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Union Européenne : un soi-disant axe franco-allemand

Publié le par Alexandre Anizy

Nous vivons une époque formidable, comme disait le regretté REISER. Autrefois, les dirigeants politiques communiquaient lorsqu’ils avaient une idée à faire passer ; aujourd’hui, ils occupent l’espace médiatique pour masquer le conformisme, voire le vide, de leurs projets.

Prenons par exemple la tribune de la chancelière MERKEL et du Président ubiquiste SARKOZY DE NAGY BOCSA, publiée en France par le Journal du Dimanche du 31 mai 2009. A les lire, on pourrait croire naïvement que l’entente franco-allemande est de retour, ce que les faits contredisent.

 

La question turque.

« Angela MERKEL et moi sommes sur la même ligne. La Turquie ne peut entrer dans l’Union (…) » déclare le Président ubiquiste SARKOZY DE NAGY BOCSA.

Le mot Turquie est absent du texte signé.

Un espace économique et de sécurité avec la Russie et la Turquie.

C’est une proposition française du 5 mai, qui reste sans suite.

Une agence européenne d’achat du gaz.

C’est encore une proposition française, qui n’est pas reprise dans le texte célébrant la communauté de vue des 2 pays. En la matière, l’Allemagne joue en solo depuis belles lurettes.

Un gouvernement économique de la zone euro.

Voilà un autre cheval de bataille (sans doute exclusivement électoral !) du Président ubiquiste SARKOZY DE NAGY BOCSA. Qu’en pense Mutti MERKEL ?

« Je m’oppose aux exigences souvent sans fin d’une coordination renforcée des politiques économiques au sein de la zone euro (…) » (27 mai 2009)

Un « noyau dur » pour relancer la construction européenne.

(Comme ils disent).

Là aussi, Mutti MERKEL a mis son veto politique, parce qu’elle y voit une menace de déséquilibre pour l’Union Européenne.

La haute administration française pense que les dirigeants allemands changeront d’avis après leurs élections de l’automne : l’angélisme frappe même des esprits brillants, forcément brillants …

 

Alors, sur quoi repose le soi-disant axe franco-allemand ?

D’abord, une critique convenue d’une Europe « bureaucratique qui applique mécaniquement les règles ».

« Une Europe forte ne signifie pas nécessairement toujours plus de compétence européenne, toujours plus de législation européenne ou toujours plus de moyens financiers ».

Ensuite et en somme, moins de régulation.

C'est-à-dire le contraire des discours lénifiants lors des récents moments chauds de l’actuelle crise financière : guère rassurant pour la suite des événements.


Alexandre ANIZY        

Margaret MAZZANTINI et son "Antenora"

Publié le par Alexandre Anizy

Margaret MAZZANTINI a reçu en 2002 le Prix Strega (l’équivalent du Goncourt) pour « Ecoute-moi » : elle a donc pignon sur rue dans le monde italien des lettres. Concernant le style, elle en possède incontestablement. En voici 2 exemples :

 

« Deux fois par an, grand-mère organisait un thé. J’allais chez elle quelques heures avant pour l’aider. Je dépoussiérais les tasses du joli service et j’astiquais les petites cuillères en argent qui avaient noirci dans le velours de la boîte. Puis, ensemble, nous étendions la nappe de lin brodée au point de croix et, au dernier moment seulement, elle distribuait dans les assiettes en porcelaine ornées d’un filet d’or le contenu d’une boîte de petits fours. Les vieilles défraîchies arrivaient en procession, tâtonnant de l’ascenseur à la porte. Avant même qu’elles ne sonnent, un tintement de bijoux les annonçait telle l’arrivée d’une colonie de lépreux. » (p.19) ;

 

« Elle continuait pourtant à tirer bénéfice de son sexe grâce au rôle matriarcal dont elle faisait un usage éhonté. En visite chez ses fils, elle glissait ses grosses mains dans toute intimité : dans les tiroirs, dans les paniers remplis de linge à repasser, et même dans les regards que maris et femmes s’échangeaient, au comble de la tension, du fait de cette présence importune. Ils la plaçaient en tête de table et elle se goinfrait. » (p.127)

 

Extraites de « Antenora » (éditions Robert Laffont, avril 2007, traduction de Vincent RAYNAUD, 171 pages, 18 €), son premier roman publié en 1994, ces miettes choisies révèlent une intéressante qualité d’écriture.

