser les biens publics inaliénables (l’air, l’eau, etc.) ou bien les réparer par les taxes spécifiques ; faire maîtriser par les collectivités les investissements liés aux reconversions (énergie, habitat, agriculture, etc.).   

 

Très vaste programme.

 

Alexandre Anizy

Sortie de crise : approche libérale de David THESMAR

Publié le par Alexandre Anizy

(David THESMAR : professeur associé à HEC ; membre du Conseil d’Analyse Economique)

 

L’analyse

« La crise n’est pas venue dans une absence totale de règles, mais à cause d’une mauvaise régulation du système. Le scandale est arrivé par les banques, déjà très régulées mais de manière inadaptée. »

Les régulateurs, comme la Commission bancaire française visée par THESMAR, ont adopté le laisser-faire quand les banques ne provisionnaient pas des risques liés aux engagements placés hors bilan.

Remarque : THESMAR oublie de dire que c’est notamment pour ne pas avoir à faire des provisions que les banques les ont mis hors bilan.

Les « externalités négatives » du système (le risque, la faillite bancaire, le phénomène de contagion, etc.) étaient insuffisamment intégrées dans les cadres d’évaluation.

Remarque : si vous croyez à l’autorégulation du marché, vous serez enclins à juger impossible le blocage du système (ce qui arriva pourtant).

Par sa politique monétaire laxiste, la FED d’Alan GREENSPAN a joué un rôle de pousse-au-crime.

Remarque : rappelons que ce sont notamment les amis libéraux de David THESMAR qui ont vénéré Alan GREENSPAN pendant des années …

C’est tout. C’est faible.

 

Le projet

La crise demande des réponses techniques et non pas politiques, « (…) ce qui signifie qu’arriver au G20 avec les gros sabots de la refonte globale du capitalisme serait contre-productif ».

« Ce n’est pas aux Etats de réglementer les systèmes de rémunération dans la finance ».

Instaurer un bonus-malus pour les traders, dont le solde ne se ferait qu’au bout de 10 ans.

Provisionner les activités risquées (vaste sujet, maigre réponse).

Faire migrer une grande partie des transactions de gré à gré.

 

Comme vous le voyez, ce sont des réponses techniques, dont l’imprécision nous laisse songeurs.  

En fait, le mantra de David THESMAR est : « Je ne crois pas à un Etat banquier ou actionnaire mais à un Etat strictement régulateur. »

 

Passé un certain stade, nous considérons que l’aveuglement idéologique frise la connerie.

 

Alexandre Anizy

Sortie de crise (I) : approche keynésienne de Philippe MARTIN

Publié le par Alexandre Anizy

(Philippe MARTIN : professeur à l’université Paris I et à l’Ecole d’Economie de Paris ; chroniqueur économique de Libération)

Comme tous les économistes standard se disent keynésiens, la question subsidiaire est de savoir si Philippe MARTIN est un keynéso-classique (référence à l’équilibre IS – LM) ou bien un postkeynésien (quel courant ?).

 

L’analyse

Au plan macroéconomique, la crise est le résultat d’une politique monétaire trop laxiste (pan ! sur le bec d’Alan GREENSPAN), d’une libéralisation des marchés financiers qui a permis le déficit courant des Etats-Unis qui autorisait un endettement aberrant des ménages américains.

Au plan microéconomique, la crise est le résultat du laisser-faire, comme la mise hors bilan de produits toxiques ou la dissimulation de pertes par les banques classiques, comme le jeu de l’économie-casino pratiqué par les banques d’affaires, comme la création d’une bulle spéculative immobilière fondée sur l’endettement.

« Contrairement à l’analyse marxiste, si cette crise est consubstantielle au capitalisme, par nature instable, elle ne signe pas sa mort. Contrairement à l’analyse libérale, ce n’est pas le marché qui va sauver le capitalisme mais l’Etat, de retour par le biais d’une politique monétaire, fiscale, budgétaire et la rénovation de la réglementation financière. »

 

Le projet

Poser comme « principe que la stabilité financière internationale est un bien public mondial ».

Par conséquent, il faut repenser le rôle des institutions financières internationales, comme le FMI qui devrait recevoir de nouvelles ressources et qui devrait abandonner « le consensus de Washington » (libéralisation financière, rigueur budgétaire, privatisation, etc.).

Le G20 devrait s’accorder sur une réelle politique de relance globale et non pas sectorielle.

Actuellement, la politique monétaire est quasiment inefficace, car les banques ont désormais une aversion forte au risque. C’est donc aux classes pauvres et moyennes qu’il faut « envoyer un chèque » pour enclencher le multiplicateur keynésien (1 € distribué qui sera dépensé apportera des revenus supplémentaires qui seront dépensés à leur tour, etc.).

 

Alexandre Anizy