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L'hystérie des déficits

Publié le par Alexandre Anizy

Dans sa dernière chronique, l'américain Paul Krugman (Prix Nobel d'économie) évoquait une hystérie des déficits : ceux qui affirmaient la présence d'armes de destruction massive en Irak matraquent aujourd'hui l'opinion publique d'une certitude, à savoir que « le creusement des déficits menace la relance américaine ». Pour Krugman, c'est le contraire qui est vrai : une relance massive de l'emploi garantira le retour à une croissance forte et durable qui résorbera les déficits.

Barack Obama vient d'opter pour un projet de budget 2011 de rigueur, reprenant ainsi la thèse des Républicains. Or, les Etats-Unis ont déjà connu une énorme hausse du ratio de leur dette entre 1981 et 1992, quand les Républicains dirigeaient le pays …


En 2014, les niveaux de dette prévisibles au jour d'aujourd'hui n'auront rien d'exceptionnels : aux Etats-Unis, ils égaleront le record, et celui du Royaume-Uni, à savoir 250 %, fut atteint à deux reprises. Pour ces deux pays, dans le passé, la dette a été apurée sans difficulté, notamment avec des prix stables au XIXème siècle, et avec l'aide de l'inflation dans la seconde moitié du XXème siècle.


En vérité, la dette est soutenable.

Ceux qui réduiront drastiquement les déficits avant que les dépenses du secteur privé se soient redressées, commettront une erreur : les économies basculeront probablement dans la récession, comme le Japon dans les années 1990.



Alexandre Anizy

 

Le milliardaire philosophe Bernard-Henri Lévy est obscène

Publié le par Alexandre Anizy

Intervenant dans le champ politique comme un homme de gauche « en guerre » contre les totalitarismes, le milliardaire philosophe Bernard-Henri Lévy nie être un acteur financier du capitalisme mondialisé. Cette posture d'écrivain immaculé est tout bonnement obscène, comme nous le montrons dans notre note

http://www.alexandreanizy.com/article-le-milliardaire-philosophe-bernard-henri-levy-optimise-sa-couverture-mediatique-44493553.html .


On pouvait encore lui accorder le crédit minimum lorsqu'il se présentait dans le champ intellectuel. A notre avis, ce n'est plus le cas aujourd'hui. Des lecteurs privilégiés du dernier livre (« De la guerre en philosophie ») ont pu découvrir en page 122 que, pour appuyer une démonstration sur Kant, le philosophe Lévy cite un ouvrage de Jean-Baptiste Botul, un auteur qui n'existe pas … Autrement dit, BHL n'accomplit même pas un travail intellectuel sérieux, à savoir par exemple des sources vérifiées et lues de préférence …

Autre hypothèse : il serait lui aussi victime d'une fiche de lecture bâclée par un sous-traitant négligeant, comme son ami Alain Minc ?



Ainsi, que ce soit dans le champ politique ou dans le champ intellectuel, force est de constater que le milliardaire philosophe Bernard-Henri Lévy est obscène.



Alexandre Anizy

 

Le milliardaire philosophe Bernard-Henri Lévy optimise sa couverture médiatique

Publié le par Alexandre Anizy

Comme à chaque fois qu'il lance un nouveau produit sur le marché, le milliardaire philosophe Bernard-Henri Lévy a soigné son plan médias en ne mégotant pas sur la masse :

Marianne (7 pages + 1 photo pleine page),

Express (3 pages + 1 photo pleine page),

Figaro du samedi (1 page avec portrait, entamée par une publication officielle des résultats de LVMH -sur 40 % de l'espace),

le Point (2 pages + 1 photo pleine page),

Journal du Dimanche (1 page - avec photo portrait-, entamée par une publicité pour le journal la Tribune – 25 % de l'espace).

Le narcissisme de cet héritier (son père André Lévy a fait fortune dans le bois – la société Becob-, notamment grâce à l'exploitation des forêts africaines) se vérifie une nouvelle fois.