C’est bien la seule chose qu’on y trouve.

 

Alexandre ANIZY

"La bohème et mon coeur" de Francis CARCO

Publié le par Alexandre Anizy

Depuis trop longtemps, la poésie n’est plus à la mode ; c’est pourquoi il va bientôt être chébran d’aimer ce genre littéraire : bienvenue au paradis pour les rimailleurs clandestins !

 

Il est un poète qui connut la gloire en décrivant le monde interlope de Pigalle dans ses romans populaires : François Carcopino-Tusoli, dit Francis CARCO.

Vous trouverez dans son recueil « la bohème et mon cœur » (Albin Michel, 237 pages, 49 FF) l’ambiance du Paris des mauvais garçons et des artistes. En lisant ses poèmes, vous songerez à la musique de Verlaine.

 

« L’alcool est un démon fardé par les sauvages,

C’est un terrible et faux ami

Qui vous laisse, abîmé de fatigue et blêmi

Par les plus fous dévergondages. » (Sourire, p.113)

 

Ou bien :

 

« Maigre et brune avec de gros seins,

Dont les deux pointes sont rongées,

Tu t’étires sur les coussins

Comme les bêtes enragées. » (eau-forte, p.151)

 

Ou bien :

 

« Je te donne ce coin fleuri,

Ces arbres légers, cette brume

Et Paris, au loin, qui s’allume

Sous ces nuages blanc et gris. » (printemps, p.97)

 

 

Amoureux de Paname et de la poésie,

CARCO de nuit, c’est extra !

 

Alexandre Anizy

2 économistes futiles : Philippe AGHION et Esther DUFLO

Publié le par Alexandre Anizy

Illustrons aujourd'hui un propos du philosophe Marcel GAUCHET (lire notre note du 26 mai 2009 « L’Etat otage des Banques selon Marcel GAUCHET »). À tout seigneur, tout honneur : nous parlerons de Philippe AGHION (ENS, Docteur en sciences économiques à Harvard, professeur à Harvard) et d'Esther DUFLO (ENS, MIT, professeur au MIT et au Collège de France – chaire internationale « Savoirs contre la pauvreté »).

 

Depuis 2005, Philippe AGHION se donne beaucoup de mal (?) pour faire connaître les travaux dans lesquels il démontre que « l'allongement de la durée de vie a un effet positif sur la croissance du produit intérieur brut (PIB) », aussi bien pour les pays développés que ceux du tiers-monde. Un important travail statistique (corréler santé et croissance n'est pas une mince affaire) a permis de vérifier quelques truismes, comme la relation de causalité entre baisse de la mortalité et augmentation de la croissance. En effet, nul n'ignore que les seniors sont des consommateurs, notamment de biens et services de santé…

« Doubler la croissance de l'espérance de vie représente un lourd investissement. Mais au bout, il y a le point de croissance supplémentaire souhaitée par le Président de la République. »

(Le laboratoire de recherche de Mr AGHION aurait-il besoin de crédits ?)

Si on suit ce raisonnement, il convient de prolonger, même au-delà du raisonnable, la durée de vie des hommes parce que cela est bénéfique au taux de croissance… Poursuivons jusqu'à l'absurde : augmentons le nombre des accidents de la route, puisqu'ils génèrent une hausse des dépenses de santé qui sont incluses dans le PIB...

Les travaux de Philippe AGHION sont en général infiniment passionnants, mais n'aurait-il pas oublié en l’espèce que les hommes préfèrent dynamiser leur fin de vie, plutôt qu’allonger une éventuelle période de dépendance ?

 

Le cas d'Esther DUFLO est intéressant, puisqu'elle met elle-même en avant son pragmatisme dans son laboratoire du MIT. Nous nous souvenons de cette étude où elle démontra, dans une certaine région d'Afrique, que l'absentéisme des écoliers était plus une affaire de santé que de pédagogie. Nous ne doutons pas que dans un avenir proche Esther DUFLO prouvera que, pour une autre région d'Afrique, les enfants ayant le ventre vide apprennent moins vite que les écoliers repus.

