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Mourir d'ennui pour DANTZIG ?

Publié le par Alexandre Anizy

Charles DANTZIG est un éditeur que sa première maison (les Belles Lettres ; la seconde étant Grasset) a longtemps publié, mais aussi un journaliste établi qui ne manque pas de dire du bien de ses confrères, qui savent renvoyer l’ascenseur à l’éditeur.

Une sorte de Philippe SOLLERS pour les trente prochaines années.

 

Dès lors, chacune de ses publications bénéficie d’une couverture médiatique hors de proportion avec le talent du bonhomme ou le sujet de ses bouquins, puisqu’ils sont sans intérêt. Le dernier en date, « Encyclopédie capricieuse du tout et du rien » (Grasset, janvier 2009) n’échappe pas à la règle.

Par conséquent, ne mourrez pas d’ennui pour DANTZIG !

 

Charles DANTZIG est un écrivassier qui remplit les colonnes des magazines pour occuper les lecteurs, tandis que ses patrons vendent du « temps libre de cerveaux », comme dirait Patrick LE LAY (ex patron de TF1). Comme il est cultivé, il colore joliment les pages glacées de ses traits d’esprit.

 

Alexandre ANIZY

"Où on va papa" de Jean-Louis FOURNIER

Publié le par Alexandre Anizy

En 2008, les dames du Femina ont attribué leur Prix à Jean-Louis FOURNIER pour « où on va, papa ? » (Stock, 155 pages, 15 €) : on ne peut que les en féliciter.

Ce n’est pas un roman, mais l’épure d’une relation père – enfants racontée sobrement par touches anecdotiques.

 

« Un père d’enfant handicapé doit avoir une tête d’enterrement. Il doit porter sa croix, avec un masque de douleur. Pas question de mettre un nez rouge pour faire rire. Il n’a plus le droit de rire, ce serait du plus parfait mauvais goût. » (p.39)

 

Bien que le sujet soit délicat, Jean-Louis FOURNIER a réussi son livre très personnel : bouleversant et drôle.

Laissez-vous embarquer dans le voyage de papa …

 

Alexandre ANIZY

Critique de la théorie des après-guerres de Peter SLOTERDIJK

Publié le par Alexandre Anizy

(Suite des 6 notes précédentes portant le titre « Allemagne et France vus par Peter SLOTERDIJK »)

 

Disons d’emblée que nous comprenons la difficulté de l’exercice : présenter une théorie complexe dans le laps de temps d’une conférence officielle relève un peu de la gageure. Il s’agit donc pour nous de souligner les lacunes ou les points faibles de la théorie.

  

La faute à Napoléon

Cette partie est séduisante, mais elle contient une grave lacune : il nous paraît difficile de démontrer que Napoléon a freiné l’évolution économique et sociale, par conséquent démocratique, de la Russie tsariste.

Le prétendre relèverait plus du gadin philosophique que d’un survol historique planant.   

 

La métanoïa ratée de la France

Cette partie mérite d’être encore développée, notamment parce que la réponse de SLOTERDIJK, quand on lui parle du climat de repentance généralisé sévissant en France, est loin d’être satisfaisante : « Vu de l’extérieur, on a plutôt l’impression que l’autocritique à la française est une comédie superficielle et que le chauvinisme de base n’a jamais été ébranlé. » ‘(Point du 18 décembre 2008 : propos recueillis par Elisabeth LéVY)

« La France est dangereuse car elle porte toujours en elle les germes de la guerre civile, et on ne sait jamais comment l’explosion se reproduira. » (Point, ibid.) Cette affirmation de SLOTERDIJK ne remet-elle pas en cause toute la démonstration sur la « dénapoléonisation » de la relation franco-allemande et ne contredit-elle pas la conclusion de sa conférence ?

 

La réussite métanoiétique de l’Allemagne

L’Allemagne a réussi sa métanoïa. Mais si SLOTERDIJK doute de la sincérité des repentances françaises, force est de constater qu’il ne s’interroge jamais sur une éventuelle hypocrisie allemande. La subjectivité du propos étant par trop évidente, il conviendra donc de nuancer les formulations de l’exposé théorique.

D’ailleurs SLOTERDIJK anticipe la critique : « On peut avoir l’impression que (…) le bilan métanoiétique que je tire penche de manière unilatérale en faveur de la partie allemande, la France étant blâmée (…) » (p.75)

Mais « je ne voudrais pas réfuter cette impression », répond-il simplement.