Dans ce bombardement médiatique, signalons furtivement l'hommage de l'écri-nain pipole Christine Angot : plus une commande qu'un acte gratuit, n'est-ce pas ? Mais surtout l'entretien avec les gens de Marianne qui ont ébranlé le discours simpliste et racoleur du milliardaire philosophe, au point de l'acculer à cette défense pleine de morgue :

« Marianne : Modestie ou habileté pour s'abstraire d'un débat sur le capitalisme financier qui ne vous est pas étranger comme investisseur ? Vous vous êtes ainsi caché, il n'y a pas si longtemps, derrière une citation d'Althusser pour dire que « l'économie n'existe pas ». N'est-ce pas une défausse un peu obscène de vivre de l'économie et de dire qu'elle n'existe pas parce qu'un intellectuel communiste [Louis Althusser, ndAA] a fait un bon mot qui n'a avancé personne ?

Bernard-Henri Lévy : C'est votre insistance qui devient un peu obscène, vous ne trouvez pas ? Je suis un écrivain. Pas un investisseur.

Marianne : Un acteur du capitalisme financier ?

B-H. L. : Non plus. » etc.

(un entretien percutant : dans une presse ronronnante, voire servile, cela mérite d'être salué)

Pour nous, ce qui est obscène, c'est le rentier Lévy qui prétend ne pas être acteur du capitalisme financier, alors qu'il gère aussi ses affaires :

«  « (…) l'essentiel de son argent n'est pas en France ... » Mais alors où ? Tous les mois, BHL se rend en Grande-Bretagne. Il disparaît 48 heures pour retrouver ses gérants dans le salon d'un grand hôtel londonien. Là, il fait le point sur ses investissements, règle les urgences et délivre ses ordres. On peut estimer que 75 % de sa fortune est gérée de Grande-Bretagne, ce qui lui procure un redoutable système d'optimisation fiscale. De source anglaise, une autre partie de ses investissements est également gérée d'un autre pays de la communauté européenne. Ce serait, estiment certains, probablement le Luxembourg. » (enquête de Christian Moguérou dans VSD du 7 octobre 2004)

Devons-nous rappeler que Londres est pour certains un paradis fiscal, et pour beaucoup le point d'entrée vers les places offshore paradisiaques ?


Nous ne discuterons pas ici du fond, puisqu'il est sans intérêt. Seule la méthode du maître ès propagande doit être mise en évidence : dans le Monde Diplomatique de janvier 2010, Pierre Rimbert la présente intégralement dans un article titré « l'homme qui ne s'est jamais trompé », une litote digne du petit penseur très partisan.



Alexandre Anizy


P.S : en 2ème semaine, il faudra s'attendre à la 2ème vague du plan, à savoir les articles des amis (la liste des affidés étant longue, elle offre une palette de couleurs et de consistances utile pour nourrir une éventuelle polémique nécessaire pour la renommée)

 

Thierry Breton un autre professeur Tournesol de l'econo-globish

Publié le par Alexandre Anizy

Qui est Thierry Breton ?

Un ingénieur Supélec branché informatique, à ses débuts.

Un écrivain, qui n'a pas écrit personnellement tous ses livres, recruté par un garagiste autodidacte au réseau bien maçonné, qui s'initiera à la politique.

Un soi-disant « grand Manager » qui n'a jamais redressé durablement et globalement une entreprise (voir Thomson, France Télécom).

Un ministre de l'économie et des finances et de l'industrie sans envergure.

Au jour d'aujourd'hui, président-directeur général de la société Atos Origin : une position sociale trop étriquée pour ce vieux jeune loup.


Et c'est ainsi que réapparut Thierry Breton, l'ingénieur électricien qui se pique d'économie, dans les colonnes du quotidien vespéral. Il y apporte sa modeste contribution dans la propagande de l' econo-globish, pour faire inscrire dans la Constitution des limites supérieures à l'endettement de l'Etat.

Comme nous sommes sérieux, nous ne perdons pas notre temps (et le vôtre, chers internautes) à répondre aux arguments absurdes, déjà ressassés dans tous les médias, d'un hussard de l'oligarchie qui a besoin de formation en économie, puisqu'il écrit : « Ma conviction est faite : le véritable investissement d'avenir, c'est le désendettement. »

En économie, les mots ont un sens : en ne sachant pas, Thierry Breton voudrait embarquer la France vers d'autres maux.