Il nous semble qu'avec Mme DUFLO la science économique de la misère frise la misère de la science économique.

 

Ceux qui ont lu nos notes économiques comprendront ce qui suit :

Laissons la science économique aux matheux et faisons de l'économie politique !

 

Alexandre ANIZY

L'Etat otage des Banques selon Marcel GAUCHET

Publié le par Alexandre Anizy

Précisons tout d’abord que nous ne sommes pas un familier de l’œuvre de Marcel GAUCHET, dont certaines fréquentations intellectuelles ne nous ont pas incités à une découverte approfondie. Pourtant, après la lecture de René GIRARD, la thèse centrale de son livre « le Désenchantement du monde » (Gallimard, 1985), à savoir que le christianisme est la « religion de la sortie de la religion », de même que son article « les Droits de l’homme ne sont pas une politique » (1980), ne pouvaient que nous encourager à le faire.

Nonobstant ce désintérêt, nous accordons beaucoup d’attention aux propos de ce penseur, notamment ceux publiés dans le magazine Expansion (mai 2009) dans lequel il affirme que l’Etat a été pris en otage par les banques.

 

D’emblée, le philosophe souligne la cécité des vrais experts qui « n’ont rien compris au film. C’est leur mode de pensée et les instruments intellectuels dont ils disposent qui sont en cause. »

Si nous n’avons aucune sympathie pour le Président ubiquiste SARKOZY DE NAGY BOCSA, nous reconnaissons ses mérites : c’est un redoutable homme politique ayant un exceptionnel sens de la tactique et de la propagande, dont on devine qu’il a « senti » en 2008 la gravité de la crise, quand des incompétents comme le ministre Christine LAGARDE nous serinaient que l’économie réelle ne serait pas touchée et d’autres fadaises, ou comme l’expert Olivier BLANCHARD (un économiste français nobélisable, dit-on dans les médias) qui comprenait peu de choses (lire notre note du 21 janvier 2009) …

GAUCHET prend pour exemple le financier Warren BUFFET, chez qui le discernement (i.e. savoir repérer les choses capitales) et l’appréciation des événements qui comptent pèseraient plus dans ses décisions que « l’expertise des matheux de [leurs] salles de marché ». Pour GAUCHET, le mode de raisonnement fondé sur le calcul rationnel est ennuyeux, parce qu’il « ignore ce qui fait vivre les sociétés humaines depuis toujours : la politique et l’histoire ». Une approche économique ayant pour axiome la rationalité des marchés présente un défaut majeur, puisqu’elle « ne permet pas de penser ce qui rend le marché possible et ce qui vient le perturber régulièrement ».

 

Les crises de 1929, de 1973 et de 2007 correspondent à des moments de réarticulation du système international. Concernant la période 1945 – 1973, la plus faste de la croissance capitaliste, son mode de régulation économique était efficace, mais d’aucuns en diront autant de la phase néolibérale qui vient d’atteindre ses limites. « L’illusion était de croire qu’on avait trouvé la martingale définitive du fonctionnement de l’économie ». Mais si l’économie autorégulée a failli, il n’empêche que le marché reste au centre, avec un Etat pacificateur et législateur définissant et protégeant les conditions de la libre concurrence.

Or, « la mondialisation a été faite pour contourner les règles. Elle n’est pas simplement l’extension du modèle occidental du marché, elle est aussi l’institutionnalisation d’un véritable trou noir. » Un tiers des capitaux circulant librement serait d’origine illégale ou criminelle : ces qualificatifs sont-ils devenus compatibles avec la loyauté des marchés ? Un exemple de « pratique mafieuse » : le gaz russe vendu à l’Ukraine est payé à une société implantée à Zoug, bourgade suisse réputée fiscalement … Et que dire des activités étranges dont le Luxembourg est le siège ?