En guise de conclusion, nous disons que cette théorie contient des prémisses intéressantes et des intuitions fulgurantes, soutenues par un verbe parfois caustique. Néanmoins, pour l’étayer, il conviendrait d’étoffer le travail de recherche, insuffisant à ce stade.


Alexandre ANIZY

Allemagne et France vus par Peter SLOTERDIJK (VI)

Publié le par Alexandre Anizy

(Suite des 5 notes précédentes)

 

L’heureuse prise de distance : perspective polémologique 

Pour Peter SLOTERDIJK, il existe une distance mentale entre les deux pays. « Après 1945, les Français et les Allemands n’ont cessé, de facto, de s’éloigner les uns des autres d’un point de vue culturel et psycho politique, alors qu’au niveau des relations plus officielles, ils trouvaient une nouvelle amitié, salutaire pour les deux parties. J’affirme à présent que ces deux faits, la prise de distance et l’amitié nouée, ne signifient au fond qu’une seule et même chose. » (p.78)

A Reims en 1962, ADENAUER et DE GAULLE ont paradoxalement négocié la désimbrication des deux nations, c'est-à-dire la fin d’une sur-relation fatale, d’« une forme politique de magnétisme animal », qui commença en septembre 1792 à Valmy qui « fut le prélude contenu à cette ère des masses qui débuta avec l’invention française de la mobilisation générale. » (p.81)

« Les Français avaient été les premiers-nés de la nouvelle dynamique de masse et, en s’en servant pour submerger l’Europe, ils lui donnèrent une leçon qui fit effet pendant 150 ans. » (p.81)

 

Pour SLOTERDIJK, le livre « Achever Clausewitz » de René GIRARD apporte réellement une nouveauté dans la réflexion sur la France et l’Allemagne « dans la mesure où il tente d’élucider le mystère d’une fascination pathologique réciproque » (p.82) : chez CLAUSEWITZ, il montre l’imitation jalouse de Napoléon pour essayer de rendre reproductibles les succès du bellicisme révolutionnaire français.

SLOTERDIJK esquisse un pas de plus que GIRARD :

« A côté de l’imitatio Napoleonis, c’est surtout l’imitatio revolutionis qui, du point de vue de la dynamique affective et de l’idéologie, allait agir dans les dimensions les plus grandes et les plus dangereuses, en Allemagne et bien au-delà. » (p.83) Ainsi Karl MARX serait « le point de condensation le plus élevé des jalousies allemandes provoquées par la France ». (p.83)

« Toute l’œuvre de MARX confirme la thèse énoncée par Heinrich HEINE : là où les Allemands se mêlent des affaires françaises, celles-ci montent d’un palier dans l’universalité, l’acharnement et la dévastation. » (p.84), ce que GIRARD appelle, avec CLAUSEWITZ, « la montée aux extrêmes ».

Dans le coup de maître de René GIRARD, SLOTERDIJK regrette l’absence d’une théorie des médias, comme véhicules de la mimétique dangereuse.

 

Pour clore sa conférence, SLOTERDIJK affirmait : « Si les Allemands et les Européens ont un conseil à donner au reste du monde (…) : faites comme nous, ne vous intéressez pas trop les uns aux autres ! » (p.88)

 

Alexandre ANIZY

Allemagne et France vus par Peter SLOTERDIJK (V)

Publié le par Alexandre Anizy

(Suite des 4 notes précédentes)

 

La normalisation de l’Allemagne

Ce pays « peut commencer à récolter les fruits de ses efforts métanoiétiques. Il a regagné la confiance de ses voisins – si l’on fait abstraction de quelques dépôts toxiques en Angleterre et en Pologne où se reproduisent obstinément, comme sous vide, les affects antiallemands (…) » (p.60) L’élection d’un pape allemand (Joseph RATZINGER) le 19 avril 2005 est une expression de la « ratification du processus politico-moral » et un patronyme allemand peut dorénavant être le symbole de l’intégrité (tenons pour insignifiante la corruption au sein des groupes Siemens et Volkswagen : n’est-ce pas une règle commune des affaires mondialisées ?).

Peter SLOTERDIJK met en exergue le cas de Martin WALSER, parce qu’il parla le premier dans les années 1980 de la réunification allemande comme d’une option souhaitable, et parce qu’il affirma en 1998 que l’Allemagne pouvait « prendre de la distance avec certains rituels pseudo-métanoiétiques extériorisés » (comme le rappel de la Shoah utilisée comme une « massue morale »).

De fait, aujourd’hui, l’Allemagne est entrée dans une phase de normalisation : « l’idiot de la famille européenne » évolue vers l’égoïsme politique normal, dont la France est un exemple.