Mais alors, quel est l'intérêt de l'article paru dans le Monde du 2 février ? Thierry Breton tenait absolument à nous faire part de sa découverte : la corrélation évidente entre la croissance et le déficit publique, sur la période de 1981 à 2010.

A notre avis, avec une démonstration aussi savante que la sienne, quelqu'un devrait pouvoir mettre en évidence, sur la même période, la corrélation entre l'accroissement du déficit et l'augmentation du nombre d'obèses.



C'est grave et triste à dire, mais de nos jours, l'oligarchie française apprécie les professeurs Tournesol de l' econo-globish.



Alexandre Anizy


Mauvaise note pour Moritz Kraemer de Standard & Poor's

Publié le par Alexandre Anizy

Moritz Kraemer est le responsable Europe de la notation des pays chez Standard & Poor's, et c'est sans doute pour cela que les colonnes du Figaro lui sont ouvertes, comme ce fut le cas le lundi 1 février 2010. Puisque nous avons déjà eu le loisir de mettre en évidence l'incohérence du raisonnement de cet agent examinateur, nous vous invitons à (re)lire cette note :

http://www.alexandreanizy.com/article-27525105.html


Dans son nouveau papier sans consistance, titré « pourquoi la zone euro n'éclatera pas » (il est bon de rappeler ici que les agences de notation n'ont rien vu venir en 2007 … et même pire que ça) , il affirme que l'éclatement de la zone euro est plus qu'improbable : la démonstration n'est pas convaincante. Elle l'est d'autant moins qu'il persévère dans ses contradictions.


L'agent examinateur Kraemer soumet au lecteur l'hypothèse de la sortie de l'euro d'un pays très endetté. Qu'en dit-il ?

« Adopter une nouvelle monnaie et la laisser se déprécier semble attrayant pour doper les exportations et la croissance, réduire les déséquilibres extérieurs, relancer l'emploi et les rentrées fiscales. Cette stratégie, en réalité, ébranlerait la confiance des créanciers. La reprise ne serait sans doute pas durable (…). »

Ce qui est mauvais pour ce pays aujourd'hui, était bon pour un autre en février 2009, en tout cas suffisamment bon pour que Standard & Poor's maintienne sa note : la stratégie de change flexible était même considérée comme un avantage compétitif.

« (…) nous maintenons le AAA, notamment parce que la Grande-Bretagne a un taux de change flexible : depuis l’été 2007, la livre a perdu 30 % de sa valeur. Ceci donne au pays un avantage compétitif par rapport à ceux de la zone euro (…) ». (Toujours Moritz KRAEMER)

L'agent examinateur Moritz Kraemer n'ayant toujours pas résolu son problème de cohérence théorique, nous devons le sanctionner par une mauvaise note.



La seule information intéressante de l'article, qui n'est bien sûr pas développée, est la suivante :

« Quitter la zone euro serait infiniment complexe et coûteux. Sans compter que, selon nos critères de notation, cette modification unilatérale d'un engagement contractuel constituerait un défaut de paiement. »

Le défaut de paiement sanctionné par une baisse de la note des agences.

Si l'adhésion librement consentie d'un pays à l'euro est un contrat, en quoi sa sortie de l'euro constitue-t-elle une « modification unilatérale » dudit contrat ? Chez les agences de notation, de quel principe découle la qualification de défaut de paiement pour cette sortie de l'euro ?

Si Moritz Kraemer ne fournit aucune réponse à ces questions, il suggère par contre la menace d'une baisse de la note, ce qui est peut-être l'unique objectif de cet article inconsistant.


Alexandre Anizy 

Dominique Strauss-Kahn parle bien "econo-globish"

Publié le par Alexandre Anizy

Dominique Strauss-Kahn, l'ami du CAC 40, a été placé à la tête du Fonds Monétaire International (FMI) par le Président ubiquiste Sarkozy de Nagy Bocsa : il le méritait sans conteste. Sous l'ère Jospin, il avait montré l'étendue de son talent d'illusionniste.