« La mondialisation met en concurrence – de manière très hypocrites – des systèmes sans règles et des Etats organisés. Il s’agit, sans l’avouer, d’offrir des échappatoires à la régulation dont on se réclame par ailleurs. »

Dans l’espace juridique et économique européen, « l’élargissement à l’Est a été précipité dans le même dessein. »

Lire aussi nos notes politiques du 27 janvier au 2 février 2009, dont la « Critique du « oui à la Turquie » de Michel ROCARD l’idiot utile (IV) ».

 

Pour Marcel GAUCHET, les Etats n’avaient pas disparu et ils « ont été pris en otage. Le révolver sur la tempe, ils ont dû vider leurs caisses pour renflouer les banques. » Sans contrepartie et sans contrôle de l’usage des fonds. « Les Etats ont renoncé à penser le pilotage collectif. En ce domaine, tout est à rebâtir. »

 

Malheureusement, « il nous manque toujours une science économique qui saurait que l’économie ne marche pas toute seule, qu’elle n’est qu’un aspect du fonctionnement général des sociétés. », observe judicieusement Marcel GAUCHET.

Rappelons KEYNES : « La difficulté n’est pas de comprendre les idées nouvelles, elle est d’échapper aux idées anciennes qui ont poussé leurs ramifications dans tous les recoins de l’esprit. »

C’est pourquoi il convient de réhabiliter l’économie politique.

 

Alexandre ANIZY

Daniel COHN-BENDIT comme un bulletin SARKOZY

Publié le par Alexandre Anizy

Daniel COHN-BENDIT est un politicien intelligent. Lors d’un voyage de soutien aux Verts italiens, le 20 avril,  il a déclaré :

« La transversalité est nécessaire, si on veut être influents, il faut regarder toute la société. Les Verts ont un train de retard parce qu'ils ont peur d'être happés par Berlusconi. Il faut se risquer, se mélanger. On ne peut pas rester toujours dans le même coin. »

Selon nous, la transversalité d'un Cohn-Bendit a comme un goût de plat mitonné dans une casserole de la IVème république française.

 

François BAYROU ne s'est pas beaucoup trompé :

« (…) il est allé en Italie demander aux Verts italiens de se rapprocher de Berlusconi. Aujourd'hui, en prétendant qu'il ne faudrait parler que d'Europe, il fait la même campagne que l'UMP qui lui vote tous les jours des félicitations. ».

 

Comme toujours, c'est en voulant éviter le gadin qu'on précipite la chute. Dimanche 24 mai, Daniel Cohn-Bendit se défendait en affirmant qu'il trouvait Nicolas Sarkozy très « berlusconien ».

 

Résumons la fumée de l’ex soixante-huitard :

a) les Verts italiens doivent manger dans l'auge berlusconienne ;

b) "le style de Sarkozy, c'est un style très berlusconien".

On peut en déduire que Daniel Cohn-Bendit ne verra aucun inconvénient à ce que les Verts français votent des lois sarkozyennes.

 

Soyons concis : Cohn-Bendit, c’est comme un bulletin Sarkozy.

 

Alexandre ANIZY

Texaco de Patrick CHAMOISEAU

Publié le par Alexandre Anizy

Avec « Texaco » (Gallimard 1992, prix Goncourt), nous sommes face à une œuvre majeure.

 

Avec ce roman, Patrick CHAMOISEAU a écrit un grand livre du peuple antillais, depuis l'horreur des chaînes jusqu'au mensonge de la politique moderne de développement.

 

Le style est déroutant, puisque l’auteur use de mots et d’expressions créoles dans un français de bon aloi, mais c’est ce tour de magie réussi qui fait la valeur exceptionnelle de ce roman.

Exemple :

« En fin d'après-midi, passée l'effervescence, les nèg-de-terre (ou nèg-pas-bon) se mettaient à rôder dans les rues de l'En-ville, zieutant avec l'air de ne pas y croire les façades de pierres. »

 

Bon Dieu ! Pourquoi parle-t-on si peu des écrivains antillais ? 

 

Alexandre ANIZY

Raphaël CONFIANT et "l'archet du colonel"

Publié le par Alexandre Anizy

En 1998, Raphaël CONFIANT publiait son roman « l’archet du colonel » (mercure de France, 340 pages, 110 FRF).