 

Il demeure un point sensible : la redéfinition des fonctions militaires. Parce qu’ils ont commis des crimes, les Allemands auraient une « prétention supérieure à vivre dans un monde sans guerre. Il en résulte un syndrome de la faiblesse arrogante qui ne pourra pas résister aux épreuves à venir. » (p.76)

« Dans ce segment basique du réajustement du decorum culturel », la normalisation pourra-t-elle survenir, s’interroge Peter SLOTERDIJK.

 

Alexandre ANIZY

Allemagne et France vus par Peter SLOTERDIJK (IV)

Publié le par Alexandre Anizy

(Suite des 3 notes précédentes)

 


L’échec de la France
 

Concernant la France, « (…) l’issue de la guerre des Gaules déclenchée pour l’appropriation politique et idéologique de la Libération est aujourd’hui définitivement tranchée. » (p.50) et l’héritage structurel gaulliste recèle une autonomie non dénuée de danger.

Diantre ! Qu’en est-il ?

« Mais le plus préoccupant est le potentiel hystérogène qui découle de la liaison entre le présidentialisme et le populisme médiatique – un potentiel auquel DE GAULLE, nietzschéen politique et illusionniste au service du tout, avait déjà eu recours, et qu’il avait utilisé avec virtuosité. » (p.51)

 

La gauche française, en peu de temps, a sombré dans une quasi insignifiance. Pour ce qui est de la « nouvelle nullité théorique du camp de gauche en France », elle intéressera sans nul doute les historiens. Pour SLOTERDIJK, l’ « implosion du champ de gauche en France » est « un phénomène [qui] constitue bien l’effondrement final du système pseudo-métanoiétique avec lequel la gauche française avait su se procurer de fausses victoires et des souverainetés fantomatiques sur le champ agité des affects et des discours de l’après-guerre. » (p.53-54)

 

Ainsi, selon cette théorie, la France aurait manqué son après-guerre : « Même affadi, l’héritage du gaullisme constitue « un risque incalculable pour l’Europe (…) », et la décomposition intellectuelle est patente.

 

Alexandre ANIZY

Allemagne et France vus par Peter SLOTERDIJK (III)

Publié le par Alexandre Anizy

(Suite des 2 notes précédentes)


1945 : la métanoïa en Allemagne

« ADENAUER symbolise le côté pragmatique et quotidien du travail métanoiétique en Allemagne. » (p.45) Durant cette phase historique, une réorientation morale est allée de pair avec la reconstruction des villes. SLOTERDIJK donne quelques moments-clés :

  • 19 octobre 1945, à Stuttgart, la confession de culpabilité par le Conseil de l’Eglise évangélique ;
  • L’accord sur les réparations conclu entre l’Allemagne Fédérale et Israël en 1952 ;
  • Le traité d’amitié franco-allemand à Reims en 1962 ;
  • Le chancelier Willy BRANDT s’agenouillant devant le monument du ghetto de Varsovie, le 7 décembre 1970 ;
  • L’inauguration du monument berlinois commémorant l’assassinat des Juifs d’Europe, le 10 mai 2005.

 

Bien sûr, l’Allemagne a connu elle aussi ses éruptions, l’émergence de « maîtres-penseurs ayant l’apparence du politique », « une nouvelle version du fascisme de gauche qui, pour faire diversion, se donna le nom d’antifascisme », mais « (…) l’orientation fondamentale du travail que nous avions à accomplir (…) [restait] imperturbablement tourné vers la mission consistant à réévaluer et à réviser le decorum allemand traditionnel (…) ». (p.49)

 

En bref, l’Allemagne aurait réellement entrepris sa métanoïa.

(A suivre …)

 

Alexandre ANIZY

Allemagne et France vus par Peter SLOTERDIJK (II)

Publié le par Alexandre Anizy

(Suite de la note précédente portant le même titre)


1945 : en France la double falsification

A cette date, la situation française ressemble à la position italienne de 1918. « (…) dans un cas comme dans l’autre, on observe, après la victoire offerte, une oscillation initiale entre les tendances allant vers la métanoïa et celles qui poussent vers l’affirmation (…) un balancement qui se résout au bout du compte dans l’esprit d’une falsification plus ou moins totale du résultat de la guerre. » (p.34)

Alors que les Italiens avaient choisi la fuite en avant mussolinienne, les Français ont eu de la chance en choisissant « le moindre mal, la thérapie gaulliste ». (p.35)

« Parallèlement à l’évasion gaulliste dans l’affirmation nationale, la gauche française développa un deuxième front de falsification (…) ». (p.35) : la France de la Résistance a gagné la guerre aux côtés de STALINE et de l’armée rouge. Ainsi la « guerre des Gaules herméneutique entre la droite française d’après-guerre et la gauche française d’après-guerre » était aussi le conflit de 2 falsifications incompatibles du résultat de la guerre.