Etant loin de sa base électorale française, DSK n'a plus besoin de maquiller ses préférences doctrinales et ses propos conservateurs. C'est ainsi que le FMI, sous sa direction, vient de sommer le Portugal de diminuer ses dépenses budgétaires par une baisse de la masse salariale des fonctionnaires et par une réduction des aides sociales.

Gageons que s'il était en France, DSK l'ami du CAC 40 aurait noyé, comme Sarkozy de Nagy Bocsa, son remède néolibéral dans une chicorée socialiste : c'est le talent que nous lui reconnaissons.


En effet, DSK maîtrise parfaitement l'« econo-globish », cette langue économique pratiquée sur notre planète par l'ensemble des décideurs qui veillent à ce qu'hors de cette théorie dominante, point de salut ! C'est d'ailleurs pourquoi il a obtenu le job : une sorte de fondé de pouvoir des grosses fortunes.



Alexandre Anizy 

6. Les tartuffes socialistes : Jean-Pierre Jouyet le Ponce Pilate Gracquant

Publié le par Alexandre Anizy

D'aucuns pourraient nous faire remarquer fort justement que ce monsieur n'est plus membre du Parti Socialiste. Mais dans ce cas, ils oublieraient que l'énarque socialiste Jean-Pierre Jouyet a fait une brillante carrière dans la haute administration sous l'ère socialiste, et puis qu'il prit médiatiquement ses distances en entrant au Gracque 40 puisque l'offre du Parti n'était plus porteuse (nous synthétisons par là-même la conclusion de la pensée essentiellement consensuelle de ce groupuscule du VIIème arrondissement parisien), pour enfin finir dans les filets d'un pêcheur nommé Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa.

Pour l'oligarchie et ses représentants, peu importe le flacon pourvu qu'ils aient l'ivresse (du pouvoir).

Malgré tout cela, comme le repêché avait encore des vapeurs (des états d'âme), on lui confia un poste magnifique (patron de l'Autorité des Marchés Financiers) : de quoi continuer à s'assoir à la table des saigneurs.

 

Patatras ! A peine débarquait-il dans les murs de l'AMF que cette institution blanchissait définitivement Arnaud Lagardère et les dirigeants d'EADS, au terme de 3 ans d'enquête pour un soupçon de délits d'initiés !

Il faut croire que c'en était trop pour la conscience professionnelle, voire l'honneur, du patron Jean-Pierre Jouyet qui se démarqua immédiatement des conclusions du rapport final de cette enquête « exemplaire », puisqu'elle était antérieure à sa nomination. A notre avis, Ponce Pilate n'aurait pas fait mieux.

 

(lire aussi le portrait de juillet 2008, ci-dessous)

http://www.alexandreanizy.com/article-21101706.html

Nous avons bien ri à la lecture du Figaro d'hier (29 janvier2010), notamment quand Jouyet déclare solennellement : « Si certains s'interrogeaient après cette décision sur le degré d'exigence de l'AMF en matière d'information financière, qu'il soit bien clair que celui-ci est inchangé. » Les affaires continueront comme avant, et nous l'avions déjà compris, monsieur.

 

 

Alexandre Anizy 

"Voici le temps des imposteurs" de Gilbert Cesbron

Publié le par Alexandre Anizy

Si « Voici le temps des imposteurs » n'est pas le meilleur roman de Gilbert Cesbron, il est sans doute le plus critique. En effet, on peut y lire la description sans tabous (une concession ironique à la mode verbale) du monde cynique de la presse : commencer par la prise de pouvoir grotesque au journal collaborationniste le Soir, par trois Résistants quasi débutants, situe d'emblée le problème.

Bien sûr, le style sobre et incolore ne vous marquera pas. Mais il a au moins le mérite de la justesse.

« Et voici qu'au lendemain des journées d'août [1944, ndAA], parée de la victoire des autres et se baptisant « peuple », cette foule arrogante et veule instituait ses tribunaux populaires et réclamait la mort du vieux souverain qu'elle avait idolâtré. Les soldats étaient repartis, les héros se tenaient à l'écart et, pour se justifier à leurs yeux, les lâches donnaient la chasse à plus lâches qu'eux. » (p.58 de l'édition 1974 du Service Culturel de France, empruntée à la bibliothèque municipale)

En lisant ce passage, nous pensons à Alphonse Boudard (« les combattants du petit bonheur »; en poche) : lire notre note http://www.alexandreanizy.com/article-15357832.html .