Si l’auteur a incontestablement un style, la structure narrative de l’ouvrage nous a rebutés.

Nous lui accorderons une 2ème chance.

 

Alexandre Anizy

Les mues de Mutti MERKEL

Publié le par Alexandre Anizy

Angela MERKEL est une femme habile dans le calcul politique, ce qui est normal pour un Docteur en physique. C'est aussi une femme qui s'adapte aux situations pour tracer sa route.

Ainsi, lorsqu’elle vivait dans l’Allemagne communiste, personne ne se souvient d’avoir vu Angela MERKEL dans une organisation d’opposition. Bien au contraire : elle était secrétaire du département pour l’agitation et la propagande à l’Académie des sciences, là où elle présentait sa thèse, ce qui ne pouvait pas nuire à sa carrière universitaire. Une fois le mur abattu, au propre comme au figuré, Angela MERKEL prit enfin le risque énorme de s’engager dans un mouvement politique contestataire, Demokratischer Aufbruch : « Mutti MERKEL » virait sa cuti.

Car Angela MERKEL comprend vite que pour réussir dans l’Allemagne réunifiée, et plus généralement dans les pays développés, il vaut mieux être du côté du manche, en l’occurrence dans le sillage du grand manitou Helmut KOHL. Fort heureusement, elle répond à beaucoup de quotas : femme, jeune, de l’Est, divorcée sans enfant, et cerise sur le gâteau, fille de pasteur dans le marigot des barons catholiques conservateurs. Elle saura en jouer.

 

Passons sur son ascension ultrarapide et sur le meurtre politique de son mentor Helmut KOHL, qui aurait dû se souvenir qu’on n’est jamais trahi que par ses amis. Quand elle a eu l’opposition en main en 2003, elle a su faire allégeance à l’empire en professant un atlantisme de bon aloi démontré par un soutien à la guerre d’Irak.

 

« L’homme n’est rien d’autre que la série de ses actes », selon HEGEL.

 

Alors, que pensons-nous d’Angela MERKEL ?

Si Mars attaque, « Mutti MERKEL » se fera martienne.  

 

Alexandre ANIZY

Pourquoi protéger le système bancaire ?

Publié le par Alexandre Anizy

Dans un article bien ficelé (le Monde du 7 mai 2009), l’ex banquier Jean PEYRELEVADE expliquait pourquoi il fallait protéger le système bancaire. Nous ne discuterons pas ici de son « orthodoxie économique ».

 

« Sa création [la monnaie, ndAA] est le fait du système bancaire qui en a le monopole, en contrepartie exacte des crédits consentis à l’économie. Le crédit bancaire crée la monnaie. »

Rappelons ici que pour SCHUMPETER, le banquier est l’éphore de l’économie de marché.

 

Face à ce monopole et pour que la confiance demeure, le système bancaire « doit être en toutes circonstances invulnérable », ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Pour restaurer la solidité des banques, il faut revenir à 2 règles.

« La première rappelle que le métier de la banque n’est pas de prendre des risques, mais au contraire de créer de la monnaie sans risque. (…) en un mot de financer le fonds de roulement de l’économie et rien d’autre. »

 

Le risque long (i.e. le besoin des entrepreneurs, le besoin d’investissement) relève de l’épargne déjà constituée, autrement dit de fonds propres.

 

Les risques spéculatifs (les paris sur les prix futurs des actifs) doivent être interdits : « le périmètre de la banque de dépôt doit correspondre à son appellation ».

 

« (…) la seconde règle devrait consister, dès la sortie de crise, à accroître fortement les exigences de fonds propres des banques (…) », en appliquant ce principe : plus le poids d’une banque est important dans l’économie, plus ses fonds propres doivent être élevés (risque systémique).

 

Jean PEYRELEVADE concluait son article en préconisant de revoir de fond en comble les conditions de la création monétaire.

 

 

Soulignons autre chose. Le monde repose sur bien des paradoxes, dont celui-ci : le passif total des banques françaises représente 17 fois leurs fonds propres (dans d’autres pays, c’est pire), alors que les banques interdisent de tels ratios d’endettement aux entreprises industrielles ou commerciales …

 

Alexandre ANIZY