Avec retour du général DE GAULLE en 1958, la théorie des après-guerres permet d’avancer que « la surélévation de la fonction présidentielle ne produit de sens, au bout du compte, uniquement si l’on suppose que l’Elysée voulait être une Maison Blanche européenne (…) ». (p.37)

« Il serait pourtant injuste de dénier franchement certaines qualités métanoiétiques à l’œuvre du général (…) » (p.38) : à son crédit, la réconciliation de la vieille droite avec la modernité républicaine.

 

Mais le plus intéressant se situe de l’autre côté de l’échiquier français. A partir de 1944, « une forme singulière (…) de littérature pseudo-métanoiétique » apparaît, avec l’importation massive de philosophes allemands (HEGEL, HEIDEGGER, MARX, NIETZSCHE, Carl SCHMITT). Le procédé de base à l’œuvre dans la falsification du résultat de la guerre opérée par la gauche est « la fuite dans l’hyper grandeur du socialisme ». Ainsi naquit une « scène culturellement hégémonique » qui fit du vrai intellectuel français un « engagé » : « Cette église combattante de la résistance après coup sut se généraliser en critique de la société bourgeoise et de l’ère du capitalisme tardif en mélangeant le marxisme, la sémiologie et la psychanalyse pour en faire un amalgame suggestif. » (p.41) Sur les campus américains, cela s’appelle la French Theory ou Critical Theory.

 

Entre la critique française et la critique allemande, il existe « une tendance diamétralement opposée en matière de politique de la vérité » : « en Allemagne, la défaite s’appelle la défaite (et le crime, le crime) – et c’est à l’aune de ce mètre étalon sémantique que l’on mesure aussi les autres mots. » (p.43)

(A suivre…)

 

Alexandre ANIZY

Allemagne et France vus par Peter SLOTERDIJK (I)

Publié le par Alexandre Anizy

En octobre 2008 sortait en France « Théorie des après-guerres – Remarques sur les relations franco-allemandes depuis 1945 » (Maren Sell, 88 pages, 12 €), un texte de Peter SLOTERDIJK, dont la source est une conférence donnée aux 6ème entretiens culturels franco-allemands à l’université de Fribourg, et suivie d’un débat avec Alain TOURAINE et Blandine KRIEGEL (l’épouse d’Alexandre ADLER).

 

SLOTERDIJK exprime clairement son objectif : « Je voudrais (…) montrer dans quelle mesure l’interprétation des résultats de la guerre par les entités belligérantes devient décisive pour les représentations qu’elles se font d’elles-mêmes. » (p. 10)

Dans son étude, il utilise 2 théories : René GIRARD et la rivalité mimétique, Heiner MÜHLMANN et la nature des cultures. Le projet de ce dernier ambitionne de « faire apparaître le lien entre la guerre et la culture à la lumière d’un modèle hautement généralisé de formations de collectifs produits par le stress ». (p.18) Ainsi, l’après-guerre est une phase de détente d’après-stress propice, pour les vainqueurs comme les vaincus, à l’ « évaluation de leurs propres prémisses culturelles à la lumière des résultats des combats ». (p.21) En général, les vainqueurs voient dans leur victoire une confirmation de leur decorum tandis que les vaincus ont l’occasion d’étudier les raisons de leur échec, ce qui « peut déboucher sur des transformations essentielles du decorum propre à la culture, c'est-à-dire du faisceau de normes et de formes de vie ayant localement un caractère d’obligation (…) ». (p.22)

SLOTERDIJK nomme métanoïa cette propension à transformer les règles culturelles.

 

La faute à Napoléon

La période allant de 1806 à 1945 est une séquence d’après-guerres embrouillés. Concernant l’échange mimétique dans le duel franco-allemand, René GIRARD apporte des éléments de réponse dans son « Achever Clausewitz ».