Dans cet ouvrage de Cesbron, on voit une peinture au vitriol des ambitions marchandes et morales du milieu de la presse, à travers des personnages inspirés par des monstres sacrés comme Pierre Lazareff ou Daniel Filipacchi. On est loin de la vénération que leur porte Philippe Labro dans son bouquin « un début à Paris » (Gallimard, 1994, 349 pages, 125 FRF) : lire notre note http://www.alexandreanizy.com/article-27601174.html .


Alors qu'il était populaire, i.e. un gros vendeur, après la parution de ce livre en 1972 la visibilité de Gilbert Cesbron dans les médias n'était plus comparable à celle d'autrefois, quand il se contentait d'être un écrivain catholique sensible aux réalités sociales : était-ce une mesure de rétorsion immédiate ?


Quoi qu'il en soit, le mal dénoncé par Gilbert Cesbron est fait : pire, les choses se sont agravées, puisque les médias forment un rouage essentiel de la formation de l'opinion publique dans la société du spectacle. C'est pourquoi la presse actuelle, qui ressemble de plus en plus à la Cour de Versailles où des courtisans de toutes sortes vivaient au crochet de l'Etat ou se ruinaient pour en être, est maintenant investie par les rejetons de l'aristocratie.



Alexandre Anizy

 

Le Monde dédouane Sarkozy avec Bezat en petit télégraphiste

Publié le par Alexandre Anizy

Pour ceux qui en doutait, Pierre Péan et Philippe Cohen leur ont révélé il y a quelques années que le quotidien le Monde ne pouvait plus être qualifié de « référence » tant il avait mené de combats douteux sous la férule du trio invraisemblable et pourtant réel : Minc, Colombani, Plenel.

Les 3 lascars ont quitté le navire, en le laissant dans une situation financière quasiment inextricable et en lui léguant une pratique éditoriale qui ne le grandit pas. C'est ce que nous allons montrer à nouveau aujourd'hui dans le champ politique, alors que notre première analyse concernait l'économie - (re)lire la note du 17 juillet 2008 ( http://www.alexandreanizy.com/article-21298273.html ) -, et que la deuxième portait sur l'administration judiciaire – (re)lire la note du 23 juin 2009 ( http://www.alexandreanizy.com/article-32988296.html ).


Dans le numéro daté du 26 janvier 2010, en page 3, on vous dit « comment Henri Proglio a piégé Sarkozy »: c'est du moins le gros titre de la page. Mais dans l'article, que pouvons-nous lire ?

Apprend-on que lors des réunions préparant la double nomination chez EDF et Veolia la question du montant de la rémunération globale n'aurait jamais évoqué, ou mieux encore, qu'une limite supérieure aurait été clairement demandée par le gouvernement ? Non.

Apprend-on que le fait qu'il y ait concrétement une double rémunération (i.e. À la fois publique et privée) ait été formellement interdit par le gouvernement ? Non.

Au contraire, on voit que les premières décisions prises étaient le fruit de tractations, avec dans le camp Proglio des soutiens aussi forts que le bras droit du Président, à savoir Claude Guéant, que le conseiller qui se voudrait omniscient, à savoir Alain Minc. On constate que le Proglio a remporté une bataille de réseaux, ce qui est la principale caractéristique de sa carrière – les siens étant particulièrement maçonnés. On apprend aussi que « M. Sarkozy n'aurait pourtant jamais nommé à la tête d'EDF un homme dont il ne soit pas sûr. » Mieux que ça, on a les mots du Président adressés à Henri Proglio lorsqu'il le reçoit: « Je te confie la plus belle boîte de France. »

Alors, où est le piège de Proglio ? Nulle part.

Au contraire, la fin de l'article annonce la thèse la plus plausible : « Au fond, c'est son argumentaire [à Proglio] qui a convaincu. »


La rigueur intellectuelle n'est donc pas la qualité que nous porterions au crédit des signataires : Raphaëlle Bacqué et Jean-Michel Bezat.