Du point de vue allemand, Napoléon est le liquidateur du Saint-Empire, le génie militaire d’Austerlitz, Iéna et Auerstedt (celui que CLAUSEWITZ appela le « Dieu de la guerre »), mais aussi « le politicien de génie qui, de manière fatale, précisément en raison de ses succès éclatants, a semé les graines du ressentiment et d’une rivalité imitatrice nourrie par un mélange d’amour et de haine, et ce, dans tous les pays européens qu’il a attaqués, de l’Atlantique jusqu’à l’Oural ». (p.25)

A cause des agressions napoléoniennes, et mis à part la Suisse et l’Angleterre, le continent européen plongea dans un maelström antirépublicain, antimoderne, antifrançais : l’évolution européenne a été dévoyée par le choc napoléonien.

 

1918 : l’après-guerre de l’Italie

Le cas de l’Italie à cette période illustre le concept-clé de SLOTERDIJK, celui de « la falsification des résultats de la guerre ».

D’après le modèle mühlmannien de la révision après-stress du decorum, une culture, après les batailles, réévalue ses états d’esprit normatifs fondamentaux : « en cas de victoire, les valeurs essentielles de ce travail de vérification portent le nom d’ « affirmation » ; en cas de défaite, celui de « métanoïa » ». (p.29)

En août 1914, l’Italie se retire de l’Alliance (appelée « Triplice ») avec l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie, pour rester neutre. Peu après, elle signe le traité secret de Londres, puis entre en guerre en mai 1915 contre l’Autriche-Hongrie. Anéantie militairement, au bord du gouffre politiquement, l’Italie ne se retrouve dans le camp des vainqueurs que grâce à l’aide massive des Alliés. « On parlait à l’époque d’une vittoria mutilata, une victoire mutilée – on aurait mieux fait de parler d’une défaite maquillée en victoire. » (p.30)

L’Italie n’accomplit qu’une demi-métanoïa.

Un parti ultranationaliste proposa une ligne politique d’hyper affirmation héroïque : aux élections de janvier 1924, MUSSOLINI recueillait 66 % des suffrages. A son commencement, le fascisme est le produit d’une falsification du résultat réel de la guerre.

 

« En Allemagne, la falsification du résultat de la guerre avait débuté dès le mois de novembre 1918 avec la tristement fameuse légende du « coup de couteau » dans le dos de l’armée prétendument invaincue, et ses conséquences se firent sentir à partir de 1933. » (p.32)

(À suivre…)

 

Alexandre ANIZY

La relation France - Allemagne selon Alexandre ADLER

Publié le par Alexandre Anizy

L’article d’Alexandre ADLER, titré « Allemagne – France : pourquoi tant de haine ? », et dont nous avons parlé dans notre note précédente à cause d’une formulation perfide, mérite un examen attentif.

 

L’auteur réagit à une « analyse surréaliste intitulée « l’omniprésident »» d’Ulrich FICHTNER dans le « Spiegel », où il apparaîtrait que la France ruinée sous la coupe d’un Chef d’Etat agité explosera inéluctablement. Alexandre ADLER en souligne le « ton volontiers ordurier ». Il rappelle aussi que le fondateur du « Spiegel », Rudolf AUGSTEIN, soi-disant libéral de gauche, avait concentré sa haine sur la France après 1945, ce qui était plus présentable.  

« Alors pourquoi tant de haine ? », « Pourquoi cette nervosité allemande ? ». En refusant le plan de relance européen proposé par la France, en adoptant une attitude monétaire prudente comme celles du Chancelier BRÜNING en 1930, Angela MERKEL et son ministre des Finances social-démocrate Peer STEINBRÜCK, pariant sur une relance américaine favorable aux exportations allemandes, auraient enterré les prochaines élections « au profit d’un quasi-parti unique qui ne dit pas son nom ».

Alors pourquoi cette « posture antifrançaise, antianglaise et surtout antikeynésienne [qui] sied mal à l’Allemagne moderne, à l’Allemagne jeune, à l’Allemagne des entrepreneurs » ? Selon ADLER, une coalition européenne, entrepreneuriale et démocratique s’oppose à la « grande coalition monétariste, conservatrice, et autarcique » au pouvoir.

 

Quelle est l’expression politique de cette opposition qui inquiéterait les dirigeants actuels et leurs chiens de garde comme Ulrich FICHTNER ? Selon ADLER, il faut la chercher chez les anciens communistes est-allemands (des gorbatchéviens berlinois responsables, qui tourneraient le dos à leur alliance avec le « démagogue néopéroniste Oskar LAFONTAINE »), des Verts et des sociaux-démocrates, « et peut-être même [un bloc] libéral ».

Force est de constater qu’on ratisse large là aussi, dans cette politique fiction.

 

Alexandre ANIZY