Ce dernier aggrave son cas (on suppose que ses initiales J.-M. B. désignent le journaliste courageux) en bas de la même page 3, avec un petit article titré « Le chef de l'Etat était réservé sur les deux mandats ».

Or, que nous dit-il ici ?

Que le Président aurait été « très réservé sur l'idée d'un rapprochement Veolia - EDF », ce qui contredit la thèse de l'article principal (signé aussi par J.-M. B., rappelons-le) qui affirme que Proglio a été choisi grâce au fond à son argumentaire, i.e. son projet de rapprochement !

Que le Président aurait insisté sur le fait que « la même personne ne peut pas présider les deux [sociétés] », ce qui ferait douter de la santé intellectuelle du Président puisqu'il aurait aussi déclaré à Proglio, selon l'article principal au-dessus : « Je te confie la plus belle boîte de France ».


Non vraiment, ce papier secondaire n'est pas sérieux, mais il est conforme à la méthode retenue par le quotidien vespéral pour manipuler le lecteur (voir nos notes précédentes grâce aux liens ci-dessus). Vincent Peillon le bourgeois prétendant va avoir du boulot, parce qu'il n'y a pas que les patrons de la télévision publique qui soient serviles (voir sa déclaration au Monde du 24 janvier 2010) !

Ce petit article ressemble plus à un élément d'un plan de communications correctives élaborées à l'Elysée ou ailleurs, qu'à un travail de journaliste de référence : les mots rapportés du Président proviendraient de confidences en privé … un procédé très utile pour un éventuel futur démenti.

Si Jean-Michel Bezat est journaliste de profession, nous considérons qu'il a aussi des compétences pour une autre fonction : petit télégraphiste.


 

Alexandre Anizy

 

Toujours la même embrouille de Jacques Julliard

Publié le par Alexandre Anizy

Comme il y a 30 ans, l'intellectuel servile Jacques Julliard s'est jeté dans la bataille idéologique, hier sous le masque de la modernité (la deuxième gauche et Rocard : quelle fumisterie !), aujourd'hui celui de la régénération ; mais dans les deux cas, il s'agite pour brouiller les termes du débat afin que rien ne change.

La cohérence politique de ce personnage n'étant pas une de ses qualités, nous dégotons d'emblée une contradiction majeure parmi les « 20 thèses pour repartir du pied gauche » (article dans Libération du 18 janvier 2010), lorsqu'il parle des syndicats.

D'abord, c'est le constat auquel arrivent bien de nos concitoyens :

« Privés de toute perspective d'avenir, de tout projet positif, les syndicats se sont repliés sur une posture purement défensive de préservation de l'emploi et des rémunérations. Les grandes entreprises (…) dans le meilleur des cas, regardent les syndicats comme des auxiliaires utiles dans le maintien de l'ordre social. »

Au printemps 2009, grâce à une gestion pédestre et stérile du mécontentement populaire, les sieurs Thibault et Chérèque ont montré toute l'étendue de leur capacité de nuisance, pour les salariés évidemment.


Puis vient la proposition absurde concernant la régénération :

« Le facteur déclenchant pourrait être la constitution d'un bloc syndical, doté d'un programme d'urgence, dont la CGT et la CFDT doivent prendre l'initiative. (…) Ce nouveau bloc devra envisager la coordination de son action à l'échelle internationale, et d'abord européenne. »

Comment des organisations syndicales vermoulues peuvent-elles se transformer en forces du changement, qui plus est dans un cadre européen ? Le savant Jacques Julliard ne se donne même pas la peine de raconter cette métamorphose abracadabrantesque.



En fait, cet intellectuel servile nous sert le même plat de résistance qu'hier, à savoir : une deuxième gauche, un étendard forcément rassembleur (hier la modernité, maintenant la régénération), un nouvel acteur social (hier la CFDT prétendument autogestionnaire, maintenant le bloc syndical aux contours aussi flous que le programme d'actions), et toujours la même société civile …

Si les temps ont changé, Jacques Julliard quant à lui s'est fossilisé.



Alexandre Anizy